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Les Nouveaux rouges-bruns

Aux Sources

Jean-Loup Amselle

Autant vous le dire, ça va pas fort en ce moment... Je suis au bout du rouleau, grosse fatigue. J'ai envie de prendre de longues vacances lointaines. Quelque part en Papouasie Nouvelle Guinée. Dans une tribu sympa où je vivrais en harmonie avec la nature et les hommes. Un monde sans banques, sans crises financières, sans djihadistes, sans bombardements, sans déchets nucléaires, sans pétrole, un monde où règneraient l'amour, l'entraide et la solidarité. J'étais à deux doigts de prendre mes cliques et mes claques, quand, patatras, Raphaël m'envoie le livre de l'anthropologue Jean-Loup Amselle, Les Nouveaux rouges-bruns. Alors, évidemment, j'ai un peu rechigné à l'ouvrir au début. J'ai marmonné : "purée, non, pitié ! Pas encore une prise de tête chromatique !".
Mais je l'ai finalement lu. Jean-Loup Amselle y reprend son travail de déconstruction des mythes anthropologiques qui ont bercé des générations de téléspectateurs d'Ushuaïa. Il nous raconte notamment pourquoi, selon lui, prendre exemple sur les tribus de Papous serait une mauvaise idée et en quoi cette idéalisation du bon sauvage des sociétés précapitalistiques, popularisée par Levi-Strauss et certais de ses héritiers, constituerait un élément essentiel de ce qu'il appelle, avec d'autres, le phénomène rouge-brun. Un phénomène contre lequel il semble urgent de lutter tant il imprègne toutes les sphères de la société française, nous prévient l'auteur.
Mais si on peut trouver intéressant son point de vue d'anthropologue sur la question, il est des analyses dans le livre qui m'ont laissée pour le moins perplexe. Les frontières et les caractéristiques de cette mouvance bi-colore, qu'il me paraît urgent de définir un peu précisement pour éviter d'y tomber un jour ou l'autre, ne me sont, hélas, pas apparues beaucoup plus clairement à la lecture du livre. Ou disons plutôt qu'elles m'ont semblé un poil trop larges...
La discussion a donc été animée. Elle a d'ailleurs failli ne pas avoir lieu, Jean-Loup Amselle n'avait pas du tout apprécié l'interview de Bricmont, et hésitait à nous accorder un entretien. Il a finalement accepté et je l'en remercie. J'espère que malgré nos nombreux désaccords et incompréhensions, nos échanges auront été utiles. 

Aux Sources , émission publiée le 22/11/2014
Durée de l'émission : 93 minutes

Regardez un extrait de l'émission

Commentaires

129 commentaires postés

Si je suis plus d'accord avec les sociologues qui l'ont critiqué dans une de vos émissions, je comprend pourquoi De Lagasnerie (à lire avec l'accent bourge) a demandé qu'on retire son émission. J'aimerais pas me trouver à côté de bricmont et surtout de cette interview...

Par Lou Barre, le 11/12/2016 à 19h27

Tendue l'apologie des médias "alternatifs" typique d'arrêt sur image et de ses rejetons et la défense de ceux que Amselle qualifie à raison de rouges-bruns. Il a pas l'air d'avoir écris son livre avec trop d'attention, et il fait quelques déclarations trop caricaturales, mais en gros il a raison dans ce débat. Je pensais voir un questionnement plus fin de l'intervieweuse qui avait juste l'air de pas comprendre ce que c'était que la cohérence politique ("euuh mais la liberté d'expressssssion"... comme si le champ des idées était un champ neutre dans lequel l'intervention du pouvoir légal était "illégitime" alors que tout les autres pouvoirs y jouent sans contrainte... franchement pour des gens qui sortent de socio cette naiveté de social-démocrate est affligeante). En plus à mettre l'invité mal à l'aise comme ça tout le temps comment il peux développer sa pensée clairement ? Evidemment il a l'air d'être sur une ligne vieux-marxiste qui si elle a son charme, est en fait très peu en phase avec le marxisme comme science dynamique et sous influence constante du développement des cycles de lutte. Son anti-racisme m'a l'air très peu dialectisé, vraiment caricatural et si j'était en banlieue je le suivrais pas. Mais d'un côté, sur le plan de la logique queer il a tout à fait raison, et surtout en règle générale au moins il tiens une ligne politique claire. Il a raison. Ce soir ou jamais c'est le "une minute pour les juifs une minute pour hitler". C'est dégueulasse.

Par Lou Barre, le 11/12/2016 à 19h24

Je viens de regarder un bout de cette émission, je voulais savoir ce qu'Amselle avait à dire. Je ne le trouve pas assez rigoureux. Cependant Jacques Sapir est tombé côté FN. Et là Oo

Par ailleurs, j'ai regardé plusieurs interviews de Maja et je suis dépassé. Elle est vraiment trop intelligente pour moi, je n'arrive pas à la cerner, je n'arrive pas à comprendre comment elle prend son invité. J'ai plus l'habitude où l'interviewer est très éloquent sur les contradictions de l'invité. Ici Maja est plus subtile et plus fine. Elle passe pour ce qu'elle n'est pas, endort l'invité pour le laisser dire ce qui se cache en lui. Mais du coup, plus rien ne m'offusque. Ah, c'est dur et je me prends pour l'invité et penser comme lui sans critiquer et je ne me demande plus si je suis d'accord avec ce qu'il dit et intégrer stupidement son argumentation.

Comme disent les Anglais, I am out of the League.

Mais je persévère...

Par KerNyx LPL, le 04/11/2016 à 01h13

Bonjour,

Voilà une émission à la fois riche mais "confusionnante" :-)!

En effet, je constate tout d’abord une évolution du concept même de l'émission puisque l'on passe d'une analyse des sources d'un auteur, ce sur quoi il s'appuie pour élaborer sa pensée, à l'analyse d'un texte, c'est à dire à l'analyse de sa pensée. Vous vous en étiez aperçu au cours de l'émission avec Mme DELAUME en indiquant qu’il fallait parler des sources de son travail puisque c'est le titre de votre émission.

Cela dit, c'est peut-être une évolution logique que d'ouvrir le champ d'analyse au contenu d'un texte plutôt que de le limiter à ses sources, et je trouve ça très bien d'autant que vous ne vous contentez pas de "passer les plats".

En ce qui concerne l'auteur, que je ne connaissais pas vraiment, il y a réellement de quoi s'interroger sur la rigueur scientifique de son travail, notamment au regard de ses attaques ad hominem contre Chomsky, entre autre.

En effet, comment ose-t-il le ranger parmi les négationnistes ??!!

Il le fait d'ailleurs de manière péremptoire, sans étayer son propos du moindre exemple valide. C'était peut-être l'occasion de lui demander ses sources, mais il faut reconnaitre que la violence de ses affirmations diffamatoires ne vous en ont pas laissé la possibilité.

Il en est de même de la notion de "souverainisme" qui, par un glissement sémantique assez pervers, procède d'une attaque de la pensée de celui qui voudrait s'opposer à la perte de souveraineté juridique des États, qui découle de la mise en place des traités européens successifs, dont certains l'ont d'ailleurs été contre le vote des peuples qui sont, parait-il, pourtant souverains (dixit la classe politique !).

Il est très clair que l'assimilation du "souverainisme" aux thèses des partis d'extrême droite permet de d'éviter de parler de la réalité des choses en contraignant son interlocuteur à se justifier d'une posture qui n'est pas la sienne.

Tout le monde sait très bien qu'il est impossible d'apporter une preuve négative, c'est à dire, en l’occurrence, d'apporter la preuve que l'on est farouchement opposé aux thèses d'extrême droite, alors même que l'on constate, et regrette, la perte de souveraineté des États depuis 1992.

L'assimilation automatique entre les "souverainistes" et l’extrême droite est précisément une pensée perverse, digne de la méthodologie des régimes fascistes et dictatoriaux.

En fait, cette émission a conforté ma conviction que le rôle qui a été assigné à l'extrême droite et notamment au FN (dont on sait qu'il ne doit son existence qu'à la volonté de Mitterrand qui avait senti venir la perte d'influence du PC et la chute de l'URSS), est de servir d'épouvantail afin de semer le trouble, voire la zizanie, dans le paysage intellectuel, et surtout politique, de manière à ce que celui qui se présentera contre le candidat du FN à une élection présidentielle, soit élu.

Nous savons très bien, en effet, que les électeurs ont tendance à voter "contre" un candidat au second tour de l'élection présidentielle.

On l'a vu lors de l'élection qui a opposé MM. CHIRAC et LE PEN.

Le problème est que la violence de ce type de propos (comme celle des propos de l'extrême droite d'ailleurs) finit par opérer une forme de sidération de la pensée qui rend très difficile la tenue d'un débat rationnel ne serait-ce que sur les formes d'organisation de nos Institutions, et de l’État en général, et de leur positionnement par rapport aux autres Institutions ou États.

La conséquence de cette sidération est que la quasi totalité des médias est entrainée dans cette spirale infernale, vraisemblablement à leur corps défendant pour certains d’entre eux, au regard des contraintes d'audience qui sont les leurs.

En définitive, le seul propos intéressant qu'ait pu dire M. AMSELLE est qu'il ne faut pas idéaliser les supposés "paradis perdus" que seraient les peuplades dites "primitives".

Cela dit, le fait de regretter une perte de lien social dans nos sociétés "post modernes" (perte constatée par beaucoup de chercheurs) n’équivaut pas nécessairement à glorifier de manière aveugle, voire naïve, les modes de vie "primitifs".

Je n'ai pas ressenti cela en lisant M. JC MICHEA.

Peut-être que M AMSELLE a pris, là encore, un raccourci un peu facile pour décrédibiliser un auteur qu'il ne semble guère apprécier (même s'il s'en défend !)?!

En tout cas cette émission m'a semblé être un peu le témoin du climat délétère dans lequel nous sommes entrainés du fait d'un contexte économique et politique de plus en plus difficile, dont le contrôle échappe de plus en plus aux peuples, quels qu'ils soient.





Par Fulub, le 04/01/2015 à 15h20

Bonjour Maja,
Ma culture est un peu courte et j'ai eu parfois du mal de suivre, merci d'être là.

Par Dominique LAB, le 13/12/2014 à 01h07

Pour les masochistes qui voudraient voir l'émission d'@SI sans être abonné, l'émission de Vendredi sur le confusionnisme est en libre accès 24 heures.
J'ai tenu jusqu'au bout mais elle n'apporte rien de plus que celle menée ici par Maja si ce n'est qu'Amselle y va de ses petites accusations perfides, malveillantes (et diffamatoire quand il prétend qu'elle apprécie Soral) à son endroit avec la bénédiction de DS et que c'est tout a fait gerbant en plus d'être déloyal.
Ce monsieur "regrette un peu d'avoir accepté l'interview qui n'en était pas une mais un débat avec une adversaire" (SIC). C'est sûr, débattre c'est chiant c'est tellement plus agréable quand on se fait passer les plats.
Sur Hors-Série et sorti de son domaine professionnel je l'avais trouvé indigent. Sur @SI, je l'ai trouvé méprisable en plus d'être consternant.
Mais je suis content de cette émission, j'aurai constaté que la virulence de ses accusations est inversement proportionnelle au sérieux de ses croassements malfaisants.

Par airone, le 12/12/2014 à 15h20

@GaM : Je pense que c'est même un peu plus ancien que ça... En tout cas, c'est qu'il ressort de la lecture de deux livres très éclairants, l'un directement sur ce sujet, "La Deuxième droite", écrit par Jean-Pierre Garnier et Laurent Janover dès... 1981, à peine Mitterrand élu (sous une forme de pamphlet mais très documenté et surtout effroyablement visionnaire...), l'autre plus large et absolument indispensable pour qui s'intéresse à la question, "Le Grand bond en arrière - Comment l'ordre libéral s'est imposé au monde", écrit par Serge Halimi.

Par cyrilkenyatta, le 12/12/2014 à 09h26

Bravo cyrilkenyatta,
un commentaire parfait qui souligne ce point qui m'apparaît de plus en plus évident : la gauche "raisonnable" (qui prend les places et le pouvoir sans jamais nuire aux capitaux) ne pense plus depuis, je sais pas, 1983 peut-être...
Vives nous, les Rouges-Bruns, Heil Pol-Pot!

Par GaM, le 12/12/2014 à 07h37

Allez, j'ai pris mon courage à deux mains et j'ai donc regardé cette fameuse émission d'@si...
Et finalement, je ne l'ai pas regretté car, vers 1h21, Amselle dit un truc très révélateur à propos de Michéa, évidemment taxé d'affreux rouge-brun, qui serait donc un marxiste, socialiste, anticapitaliste (personnellement, je dirais plutôt antilibéral, ce qui est loin d'être tout à fait la même chose, mais ça n'est pas le propos), mais "partisan de la droite des valeurs". Le seul exemple qu'il prenne la peine de citer est celui de la famille : Michéa serait donc "partisan de la famille". Fichtre ! Je ne pense pas que Michéa le contredirait, à vrai dire. Mais à moins de reprendre au pied de la lettre le fameux cri du coeur de Gide, "Famille, je vous hais !", et donc à moins d'être resté plus ou moins bloqué au stade de l'adolescence (ce stade auquel l'idéologie libérale rêve de figer d'ailleurs tout un chacun, comme l'a très bien décrit... Michéa !), comment reprocher à quiconque d'être "partisan de la famille" ? On peut avoir à titre personnel des rapports plus ou moins compliqués avec son milieu familial, des rapports conflictuels, parfois même violents, mais est-ce qu'une personne censée (i-e, faisant preuve de la "common decency" théorisée par Orwell et chère à Michéa, encore) en appellera pour autant à la destruction de toute cellule familiale ? A ma connaissance, dans l'histoire de l'Humanité, les derniers à l'avoir fait (et à l'avoir en partie appliqué) sont les... Khmers rouges. Je ne doute pas qu'Amselle serait ravi du cousinage...

On peut trouver que c'est un détail mais je trouve qu'il dit beaucoup de chose. Pour la gauche idéologique qu'incarne Amselle, "la famille" est une valeur de droite. Point. C'est l'exemple type du truisme : l'évidence qui n'a pas besoin d'être démontrée. Il y a plein d'autres exemples comme ça, certains d'ailleurs évoqués au début de l'émission d'@si lorsqu'il est question de "souverainisme". Défendre le principe d'une politique menée dans un cadre national, c'est une pensée d'extrême-droite. Point. Il faudrait prévenir tous nos députés qui votent des lois s'appliquant sur un territoire donné (le territoire français) et tous ceux chargés de les faire appliquer (du gouvernement aux administrations en passant par les préfets) qu'ils font le lit de l'extrême-droite... Et pourquoi diable continuer à s'intéresser au taux de chômage de la population ou au taux de croissance FRANCAIS ? Quelle horrible manifestation de nationalisme, brrrr !!!

Tous ces truismes, serinés depuis maintenant des décennies à longueur de discours politiques et médiatiques, ont détruit des idées toutes bêtes. Même moi, ici-même (où je suis pourtant extrêmement soulagé qu'un discours de "common decency" se fasse le plus souvent entendre), j'hésite encore à taper ce qui suit : je considère la famille comme une cellule sociale importante et même fondamentale, le premier espace de socialisation pour les êtres humains, et sa destruction ne me semble pas un idéal de société souhaitable. Je suis donc "partisan de la famille" et donc, assurément un rouge-brun.
Ce type d'assimilation ne tolère aucune nuance. Comme celle voulant que l'on pourrait soutenir ce qui précède sans souhaiter pour autant en revenir aux temps où la femme ne se consacrait qu'à son foyer, où l'avortement était illégal, la contraception inexistante et le divorce interdit. Aux temps où papa mettait les pieds dans ses pantoufles puis sous la table en rentrant du boulot.

Par cyrilkenyatta, le 11/12/2014 à 15h18 ( modifié le 11/12/2014 à 15h19 )

"Bref c'est drôlement sympa de vus arrêtez ici de de donner votre avis".
Oh, Maja est tellement troublée qu'elle en babille et bégaye, c'est mignon...

