« On est là »

Les campagnes qui visent Bally Bagayoko, après la séquence ouverte autour de Barbara Butch, trahissent la nervosité d’un ordre devant une autre manière de faire peuple. 2027 ne tranchera pas d’abord entre des programmes, mais entre trois façons de faire peuple : l’exclusion promue par le bloc identitaire, la dissolution portée par l’extrême centre, et la composition populaire. Contre le tribunal qui somme la gauche de répondre de ce qu’elle est plutôt que de ce qu’elle fait, il n’est qu’une réponse : le courage de vaincre.

Politique

Les campagnes politico-médiatiques se succèdent, et leur mécanique ne varie pas. Hier, la séquence ouverte autour de Barbara Butch avait montré comment un débat pouvait basculer en assignation identitaire, comment la question de ce qu’on dit et de ce qu’on fait pouvait s’effacer derrière le procès de ce qu’on est. Aujourd’hui, autour de Bally Bagayoko, récemment élu maire de Saint-Denis, la mécanique se remet en marche sous d’autres prétextes. Controverses successives, mises en cause personnelles, insinuations, reprises médiatiques et circulation de soupçons construisent peu à peu, autour d’un homme, une figure de suspect. On ne cherche plus seulement à contester une politique : on instruit le procès de celui qui la porte. Et l’on compte sur cette mise en accusation pour que disparaisse la seule question qui vaille, celle de savoir ce que cette dynamique fait et ce qu’elle menace.

Bally Bagayoko l’a formulé sans détour : ces séquences visent à « affaiblir une dynamique qui dépasse [sa] seule personne ». La formule porte bien au-delà de son cas. Qu’une ville populaire de cent cinquante mille habitants passe pour la première fois sous la conduite d’un maire insoumis issu du mouvement sportif et associatif de son territoire, et voilà que se déclenche une mécanique de mise en cause relayée, amplifiée, indéfiniment reconduite. La virulence de ces attaques dit quelque chose de l’enjeu qu’elles cherchent à neutraliser. Ce n’est pas seulement un maire qu’on vise, c’est la possibilité même qu’une composition populaire prenne le pouvoir et se mette à gouverner.

Ce qui est en jeu dépasse donc le sort d’un élu. C’est la possibilité qu’une dynamique née dans les quartiers populaires, les mouvements sociaux et les luttes locales trouve une traduction institutionnelle et transforme le rapport au pouvoir, d’autant plus redoutée qu’elle pourrait demain changer d’échelle. Le combat de 2027 a déjà commencé. Il se joue aussi dans la manière dont seront accueillies, combattues ou étouffées les expériences qui cherchent à faire exister un autre peuple politique.

Car l’échéance qui vient ne tranchera pas d’abord entre des catalogues de mesures. Sous les programmes se joue une question plus ancienne et plus lourde, celle de savoir comment se constitue un peuple politique.

Trois façons de faire peuple

Trois réponses s’affrontent, et le scrutin n’en sera que la surface.

La première fait du peuple une substance donnée d’avance, native, enracinée, homogène, qu’il suffirait de défendre contre l’intrus. C’est le bloc identitaire. Il ne constitue rien, il restaure un peuple qu’il croit perdu et le purifie de ce qui le déborde. Sa force vient de ce qu’il répond à un besoin réel : celui d’appartenir, de compter, de n’être pas seul dans un monde qui isole. Mais il achète cette appartenance au prix d’un exclu. On y entre à la condition qu’un autre soit chassé. Le peuple qu’il promet ne tient qu’à la frontière qu’il trace.

