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L’antifascisme tant qu’il le faudra
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12 février 2026, Lyon. En marge d’une conférence de la députée France Insoumise (LFI) Rima Hassan, l’extrême droite tend un guet-apens à des militants antifascistes. Une bagarre éclate et un jeune homme, Quentin Deranque, meurt des suites de ses blessures. Une organisation se retrouve immédiatement mis en cause, la Jeune Garde, co-fondé en 2018 par Raphael Arnault, devenu entre-temps député LFI. Pour la droite et l’extreme droite, c’est du pain béni. Après Gaza, l’occasion est trop belle d’achever LFI en la présentant comme une irréductible ennemie de la République. La mécanique médiatique est lancée. Elle sera infernale et impitoyable. Pendant des jours, sans interruption, la France vit au rythme d’un néomaccarthysme. Le climat idéologique et politique devient étouffant. LFI est acculé, insulté, vilipendé par un « arc républicain » qui pense peut-être tenir là le coup de grâce, l’événement qui va enfin faire rendre gorge à ce parti déjà dépeint comme la plus grande menace pour nos institutions démocratiques. Fidèle à elle-même, une partie de la gauche et de ses dirigeants se terre dans le silence quand certains participent ouvertement à cette abjecte cabale. Il faudra attendre quelques jours pour qu’enfin la vérité éclate. Ce jeune homme qu’on présentait comme une innocente victime était en réalité un militant néonazi, « soutien d’Adolf », appelant à « déterrer et fusiller Gisèle Halimi » et à « exterminer les nègres ». Mais le mal est fait. Que valent la vérité des faits après un tel déferlement de haine et d’ignominie ? D’autant que la presse, on le sait, est incapable de la moindre autocritique, du moindre mea culpa.
Mais comme toute séquence véritablement historique, cette affaire aura au moins eu le mérite de clarifier une fois de plus la situation. Elle fut tout un bonnement un révélateur. Elle a démontré dans quelle mesure fascisateurs et fascistes se tenaient main dans la main, en totale collaboration, plus que jamais unis contre la seule menace pour l’ordre établi. De son côté, LFI a tenu bon, contre vents et marées. Intransigeante, elle n’a pas capitulé, ce qui n’était pas chose facile tant la pression était forte. Cet événement et les conséquences qui ont suivi ont peut-être, l’histoire nous le dira, marqué une bascule. Un moment décisif dans la configuration politique contemporaine.
Ciblé de toutes parts, Raphael Arnault revient dans son livre Antifasciste sur ces événements. Mais il évoque aussi et surtout sa trajectoire politique et militante, celle d’un jeune lyonnais confronté à la conquête de sa ville par l’extrême droite. Partisan d’un « antifascisme intégral », il prône une complémentarité des combats parlementaires et institutionnelles avec celui mené dans la rue, toujours au contact du terrain et plus que jamais engagé sur le front des mobilisations sociales. A l’approche des élections présidentielles, une chose est sure : peu importe le résultat des urnes, le combat antifasciste restera incontournable.
Tarik BOUAFIA
Pour prolonger
Une réponse à “L’antifascisme tant qu’il le faudra”
Superbe émission avec beaucoup d’intelligence. Elle complète les émissions de Parole d’Honneur sur médiapart (quatre volets ) Le combat est à mener non seulement contre les fascistes mais aussi contre les petits bourgeois blancs incultes
biberonnés aux médias dominants( y compris les médias publics) avec le moustachu de médiapart en embuscade…

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