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Capitalisme, le monstre à trois corps
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Le capitalisme est-il en phase terminale ? Depuis 2008, les promesses se multiplient. Il n’empêche qu’on n’en finit pas d’être embarrassé par l’ingéniosité de ses résurrections. Dans Le problème à trois corps du capitalisme, Romaric Godin affirme que ce système connait une crise structurelle durable depuis les années 1970, au-delà des soubresauts des indicateurs annuels (PIB en tête). L’analyse du « mouvement de fond de l’accumulation du capital » lui permet ainsi d’affirmer que la fameuse loi de la baisse tendancielle du taux de profit affiliée à Karl Marx ne se voit plus compensée par les révolutions technologiques. Dans la triple crise économique, écologique et anthropologique se dessinent les limites historiques du modèle néolibéral.
Cependant, Romaric Godin soutient que nous ne connaissons pas un changement de mode de production (vers un techno-féodalisme par exemple) mais une mutation du capitalisme de marché en « capitalisme d’État d’urgence ». Cette nouvelle phase se distingue par des mécanismes d’évitement de la concurrence et une part nouvelle accordée à la rente et aux activités improductives, mais aussi par une prédation accrue, le retour des impérialismes et plus généralement du recours à la force. Dans l’effondrement de l’idéal du “doux commerce” de Montesquieu se loge une crise d’hégémonie. Elle exige de reconsidérer l’organisation sociale de la production, les besoins humains et les limites écologiques.
Si la fin justifie les moyens, tous les moyens ne mènent pas à la fin du capitalisme. C’est pourquoi il faut se méfier de la recrudescence du keynésianisme à gauche. Le problème de la redistribution ne saurait escamoter celui de la production.
Galatée DE LARMINAT
Pour prolonger
Une réponse à “Capitalisme, le monstre à trois corps”
C’est très clair et convaincant. Merci pour cet entretien !

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