Portez-vous bien !

Par airone, le 11/12/2014 à 11h41

Autant je suis Amselle dans sa critique des idéalisations primitivistes ou sa mise en avant des constructions individuelles autant je le trouve léger dans sa catégorisation des gens : pour le coup, il ne demande pas à Chomsky, Taddei, Nabe, Bouteldja etc. comment ils se définissent eux-mêmes, il le fait à leur place.
Je dois aussi être plutôt du côté d'Amselle que de Maja pour ce qui est de la critique des souverainismes (se voudraient-ils de gauche) mais je crois que j'ai eu le même genre de réaction qu'elle en l'entendant mettre Chomsky en suppôt de l'extrême-droite, Bouteldja en raciste ou Nabe en auteur antisémite.
J'espère qu'il est un plus analytique dans son bouquin que dans l'interview, qu'il creuse notamment le pourquoi de constructions identitaires "fermées" dans le cadre d'un statut de "minorité", quand on naît / on est désigné comme "juif", "nègre", "immigré de n-ième génération" etc. par le langage "officiel". En fait, il est peut-être meilleur anthropologue que politologue ou analyste des médias : mais pourquoi donc un livre titré "rouge-brun" est-il mis en avant par Libération ? Il ne voit vraiment pas ? Et Maja a peut-être posé la bonne question à la fin : comment serait reçu le livre si il contenait une critique de Fourest (elle voit des petits rouges-bruns partout : http://www.lesinrocks.com/2014/01/29/actualite/les-contre-verites-de-caroline-fourest-sur-frederic-taddei-11466469/ ) ?

Par Faab, le 11/12/2014 à 01h23

Puisqu'il n'y a pas de mal à faire du bien : j'y vais de mon petit mot soutien (pour Judith et Maja, particulièrement attaquées, mais qui vaut dans le fond pour les cinq intervieweuses ; et même Rafik Djoumi - c'est Noël !).
Essentiellement pour des raisons personnelles cependant : il ne faudrait pas que tout cela vous décourage d'inviter des penseurs pertinents et originaux (je pense ne pense pas tellement à Amselle, mais à tous les autres ...) et de les confronter, dans le débat courtois comme vous l'avez fait, lorsque vous avez un désaccord et/ou qu'ils sont victimes de désorganisation intellectuelle avancée (lycée de Versailles).
Votre travail aide à comprendre le monde, donc ne lâchez rien !

A bientôt

ps : Judith, j'espère que vous ne lisez pas également tout ce qui s'écrit sur le forum d'@si ...

Par MSC, le 10/12/2014 à 23h54

L'internationalisme est un devenu totalement ringard, à l'image de ce monsieur qui ne semble pas avoir compris que la communauté internationale n'existe pas.

On peut être utopiste, mais gare à ne pas être dans la fiction permanente, et à se raconter des histoires. Car s'il y a bien une chose qui gangrène la gauche, ce sont tous ces gens qui se font des promesses qu'ils ne pourront jamais tenir et qui vont en permanence d'illusions en désillusion.

La gauche de la fiction est fatigante. Vraiment

Par Raphaël DESCHAMPS, le 10/12/2014 à 23h49

Cher Ali et chers tous les autres
j'avoue être un peu débordée en ce moment et ne pas avoir tellement le temps de suivre ou de répondre. Donc un grand merci pour votre soutien et vos encouragements. C'est vrai que ça fait du bien. merci aussi pour les critiques constructives elles font également leur chemin.
Bref c'est drôlement sympa de vus arrêtez ici de de donner votre avis.
Bien à vous
Maja

Par Maja, le 10/12/2014 à 21h54

Oui, gardons le cap! Toutes ces suspicions disent tellement de choses de nous... C'est effrayant. Et je trouve que votre prochain dans le Mythe sur les sorcières est une idée aussi excellente que nécessaire!

Par Ali Naldy, le 10/12/2014 à 18h52

Cher Ali Naldy,
Pour Maja je ne sais pas, mais moi en tout cas je passe par ici, je lis tout ce qui s'y écrit, et je puis vous dire que les marques de soutien sont d'un précieux réconfort en cette période pour le moins houleuse. Merci, donc, d'avoir pris le temps de tout regarder, tout écouter, et d'écrire ce que vous nous écrivez. Gardons le cap !

Par Judith, le 10/12/2014 à 17h51

Chères Judith et Maja,
je ne sais pas si vous passerez encore par ici.
Je n'avais pas écouter l'entretien avec Amselle. Car depuis 2008 et L'occident décroché, où il critiquait l’émergence de la pensée postcoloniale dans le champ universitaire, je n'étais pas très fan de son propos... Et il parlait déjà depuis le catastrophisme; les premières lignes de l'ouvrage à l'époque: "Le monde à l’envers, tout est sens dessus dessous. Rien ne va plus, les jeux sont défaits: l’Occident fait eau de toute part et les rats quittent le navire" (P.7)... Voilà, voilà... Et puis finalement j'ai regardé l'entretien avec Rokhaya Diallo et Joseph Confavreux sur Mediapart (http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/061214/rokhaya-diallojean-loup-amselle-le-racisme-qui-vient). J'en suis ressortie étourdie par autant d'approximations, de manque de finesse dans l'analyse et de "tous-dans-le-même-sac". Bien loin de l'exigence scientifique. Du coup je suis venue par ici écouter l'entretien et lire quelques commentaires. Ce qui m'a ensuite menée à @si... Je n'ai pas pu voir l'émission en entier car je ne me suis pas réabonnée (depuis quelques émissions je n'y retrouvais plus mon compte...). Les termes du débat semblent annoncés dès le début: "Peut-on distinguer son extrême gauche de son extrême droite?" La question appelle une réponse binaire. C'est la pensée réduite à son expression la plus minimale: Oui/Non. Alors que dans l'entretien que vous nous avez proposé, Maja, vous replacez sans cesse J-L Amselle face à ses contradictions, dans la complexité. Vous excellez dans vos questions et critiques. Merci pour votre exigence (et comme toujours votre humour!). Et d'ailleurs vous pointez bien la contradiction dans la pensée d'Amselle entre son travail pour dés-essentialiser les ethnies, les dés-idéaliser et montrer en quoi il n'existe pas de "bonne société" mais des sociétés avec leurs propres enjeux, limites, etc., d'une part; et, d'autre part, ce qu'il dit des "penseurs" de gauche où il semble distribuer les bons points et distinguer arbitrairement les bonnes des mauvaises idées...
Bref. C'est dérisoire, je n'ose pas même entrer dans le débat mais je souhaitais vraiment (bon un peu après la bataille) vous faire part de mon soutien. J'imagine à quel point vous devez être choquées par les diffamations dont vous faites l'objet quand toute votre action en tant que journaliste démontre, à mon sens, le contraire.
Très solidairement

Par Ali Naldy, le 10/12/2014 à 17h16

Je suis tout de même étonné de voir Maya acquiescé à Amselle quand il dit que les Indigènes c'est l'équivalent du Front National...
Les féministes et les phallocrates, c'est la même chose ?

Par ibrahim matta, le 09/12/2014 à 17h35

Yep, la même qui se réclame dans l'article du mouvement "antifa" D_croissance qui se vante de publier sur twitter les photos à visage découvert de militants PG qui ont eu le mauvais goût de trop les critiquer : https://twitter.com/D_croissance/status/541770296576180224
Quand on sait que Guyet posait comme condition à sa venue à l'émission d'@SI que son visage soit flouté, on salue la double éthique, et la qualité de l'intervenante envisagée par la chefferie là-bas (super pro, le casting).

Par airone, le 08/12/2014 à 21h47

ben elles sont au moins 2 dans sa tête puisqu'il y a Ornella Guyet mais aussi Marie-Anne Boutoleau. :o)

Par DIALM4MAUDIT, le 08/12/2014 à 18h46 ( modifié le 08/12/2014 à 18h46 )

Pour rire, je suis tombé sur un articulet de l'impayable Ornella Guyet (qui use du pluriel de majesté "nous" au lieu de "je" puisqu'elle est seule aux commandes de son blog) rétrospectivement assez croquignolet puisqu'il vise un intervenant confusionniste* invité sur le plateau d'@SI vendredi dernier !!

- http://confusionnisme.info/2014/12/07/au-lieu-de-repondre-aux-critiques-alexis-corbiere-prefere-manier-linsulte/

Le sagace Amselle, débusqueur de rouges-bruns, a conversé une heure et demie avec le confusionniste du PG Alexis Corbière, invité par Daniel Schneidermann !?
Voilà un plateau très confus...confusionné...confusionniste...Bref je ne sais plus...

*Mélenchon est étiqueté aussi, tout comme le FdG.

Par airone, le 08/12/2014 à 18h23

"Enfin pris" ! Excellent, et à (re)voir ici par exemple : https://www.youtube.com/watch?v=WVji3fRsifo
(Ce n'est pas le passage le plus instructif mais la séance de Pierre Carles chez le psy à la fin est surréaliste et tordante).

Par airone, le 08/12/2014 à 14h23

j'en bégaye...

Par DIALM4MAUDIT, le 08/12/2014 à 13h52 ( modifié le 08/12/2014 à 13h52 )

Concernant Daniel Schneidermann, on peut revoir aussi le film de Pierre Carles qui donne toutes les clefs nécessaires à la lecture du personnage.

Par DIALM4MAUDIT, le 08/12/2014 à 13h52 ( modifié le 08/12/2014 à 13h54 )

Hello Maja,
Je rebondis sur votre excellente intervention ici en trois points rapides même si je développe un peu le dernier :

- Amselle : son bouquin a été salué par Joffrin (http://www.liberation.fr/chroniques/2014/10/31/les-rouges-bruns-attaquent_1133579). Quand un sociétal-libéral applaudit, méfiage, y a un loup. Et je m'étonne que ceux qui avaient bondi en entendant Bricmont parler de "communauté organisée" (une critique "soralienne") n'aient rien trouvé à redire quand Amselle a qualifié la LICRA d'organisation "sioniste", une accusation qu'on entend souvent dans la bouche de...Soral !

- Soral plus précisément : oui il est intéressant de lire son site, qui est pour 75% un agrégateur de contenus où on retrouve en vrac Bricmont, Berruyer, Sapir, Hillard... Confronter ses propres idées à celles d'autres qui pensent différemment, ça permet d'aiguiser ses arguments et de frotter son raisonnement aux autres. Par contre ses vidéos à lui sont sans intérêt en effet et on arrive vite à saturation.

- @SI/DS : sans faire de la psychanalyse de comptoir ni connaitre vos rapports personnels et professionnels (qui ne me regardent pas), il suffit de relire son édito où il saluait la naissance de Hors-Série comme "un prolongement de son oeuvre qui lui survivrait" pour deviner que la tournure et l'indépendance de Hors-Série ne doivent pas le ravir. Plus intéressant encore, j'ai repensé à un échange datant de 2012 entre DS et vous dans le making of dédié à l'émission sur Hénin-Beaumont qu'on peut revoir ici : http://www.arretsurimages.net/breves/2012-05-26/-si-sur-les-autos-tamponneuses-de-Henin-Beaumont-making-of-id13903
La vidéo est introduite dans l'article comme suit : "Pour l'occasion, l'émission est animée par Maja Neskovic. La veille de l'émission, tous deux se retrouvent dans la salle de réunion de l'un des fleurons de l'industrie hôtelière du Pas-de-Calais. L'occasion pour le présentateur habituel de lui transmettre, outre la quintessence de son savoir sur la vie politique de Hénin-Beaumont, quelques "trucs" de l'animation d'émission.
Maja a-t-elle consciencieusement appliqué les consignes ?". A 2 minutes, DS vous conseille de faire des fiches pour ne pas perdre le conducteur de l'émission, vous lui répondez taquine et rieuse "sans déconner, des fiches, j'y aurais jamais pensé" et lui, manifestement piqué au vif et vexé vous rétorque "excusez-moi de vous faire part de mon expérience d'animateur d'émission, je suis confus". Voila, justement, un arrêt sur images que je trouve parlant quant à sa conception des rapports qu'il a avec les journalistes "maison" et qu'on retrouve dans sa façon d'animer le plateau. Peut-être êtes-vous trop libre et indépendante, pas assez "@sienne" et que DS le prend personnellement puisque @SI et lui semblent (hélas) indissociables...

Quoiqu'il en soit, ne changez rien, c'est pour votre style que beaucoup apprécient vos émissions et votre personnalité, et je me désespérais à titre personnel de ne plus voir d'Aux sources là-bas quand j'y étais encore abonné.
Soutien renouvelé, et vivement la prochaine émission !

Par airone, le 08/12/2014 à 12h13 ( modifié le 08/12/2014 à 12h15 )

Bonjour,

Nouvel abonné à Hors Série suite à l'émission scandaleuse d'ASI.
Mettre Chomsky, Bricmont et Chouard dans le même panier que Soral est proprement insupportable. Merci de n'avoir pas avoir hurlé avec les loups, à l'inverse de Schneidermann. Honte à lui, honte à Amselle.
Vous avez tout mon soutien.

Par Olilej, le 08/12/2014 à 02h38

On a bien compris qu'il faut discréditer le rouge par le brun pour se satisfaire d'une pâleur cadavérique dans le rose diaphane.
Bien avec vous Maja, et même quand on aime pas l'invité!

Par GaM, le 07/12/2014 à 23h37


Quelques mots à propos de l'émission qu'ASI a consacré à Amselle et aux rouges-bruns.

Je n'ai pas regardé cette émission. Et à vrai dire, je ne crois pas que je la regarderai un jour, parce qu'en fait, ils ont sacrément raison: il faut absolument éviter de s'intoxiquer la tête avec des débats confus !
Alors évidemment, j'ai quand même lu les commentaires.
M. Amselle, qui est décidemment un homme charmant, aurait déclaré que je trouvais Soral « intéressant ». Judith a déjà répondu, mais bon, je me dis que vu l'ambiance actuelle, il n'est peut-être pas inutile d'en rajouter une couche (même si je vous l'avoue, rien que l'idée de devoir me justifier là-dessus et, de ce fait, donner le début d'un commencement de légitimité à ce que dit ce monsieur me fiche la nausée). Donc non, rien ne me séduit chez Soral (et là j'atteins mon point d'incompétence parce que je ne crois pas avoir réussi à regarder une seule de ses vidéos en entier). Il m'est certainement arrivé de lire des choses « intéressantes » sur son site, mais le fait est qu'on y trouve de tout, même des chroniques d'un certain Daniel Schneidermann. Le pire comme le meilleur, donc.
(Dois-je préciser que je vais sur son site pour le boulot, comme je vais voir - dans le désordre et sans les mettre sur le même plan, Fdesouche, l'Opinion, Le Figaro, Libé, le Monde voire le Nouvel obs ! Non, évidemment c'est pas la peine de préciser...ah si ? Ah, bon, d'accord, très bien.)

Ceci dit, que quelqu'un qui parle dans son livre « d'entrepreneurs » d'ethnicité et de « buisiness » à propos du Crif, viennent donner des leçons de « cordon sanitaire » à tout le monde, je trouve ça quand même un peu fort de café. Il a le droit de le penser, et de le dire évidemment, mais il pourrait peut-être s'abstenir d'accuser les uns et les autres d'apporter de l'eau au moulin, du grain à moudre, du carburant au moteur, des pièces dans machines, etc, etc, des « confusionnistes ». Dans le genre « confus », je crois que j'ai rarement vu pire.

S'agissant d'ASI, ou plutôt de Daniel, que dire ? Rien. je crois que ça vaut mieux.



Par Maja, le 07/12/2014 à 22h01

C'est mon premier commentaire sur le site, mais je ne peux plus me retenir, il faut que je le dise, Maja je vous aimes, je vous admire , je vous vénère...

