Technofascisme et suprématie blanche

avec Norman AJARI
publiée le
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animée par Tarik BOUAFIA

Les débats qui entourent la question du fascisme et de son retour fracassant sur la scène de l’Histoire semble buter sur un écueil. En effet, à vouloir systématiquement procéder à des comparaisons historiques, à chercher dans le passé un événement, un discours, une mesure qui nous rapprocherait du présent, on prend le risque de perdre de vue les nouvelles formes, le nouvel imaginaire véhiculé par cette idéologie mortifère. Cela étant dit, il ne s’agit aucunement d’évacuer ce qui constitue l’essence du fascisme et ses de ses invariants : la régénération et la purification d’une communauté fantasmée, un mélange de rébellion et d’ultraconservatisme, un projet de société fondée sur des hiérarchies rigides et immuables, une violence désinhibée contre la gauche et les éléments « allogènes ». 

Toutefois, pour le philosophe Norman Ajari, le fascisme contemporain ne réside plus dans la forme État comme il y a un siècle. Désormais c’est l’entreprise, conçu comme une véritable monarchie avec ses lois tyranniques et brutales qui apparait comme le nouveau foyer catalytique d’une nouvelle version du fascisme. De même, il n’est plus un discours de séduction des masses et rêve d’une politique purifiée de toute dimension populaire. C’est au contraire un discours qui prône l’insurrection des élites contre des peuples considérés de méprisables troupeaux d’ignorants.  A la tête des multinationales de la Silicon Valley, des hommes comme Elon Musk ou Peter Thiel rêvent d’un monde dominé par l’hyperpuissance de quelques-uns et l’écrasement du plus grand nombre. Biberonné au racisme et au suprémacisme de leur enfance passée dans l’Afrique du Sud de l’Apartheid, ces hommes voient dans le technofascisme le moyen de rétablir une domination blanche et occidentale.

Tarik BOUAFIA

Durée 73 min.

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