La deuxième réponse dissout le peuple. Il n’y aurait pas de peuple, seulement une population, un agrégat d’individus dotés d’intérêts qu’il s’agit de gérer. La politique s’y réduit à l’administration d’une société traitée comme un marché, et toute affirmation d’un peuple y passe pour une dangereuse « fiction populiste ». C’est l’extrême centre, qui se donne pour la compétence même, au-dessus des camps, et répète à l’envi qu’« il n’y a pas d’alternative ». Il ne constitue aucun peuple. Il défait patiemment la possibilité même qu’un peuple se tienne. Il sérialise, il disperse, il somme chacun de justifier sa propre valeur, du guichet de Pôle emploi à l’entretien d’embauche, du questionnaire de satisfaction à l’évaluation permanente, et baptise « raison » cette dispersion. Sa violence est plus discrète que celle du bloc, et non moins profonde. Elle n’exclut pas des corps, elle dissout des liens. Elle ne chasse personne, elle atomise tout le monde.

Ces deux réponses ne s’opposent qu’en apparence. Elles forment un couple, et ce couple verrouille depuis vingt ans une grande partie du jeu présidentiel. Le second tour dresse rituellement le bloc identitaire contre l’extrême centre, et chacun prospère de l’autre. L’extrême centre justifie son verrou par la menace identitaire qu’il agite, tandis que sa propre politique, en désertant les vies qu’elle abandonne, en fermant des services publics et des bureaux de poste, en laissant pourrir des territoires entiers, nourrit précisément la menace qu’il prétend contenir. Le « barrage » n’est pas la digue qu’il prétend être. Il est aussi la machine qui reproduit ce qu’il prétend arrêter. Là où la dépossession ne rencontre aucune médiation qui la politise – aucun syndicat, aucune conscience de classe, aucun récit d’émancipation – elle peut se retourner en peur et en haine de l’étranger. L’extrême centre fabrique ainsi le désespoir dont le bloc identitaire se repaît.

Reste la troisième réponse, la seule qui brise ce couple. Elle ne donne pas le peuple et ne le dissout pas. Elle le compose. Le peuple n’y préexiste pas comme une substance à défendre, et il n’y est pas davantage nié comme une illusion à dissiper. Il n’est ni déjà là ni impossible : il se fait. Il apparaît dans le nouage de positions qui restent distinctes et qui partagent une même condition sans se confondre. La caissière racisée, le manutentionnaire, le paysan étranglé par la dette, le diplômé précaire ne sont pas les déclinaisons d’une même figure. Une même dépossession les traverse, mais elle ne passe par aucun centre. Aucun n’est le modèle dont les autres seraient les copies. Le commun n’existe qu’entre leurs positions, dans l’écart qui les sépare autant que dans ce qui les relie.

C’est cela, la composition populaire. Le peuple qu’elle fait paraître ne préexiste pas à l’action commune comme un sujet déjà donné. Il se forme à partir de positions distinctes, traversées par des rapports de domination qui ne les confondent pas mais peuvent leur faire découvrir une condition commune. Il répond lui aussi au besoin d’appartenir, de compter, de n’être pas seul – mais il y répond sans exclu. Il offre une appartenance qui ne se paie pas de la chasse à l’intrus ; un « nous » qui n’a besoin d’aucun « eux » pour se tenir. C’est là son avantage décisif contre la chaleur empoisonnée que promet l’extrême droite.

Une présence sans titre

Ce peuple-là ne se décrète pas. Il s’affirme. Il est apparu ces dernières années chaque fois qu’un cri a traversé les cortèges, sur les ronds-points de l’hiver, dans les grèves, devant les préfectures et les ministères : « On est là. » Quatre mots qui ne décrivent rien et qui font exister ce qu’ils énoncent. Le « on » n’existe pas avant de se crier. Il surgit dans l’acte même de s’affirmer. Il naît à l’occasion d’un tort – une taxe sur les carburants, un âge de départ repoussé, un salaire qui ne suit plus – et il déborde presque aussitôt le tort qui l’a fait lever, parce qu’il affirme une présence qui vaut plus que la revendication initiale. Un mouvement se reconnaît à cet excès, et c’est précisément cet excès que les appareils s’emploient à rabattre, chacun voulant réduire la question au prix du gazole ou au calcul des annuités quand se joue, en dessous, tout autre chose. Ce qui se lève alors n’est plus seulement une revendication. C’est l’affirmation d’une existence qui n’a de comptes à rendre à personne.