Punaise tenir 93 mn devant cet ectoplasme stipendié par l'état capitaliste & oligarchique Français relève d'une prouesse que je serais bien incapable de reproduire!
Ce gratte papier Universitaire aussi inutile que confus n'aura pas réussit une seule fois à me faire entrevoir le début du commencement d'une solution pour régler enfin le glissement libérale "petit bourgeois" de cette extrême Gauche à 0,3% de la représentation populaire.
Vous êtes une femme remarquable Maja, j’espère que vous continuerez à nous enchanter de vos interviews si percutants (je repense à votre sublime saillie "Alors il est absout lui?", C’était si drôle...)
Bref ne vous laissez pas abattre quand les choses vont devenir rock’n’roll, on verra bien qui sera balayé par l'histoire ou pas.

Par Jean Vigier, le 07/12/2014 à 21h51

"J'espère que malgré nos nombreux désaccords et incompréhensions, nos échanges auront été utiles".

Moi j'en marre, de vos "échanges", Maja. Soit vous idolâtrez l'invité en mode "supportrice" (rires continus, gloussements admiratifs, tournures complices voire sous-entendus blagueurs de connivence), soit vous vous placez sur le même plan que l'invité pour ouvrir un débat dans lequel vous semblez penser que vos arguments valent bien les siens. Ces deux travers sont les deux facettes d'une même incompétence. Ne pourriez-vous simplement interroger l'invité, l'"accoucher", le pousser à préciser sa pensée, à trouver les moyens de nous la transmettre (et libre à nous d'en penser ce que l'on veut - pour ça on n'a pas besoin de vous) ? Ne pourriez-vous pas simplement avoir un peu d'humilité et vous mettre à distance pour faire un travail de journaliste, en somme. Les invités que vous recevez font souvent métier de réfléchir : ils font un peu plus que de lire des livres et de dire ce qu'ils en pensent. Ils essaient de produire une lecture du monde. On ne vous demande ni de les approuver ni de leur opposer votre propre lecture (qui n'est que le fruit de vos impressions, et non pas d'un travail de recherche quotidien).

PS : Pas emballé du tout par Amselle, que je ne connaissais pas, et qui truste méchamment les plateaux ces jours (Hors-Série, @si, Mediapart)

Par Totorugo, le 07/12/2014 à 21h33

Y a legrandsoir.info que je consulte parfois, qui présente l'avantage d'être classé par Ornella Guyet à la fois comme rouge-brun, confusionniste et antisémite.
La complète, jambon-oeuf-fromage. Avec une bolée de cidre ça passe au poil.
(Je me souviens de la campagne 2012 Mediapart, avec un Plenel concluant pour Hollande "on croit en vous, ne nous décevez pas" après une entrevue ouatée et fort amicale).

Par airone, le 07/12/2014 à 19h16

Et hop
Amselle maintenant chez Mediapart
J'ai bien fait de me désabonner de Mediapart après la Présidentielle (soutien évident et massif du cloporte Hollande)
Je ne sais vraiment pas ce qu'il va me rester à lire ou à voir en tant que "rouge-brun".... parce qu'Egalité et Réconciliation ou Dieudonné me distraient, mais ne m'ont toujours pas convaincu! Serais-je alors encore trop "rouge" et pas assez "brun"?

Que faire?

Par GaM, le 07/12/2014 à 17h12 ( modifié le 07/12/2014 à 20h07 )

@ Maja
Je veux souligner ici que si j'ai jubilé à l'écoute de cet interview c'est essentiellement quand essayiez de faire comprendre à "cet intellectuel de haut niveau (?)" (:)) que vous étiez perdue dans ses arguments qui vous semblaient contradictoires, ou encore quand vous avez su marquer votre territoire face à des arguments monolithiques, et pour finir, quand vous avez soulevé les présupposés d'Amselle que vous avez critiqué...
Je me suis dit au final : chapeau Maja! vous nous faites un beau cadeau à l"approche des fêtes, et à vous voir oeuvrer au cours de ces 90min, à voir le nombre de post-it dépassant du livre, je me suis rendue à l'évidence que vous aviez pris du temps pour un travail sérieux et soigneusement respectueux de l'auteur et de vous-même... et de nous aussi. Cela mérite reconnaissance !

@ Judith et Maja
A voir les "malentendus" entre DS et vous deux depuis l'interview de Bricmont, malentendus qui montent en puissance depuis les liens supposés contaminants avec Chouard et toute une "nébuleuse rouge-brune" (dixit Amselle), j'en suis arrivée à penser que l'ouvrage d'Amselle n'apporte rien de vraiment clarifiant sauf à prendre certains de ses présupposés anthropologiques pour argent comptant et donc vérités totalisantes, alors que ses critiques sont simplement intéressantes dans les nuances qu'elles apportent à d'autres approches... Quid en effet des questions anthropologiques sur l'exercice de la violence symbolique ou physique, mais aussi sur les observations des manifestations de l'empathie et donc des effets non négligeables de cette dernière en matière de sentiment de sécurité et de maintien des liens sociaux !!

Pour finir mon billet et résumer au plus bref ma propre pensée, je me dit que votre approche à toutes deux me semble plus juste de la réalité telle que je la perçois, alors que la "lecture" de cette réalité que fait Amselle et que semble faire DS, manifeste plus un raidissement de peur qui se pare de "raisons"... discutables mais dont ils ne veulent pas discuter... du moins jusqu'à ce jour pour DS (quid du verbatim de Brimont invalidant certaines de ses interprétations), et qu'ils présentent comme une forteresse dont ils ne voient pas la fragilité des fondations ... à suivre !

Par Georgina Méliot, le 06/12/2014 à 19h58

Ouais, si ça tourne mal on rachète collectivement Hors-Série à la SAS Loubiana après un tour de table, on garde toutes les chroniqueuses, et on bombarde Judith organisatrice d'un TAS annuel pour désigner un nouveau directeur de publication (homme ou femme, of course) avec référendum révocatoire s'il/elle ne donne pas satisfaction !
Comme ça elle ne sera plus embêtée en tant que responsable de HS, ça fera les pieds à DS, et on verra si le TAS ça marche ou si c'est du bidon ! ^^

Par airone, le 06/12/2014 à 19h05

@Judith : J'ai l'impression que les choses sont en train de tourner au vinaigre avec la "maison-mère" @si... Si la situation devait empirer (on n'en est peut-être pas là, je n'en sais rien...), j'ignore si cela pourrait avoir des répercussions d'ordre financier, mais cela semble probable, ne serait-ce que parce que les abonnés @si paient demi-tarif (soit 15€/an au lieu de 30).
Je voulais juste vous dire que mon soutien est total et que s'il faut en passer par un doublement de mon tarif d'abonné (voire plus... dans les limites du raisonnable, quand même ;-), vous pouvez aussi compter sur moi. Compte tenu de la qualité globale des entretiens (à quelques exceptions près...), je trouve que ce n'est pas cher payé !

Par cyrilkenyatta, le 06/12/2014 à 13h37

ah mais Jean-Loup se retrouve aussi à @si!!

J'ai rudement bien fait de me désabonner en tant que rouge-brun!

En plus on peut voir Didier Porte à l'oeil... y'a plus que lui qui m'intéresse sur ce site : bien son papier sur Arthur!

Par GaM, le 06/12/2014 à 11h53

L'émission d'@si est celle de trop.
Celle qui ne fera pas renouveler mon abonnement. Longue vie à Hors-Série :-)

Par Eeleria, le 06/12/2014 à 10h26

Oui Soral est antisémite, non Chouard n'est pas nazi. La malveillance, la mauvaise foi, pour tenir lieu de nuance, ne sont pas de bonnes bases pour penser.

Bon courage au pauvre Chouard pris dans une tourmente délirante et stupide.

Et j'attends toujours Maja avec impatience même si ses invités me déplaisent parfois!

Par GaM, le 06/12/2014 à 02h20

Salut Judith et tout le monde chez HS.

Je viens de finir l'émission de ce vendredi sur @si, et je suis dans une colère noire.
Emission lamentable, malgré une Justine toujours parfaite.

Courage.

Par sleepless, le 06/12/2014 à 01h24

@ Judith,
Noté. Pour moi ça ne change rien au fond de l'affaire, mais vous avez raison de nous ramener aux faits (et remerciements renouvelés pour Hors-Série et sa qualité !).

@ cyrilkenyatta,
Les commentaires sur le forum d'@SI sont semble-t-il majoritairement négatifs. "Ornella Guyet/Marie-Anne Boutoleau a finalement rejeté l'invitation. Elle souhaitait être floutée et trouvait le délai trop court pour être préparée". Pour sûr c'est plus peinard de lancer des anathèmes derrière son écran sur son blog fermé aux commentaires que d'aller sur un plateau, fusse-t-il uniquement composé de gens qui vont dans ce sens. "Quant à la ligne d'@SI qui lui pose question", avec cette semaine passée elle devrait être rassurée. Sa nouvelle cible, Le Yéti confusionniste chez Politis. Génial, ça sera l'occasion de savoir si l'abominable homme des neiges existe pour de vrai !

Par airone, le 06/12/2014 à 01h05 ( modifié le 06/12/2014 à 01h22 )

Merci Papriko. Vos excuses et votre soutien me touchent. Particulièrement à cet instant, où je viens de visionner l'émission d'@si consacrée au "confusionnisme"… dont le moins qu'on puisse dire est qu'elle est pleine de confusions.

Par Judith, le 06/12/2014 à 00h57

@Judith Bernard : Je vous présente mes excuses pour avoir affirmé (de bonne foi) que vous aviez déclaré n'avoir rencontré Etienne Chouard qu'une fois.
C'est une mauvaise lecture de ma part de la phrase "Je l'ai interviewé en 2013" que j'ai lue dans l'article que vous avez publié sur @si et que j'ai interprétée à tort : "Je ne l'ai rencontré qu'en cette occasion".
Je suis navré pour cette confusion. Sachez que je suis avec vous dans cette épreuve.

Par Papriko, le 05/12/2014 à 23h57

@airone : Oh, je n'attends rien de bon de ce débat, je vous "rassure"...
Apparemment, Ruffin, Lordon, Halimi, entre autres, ont été invité à y participer mais ont tous décliné, pour une raison ou une autre. Et sans doute pas par hasard, à mon avis.
Le fait est qu'il valait mieux ne pas faire d'émission du tout qu'aligner un plateau comme celui-ci.

Par cyrilkenyatta, le 05/12/2014 à 23h21

Pardon de vous déranger, chers abonnés, mais je n'ai écrit nulle part "Je ne l'ai rencontré qu'une fois" ! Vos interprétations sur la signification de ma position s'en trouvent singulièrement biaisées, il me semble. En tant que signataire du M6R, qui est un mouvement politique, j'ai pris une position publique (critique) sur une position publique que je réprouve (celle de Chouard avec son fichu lien). Cela fait partie du débat démocratique, ce n'est pas agréable, ni pour moi ni pour lui ni pour personne, mais il ne faudrait pas trop réécrire l'histoire, assez douloureuse comme ça. Merci d'avance de votre compréhension.

Par Judith, le 05/12/2014 à 22h51

@ cyrilkenyatta,
Je ne suis plus abonné mais j'aurais passé mon tour. Amselle a déroulé son (faible) argumentaire ici et Corbière n'est pas un phare de la pensée (quand Méluche partira, je crains pour la survie du PG même si Delapierre est plutôt bon).
Ruffin aurait_il écrit le même texte aujourd'hui (à l'instar de Judith Bernard) ? Ça aurait été intéressant de l'inviter.
Mais quand je vois les mots-clés de l'émission et les noms des co-accusés (Chouard, Bricmont, Soral, Dieudonné) comme si c'était des acolytes et surtout sans qu'aucun ne soit invité pour exposer une contre-argumentation, je me dis que ça ne va pas flirter avec les sommets du débat intellectuel et contradictoire*. Sans compter DS qui, on l'a vu avec Péan puis Bricmont, n'a pas le niveau requis.
*Je ne suis pas un acharné des débats pour/contre mais tout de même, Chouard se farcit en une semaine de la part d'@SI 4 articles à charge + une émission; ne pas l'inviter, ce n'est plus de l'information mais du tribunal d'exception.
Même ce torchon de Nouvel Obs', avant de lui tirer dessus, a tout de même eu la décence de l'interviewer pour qu'il donne sa version (c'est peu mais vu la niveau général des médias @SI compris, on finit par se contenter du minimum syndical) : http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20141204.OBS7040/le-trouble-monsieur-chouard.html
En comparaison, on apprend ceci, et ça fait (étrangement ?) beaucoup moins de vagues et de procès en collusion avec la dictature : http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20141205.OBS7065/hollande-au-pays-du-dictateur-nazairbaiev.html

Par airone, le 05/12/2014 à 22h35

Amselle déjà de retour... sur @si ! (http://www.arretsurimages.net/emissions/2014-12-05/Aujourd-hui-un-bon-facho-doit-avoir-le-discours-social-du-PC-id7282)
Pas encore eu le temps de voir l'émission mais la lecture de son traditionnel making-off m'a déjà permis de découvrir cette "mise au point" de François Ruffin qui me semble parfaitement s'insérer dans nos propres débats sur HS : http://www.fakirpresse.info/L-air-du-soupcon.html
Ce qui est terrible, c'est que ce texte est déjà relativement "ancien" (septembre 2013) mais que l'on voit bien à quel point on fait du surplace sur cette question...

Par cyrilkenyatta, le 05/12/2014 à 18h53 ( modifié le 05/12/2014 à 18h53 )

Le débat qui se déroule, ici et ailleurs, est assez symptomatique du manque de débats démocratiques dans notre pays.
Est-ce que Judith Bernard a eu raison d'écrire son papier qui clarifie sa position ? Oui.
Est-ce qu'Etienne Chouard est-il un humaniste ? Oui.
Est-ce qu'il est coupable de naïveté envers Soral et ses suiveurs ? Oui.
Dans un pays qui hystérise toute discussion avec l'extrême-droite, la position de Chouard est fondamentalement intenable. Aux Etats-Unis, son attitude passerait comme une lettre à la poste, ici non. Les tenants de l'abbé Sieyes ont encore de beaux jours devant eux, il serait peut-être temps que la ligne Robespierre prenne enfin le dessus.
Car ce débat ne fait ni honneur à Judith, ni honneur à Chouard mais ne profite qu'à une seule personne : Soral et ça, tant qu'on n'aura pas dépassé cette ligne de fracture, c'est tout bonnement insupportable. Soral ne mérite qu'une seule chose : l'indifférence et l'oubli, ses idées circonscrites uniquement à lui-même ne seront ainsi plus toxiques.

Par Eeleria, le 03/12/2014 à 12h19 ( modifié le 03/12/2014 à 12h21 )

@ Papriko,
Le détail (qui n'en est pas un)sémantique sur l'unique rencontre m'avait échappé. "La bête" n'aura été approchée qu'une fois, l'honneur est sauf.
En parcourant les divers commentaires ici et là, je suis tombé sur un blog qui, je trouve, illustre assez bien ce que peut donner la pensée d'Amselle : http://confusionnisme.info/ (pour ceusses qui ne connaitraient pas la blogueuse, il s'agit d'Ornella Guyet alias Marie-Anne Boutoleau, prétendue "antifa", et spécialisée dans la chasse aux "confusionnistes"). Au menu : accusations en vrac, articles bâclés à peine corrigés et droits de réponse accordés de mauvaise grâce (bien évidemment cette grande démocrate a fermé son torchon aux commentaires; sans contradicteur, c'est plus simple) et appels à la démission/exclusion de tel(le)s ou tel(le)s pour collusion avec l'ennemi.
Or si on suit sa méthode, Ornella Guyet est adossée à "Conspiracy Watch", site tenu par Rudy Reichstadt, traqueur de "complotistes", intervenant dans la revue néo-conservatrice "Le Meilleur des Mondes" dont le responsable, Michel Taubmann, avait soutenu l'invasion en Irak pour cause de présence "d'armes de destruction massive" (on sait ce qu'il en est advenu depuis) et plus récemment déclaré dans les médias durant l'affaire DSK qu'il n'excluait pas "un complot" (tout est vérifiable en tapant les mots-clés dans un moteur de recherche).
Poussons le "raisonnement" jusqu'au bout : Reichstadt collabore aussi à "La Rêgle du Jeu" de BHL, lesquel a accusé Mélenchon et Boniface de tenir un discours antisémite, tout comme Julien Salingue d'ACRIMED, accusé par Mr Haziza. Alors on coupe aussi avec Mélenchon (le plus drôle étant que Martine Billard a elle aussi accusé Etienne Choaurd de confusionnisme) et ACRIMED ?
A ce petit jeu du marabout de ficelle, on comprend assez vite qu'on coupe le sifflet à presque tout le monde, donneurs de leçon de rectitude en premier lieu.

