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L’impérialisme au Moyen-Orient
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Aurions-nous été bernés par Donald Trump ? Était-il vraiment sincère lorsqu’il promettait d’en finir avec la guerre ? Brandissant le slogan « America First », certains ont cru, peut-être trop naïvement, qu’avec lui au moins, on en aurait fini avec les expéditions punitives commanditées par Washington. Résultat, sur la seule année 2025, le président étatsunien peut se targuer d’avoir frappé sept pays (Yémen, Somalie, Irak, Iran, Syrie, Nigeria et Venezuela). Sans compter ses velléités prédatrices ouvertement affichées pour le Groenland et le Canada. C’est dire que le mythe du dirigeant isolationniste et antibelliciste a fait long feu.
C’était vite oublier par ailleurs que la guerre est consubstantielle au capitalisme et à l’impérialisme. Qu’elle est la condition de possibilité de la puissance, de la richesse et de la domination d’un Etat bien décidé à maintenir coute que coute son rang face à une rivalité systémique de plus en plus menaçante que lui oppose la Chine.
En réalité, Trump n’était pas opposé à la guerre en soi mais aux guerres interminables, aux aventures hasardeuses, impopulaires car excessivement couteuses en homme et dollars. Prenant acte des bourbiers causés par la doctrine du regime change, il a opté pour des stratégies différentes : refus de toute occupation prolongée, objectifs limités, frappes massives sur une courte durée…
Echaudé par son « succès » au Venezuela, Trump a cru pouvoir refaire le coup en Iran. Il suffisait pensait-il de se débrasser des principaux dirigeants pour installer à leur place un chef d’Etat plus conciliant. Mais près de 50 ans après la révolution islamique, l’Etat iranien a su au fil du temps construire une redoutable machine de guerre capable de mettre en échec la puissance de feu de l’armée étatsunienne.
Comme au Venezuela, ce coup de force cherchait à faire du pétrole une arme stratégique aux mains des Etats-Unis en affaiblissant la Chine tout en maintenant les alliés européens dans leurs positions de vassal.
Désormais confronté à une impasse – se retirer piteusement ou intensifier les bombardements au risque de s’enliser davantage – Trump pourrait bien avoir sérieusement contribué à affaiblir un pays qu’il était pourtant censé sauver du déclin.
Tarik BOUAFIA

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