Là est le nerf du combat, et c’est là que les campagnes contre la gauche viennent frapper. Une existence n’a pas à comparaître pour mériter sa place, à produire ses titres, à répondre de ce qu’elle est. Elle affirme, et de cette affirmation seule découle ce qu’elle conteste. Or le régime qui somme chacun de se justifier, du CV à l’évaluation permanente, trouve son prolongement dans les campagnes qui somment un adversaire de répondre de son être plutôt que de ses actes. On instruit le procès d’une personne pour ne pas avoir à affronter une politique. On assigne un être pour esquiver le débat sur ce qu’il fait. On fabrique un suspect pour n’avoir pas à discuter un projet. Contre cela, il n’y a qu’un principe, et il ne se négocie pas : on juge des actes, jamais des êtres. Ce principe condamne l’antisémitisme, qui hait des Juifs pour ce qu’ils sont, avec la même fermeté qu’il condamne la requalification d’une critique politique en faute d’identité. Il protège les uns et les autres du même tribunal, et c’est pourquoi la gauche ne doit pas l’abandonner, ni pour se dédouaner à bon compte, ni pour retourner l’arme contre ses adversaires. Le tenir, c’est refuser à la fois de haïr un être et de plaider son propre être comme défense.

Cette affirmation porte un nom que la gauche emploie sans toujours l’entendre : la dignité. Non un affect de plus, à ranger près de la fierté ou de la colère, mais ce qui les rend possibles, un « oui » muet, antérieur à toute revendication, qui se tient là avant de rien réclamer. La dignité ne se possède pas, elle s’accomplit, et elle ne s’accomplit qu’à même sa fragilité. Un « oui » qui ne pourrait jamais défaillir ne serait plus une affirmation. Il serait une substance, une possession, une plénitude tranquille, l’exact contraire de ce qui se joue quand un corps épuisé se redresse quand même. Le grand « oui » n’appartient pas aux forts qui débordent de puissance. Il monte souvent de ceux que tout expose et qui affirment quand même. La force dominante, elle, n’est bien souvent que ressentiment, ce « non » premier jeté sur l’autre dont elle tire un pâle « oui » à soi. Affirmer d’abord, ne combattre qu’ensuite ce qui vous diminue : telle est la présence émancipatrice. Nier d’abord, ne s’affirmer qu’en creux d’un refus : telle est la présence fasciste. Le « on est là » des dominés et celui des identitaires ont beau partager les mêmes mots, ils disent l’inverse. L’un affirme une existence sans avoir besoin d’un exclu. L’autre ne tient qu’en désignant l’intrus qu’il faut chasser.

On se gardera pourtant d’en conclure que la dignité récompenserait la souffrance ou qu’elle ferait du plus exposé le plus digne. Ce serait ériger la blessure en titre et retomber dans le tribunal des êtres qu’il s’agit précisément de défaire. Le plus vulnérable n’est pas plus digne parce qu’il souffre. Il fait acte de dignité quand il affirme, comme tout autre. Il n’y a pas de hiérarchie des exposés, seulement des actes de présence, également dignes, d’où qu’ils viennent.

Cette présence est fragile parce qu’elle est promesse. « On est là, même si Macron ne veut pas. » On promet de rester quand la fatigue vient, quand la répression frappe, quand les caisses de grève se vident. La promesse peut faillir, et c’est ce risque même qui fait sa force. Une présence garantie ne serait plus politique. Elle serait une institution sans enjeu. Mais cette présence ne dure pas de sa seule ferveur. Elle tient par des caisses de grève, des syndicats, des locaux, des trésoreries, des réseaux, tout ce travail obscur et patient sans lequel la plus belle ferveur se dissipe au premier reflux. L’organisation n’est pourtant pas la servante docile de la présence. Elle la canalise autant qu’elle la porte, et rien n’est plus décisif que la manière dont se règle ce rapport.