Par airone, le 03/12/2014 à 11h47 ( modifié le 03/12/2014 à 12h25 )

@ Airone, @ cyrilkenyatta:
Cette affaire est une magnifique illustration de cette phobie quasiment superstitieuse de l'antisémitisme dont je parlais dans un précédent message et de l'image de "maladie" qui s'y attache. Judith, parce qu'elle craint d'être totalement et définitivement grillées, souillée, salie par le soupçon (et obligée, tels autrefois les pestiférés, d'agiter une crécelle jusqu'à la fin de ses jours), se sent tenue de déclarer publiquement (et dans des termes qui ne doivent pas laisser place à l'équivoque), qu'elle n'a pas pu attraper la maladie dont on la soupçonne. Le détail "Je ne l'ai rencontré qu'une fois" est tout à fait frappant.
Terrible maladie qu'on peut contracter dans une entrevue de quelques minutes ou la rédaction d'une simple préface !

Par Papriko, le 02/12/2014 à 23h36 ( modifié le 03/12/2014 à 00h09 )

Bon, pour le panache je me modère, la chronologie du lâchage ce jour par Judith Bernard d'Etienne Chouard laisse un drôle de goût : http://www.arretsurimages.net/articles/2014-12-02/Je-n-ai-pas-de-proximite-ideologique-avec-Etienne-Chouard-id7271
Il aura fallu que sorte deux articles à charge sur @SI pour que Judith revoit sa position. D'un côté, j'imagine que son engagement dans la 6ème république et sa responsabilité dans Hors-Série ont du peser dans la balance, d'autant qu'Etienne Chouard est revenu, pour des raisons qu'il expose assez bien sur son blog, sur sa décision suite aux pressions de supprimer le lien vers ER. J'exècre Soral mais je comprends pourquoi en tant qu'humaniste, EC ne se résout pas à couper le lien, comme je peux comprendre pourquoi JB a décidé de marquer nettement sa désapprobation pour que cesse la campagne de brouillage de ses idées et les calomnies.
Je trouve simplement le timing...comment dire...peu humain, justement, d'autant plus que les mots sont durs et qu'il est accusé de duplicité... Alors qu'il est attaqué de toutes parts, qu'il en souffre, et qu'il a décidé de se retirer pour que cesse cette polémique, ce lâchage manque singulièrement d'élégance.
Chouard déplait, comme Bricmont déplait, comme Collon déplait alors quoi ? Demain, au tour des autres ? On revient sur la tribune qui défend l'invitation de Bricmont, ou on la laisse et pour combien de temps ?
Tsssss....

Par airone, le 02/12/2014 à 19h39

@ cyrilkenyatta,
Chaque site d'info (lémédias selon la formule asienne consacrée) a son marronnier : L'Express et l'immobilier, Le Point et les assistés. Chez @SI, c'est "la galaxie rouge-brune" et ses épouvantails façon marabout de ficelle. Alors ça balance un article non signé juste avant le WE histoire de faire du clic (591 posts) et puis le Lundi on remet une pièce dans le juke-box avec un post mis à l'honneur histoire de faire croire que la chefferie se questionne sur la pertinence de son article initiale mais qui en rajoute une couche. Je me félicite donc d'avoir mis les voiles il y a un an et de ne plus participer à financer cette escroquerie.
Ceci étant posé, on peut se féliciter d'une chose qui nous avait été promise au lancement de Hors-Série et qui a été tenue : la ligne éditoriale est indépendante, et les drôles de dames comme elles se sont baptisées avec humour au lancement du site assument leurs choix avec panache et pugnacité.

Par airone, le 02/12/2014 à 00h57

Je ne suis probablement pas le seul parmi ceux qui l'auront lu mais je ressens un profond malaise devant la publication de cette "tribune" sur le site d'@si (probablement jugée suffisamment pertinente pour bénéficier d'un "happy hour" de 24h, ce qui est loin d'être le cas de tous les articles du site) : http://www.arretsurimages.net/articles/2014-12-01/Chouard-Soral-Bricmont-pourquoi-les-gratifier-d-une-telle-importance-id7266.
On retrouve la bonne vieille technique de l'amalgame consistant à associer tout au long du texte Chouard à Soral et Bricmont à Dieudonné (ou inversement). On a absolument le droit de ne pas être d'accord avec Chouard et Bricmont, ou pas sur tout, mais les mettre ainsi sur un pied d'égalité avec les deux autres, c'est juste dégueulasse.
Pour la rédaction d'@si, qui n'a pas choisi ce texte d'un internaute au hasard, il semble clair que les abonnés d'Hors-Série sont donc des "rouges-bruns" (et je ne parle même pas de ses fondatrices...). Vraiment ? On est là, alors ?!? Eh ben on est mal barrés...

Par cyrilkenyatta, le 01/12/2014 à 18h52

Je ne comprends pas l'intérêt d'inviter quelqu'un dont le livre se résume à distribuer des bons et des mauvais points aux uns et aux autres. Vous manquez à ce point d'inspiration! Quand en plus cet auteur se contente de traiter untel d'antisémite ou de raciste sous prétexte qu'il ait défendu untel, ou qu'untel sème la confusion sous prétexte qu'il partage une même idée qu'untel... Un livre bourré de raccourcis sidérants et sans aucune réflexion fondée, argumentée. Sincèrement, c'est beau d'inviter des intello dont vous ne partagez pas l'opinion, mais au moins un intello intéressant qui vaut la peine d'être entendu.
Par ailleurs, les polémiques sur l'antisémitisme, Soral, Dieudo et compagnie... Y a un moment où il faut que ça s'arrête. Le monde ne tourne pas qu'autour de ça.

Par Kahina Azil-Redjala, le 30/11/2014 à 19h47

Courage Maya,chapeau,vous arrivez à épater un "Weiningerien " comme moi...

Par jamaisriendit, le 30/11/2014 à 19h41 ( modifié le 30/11/2014 à 19h46 )

La récente micro-polémique Chouard/M6R relayée complaisamment par @SI fait étrangement écho avec l'émission passée. Comme quoi ces chasses aux sorcières sont mortifères et le camp adverse se frotte les mains de cette auto-destruction imbécile.
Bien qu'ayant voté FdG aux présidentielles je m'en suis progressivement éloigné et ce n'est pas le dernier billet de Martine Billard sur EC qui va me faire revenir à eux.
Quand on a appelé au soir du 1er tour à voter pour la droite complexée, et qu'on se rabiboche avec le PC après les guignolades des européennes/municipales, on évite de donner des leçons d'éthique et de pureté politique.
Et en parallèle, les procureurs qui miaulent au confusionnisme ne semblent pas aussi gênés quand droite dure et droite molle applaudissent et soutiennent en Ukraine un gouvernement où l'on trouve des néo-nazis pur jus et des sympathisants qui défilent avec des drapeaux célébrant les SS.

Par airone, le 30/11/2014 à 10h39 ( modifié le 30/11/2014 à 10h46 )

Citation Berto : "j'avoue que les polémiques autour de Soral, Dieudonné, Bricmont commencent à être lassantes et stériles !..."
Certes.
Mais il ne me parait pas inutile de faire remarquer que ce sont les socialistes (Manuel Valls, pour ne citer que lui) ou les intellectuels qui se disent "de gauche" (tel Jean-Loup Amselle) qui contribuent à leur donner de l'importance. Il semble que les idées réactionnaires sont en train de changer de hérauts et de passer de la droite traditionnelle à la social démocratie (qui fournit les nouveaux gardiens de l'ordre établi et les nouveaux censeurs). J'ai été surpris, dans le présent entretien, d'entendre Amselle citer spontanément Dieudonné. Dieudonné mérite-t-il donc autant d'attention ? A-t-il une telle importance dans la vie politique et la vie intellectuelle en France ? On pourrait dire le même chose de Bricmont (combien de Français les connaissent ?). Quant au parti que Soral et Dieudonné viennent de créer, attendons les premiers sondages pour avoir une idée de l'impact qu'il aura sur l'"opinion" et sur les élections à venir...

Par Papriko, le 29/11/2014 à 10h07 ( modifié le 29/11/2014 à 10h17 )

Bonsoir,
j'avoue que les polémiques autour de Soral, Dieudonné, Bricmont commencent à être lassantes et stériles !
Peut-être est-cela aussi qui vous fatigue ?

Interrogez des critiques de gauche, optimistes avec des sources solides... Bon c'est pas facile, mais un Gael Giraud (trop discret dans une emission d'@si avec Piketty) par exemple pourrait faire un bon candidat ?

Bertrand

Par Berto, le 29/11/2014 à 00h47

A propos d'Anne Clerval, je conseille la lecture de son très intéressant "Paris sans le peuple - la gentrification de la capitale".
Tiens, une bonne idée d'invitéE pour HS, je trouve ;-)

Par cyrilkenyatta, le 28/11/2014 à 18h08 ( modifié le 28/11/2014 à 18h09 )

Citation Bartho : "D'ailleurs , ses propos n'étaient pas argumentés, si ce n'est qu'en s'appuyant "pour moi" et hop il balançait son assertion ..."

J'ai remarqué cette curiosité, moi aussi : Jean-Loup Amselle prononce un jugement péremptoire et définitif sur telle ou telle personne et l'atténue d'un étrange "pour moi".
Je l'imagine membre d'un jury de Cour d'assise : "Cet accusé est un monstre qui mérite cent fois la mort. M'enfin, ce que j'en dis ..."

Par Papriko, le 28/11/2014 à 14h14 ( modifié le 28/11/2014 à 14h19 )

Je n'avais pas vu les dix dernières minutes.
La mauvaise foi de ce type est sans limite, c'en est drôle. (sur Libération et Joffrin, par exemple).
De plus, qu'un universitaire emploie le terme de bobo me semble aberrant. (lire le texte d'Anne Clerval sur la critique d'un pseudo-concept et ses origines: http://cybergeo.revues.org/766)

Par ereip, le 28/11/2014 à 11h46

Pas assez de femmes parmi les invité-e-s de Maja? C'est ce qu'elle confesse en tout cas à la 76ème minute.
Un remède à ce problème serait d'inviter Houria Bouteldja, mise en cause pendant l"émission. (raciste, symétrique inverse du front national...)
Le jugement sévère que partage Jean-Loup et Maja sur les Indigènes de la république mériterait d'être interrogé.
J'espère que cette émission verra le jour, car s'il est vrai que Hors-série manque encore de femmes parmi ses invité-e-s, as-t-on le droit de se demander s'il ne manque pas d'arabes et de noir-e-s parmi eux?
Avant de porter un jugement définitif sur les Indigènes de la république, il serait intelligent que leur détracteurs aillent lire leurs textes.

Que le "jeune du quartier du Val Fourré dont les parents sont sénégalais d'ethnie soninké" puisse se sentir plus français que sénégalais, grand bien lui fasse, il n'en reste pas moins que ses "compatriotes" et les institutions républicaines (la police, notamment) continueront de le regarder comme un "noir".

Par ereip, le 28/11/2014 à 10h52

Dommage que les sujets de fond concernant l'anthropologie n'aient pas été fouillés davantage. Une interview d'un anthropologue du camp adverse serait la bienvenue…

Par cyberprimate, le 28/11/2014 à 01h13

@ Kyle Butler

Il y aurait beaucoup à redire sur le texte de Roberspierre que j'ai lu à votre invitation, mais visiblement, vous ne le souhaitez pas. Pour ma part, je ne saurais m'en contenter.

yG

Par yG, le 27/11/2014 à 17h17 ( modifié le 27/11/2014 à 17h19 )

Je peux adhérer aux propos de Mr. Anselme sur l'idéalisation d'entraide villageoise pour l'avoir connu et l' avoir fui.
Mais l'entendre dériver autant pour bricqmont que pour chomsky , confondant leurs positions contre la censure , et d' en déduire que tout ce qui sera dit reflète leurs convictions me semble d'une rigueur intellectuelle plus que douteuse. D'ailleurs , ses propos n'étaient pas argumentés, si ce n'est qu'en s' appuyant " pour moi " et hop il balançait son assertion ......
Et bien pour moi ce "pour moi" , ne relève d'aucune argumentation , et j'ai décroché et suis parti m'occuper de moi.

Par Bartho., le 27/11/2014 à 08h56

[J'arrête avec ce post.]

@ yG >>

La liberté d'expression n'est pas un droit comme le droit de vote ou le droit à l'éducation au sens où ça n'est pas un droit qui a été donné aux gens; c'est juste une capacité de nuisance qui a été enlevée à l'Etat, et à l'Etat seulement.

Si on excepte les propos en soi délictueux (incitation à une action illégale immédiate), il n'y a pas vraiment de milieu possible : ou bien on accepte a priori tout, ou bien c'est l'arbitraire qui prévaut. Robespierre en parle très bien. Et ses arguments (qui ne sont pas plus les siens que ceux de chomsky, les Pères Fondateurs disent en gros la même chose) sont intéressants parce qu'il montre bien en quoi cette intransigeance est spécifique à la liberté d'expression : par exemple, on ne peut pas la transposer à la liberté d'entreprendre.

Et il est intéressant de constater que pour les Pères Fondateurs comme pour les révolutionnaires, cette intransigeance n'est pas une lubie particulière dissociée de l'éthique démocratique (whatever that means) : elle en est la condition même. Encore une fois, le discours de Robespierre est très clair sur ce point. Et Robespierre, c'était pas un droit-de-lhommiste caché dans sa tour d'ivoire ou un bisounours ou je ne sais quoi encore.

Par Kyle Butler, le 26/11/2014 à 22h59 ( modifié le 26/11/2014 à 23h01 )

@ Kyle Butler

J'ai conscience que cette conception absolutiste n'est pas que, voire historiquement pas du tout, chomskyenne. On en retrouve aussi l'écho dans la célèbre formule apocryphe attribuée à Voltaire: "Je ne suis pas d'accord avec vous..."

Quoi qu'il en soit, comme vous le soulignez, l'extension des libertés individuelles est à rechercher autant que faire se peut, mais certainement pas à tout prix. Sous peine de se priver de l'éthique la plus élémentaire, pour ne pas dire minimale.

yG

Par yG, le 26/11/2014 à 22h17

yG >> Cette vision n'a rien de chomskyenne, elle n'a pas été inventée par les ricains ou je ne sais quoi. C'est une position largement partagée par les Lumières et qui possède des représentants Bien de Chez Nous. Robespierre avait prononcé un discours à l'assemblée (cherchez "discours sur la liberté de la presse Robespierre", ça se trouve facilement) qui reprend tous ces arguments.

Je trouve ça intéressant d'ailleurs : ceux qui ont écrit la DDH, la Constitution, la Déclaration d'Indépendance, etc. n'étaient pas des bisounours qui se sont réunis un jeudi matin pour écrire un beau texte bien droit-de-lhommiste et s'autocongratuler de leur supériorité morale. Ils ont connu des révolutions sanglantes, des bains de sang hallucinants, des attentats, etc. et ils en sont venus à la conclusion que la solution ne devait pas passer par une restriction des libertés individuelles mais par leur extension au plus grand nombre, que ces libertés devaient être aussi inconditionnelles et inviolables que faire se peut.

Par Kyle Butler, le 26/11/2014 à 21h45 ( modifié le 26/11/2014 à 21h47 )

Décidément, les chomskiens, ceux qui défendent comme lui une liberté d'expression inconditionnelle, m'apparaissent de plus en plus inconséquents.

