Procès Lafarge : béton armé

avec Laurent BINET
publiée le
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animée par Manuel CERVERA-MARZAL

Entre 2012 et 2014, pour faire tourner son usine de ciment en Syrie, Lafarge est accusée d’avoir versé plusieurs millions d’euros à l’Etat islamique. Fin 2025, la multinationale a été jugée et condamnée pour « financement d’entreprise terroriste ». C’est une première. L’entreprise a immédiatement fait appel.

Le temps d’un livre – Le visage du capital, paru chez Albin Michel – l’écrivain Laurent Binet, qu’on connait pour ses romans historiques jubilatoires, quitte le terrain de la fiction pour celui de la chronique judiciaire. Durant deux mois, il a suivi les échanges au Tribunal de grande instance de Paris. L’enjeu de ce procès, écrit-il, « n’est pas d’évaluer à quel point le capitalisme n’en a rien à foutre de rien, ou si les « valeurs » autoproclamées des grandes entreprises se résument en fait à un seul mot qui est « profit », ou même si celles-ci peuvent s’accommoder des projets politiques les plus atroces : ça, on le sait depuis Krupp et Thyssen, ou même depuis la Compagnie des Indes. L’enjeu est plutôt de déterminer dans quelle mesure l’affaire Lafarge est le symptôme, l’illustration et le signe avant-coureur d’un système peut-être entré dans sa phase terminale qui serait le suicide. »

La fin du capitalisme ? A Hors-Série, voilà qui nous intéresse. Surtout si ce dernier a la bonté de se donner sa propre mort. « Les capitalistes nous vendront la corde avec laquelle on les pendra », dit le dicton attribué à Lénine. Mais ce que montre le procès Lafarge, c’est aussi la formidable capacité du capitalisme à se réinventer pour survivre – une fois les faits révélés, Lafarge a été racheté par un concurrent et a changé de nom, pour poursuivre ses affaires – et l’incroyable faculté des milliardaires à échapper à leurs responsabilités – les principaux actionnaires de Lafarge ont tous bénéficié d’un non-lieu.

Restent les arguments de la défense, brandis par Lafarge et ses dirigeants pour se dérober à leurs responsabilités : « nous étions en Syrie pour faire tourner l’économie locale » ; « rien ne compte plus pour nous que nos employés et leur sécurité » ; « nous ignorions tout de l’Etat islamique » ; « ce n’est pas très moral mais nos résultats financiers étaient excellents » ; « nous étions les yeux et les oreilles de la France – et de ses services de renseignement – en Syrie » ; etc. Autant de prétentions qu’il convient d’examiner soigneusement car elles fournissent un condensé parfait des fables que les capitalistes nous racontent, et se racontent à eux-mêmes.

Bon visionnage !

Manuel CERVERA-MARZAL

Durée 73 min.

3 réponses à “Procès Lafarge : béton armé”

  1. Francois Leroux_1

    Impossible de visionner la vidéo sur le procès Lafargue

  2. Francois Leroux_1

    C’est ok maintenant

  3. titou

    Le sweat de Cornell est parfait pour un anticapitaliste!! Les deux messieurs suivent de très très loin l’actualité géopolitique de cette région…. La Syrie a fait partie de la déstabilisation US-entité sioniste depuis 2008 avant de rentrer dans le rang avec le représentant d’Al- Qaida et cela n’a rien à voir avec les soi-disant printemps arabes!Ce procès est loin d’avoir établi la face cachée du fonctionnement de cet usine à béton; et elle a sans doute servi de centre de renseignement local. Nos gouvernants sont aussi pourris que les multinationales dont ils sont les serviteurs . les amendes US sont le prix à payer au terroriste en chef: les US.
    On peut parier sur les commissions occultes partout et depuis toujours pour avoir grandi aussi vite dans le cas de ctte société. Le vol et la corruption font partie intégrante du capitalisme.

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