On l’a vu en 2023, quand une intersyndicale, ayant réalisé une unité et une adhésion populaire rares, a préféré les « journées d’action » soigneusement espacées à la grève qui bloque, la démonstration répétée à l’épreuve de force, l’unité préservée à la victoire cherchée. Le rempart n’a pas cédé faute d’unité, il a cédé parce qu’on avait renoncé d’avance à vaincre. Il faut une organisation qui serve ce qui la déborde, une présence portée par un travail matériel qui ne l’étouffe pas.

Composer rue et urnes

Composer n’est pas rassembler. Rassembler fait un en retranchant. Il trie, il exclut, il referme le « on » ouvert en un « nous » clos et satisfait de lui-même. Composer noue des singularités qui restent singulières, comme un nœud tient plusieurs brins sans qu’aucun cesse d’être lui-même. Le « rassemblement de la gauche », ce mot d’ordre pieux qui revient à chaque échéance comme une incantation, dit déjà pourquoi rien ne s’y produit jamais : il suppose donnée l’unité qu’il prétend fabriquer. Entre l’unité imposée d’en haut et la dispersion subie d’en bas, il existe un troisième terme, le nouage patient de forces qui gardent leurs différends et tiennent ensemble le temps de vaincre.

La « primaire » relève de la même illusion. Elle exige la consolidation avant l’engagement, les gages avant l’action, la vérification préalable de ce qui ne pourra se vérifier qu’après. Mais une composition ne se consolide jamais avant de commencer. Elle se consolide dans l’acte qui la saisit. Attendre les gages, c’est empêcher l’engagement dont ils pourraient naître. C’est pourquoi l’unité ne peut être la condition préalable de la victoire. Elle doit être l’un de ses effets.

Cette composition n’a pas à choisir entre la rue et les urnes. Elle doit les nouer. Longtemps, la lutte fut le lieu où se formaient les sujets politiques, et l’urne n’en apparaissait que comme le débouché secondaire, au mieux, ou comme la trahison, au pire. Ce partage tenait tant que tenait le sol, l’atelier, le syndicat, le quartier ouvrier, cette coprésence quotidienne d’où pouvait naître une conscience commune. Ce sol s’est en grande partie dérobé. Sa disparition déplace vers la campagne électorale une fonction qu’elle n’avait pas à porter lorsque ces médiations tenaient encore. Là où les anciennes formes de politisation ont été détruites, ce moment électoral devient l’un des rares moments où des existences dispersées peuvent se retrouver et découvrir ce qui les lie. Frapper aux portes là où la politique n’entre plus, tenir une permanence, parler à voix haute là où régnait le silence : ces gestes ne sont pas de simples opérations électorales. Ils défont localement la sérialisation. Ils font apparaître un « nous » là où il n’y avait encore que des individus dispersés.

Le vote cesse alors d’être le geste solitaire du consommateur d’offres. Il ne s’agit ni du calcul résigné du « vote utile », qui somme un peuple de gauche de se plier à l’arithmétique du moindre mal, ni du témoignage pur qui se satisfait de sa propre bonne conscience. Il s’agit d’un acte qui fait exister ce qui n’existait pas avant lui. La question n’est plus seulement « pour qui voter ? », mais « que voulons-nous faire exister ? » .

On objectera la solitude de l’isoloir, ce geste que chacun accomplit seul, à l’écart, loin du coude à coude du cortège. Mais le geste est solitaire, non ce qu’il fait exister. On est seul dans l’isoloir comme on est seul à prononcer un serment, et un serment n’engage rien de moins que tout un rapport aux autres. Ce qui prive le vote de sa portée n’est pas l’isoloir ; c’est l’isolement, l’absence de toute présence collective derrière le bulletin. Porté par un mouvement, le vote est solitaire dans sa forme et collectif dans son acte.