De ce côté-ci de l'Atlantique, nombre d'entre eux trouveraient irresponsable de défendre une liberté d'entreprendre inconditionnelle ou pour le dire autrement, une économie de l'offre et de la demande sans entrave. De même, la plupart estimeraient criminel de laisser en libre circulation les armes à feu. J'en passe et des meilleurs.

Et pourtant, dès qu'il s'agit de la circulation publique de certaines idées, ils déclament régulièrement qu'interdire l'expression de quelques-unes reviendraient à cautionner un régime dictatorial, incompatible avec la démocratie. Outre que c'est de leur part négliger qu'y compris dans la plus parfaite des démocraties, il y aura toujours des contraintes, des interdits et donc de la coercition, ils opèrent un deux poids deux mesures des plus irrationnels et dangereux.

Les mots, les idées ne sont pas sans impact, sans effet.

C'est pourquoi les chomskiens sont également à mes yeux responsables, que cela leur plaisent ou non, de l'expression dans l'espace public des pires thèses. Il n'est pas nécessaire pour eux d'y adhérer explicitement, ils en sont complices rien qu'en ne s'opposant pas à l'expression publique de ces dernières.

Ohhhhh, je les entends déjà me répondre, qu'ils s'opposent à ces idées nauséeuses, bien qu'ils les laissent s'exprimer, par le biais d'arguments, en se lançant au coeur du débat, au corps à corps...

Mais, diantre, ils se croient où ?

Dans une arène fermée où les idées les plus rances ne peuvent s'échapper de l'enceinte, où il y a des arbitres pour compter les points, déclarer la fin du match et proclamer la victoire de la raison ?

Encore une fois, dans l'espace public, nul n'est jamais obligé de se soumettre à la raison, nul n'est donc jamais forcé d'accepter le verdict qu'elle peut produire.

Par conséquent, qu'importe la vigilance et la ténacité de certains, le seul vainqueur à tous les coups, à coup sûr, ce sont les idées les plus abjectes, car elles n'ont pas à se soucier d'être rationnelles, justes. Tout ce dont elles ont besoin pour exister publiquement, c'est que nous montions sur le ring pour en découdre avec elles, afin qu'elles se donnent en spectacle avec notre assentiment de façon légale.

La censure a au moins le mérite de refuser un énième combat, non pas que d'aucuns n'auraient pas de bons arguments à opposer à la bêtise, mais tout simplement parce qu'il serait vain de les dilapider en servant de caution à l'expression de celle-ci.

Sans compter que si les idées abjectes font des dégâts en cachette, au grand jour, elles n'en font pas moins, loin s'en faut et tandis que les débatteurs s'enorgueillissent à guerroyer, d'autres, dans leur coin, seuls, inaptes à manier aussi bien les armes de la raison, subissent au quotidien l'expression légale de ces idées gerbantes. La loi, la censure n'est pas là pour protéger les plus aptes, mais bien les plus faibles.

J'ajouterai enfin que le propre de la raison, c'est qu'elle n'a pas à s'exposer continuellement à la bêtise, à répondre à ces provocations, à se mettre à son niveau pour la combattre. Elle peut parfaitement traiter de celle-ci, sans lui donner la parole, sans la convoquer. Elle peut toujours la disséquer, comme un animal mort, sans lui redonner vie.

yG

Par yG, le 26/11/2014 à 17h53 ( modifié le 26/11/2014 à 17h57 )

Comme Airone, j'ai trouvé intéressant Jean-Loup Amselle lorsqu'il critique l'image idyllique que certains se font des sociétés primitives. J'apprécie sa dénonciation, même si elle est peu argumentée, des idées reçues (guère plus argumentées) qui alimentent des idéologies simplistes.
En revanche, j'ai été accablé par sa description de l'antisémitisme ambiant.
Ceux qui voient de l'antisémitisme partout ne se rendent pas compte qu'ils sont eux-même souvent victimes de préjugés. Le principal de ces préjugés étant que l'antisémitisme est le pire de maux. La moindre trace d'antisémitisme qu'ils croient détecter chez quelqu'un leur suffit pour discréditer cette personne. Par exemple, Noam Chomsky, qui a consacré sa vie a dénoncer l'oppression que le puissants exercent sur les humbles (pour parler de manière simple) a été classé du jour au lendemain parmi les fachos antisémites par le simple fait qu'il a accepté qu'un de ses textes préface un bouquin de Robert Faurisson. C'est consternant.

Autre chose étonnante, la relation que les chasseurs d'antisémites font entre l'antisémitisme d'une part et les idées d'extrême droite d'autre part. Or, on trouve de l'antisémitisme dans tous les courants politiques. Et il existe des régimes d'extrême droite (je pense à l'Espagne de Franco) dans lesquels l'antisémitisme n'a pas une part essentielle.

De toute évidence, certains (Daniel Schneidermann, Jean-Loup Amselle) voient l'antisémitisme comme une maladie. Au sens propre du terme. Une maladie contagieuse qui peut frapper à tout moment n'importe qui, qui se transmettrait (come Ebola, comme le Sida) par un mystérieux virus et qu'on peut détecter par certains "marqueurs". Pour Schneidermann, par exemple, l'emploi que fait Pierre Péan du mot "cosmopolite" est un de ces infaillibles marqueurs.
Il me semble que Maja elle-même est parfois victime ce cette vision "biologique" de l'antisémitisme. Je peux me tromper, mais je crois l'avoir entendu dire (Maja, si vous me lisez, détrompez-moi si je suis dans l'erreur) dans une émission précédente, qu'on ne peut pas être "plus ou moins antisémite" et que "on l'est ou on ne l'est pas". Et pourquoi donc ? Pourquoi ne pourrait-il pas y avoir des degrés dans la judéophobie ? On serait donc (ou non) antisémite comme on est (ou non) séropositif ?
Dans sa réponse aux accusations de Daniel Schneidermann, Jean Bricmont lui demandait quelle était sa définition de l'antisémitisme. Je crains que nous devions nous résigner à ne jamais entendre la réponse. Daniel est sans doute persuadé (comme Serge Moati, pour qui Jean-Marie Le Pen n'est pas antisémite) qu'il y a des choses "qui se sentent" et qu'on n'a pas besoin d'expliquer.
Je conclurai en exprimant la conviction que ce commentaire va être jugé antisémites par certains. Lesquels probablement, ne sauraient pas justifier ce jugement. Sans doute y a-t-il "un ton" pour parler de certaines choses. Si vous n'adoptez pas ce ton, vous déclenchez la sonnerie et vous êtes classé. La détection fonctionne en tout-ou-rien. Et je me garderai d'ajouter que la diffusion de cette vision de l'antisémitisme constitue une claire victoire des sionistes (de crainte de faire exploser le portique).

Par Papriko, le 26/11/2014 à 09h21 ( modifié le 26/11/2014 à 09h52 )

Bon, j'ai été rassuré la facétieuse Maja, loin d'être au bout du rouleau, a retrouvé pugnacité et humour dans cette entrevue.
Quant à Jean-Loup Amselle, toute la partie anthropologie-primitivisme-village m'a fortement intéressé car je dois avouer que je n'y connaissais pas grand chose et cela m'a semblé assez pertinent.
Par contre, dès qu'il s'est agit de glisser vers le politique, j'ai trouvé ses propos parfois contradictoires et souvent consternants.
Le passage sur Chomsky antisémite/négationniste car défendant la liberté d'expression de Faurisson m'a laissé pantois. De même, la liberté d'expression induirait selon lui que toutes les idées se valent et que ça légitimerait l'extrême-droite et l'antisémitisme. Je ne fais pas le même constat, la liberté d'expression induit que toute opinion, paraissant sérieuse ou ubuesque, est susceptible d'être énoncée et écoutée. A chacun ensuite de se faire son avis.
Quant au "guilt-by-association", Jean-Loup Amselle devrait s'en méfier. Par exemple, quand il estime que la LICRA est une organisation sioniste, il rejoint la critique de Dieudonné et Soral. Jean-Loup Amselle est un rouge brun dont les idées constituent de la matière pour l'extrême-droite ! Mais il critique aussi l'attelage rouges-verts-bruns, comme le font Messieurs Haziza et BHL ! Jean-Loup Amselle est donc un néo-conservateur atlantiste ! On voit bien qu'en administrant son propre brouet à Amselle, il se retrouve avec des étiquettes qui le feraient bondir.
Autre point qui n'est jamais évoqué comme réponse au fait que la France fait face à la mondialisation et que, seule, elle ne pourrait rien faire même si elle retrouvait sa souveraineté. Pourquoi aucun journaliste - Maja comprise - ne cite les exemples de la Bolivie, du Venezuela, ou de l'Equateur ? (Sur le sujet, voir le dernier documentaire de Pierre Carles, "OPÉRATION CORREA", disponible gratuitement en bas de cette page sur son site : http://www.cp-productions.fr/spip.php?article161 ) Voila des pays où des gouvernements de gauche, populaires (dans tous les sens du terme) ont repris leurs destins en main et ça ne semble pas être pire qu'avant.
Enfin, et à l'endroit de toutes ces personnes qui semblent fascinées par la chasse aux rouges-bruns, pourquoi ne dénoncent-elles pas AUSSI ceusses qui voient de l'antisémitisme partout et diffament à tout va pour paralyser toute critique sereine et factuelle ? Je rebondis sur le post de Papriko : à quand un article aussi virulent et engagé de Daniel Schneidermann que celui contre Bricmont pour dénoncer les accusations diffamantes de Frédéric Haziza qui a épinglé entre autres Eric Naulleau, JC Lefort, Bruno Masure, Pascal Boniface et même Jean-Luc Mélenchon comme antisémites ou sympathisants en s'asseyant sur un minimum de déontologie ? (Ceci dit, aucun n'a porté plainte et je pense qu'ils ont tort).
Merci à Maja pour cette entrevue rondement menée. Vivement la prochaine !

Par airone, le 26/11/2014 à 00h54

Je viens de parcourir un article d'Acrimed qui pourrait valoir à son auteur d'être classé parmi les rouges-bruns par Jean-Loup Amselle : http://www.acrimed.org/article4507.html
En effet, cet article prend pour cible deux personnalités de grand talent habituellement attaquées par les rouges-bruns: Frédéric Haziza et Bernard-Henri Levy.
Putain ! Si même Acrimed s'y met !
Je serais curieux de savoir ce que notre ami Daniel Schneidermann, qui nous a plusieurs fois laissés pantois par aptitude à détecter - sur des indices parfois infimes - les antisémites, nous dise ce qu'il pense de cette affaire.

Par Papriko, le 25/11/2014 à 22h33 ( modifié le 25/11/2014 à 22h48 )

Je ne connaissais pas cet "intellectuel" et cet entretien ne m'a pas donné envie de le connaître plus. Je lui trouve une pensée confuse, manquant de rigueur et de cohérence.
J'ai l'impression qu'il fait exprès de ne pas comprendre la complexité des positions des intellectuels qu'il désigne comme pouvant appartenir un peu ou beaucoup à la "nébuleuse rouge brune". Je dis "il fait exprès" parce que j'ai envie d'être poli et respectueux, car si c'est n'est pas une intention de sa part, je me pose de sérieuses question sur sa capacité de discernement.

Je suis d'accord avec Maya, dire que Chomsky côtoie l'extrême droite parce qu'il défend la liberté d'expression c'est juste pas sérieux, c'est un raisonnement d'âne baté.

Par Pierre DA ROCHA, le 25/11/2014 à 20h43

jacky dupre a écrit : "si je suis Jean Bricmont je me réjouis de cette info ou elle m’indiffère mais si je suis Jean Loup Amselle je cesse d'écouter Nathalie..."

@ jacky dupre : Vous oubliez une troisième hypothèse : si je suis Olivier Berruyer, qui (comme des millions de personnes - parmi lesquelles, soit dit en toute modestie, moi-même) pense que Vladimir Poutine est un grand homme d'état (qui fait tout ce qu'il peut pour préserver la paix en ignorant les provocations des occidentaux) je me réjouis de savoir qu'il aime Natalie Dessay.

N.B. : Olivier Berruyer publie aujourd'hui-même sur son site un papier en soutien à ... Jacques Sapir : http://www.les-crises.fr/la-propagande-de-guerre-de-liberation/

Par Papriko, le 25/11/2014 à 16h44 ( modifié le 25/11/2014 à 16h57 )

Cet homme est difficile à suivre ! Comme Maya, je ne suis pas très d'accord sinon pas du tout avec ce qu'il dit de Chomsky, Lordon Sapir, si je peux admettre facilement que les peuples dits primitifs ne sont pas angéliques. Mais ce rouge-brun ne m'a pas paru non plus très clair au cours de cette interview difficile parce que je ne vois pas très bien où il veut en venir ni ce qu'il définit. Peut-être est-ce en fonction de mon âge....?
Aucune envie d'acheter et de lire son bouquin,au contraire de de celui de Albert Ogien, dont l'entretien m'a passionnée.

Par ahurie, le 25/11/2014 à 15h02

Bon, j'ai arrêté à "revendiquer la liberté d'expression de Faurisson, c'est légitimer l'antisémitisme". Assez déplorable de bêtise.

Par Cramazouk, le 25/11/2014 à 12h29

Ralalla Maja, quel courage de supporter "ça" ! Vive Taddéi et les débats contradictoires, vive Chomsky, vive la différence et la pertinence. Vive Maja ! J'ai eu du mal à rester jusqu'au bout avec ce Môsieur qui n'aime que Lui et qui a tant de certitudes sur les autres. Beurk.

Par Annie HUET, le 24/11/2014 à 18h16

maja, pure moment de bonheur en écrivant ce message j'écoute Nathalie Dessay mais patatras! mon amie me dit que Vladimir Poutine adore Nathalie Dessay.
que faire, si je suis Jean Bricmont je me réjouis de cette info ou elle m’indiffère mais si je suis Jean Loup Amselle je cesse d'écouter Nathalie.
je ne l'écouterais jamais plu, il se peut même que je l'accuse d'offrir des instants de plaisir à Poutine.

hier je pensais que la terre était ronde, aujourd'hui j'affirme le contraire car je viens d'apprendre que Marine Le Pen, Soral, Dieudonné,Faurisson étaient d'accord
avec moi, eux aussi admettent que la terre est ronde.

Jean Loup Amselle certes fait du rétropédalage sur les cas Sapir et Lordon mais cela n’efface pas le trouble produit.
selon lui toutes les idées prises ou plutôt volées à la gauche ou à l'humanisme par le front national doivent leurs être abandonnées.
et ceux qui comme Chouard, Sapir, Lordon, ect... pensent au contraire qu'il faut débattre avec tout le monde pour déjouer les impostures , ceux la sont catalogués " rouges bruns ".

encore un mot devrais je boycotter "france culture" parce qu'en son sein y officient des intervenants dont la pensée m'indispose ou me révolte tel finkielkraut,caroline fourest, max gallo, jean louis bourlanges, philippe maniere, ect....


Par jacky dupre, le 24/11/2014 à 17h33 ( modifié le 24/11/2014 à 18h41 )

Hors-série sort des codes habituels de l'interview. Très bien.
La conversation, ou la dispute, est préférée au classique questionnement "journalistique". Encore mieux!
Mais, de grâce, permettez au moins à votre interlocuteur d'introduire tranquillement son travail, sa thèse, son argumentaire, son projet avant de lui rentrer dans le chou.
Lire la quatrième de couv ne suffit pas.
Pour ceux, dont je suis, qui ne connaissent pas le travail de cet homme, il manque cette entrée, ce hors d'œuvre, ce moment où l'on me fait savoir sans s'énerver de quoi on va parler pendant une heure et demie...

Par felix d, le 24/11/2014 à 17h33

Une émission fort intéressante ; Amselle est beaucoup plus nuancé que la présentation ne le laissait supposer.

Sa position sur les gender studies et la queer theory est très révélatrice (et plutôt rare) : il considère que le queer est en effet une voie acceptable et que les gender studies segmentent la population, alors qu'en réalité les deux vont dans le même sens. Les gender studies ne segmentent pas (et n'ont rien à voir avec la parité) : elles observent une segmentation qui existe déjà. La queer theory est un projet politique, un idéal à atteindre.

Or, dans tous les sujets abordés, Amselle voit l'idéal et fait l'économie du chemin pour y arriver ; c'est ce qui explique qu'il ne voit pas la différence entre le souverainisme comme but à l'extrême-droite, et comme moyen provisoire à l'extrême-gauche ; c'est aussi ce qui explique qu'il considère les Indigènes de la République comme une association raciste, alors que, précisément, c'est une de celles qui dénonce le mieux le racisme structurel en France. Son intransigeance sur les principes l'amène à un déni de la réalité problématique.

Bref, il rappelle des principes que tout le monde devrait avoir à l'esprit, mais échoue à proposer un projet politique pour établir ces principes. Affirmer l'universalisme et vouloir que les minorités agissent comme si l'universalisme fondait la société, dans une société réellement fondée sur la segmentation et la discrimination, ça ne sert à rien en soi.

Merci pour ce dialogue, en tout cas, ça donne du grain à moudre (plus que Bricmont, en tout cas, qui est extrêmement confus sur des sujets graves) !

Par Potiron, le 24/11/2014 à 15h19

Un interviewer qui , comme Maja, émet des doutes sur ses propres convictions, est un fait trop rare qui mérite attention. Cette émission avec Amselle ouvre des pistes de réflexions mais n'en ferme aucune. A chacun d'en faire son miel, au delà des lieux communs comme le "bon sauvage" n'existe pas, les médias fonctionnent par des effets boule de neige, voire la lutte des classe est un concept construit par la "culture", au fil du temps. Sur Chomsky, je ne partage pas l'opinion d'Amselle mais il y a d'évidence beaucoup de questions à se poser sur l'admiration sans réserves qu'il suscite en France. Ainsi, ce billet: http://bit.ly/1zRferH (Merci d'autoriser les liens sur Hors-Serie dans les commentaires ...) s'intéresse à l'analyse, assez peu connue, par Chomsky du génocide Cambodgien dans son livre "After the cataclysm" . On n'y trouve aucune ligne condamnant les pratiques génocidaires des khmers rouges. En revanche, le livre est entièrement à charge pour la politique américaine dont le rôle est parfaitement critiquable mais qui surprend par l'occultation totale de l'absurdité génocidaire des khmers rouges.

Par Catala69, le 24/11/2014 à 12h57 ( modifié le 24/11/2014 à 12h58 )

Passionnante émission, qui, de mon point de vue tout à fait personnel (pour cette fois) formule des choses que je pensais sans arriver à les exprimer. Evidemment, je ne suis pas d'accord avec tout. Evidemment, il y a des moments où J-M Amselle semble avancer des propos charpentés et bien articulés et d'autres où cela flotte, voire où il ne fait que partager son impression. Mais je trouve qu'il fait la part des choses, prend la peine de dire toujours où il se situe et pourquoi, le débat est ouvert contrairement à ce que pourrait laisser croire certains commentaires ci-dessous.

Je prendrai un seul exemple: ce qu'il dit sur Ce soir ou jamais. Je ne suis pas d'accord avec lui sur le fait que cette émission est "scandaleuse" en soi, je trouve que le niveau intellectuel y est en moyenne nettement supérieur à la moyenne. Mais oui, c'est une émission où, comme dans les médias en général, les éditorialistes éditorialisent (les profs professent, les agot-prop agitent-propisent etc.), une émission qui a ses tauliers, qui changent un peu d'une année l'autre, mais qu'on retrouve 500 fois, jusqu'à me faire zapper rien qu'à voir leur tête. Et Taddéi, aussi amusant et bon animateur soit-il, a un côté "pas clair", comme dit Amselle. Je le vois comme un liberal, au sens américain mais pas que, un anar comme on n'en fait plus beaucoup. Il fait semblant de ne pas avoir d'avis, mais il en a un -ce que je ne lui reprocherai jamais, je lui reproche de faire semblant- qui se devine dans la façon dont il porte ou non la contradiction. Son objectif n'est pas de faire advenir les meilleurs débats, les oppositions les plus éclairantes (sinon constructives), son objectif est de donner la parole à des personnes qui ne l'ont pas/pas beaucoup dans les médias mainstream, dans le but quasi-avoué de faire une "bonne" émission: bonne dans l'audience, ou bonne dans le buzz, ou bonne dans les reprises. Et atteindre ce but, c'est recevoir des gens-alibis qui ne pourront pas exprimer leurs idées parce que pas armés pour un débat plateau télé, des gens qui défendront brillamment des idées dégueulasses, des débats sans queue ni tête qui tuent le sujet, des gogos contestables*. Parfois, par hasard ou par surcroit, l'émission est absolument géniale, au sens éclairante.
Mais je trouve qu'en regardant les entretiens de Hors Série, celui-ci compris, on mesure le fossé qualitatif qui les sépare d'une émission comme celle de Taddéi (je précise que je l'ai pas mal regardée, souvent avec intérêt, mais avec les limites susmentionnées).

* On rabâche sur Nabe ou Dieudonné, mais on peut se demander si la tribune offerte à un proxénète était bien judicieuse... En rappelant qu'en France, se prostituer n'est pas un délit, le proxénétisme si (à juste raison, je pense). Je ne dis pas qu'il ne fallait pas l'inviter du tout, je dis, comme pour d'autres: est-il pertinent de lui donner une tribune de cette surface, avait-il à dire des choses si inédites et percutantes ? Ou était-ce juste le frisson de tendre le micro à un personnage sulfureux (hum) pour faire le buzz ?

Par J-net, le 24/11/2014 à 10h21

@ jck

""Défendre la liberté d'expression inconditionnelle, c'est de facto participer au relativisme."
Répéter un sophisme 100 fois n'en fait pas une vérité. " écrivez-vous.

Pour l'heure, vous n'avez rien publié qui n'en fasse surtout pas un de votre propre prose. Surtout lorsque je note que vous vous tirez vous-même une balle dans le pied. En effet, si répéter un sophisme cent fois n'en fait évidemment pas une vérité, le laisser se répéter infiniment n'en fera pas davantage une et pourtant, dans le cadre de la liberté d'expression inconditionnelle, il restera toujours autant audible, visible, et s'opposera toujours à la vérité, car nul dans la sphère public n'est jamais obligé de se soumettre à la raison.

C'est d'ailleurs pour cela que votre appel à la vérité objective, scientifique est pour moi des plus amusants, car s'il y a un domaine dans lequel n'a précisément pas lieu la liberté d'expression inconditionnelle, c'est bien la science. Puisque, s'il lui est justement possible de trancher sur certaines questions et d'avancer, de progresser, c'est bien parce qu'elle n'autorise plus en son sein certaines théories à avoir le droit de citer une fois qu'elles ont été invalidé. Autrement dit, dans ce domaine, la liberté inconditionnelle n'a lieu qu'a priori. Toutes les théories sont recevables tant qu'elles n'ont pas été invalidé. Après, elle passe à autre chose, elle n'y revient pas sempiternellement tant qu'il n'y a rien de fondamentalement nouveau pour remettre en question ce qui a été préalablement établi. Or, la nouveauté, ce n'est pas la répétition du même, comme le permet la liberté d'expression inconditionnelle... inconditionnelle, y compris à la vérité.

yG

Par yG, le 24/11/2014 à 06h58

amselle fait parti de ces penseurs, plutôt ces censeurs qui disqualifient facilement ceux qui ne pensent pas comme eux.

ce sont gens qui vivent éloignés de la réalité quotidienne, ils pensent en rond ce qui fait qu'ils ont les idées courbes.

il existe des théoriciens de la complexité comme edgard morin ou cornelius castoriadis quand ils parlent malgré toute leur science, je les comprends.

et il existe les théoriciens du confus et de l'inabouti comme jean loup amselle, ceux la quand ils parlent je peine à voir la clarté ou la cohérence de pensées.

Par jacky dupre, le 24/11/2014 à 01h49 ( modifié le 24/11/2014 à 01h53 )

"Défendre la liberté d'expression inconditionnelle, c'est de facto participer au relativisme."
Répéter un sophisme 100 fois n'en fait pas une vérité.
Dans la pensée positiviste il existe une vérité objective : la méthode scientifique permet de départager le vrai du faux, dès lors on se fiche des bonnes ou mauvaises intentions de l'énonciateur.
Amselle préfère la méthode BHL : c'est la subjectivité qui permet de trouver la vérité : "il a un regard fuyant", "il est pas clair", "je pense qu'il" X 5. Il aurait fait un terrifiant procureur.

Par jck, le 24/11/2014 à 01h40

@ alexandraaaa

Je ne vais pas me cacher derrière mon petit doigt, il est évident que mon vocable est policier, et pour cause, puisque j'en appelle à la loi pour réprimer ce type de débordement. J'assume. Je préfère infiniment plus le recourt à cette dernière que la loi du plus fort et la guerre permanente inhérente à la liberté sans entrave. C'est valable dans le domaine économique, comme dans celui des idées.

Pour le reste, je ne considère aucun groupe comme sacré, puisque justement à l'instar de Amselle et de l'exemple que vous citez d'ailleurs, je n'assigne aucune personne à de tels groupes. Homosexuel, noir, femme, juif ne sont que des qualificatifs que les personnes peuvent éventuellement s'attribuer, pas des groupes auxquels je les rattache et cela change tout. Ces caractéristiques ne disent rien d'autres, elles sont tout au plus tautologiques. Ce n'est qu'à les réifier ou les essentialiser que commence le racisme, l'homophobie, le sexisme ou l'antisémitisme. S'opposer à ceux qui sous couvert d'une caractéristique commune traitent les personnes comme les items d'un groupe ne revient aucunement à admettre l'existence ou la pertinence de tels groupes.

yG

Par yG, le 23/11/2014 à 20h05 ( modifié le 23/11/2014 à 20h28 )

@yG
Je ne peux pas vous répondre sur tous les points parce qu’on n’en finira pas et que je ne veux pas imposer ma prose à tout le monde :

Je suis frappée par le langage policier que vous utilisez : interdit, non dialogue, censure, sanction, anathème, condamnation à mort. J’avais bien compris que votre usage du mot excommunication (et de tous les autres) était métaphorique, mais comme vous le dites vous-même, les mots ont un sens et les vôtres ressortissent très souvent du domaine de la police du sacrée. D’une forme d’inquisition en d’autres termes. Je suis convaincue qu’on n’a aucun intérêt à traiter de tous les groupes dont vous parlez – les homosexuels, les femmes, les juifs, les noirs, et autres – comme de questions sacrées, le mot étant entendu au sens étymologique et laïc du terme, c’est-à-dire comme des questions « intouchables », qu’on ne pourrait approcher qu’avec une certaine forme de crainte révérencieuse (et y compris quand ces groupes font l’objet d’attaques) avec châtiment métaphoriquement mortel à la clef en cas de franchissement de la "ligne rouge". Tout ce que je vois là-dedans, c'est une gestion des idées gênantes par la crainte et la force, et ça ne me convient pas. J’en dirais bien davantage là-dessus, mais vous en avez déjà parlé avec gynko et je me range à l’argumentation de ce dernier.

Quant à l’usage de etc. par JL Amselle, je ne pense pas qu’on puisse seulement l’expliquer par le malaise à parler devant une caméra (et que je serais la première à ressentir) : son argumentation est fautive sur bien des points (les accusations contre Chomsky, contre Lordon, la question de la souveraineté économique), et ça se reflète dans la forme, ça a déjà été souligné dans les commentaires, je ne m’y attarde pas.

J’insiste sur le fait qu’Amselle est un auteur très précieux, qui est allé à contre contre-courant d’une grande partie des présupposés de sa discipline (le primitivisme, la projection exotique, les entrepreneurs de l’identité), qu’il offre une pensée émancipatrice sur bien des points. Dire, par exemple, qu’un jeune né en France de parents maliens ne doit pas se voir assigné à telle ou telle identité – noire, malienne, française, géographique – qu’il est multiple comme nous tous et que les assignations à être ne sont rien d’autre que des violences qui lui sont imposées et qu'il doit refuser, c’est par exemple une des ces pensées émancipatrices dont nous pouvons lui être très reconnaissants.

Par Alexandra, le 23/11/2014 à 18h58 ( modifié le 23/11/2014 à 20h03 )

Bravo Maja,
Vous avez été plus présente que face à Bricmont, et c'était bien.
Peut-être que les multiples condamnations qu'émet Jean-Loup Amselle sont plus sujettes à contradictions (mêmes internes) que la logique de Bricmont.
Qui, dans cette confusion généralisée, trouve grâce aux yeux de Jean-Loup Amselle? Ah oui, Jean-Loup Amselle.
On n'oubliera pas de retenir "pour moi, la laïcité, c'est une forme ...enfin, c'est une forme d'islamophobie" (verbatim)

Par Robert., le 23/11/2014 à 18h02 ( modifié le 23/11/2014 à 18h18 )

@ gynko

Je connais les arguments que vous exposez et ils n'ont jamais réussi à modifier mon approche du problème.
Je vous explique pourquoi.

A celui consistant à souligner que l'interdiction fait de la publicité, ou favorise la transgression, je vous répondrai laconiquement, peu importe. Les "connards", comme je n'hésite pas à les qualifier, savent de toute façon faire feu de tout bois, ce n'est donc pas là une raison suffisante pour les laisser faire. Peu importe comment ils réagiront à nos interdits, le tout, c'est que nous ne les laissions pas agir à leur guise dans l'espace public.

Pour l'exemple des meurtres que vous produisez, il sert en fait totalement mon propos, puisque si l'interdiction, hier comme aujourd'hui, ne les empêche pas, il serait irrationnel, inconséquent pour autant de les autoriser. Il en va de même du viol, des excès de vitesse, de la conduite en état d'ivresse, etc. Peu importe donc que les idées circulent discrètement, le tout, c'est qu'elles ne puissent pas avoir accès librement, avec notre accord donc, à la lumière, là où elles acquéraient un pouvoir de nuisance bien plus considérable.

J'ajouterai que si éventuellement l'interdiction fait de la publicité, les vaines tentatives de discussion avec eux n'en font probablement pas moins. La censure a, elle, au moins le mérite de ne pas nous rendre autant complice. C'est déjà ça. Marquer le désaccord, la ligne rouge, les principes, les valeurs. A partir de là, qu'ils franchissent celle-ci et en subissent les conséquences n'implique que leur responsabilité.

Quant à l'analyse, les arguments rationnels, je vous rétorquerai qu'ils existent déjà. Toute la pédagogie, toute la science, tout le savoir est déjà là, présent et accessible. Et pourtant, Dieu a survécu à Nietzsche et à Darwin et l'astrologie perdure malgré toutes les découvertes astronomiques, pour ne prendre que deux exemples standards éclairant le rapport entre le savoir et son intégration.

J'ajouterai qu'interdire le meurtre, pour reprendre votre exemple, ne consiste aucunement à interdire les raisons de sa condamnation, elles sont disponibles, accessibles à tous, pour peu que vous souhaitiez en tenir compte. Idem pour la condamnation du négationnisme, de l'homophobie, du racisme, etc.

Et c'est là justement que la bât blesse.

Contrairement à une idée reçue, il n'y a aucunement un déficit d'information, un manque de pédagogie, de dialogue, non, il y a au contraire un conflit de valeurs. Le rejet des "bonnes" raisons ne se fait pas la plupart du temps par ignorance (ce n'est qu'à la marge que cela a lieu), mais par calcul (plus ou moins conscient) d'intérêts.
Ce qui ne le rend pas moins condamnable.

Si le savoir était intégré, il impliquerait de leur part qu'ils renoncent à leurs excuses faciles, leurs comportements commodes, leurs préjugés bien pratiques, ce qui conduirait bien souvent à l'exclusion de leur milieu familiale...

Le rejet n'est donc pas dû à une ignorance, bien au contraire, c'est une stratégie de préservation, un calcul économique.
A nous alors de faire pencher par la répression, la balance des coûts/bénéfices à leurs désavantages.