Une candidature, dès lors, n’est pas une substance qui rassemble. Elle est le nom provisoire d’une composition, comptable de ce qu’elle fait tenir et révocable dès qu’elle se met à absorber sous elle ce qu’elle devait composer. Un nom pèse. Il a une histoire, un entourage, une force propre, et cette force peut aussi bien écraser la pluralité que la servir. Tout dépend de ce qu’elle en fait. La candidature n’est donc pas le peuple. Elle n’en est ni le propriétaire ni l’incarnation. Elle est un point de concentration temporaire des forces qui cherchent à vaincre.

La Cinquième République travaille pourtant contre cette logique de toutes ses fibres. Elle est faite pour le sacre d’un homme, pour le face-à-face vertical du chef et de la nation, pour la réduction du peuple à l’acclamation d’un sauveur. Une présence qui se compose y avance à contre-courant de l’institution même qui l’accueille. Elle sait qu’il faudra tôt ou tard poser la question du régime lui-même, celle d’une Sixième République et de la révocabilité des mandats. On ne loge pas indéfiniment un peuple qui se compose dans une institution taillée pour le dissoudre en plébiscite.

Tenir pour vaincre

Composer, enfin, n’est pas fuir la décision. Il faut le dire à ceux qui verraient dans tout cela une manière élégante de ne jamais trancher. On tranche. Mais on tranche sans expulser. On décide en gardant à l’intérieur celui qu’on n’a pas suivi, en faisant du désaccord une tension à porter plutôt qu’une frontière à fermer. On décide sans garantie, sans fondement qui dispenserait de s’assumer, car ce qui se vérifie ne se vérifie qu’après, et seulement pour celui qui a sauté. La politique commence aussi là, dans cette décision sans garantie.

Et si l’on gagne, il faut encore savoir ce que signifie gouverner. Gouverner sans se prendre pour une substance ; se savoir comptable de la présence qui vous a porté, dépositaire d’un mandat révocable et non propriétaire d’un pouvoir. La pente de tout pouvoir est de se couper de ce qui l’a fait naître, de se refermer en appareil, de traiter comme sa propriété ce qui n’était qu’un dépôt et de se retourner contre les siens. Cette pente a englouti bien des espérances, hier comme aujourd’hui, ici comme ailleurs. La nommer, c’est déjà commencer d’y résister.

On revient ainsi à Bagayoko, et à tous ceux dont on instruira demain le procès, car il y en aura d’autres. Les procédés changeront peut-être, mais la logique restera la même. Ce que ces campagnes exigent de nous n’est ni la courroie qui rentre dans le rang au premier orage, ni le retrait qui attend, prudent, des jours meilleurs qui ne viennent jamais. Elles exigent le courage de tenir. Tenir une position quand le prix en est l’anathème. Refuser de plaider son être devant le tribunal qu’on nous dresse. Continuer d’affirmer là où l’on voudrait nous faire comparaître, tête basse. Tenir aussi ceux qu’on isole : ne pas lâcher un maire, un militant, une figure, sous prétexte que la curée a décidé d’en faire un exemple.

C’est toujours ainsi que commence la défaite : par la solitude qu’on laisse s’installer autour de celui qu’on frappe le premier. La solidarité n’est donc pas ici une vertu morale ; elle est la condition même de la composition. Elle sépare un peuple qui se tient d’une poussière d’individus qu’on cueille un par un. L’extrême centre sérialise pour mieux régner. Il défait les liens et cueille les isolés. Répondre, c’est refaire du lien là où il veut du vide, se tenir les uns aux autres là où il veut chacun seul devant son juge.

La composition populaire n’a pas d’autre force que celle-là. Fragile et têtue, elle est l’affirmation de ceux qui savent qu’ils peuvent tomber et qui se tiennent debout quand même, et ensemble. Rien n’est acquis. Tout est à reconduire. Et c’est précisément parce qu’aucun fondement ne la garantit qu’elle a besoin, à chaque instant, que quelqu’un réponde présent.

On est là.

Il s’agit maintenant d’y rester. Et de vaincre.

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