Quant à changer le monde, peu importe que nous y parvenions, le tout, encore une fois, c'est de ne pas se rendre complice de ces exactions, notamment en ne reproduisant pas sans cesse des débats qui ne devraient plus avoir lieu depuis des décennies, si ce n'est des siècles, des millénaires.

yG


Par yG, le 23/11/2014 à 17h41 ( modifié le 23/11/2014 à 17h47 )

On peut d'abord féliciter Maja de s'être frotté à une pensée "ennemie" (le terme me paraît trop fort mais j'ai l'impression qu'elle allait chez Amselle un peu dans cet état d'esprit...)... qu'aussi bien Amselle d'avoir accepté le dialogue. Comme dit Papriko, à part un petit moment de tension sur Chomsky, l'entretien s'avère tout à fait cordial et respectueux. Un excellent point pour les deux !
Je trouve qu'Amselle avance certaines idées intéressantes et étayées par sa propre expérience professionnelle, qui lui fait probablement voir certaines choses de façon plus lucide. Après, comme beaucoup l'ont relevé (et Maja la première), il rejoint, au cas par cas, ses cibles sur de très nombreux arguments (et moi-même sur beaucoup). Ce qui montre qu'il n'est pas si monolithique... mais aussi, de mon point de vue, pas toujours très cohérent dans sa vision des choses.
Un exemple qui m'a particulièrement frappé : la mondialisation serait un fait historique irréversible empêchant toute tentation de revenir à davantage de souveraineté nationale (voire même continentale). Je ne vois pas les choses ainsi mais pourquoi pas, cette idée peut se défendre. Mais, en même temps, elle ne produirait que peu très peu d'effet (voire aucun) d'acculturation entre différents groupes culturels nationaux et/ou ethniques. En d'autres termes, elle ne produirait pas d'homogénéisation culturelle entre pays. Outre le fait que cela me semble nier une évidence qui ne peut que crever les yeux de quiconque voyage un peu (particulièrement dans les métropoles), j'ai beaucoup de mal à comprendre la cohérence d'Amselle sur ce sujet...

Quant à son étonnement sur le fait de recevoir un accueil très favorable dans les pages de Libération, comment le prendre un instant au sérieux lorsqu'il intitule son livre "Rouges-bruns" ?...

Par cyrilkenyatta, le 23/11/2014 à 17h09

@ gynko

Je ne propose aucune hiérarchie, car en l’occurrence, elle existe déjà. Lorsqu'on interdit les propos négationnistes, racistes, homophobes, sexistes, il faut par la suite ne pas s'arrêter bêtement à la lettre, car elle permet aux roublards de toute espèce de se faufiler entre les mailles du filet et de maintenir ainsi en vie des idées dans l'espace public que la collectivité a pourtant déjà condamné à mort, et ce à juste titre. Si l'esprit prévalait, on ne perdrait pas son temps à lutter, débattre, répondre en vain, continuellement, aux partisans de ces thèses abjectes.

Pour l'inclusion d'autres valeurs, d'autres points d'arrêt, nous en déciderons de la même façon que nous le ferons de tout dans le "meilleur" des mondes.

Si nous pouvons édicter des interdits concernant des comportements, nous devons pouvoir le faire vis-à-vis des propos, qui ne sont pas tant différent, sauf à considérer que les mots n'ont pas de valeurs, n'ont pas de poids, ce que je ne pense aucunement.

Si les mots participent bel et bien au façonnement des comportements, il est irresponsable de les laisser circuler librement, car cela revient à abandonner les plus démunis aux caprices des plus malfaisants. Puisque nul n'est tenu de reconnaître ses torts et de s'incliner devant la raison, l'arme pédagogique ne suffira jamais. C'est pourquoi il faut nécessairement en arriver sur certaines questions à l'interdit, au non dialogue, à la censure, à la sanction, sous peine d'entretenir publiquement la lutte permanente et mortifère de tous contre tous.

yG

Par yG, le 23/11/2014 à 15h38 ( modifié le 23/11/2014 à 15h48 )

Merci Maja !

Par Nicoco, le 23/11/2014 à 15h20

@ alexandraaaa

Vous faites trop de cas de la raison. Non, elle ne suffit pas à faire le tri. Non pas qu'elle serait défaillante, un mauvais outil, mais tout simplement parce qu'elle n'est pas sollicité par tous, tout le temps, loin s'en faut. D'où justement le danger d'exposer tout et n'importe quoi, sempiternellement, sur la place publique.

Quant à votre remarque sur le fait qu'il manquerait de rigueur parce qu'il utilise "etc", je vous répondrai que cela prouve surtout que vous confondez difficulté à formuler sa pensée à l'oral, dans le cadre d'un entretien filmé, et pensée mal fagotée.

Pour le reste, le fait d'être encensé par Joffrin ne souligne pas l'incohérence de son propos, mais tout au plus celle de ce dernier. Quant au fait qu'il soit dans l'air du temps (un critère en soi irrationnel, dois-je vous le rappeler ?), cela ne démontre pas qu'il soit davantage hors-sujet.

Reste le terme "excommunier", comme beaucoup d'autres (par exemple "anathème" que j'aurai pu employer), il peut s'utiliser en dehors de la sphère sacrée, pour marquer le rejet vis-à-vis des valeurs que l'on défend, comme vous ne pouvez l'ignorer.

yG

Par yG, le 23/11/2014 à 15h03

J'avais lu quelques commentaires sur cette émission avant de la regarder et je m'attendais à assister à un combat de rue.
Or, je viens de terminer le visionnage et j'ai pu constater que Maja et Jean-Loup passent une bonne partie de cet "affrontement" à se marrer comme de vieux copains. Tant mieux. Cette émission est passionnante et on a du mal à concevoir qu'elle a été préparée et animée par une journaliste qui se décrit suicidaire dans sa présentation écrite. Au fil de l'émission, une grande complicité s'établit entre eux, même quand leurs opinions s'opposent radicalement, sans doute parce qu'ils ont en commun le goût des idées claires.
Maja, déconnez pas, ne nous quittez pas et continuer à faire des émissions comme celle-ci.

Par Papriko, le 23/11/2014 à 14h42 ( modifié le 23/11/2014 à 14h53 )

@Sterling A. Je tenais à répondre (un peu tardivement) à votre commentaire. Je suis entièrement d'accord avec vous sur le fait "qu'on peut parler de politique sans parler d'antisémitisme, de racisme et de toutes ces passions tristes et stériles", et à préciser par contre que cela n'est pas du tout une obsession chez Maja. Bien au contraire. A travers l'émission avec Jean Bricmont, il s'agissait surtout de réfléchir sur la liberté d'expression. Quant à celle-ci avec Jean-Pierre Amselle, c'est moi qui ai un peu "forcé" la main de Maja. D'une part parce que ces questions, comme vous l'avez très justement indiqué, agitent la gauchosphère et que d'autre part, à la suite de l'émission avec Bricmont, il me semblait pertinent de donner la parole à un contradicteur. Personnellement, je considère qu'à présent, s'agissant de ces questions, une boucle est bouclée à Hors-Série. Je crois que pour le mois prochain, Maja nous prépare quelque chose de plus "ludique". Bon dimanche à tous.

Par Raphaël, le 23/11/2014 à 14h07

"excommunier" yG ? On est donc dans l'ordre du sacré ? Je n'avais pas compris, je pensais qu'on était là pour utiliser notre raison qui permet déjà très bien de faire le tri entre le bon et le mauvais, le vrai et le faux, etc. (rien à voir avec le nivellement des valeurs donc). Et ce qui est génial avec la raison, c'est qu'on peut l'utiliser tout(e) seul(e), pas besoin d'un pape ! Ou de J.-L. Amselle qui, je suis d'accord avec Eeleria, est un excellent anthropologue (je conseille à ceux qui veulent avoir une très belle arme contre le culturalisme la lecture de son livre "Branchements"), mais qui aurait vraiment mieux fait de s'abstenir d'écrire ce livre. Le nombre incalculable de fois où il dit "etc." montre à lui seul son manque de rigueur. La candeur avec laquelle il dit être surpris que Libération ait accordé à son livre une critique est presque déconcertante : un édito dans Libé devrait l’alarmer sur le fait que son livre est complètement homogène avec ce qu'on entend partout dans les média. La première chose que font Guetta ou Cohen, les rares fois où ils invitent Sapir et Lordon sur France inter, c’est de confondre leurs positionnements avec ceux du FN pour les disqualifier (il ne faudrait quand même pas que les débiles assis de l'autre côté du poste aient de vraies outils intelectuels pour penser la crise qu'ils traversent, là encore, il faut que des petits papes de la bande FM "excommunient" les hérétiques)

Par Alexandra, le 23/11/2014 à 14h05 ( modifié le 23/11/2014 à 14h07 )

Certes, Jean-Loup Amselle ne fait pas dans la dentelle, il excommunie à tour de bras... et ce n'est pas plus mal.
Lui peut se le permettre, il ne professe pas la sacro-sainte liberté d'expression, l'équivalence des valeurs, c'est tout à son honneur.

Pas étonnant que Maja s'étouffe à le lire. Ben oui, Chomsky ou Taddeï, rien qu'en adhérant à ce principe, sont de fait responsables, à leurs niveaux, de l'existence médiatique de nombreuses dérives. Qu'ils le veuillent ou non, que cela nous plaisent ou non.

Alors, certes, ils ne sont pas les seuls, Maja, et alors ?
Cela n'a jamais été, depuis les bancs de l'école, une excuse recevable.
Qu'il y en ait d'autres ne les excusera en rien. Inutile donc de venir avec une liste des innommés. L'exemplarité n'a pas pour vocation à être exhaustivité nominative, c'est d'ailleurs tout son intérêt.

Défendre la liberté d'expression inconditionnelle, mettre en regard publiquement toutes les idées, c'est de facto participer au relativisme, n'en déplaisent à certains, puisque c'est mettre au même niveau, à égalité, ce qui n'a pas à l'être.
Tout ne se vaut pas.

Les démocrates à la petite semaine crient généralement au fascisme, à ce stade. Ils en oublient que la plus grande des barbaries ne s’épanouit jamais aussi bien que dans la liberté sans contrainte, sans interdit et également, qu'en démocratie, y compris dans la plus pure de ses formes, il y aura nécessairement décision et donc au final, coercition.

Quand cela ne suffit pas, ils mettent en avant les quelques convertis, les indécis que le débat empêche in extremis de basculer du "mauvais" côté, négligeant que l'arme est à double tranchant, qu'elle fonctionne aussi bien dans l'autre sens et qu'au final, la seule victoire est assurément du côté du bruit qui perdure et de la légitimation, comme audible, des paroles les plus nauséeuses.

Sans moi.

yG

Par yG, le 23/11/2014 à 13h10 ( modifié le 23/11/2014 à 13h19 )

Vive les Etats Unis pour leur radicale liberté d'expression, qui fait qu'on peut évidemment publier "Mein Kampf", ET tous les livres critiquant cet étron.... Et vive le libre accès aux armes pour tous : L'Etat y regarde à deux fois avant d'emmerder trop fort des citoyens armés, et le lobby des industries des armes ne change rien à cet excellent principe, adulte.

Par GaM, le 23/11/2014 à 12h58

@Gynko Je suis d'accord avec vous, je mettrai néanmoins un bémol sur Chouard : il est venu à la politique sur le tard, je pense donc qu'il n'a pas "tous les outils de décodage" pour se prémunir contre Soral et sa clique (sans vouloir lui faire offense).

Cela dit, il y a un personnage qui traverse en filigrane les émissions de Judith et Maja : c'est Michéa. Le jour où vous arriverez à l'inviter (apparemment, ce monsieur préfère parler de lui dans un article à la 3ème personne pour dégommer Bégaudeau que de se frotter à la pugnacité et ténacité de vraies intervieweuses), le débat suscitera beaucoup plus de clivages que Bricmont et Amselle.

Par Eeleria, le 23/11/2014 à 11h13 ( modifié le 23/11/2014 à 11h47 )

Bon ouf... Je suis allée jusqu'au bout des 1h33 d'émission.
La saine opposition que vous lui avez montrée, Maja, donne à cette émission tout son intérêt. JL Amselle, l'anthropologue, est intéressant ; JL Amselle, le politicien qui juge selon ses valeurs personnelles Chomsky et Lordon, est tout simplement peu convaincant. Et à la limite, on se fiche même de son point de vue, tant il est très peu argumenté. Je serai néanmoins d'accord avec lui sur Bricmont lorsqu'il dit que celui-ci est fuyant et insaisissable. D'ailleurs, vous ne le contredisez pas sur ce point, il me semble.
Ce monsieur va tout de même plus loin que Vidal-Naquet dans sa prise de position contre Chomsky ; Vidal-Naquet a dit très clairement que Chomsky n'était ni négationniste, ni antisémite mais qu'il avait fait une erreur monumentale en acceptant qu'un de ses textes soit en préface du bouquin de Faurisson. C'est d'une autre teneur que la prise de position symptomatique de la police de la pensée à la Finkielkraut et BHL dont Amselme est sur ce point un digne représentant.

Par Eeleria, le 23/11/2014 à 10h51 ( modifié le 23/11/2014 à 10h52 )

Consternation.... J'arrête au bout de 30 mn ou plus, je n'ai pas vérifié.. J.L. Anselle distribue des bons et mauvais points à l'emporte-pièce : CHOMSKY est antisémite parce qu'il défend une forme radicale de liberté d'expression (version américaine classique, mais Anselle se semble pas au courant. Je lui conseille de voir le film LES BLUES BROTHERS, quand ils croisent la manif. des néo-nazis.. Pas très intello comme référence, tant pis..), Bricmont est antisémite parce que.... Anselle n'arrive visiblement pas à le cerner, Anselle, en bon internationaliste à la papa, pense que Lordon et Sapir font une erreur manifeste quand ils pensent nécessaire d'utiliser les armes politiques de la nation pour combattre la progression du capitalisme financier néo-libéral (c'est quoi ces bruits dans la salle ? Ah oui, c'est le Grand Capital en question qui applaudit à tout rompre pour féliciter Anselle). Toujours concernant Lordon Sapir,ouf, ce ne sont pas des Rouge-Bruns, (merci Tonton Anselle de ta mansuétude) mais quand même, ils légitiment quelque part ceux qui reprennent leurs discours (Marine and Co). Par contre, quand tonton Anselle tient strictement le même discours que Zémour/Finkelkraut sur les indigènes de la république, no problemo, tonton est intouchable, il ne légitime personne...
Etc...
J'ai bien peur que tout ça n'ait finalement aucun intérêt

Par patricktrouilloud, le 23/11/2014 à 09h07

J'ai apprécié les propos de l'anthropologue Jean-Loup Amselle qui a une pensée cohérente et travaillée. L'écouter m'a fait réfléchir sur l'existence des cultures, le primitivisme, la tyrannie des villages et des tribus, la porosité des cultures, les "entrepreneurs d'identité", l'idée que l'on n'est ni juif, ni corse à plein temps... Chacun peut le trouver sévère sur son penseur préféré, moi c'était sur Bourdieu, et alors?

En revanche je suis beaucoup plus réservé sur Maja que j'appréciais pourtant sur ASI et dont je reconnais l'intelligence et la culture.
Elle a pris une trop grande part du temps imparti, peut-être plus que Jean-Loup Amselle; c'est dommage! JLA n'a souvent pas pu exposer ses idées.
Elle était pleine de ses tabous et idées reçues de la gauche non-gouvernementale qu'elle défendait avec force, passion et émoi. Elle s'est montrée sectaire et peu ouverte aux idées différentes de celles de son microcosme. On aurait dit Cécile Duflot...
Elle a eu le réflexe habituelle de défense corporatiste des journalistes dés que l'on ose dire que leur profession n'est peut être pas absolument parfaite.

Par mbloch3, le 23/11/2014 à 00h46

Je trouve intéressantes les émissions et la posture de Maja, puisqu'elles sont le reflet de questionnements qui agitent une partie de la gauchosphère. Mais je ne saurais trop lui conseiller de regarder la dernière émission de Judith avec Ogien, ça lui permettra peut-être de réaliser qu'on peut parler politique sans parler d'antisémitisme, de racisme et de toutes ces passions tristes et stériles qui semblent l'obséder.

Par Sterling A., le 22/11/2014 à 23h20

Qu'est-ce que j'aime ce genre d'entretien !!!

Bon, je le confesse, je suis amoureux de Maja, et ça commence à faire un moment, et pourvu que ça dure !

Amselle, je ne le connaissais que par un papier immonde, au titre éponyme, de l'immonde Joffrin, qui m'est malencontreusement tombé sous les yeux.

J'aime ce genre d'entretien parcequ'il m'a rappelé, l'espace d'un instant, celui de Judith avec Michel Serres pour son bouquin La petite poucette. Quand on se confronte à une idée contraire aux siennes, il arrive presque fatalement un moment où l'on bascule, et ce moment est d'une richesse inouïe !

Dans le cas présent ce moment m'est arrivé lors de l'évocation des peuples primitifs, en équivalence aux villages paysans de nos contrées. Moi qui suis né dans ce milieu, me sont revenues d'un coup les brimades, les jalousies, la phallocratie, et le poids de la religion. Moi qui suis un écolo décroissant, qui suis persuadé que l'humanité est malade de son déracinement comme du déni de son animalité, je pèse d'un coup ce que m'ont apporté le modernisme, le cosmopolitisme, la ville enfin !!!
Bon, ce moment fut bref ;-)

Mais j'en redemande !

Par Al1, le 22/11/2014 à 22h59

mon dieu (enfin pas le mien je suis athée) quelle soupe analytique et argumentative !

Par martinezperezchristian, le 22/11/2014 à 19h36 ( modifié le 22/11/2014 à 19h37 )

Pour Jean-Loup Amselle : Levy-strauss, Marcel Mauss, Bourdieu, Badiou ...et même Jean Ferrat un peu rouge-brun : beurk...
Il critique l'idée communiste, ignore les possibles, affirme la disparition des classes sociales, de la solidarité...la Nation, la Souveraineté : ...tout est fragmenté !
Sauf sa pensée, bien sûr, il ne souffre pas du doute cet anthropologue pessimiste qui néglige le virage idéologique de 1983 du PS dont on mesure les effets ultimes aujourd'hui.
J'ai failli quitter cette conversation si ce n'était mes félicitations à Maja dont j'ai apprécié l'ironie polie, la contradiction argumentée, la patience et la non servilité à l'interlocuteur.
Suggestion : mieux vaut rencontrer Maurice Godelier et lire « la mort et ses au-delà » cnrs editions
ou des invariants sont mis en exergue contrairement à la « pensée » d'Amselle

Par morvandiaux, le 22/11/2014 à 19h32

Une remarque sur la forme : je trouve difficile à suivre un entretien qui discute de personnes ou de personnalités au lieu de leurs idées. Je n'ai pas lu Michéa ou Le Goff ou je ne sais qui, j'ai lu quelques articles de Lordon ou de Sapir, c'est tout. Déterminer qu'ils sont rouge-bruns ou non, ça me fait une belle jambe. Par contre, leurs idées, je peux comprendre qu'on en parle. Je comprends qu'on discute du floutage des discours, du fait que certains clivages aient disparu, etc. (Oh wait... on ne fait pas l'historicité de ces idées, là ? Là, faire du c'était mieux âââââvant, c'est Bel et Bon ?).

Parce que le Amselle, il a des choses pas stupides à dire sur certaines *idées*. Par exemple sur le primitivisme ou la culturisation des problèmes sociaux, j'arrive tout à fait à entendre ce qu'il raconte. Qu'il détricote des idées, je trouve ça très bien; qu'il illustre son propos, je trouve ça encore mieux.

Mais les procès de personnalités, je trouve ça complètement stupide. D'autant que le type érige sa conception personnelle en valeur de Vérité Absolue : "vous savez bien" (non, je sais rien), "moi je trouve ça scandaleux", "je m'en fous". Ses attaques ad hominem sont, comme Maja l'a remarqué, particulièrement biaisées : Fourest épargnée mais pas la sombre assoc dont personne n'a jamais entendu parler; Taddeï parce que, ô scandale, il invité Nabe 1 fois par an en moyenne (mais pas un mot sur Finkie invité plus de 60 fois ? Lui il est légitime ?); Chomsky anti-sémite parce qu'il défend Faurisson (avec cet argument grotesque qui veut que défendre la liberté d'expression c'est du relativisme, mais wtf quoi).

Par Kyle Butler, le 22/11/2014 à 19h25 ( modifié le 22/11/2014 à 20h08 )

Après avoir visionné cette interview je me suis dit : "au fond le philosophe Dany-Robert Dufour a raison, le néo-libéralisme ce n'est pas un pensée économique mais bien une pensée totale";Elle imprègne toutes les sphères de l'humanité. c'est fou comme sous des airs de bons sentiments on peut faire passer une pensée aussi totalitaire, celle qui au lieu de débattre des idées se contente de disqualifier avec l'appui de la sphère médiatique traditionnelle.
Allez courage Maja, la pensée critique qui résiste à la pensée commune existe.

Par Maud, le 22/11/2014 à 19h10

Voulant lutter contre l'antisémitiste de Dieudonné ( ce qui serait louable s'il était démontré par des arguments ne relevant pas de l'intention supposée), Jean-loup Amselle apporte, à son corps défandant, de l'eau au moulin du confusionisme ambiant...

Et sinon, Chomsky et Bricmont : antisémites, c'est osé. Complètement débile et non démontré mais bon : on commence à avoir l'habitude... (soupir).

Par Marc MICHEL, le 22/11/2014 à 19h06

Très bonne émission.

Petit fasciste soit-disant de gauche, quintessence d'une pensée vide ne réagissant plus que par réflexes stupides.
Comme dit Todd, les idéologies ne meurt pas après un combat épique mais par la mort de leurs porteurs (il y a vraiment plus que des vieux cons honnêtement comme lui de son type). Et comme disait aussi Todd, à l'époque des anti-maastrichiens, c'était surtout des vieux, les gens qui venaient aux meetings contre, ou à des conférences. Maintenant tu vas à une conf de n'importe quelle souverainiste, c'est un peu l'alliance des vieux coco et des vieux gaullistes qui étaient de jeunes actifs pendant l'après-guerre et des jeunes de moins de 30 ans. J'en suis témoin en Repas de famille, tu fais un discours pour réarmer la banque de France, se méfier des ricains et des allemands (t'as les vieux eux ils savent ça leur rappelle les vieux discours de De Gaulle et du PCF) mais t'as la générations du milieu (35-60 ans) bien bouffée par le politiquement correct sur l'Europe, les guerres de l'OTAN etc, qui réagit de manière scandalisée.

Par Boris BELIN, le 22/11/2014 à 18h59

Pour Maya,
Ouf, quel marathon, on ne voyait pas trop la "grosse fatigue", en tout cas j'espère bien que tout ça vous a enlevé l'idée d'aller vous perdre sur une île déserte, ou même peuplée de Papous, des séances comme ça, on en redemande.
Bravo, et merci d'avoir réalisé cet éclairage sur un auteur, dont le moins qu'on puisse dire est qu'il ne suit pas les sentiers battus, ce qui fait que sans vous, on serait sans doute passé à côté d'une pensée peu exposée dans les media, et que vous avez bien su nous rendre accessible.
A bientôt ?
Jean-Pierre Renard

Par Jean-Pierre Renard, le 22/11/2014 à 18h49

Au fait, c'est rigolo aussi qu'Amselle conchie la post-modernité, le relativisme culturaliste post-soixante-huitard, on dirait du SORAL!
hihihihi!

comme quoi le confusionnisme mène à tout, et surtout à n'importe quoi : Chomsky dangereux antisémite.

Par GaM, le 22/11/2014 à 18h27 ( modifié le 22/11/2014 à 18h28 )

Une très bonne émission, car c'est un vrai dialogue, franc des deux côtés. Je ne suis d'accord entièrement ni avec l'interviewé ni avec l'intervieweuse, mais la confrontation des deux points de vue me permet de "construire" le mien. Jean-Loup Amselle aurait eu vraiment tort de refuser ce débat. Je souhaite que ce soit un nouveau départ pour Hors-série, que je suis depuis le début, jusqu'à ce soir pas avec beaucoup de plaisir. Vive l'alliance des zarbis !

Par jean pierre vidal, le 22/11/2014 à 18h07

Merci , c'était passionnant !

Par genevieve poussant hebert, le 22/11/2014 à 17h59

Très bonne émission, notamment pour les coups donnés aux primitivistes, aux relativistes, aux culturalistes et autres tenants de la liberté d'expression qui refusent d'assumer la responsabilité qu'ils ont, de fait, dans la survie au quotidien des idées les plus gerbantes.

Je comprends que cela en défrise plus d'un par ici.
Tant mieux.

yG

Par yG, le 22/11/2014 à 17h38

D'accord avec vous Maya, le livre de ce monsieur pose beaucoup, beaucoup de questions. Alors du coup, question : est-il utile de passer, ne serait-ce que 2 minutes à un entretien avec ce monsieur là, précisément, pour tenter d'y apporter la moindre réponse ?... oh la vache ! Dur. Et dire qu'il y a seulement quelques années, j'aurais pu trouver parfaitement recevable, désirable même, la pensée de cet homme... mais l'entretien est fascinant... cet homme est une synthèse. Une quintessence : le fascisme de gauche en ordre de marche. Et je n'emploie pas, je vous prie de le croire, un mot si puissant sans l'avoir dûment pesé, envisagé, considéré. Mais quelle horreur... Pouah !!! Enfin ! Voilà voilà quoi... Un véritable cauchemars. Mais je vous aime hein...

Le petit va bien ? Ca lui fait combien maintenant ;-). Bah oui, reste plus que ça, nos petiots... seules consolations, non ? J'en ai un de l'âge du vôtre à la louche, un autre en marche, donc si vous vous cassez en Papouasie, faites moi signe, on part tous les 4 avec vous créer une odieuse tribu exotique collaborative et égalitaire dans une démarche désespérément survivaliste et résolument bio ! A plus.

Par Arnaud Romain, le 22/11/2014 à 17h30

Je n'ai pas encore vu l'émission mais ça promet ...

Pour ce qui est de Chomsky, je pense que le hiatus vient de ce que Yanne mentionne, mais aussi d'ailleurs.
Les gens qui le discréditent avec de telles accusations ne l'ont en général pas lu, ou mal lu. Il a été méprisé et parfois violemment attaqué par nombre d'intellectuels français, sur des sujets assez variés ; Bricmont racontait ça dans le monde diplomatique en 2001 déjà : http://www.monde-diplomatique.fr/2001/04/BRICMONT/1829.
Je crois qu'aucun de ses détracteurs n'a jamais pu apporter quoi que ce soit de sérieux pour appuyer ces invectives.
Voir ici pour un démontage en règle du procédé (ici utilisé par Philippe Corcuff, sur le sujet de la critique des médias) consistant à trafiquer des citations pour construire un propos que Chomsky n'a jamais tenu, et le réfuter ensuite : http://www.acrimed.org/article2434.html

Par MSC, le 22/11/2014 à 17h22 ( modifié le 22/11/2014 à 17h22 )

Au fait, Qu'Amselle soit une buse inquiète qui n'apporte rien ne veut pas dire qu'il ne fallait pas l'inviter. Très bien Maja, à défaut d'être agréable c'est éclairant! On écoute ce bonhomme, et puis on s'en fout car on se rend compte que sa non-pensée est toute tremblotante, petite gauche qui vivote, "frileuse comme une alouette", il n'y a rien à attendre de ces propos maigrichons. C'est bien de s'en rendre compte : merci donc à Maja de nous éclairer sur ces piteuses et ridicules saucisses démocrates! (mais pas trop souvent hein!)

Par GaM, le 22/11/2014 à 17h11 ( modifié le 22/11/2014 à 17h13 )

Il y a une explication culturelle à la façon dont Amsel considère Chombsky.
En France, on criminalise facilement les discours, et il y a des multiples lois contre le discours raciste ou antisémite.
Aux USA, on a le droit de dire ce qu'on veut, et je suppose que pour Chomsky, c'est la garantie de la liberté d'expression.


Le hiatus vient de là

Par Yanne, le 22/11/2014 à 16h53

Au début j'ai cru à une émission sur des recette de flans mais je réalise avoir confondu avec Ancel...



DU coup, serait-il possible d'avoir une émission sur la tendance rouge-bruns chez les flans?

Par DIALM4MAUDIT, le 22/11/2014 à 16h23

Courage Maja, lisez ou relisez l'oeuvre complète de Daniel Goossens et ça ira mieux.

Par DIALM4MAUDIT, le 22/11/2014 à 16h19

...Chomsky antisémite, négationniste et révisionniste ?!... Whaouhh !...Rien que cela discrédite tout le discours de Amselle.

Par YvesT, le 22/11/2014 à 16h18

Bravo Maja et soutien total, tenez bon !...

Par YvesT, le 22/11/2014 à 16h12

Le dispositif d'Hors Série est assez particulier.
Tandis que Judith interviewe avec délice et bonheur ceux qui partagent à peu près son avis, Maja, comme à l'époque où elle interviewait Fourest sur Arrêt sur Images, va voir des ennemis idéologiques, enfin ce qui lui tient lieu d'ennemi puisqu'elle a une pensée post-soixante huitarde de base, avec tous les présupposés qui vont avec, et essaie de défendre ses idées.
Et elle va jusqu'à dire en discutant avec Amselle que de toutes façons, si on l'écoute, plus rien n'a aucun sens.
Il me semble que c'est Chamfort qui disait qu'il est quelquefois plus facile de mourir pour une idée que d'y croire un peu moins.

Maja est confrontée à ce syndrome : le rouge-brun est le problème principal de la pensée de gauche actuelle, et ça risque de nous tuer collectivement, mais surtout ne nous remettons pas en cause, c'est trop dur.
Et émotionnellement, ça secoue... On le sent à travers les images...
Je ne pense pas qu'Amselle ait la solution au problème rouge-brun qui n'est pas tant médiatique et intellectuel que le problème de fond de la gauche de la gauche qui ne se renouvelle pas alors que le péril est à nos portes.
Mais il a le mérite de prendre le problème à bras le corps, et d'explorer des pistes.
Alors ce contre-discours de Maja, et en dépit de sa grande culture et ses talents indéniables d'intervieweuse et son travail en amont qui est intéressant, je le trouve assez affligeant.

Par Yanne, le 22/11/2014 à 16h09

Wow, chapeau Maja.
La mauvaise foi de votre interlocuteur a dû être difficile à accepter en direct sans vous énerver...

Par sleepless, le 22/11/2014 à 15h57

Elle a bon dos la mondialisation qui empêcherait donc toute lutte, tout horizon. Et quoi la "gauche" là dedans? Deviendrait une bondieuserie de grenouille électorale, larmoyant le social, quémandant quelques miettes.

Avec ce genre de réflexion, c'est sûr aucun danger aucune confusion: rien à faire rien à espérer.

C'est ce type qui est dangereux, prêchant l'enlisement indéfini, et l'absence de pensée véritable à force de ne vouloir aucun mouvement.

Par GaM, le 22/11/2014 à 15h30

> Une telle prise de position en dit long sur son ouverture d'esprit !

http://www.brasiersetcerisiers.antifa-net.fr/la-connerie-du-jour-moi-je-parle-avec-tout-le-monde/

Par JohnDoe, le 22/11/2014 à 15h16

beau programme... Je vais vite regarder, mais je sens que je vais être d'accord avec ce monsieur....

Par M.Pat, le 22/11/2014 à 14h41

Qu'est-ce que ça peut lui faire que vous ayez accordé un entretien à une personnalité qu'il n'apprécie visiblement pas ? Une telle prise de position en dit long sur son ouverture d'esprit ! Mais enfin, j'y jetterai quand même un œil après toutes les émissions que je dois rattraper.

Par Jamel Benhassine, le 22/11/2014 à 14h14

Rien qu'à lire le titre, ça promet !

Par Marc MICHEL, le 22/11/2014 à 14h08