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Littérature et Révolution française
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Une révolution commence-t-elle dans les livres ? La question semblerait presque naïve si la Révolution française n’avait pensé ainsi ses propres origines : elle se revendiquait fille des Lumières, et donc, pour une large part, des livres. Les philosophes auraient sapé l’autorité ancienne de l’Ancien Régime en déplaçant les représentations, d’autres formes de souveraineté et de liberté auraient été pensables, avant que les idées ne soient descendues dans la rue. Contre cet idéalisme, l’idée a prévalu chez les matérialistes d’une révolution d’abord produite par des causes matérielles dont les textes seraient moins l’origine que l’expression ou l’interprétation.
C’est tout le problème que j’ai abordé avec Olivier Ritz, auteur d’Une histoire littéraire de la Révolution française. Le cas de la période 1788-1801, qu’il a étudiée de fond en combles, constitue un moment privilégié pour observer cette dialectique de l’écrit et de l’acte. L’imprimé, notamment dans sa forme médiatique en plein décollage, y devient parfois une arme tranchante : pamphlets, journaux, brochures et discours prennent une part directe aux luttes. Le théâtre quant à lui rassemble et chauffe un public friand de voir représenter ce qui lui arrive, ce qu’il décide et ce qu’il chante dans la rue. Du reste, le mouvement inverse a aussi ses adeptes : des gens de lettres qui cherchent à préserver la littérature de l’agitation politique et à défendre un espace autonome face à l’événement.
Cette histoire connaît aussi l’avènement de la liberté de publier et ses fluctuations, sans que la liberté de la presse se superpose mécaniquement à l’exercice des libertés civiques. Qui a le droit d’écrire ? Qui peut imprimer ? Qui est lu ? Et à quel moment un texte devient-il un acte politique ? Si les idées ont peut-être encouragé l’histoire, l’histoire, elle, a certainement construit les conditions matérielles de cette pratique sociale qu’est la littérature.
La question de la postérité se pose aussi au sujet de la Révolution plus qu’à une autre période tant les enjeux de sa patrimonialisation sont politiques : si la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ou La Marseillaise ont traversé les siècles, la majorité des textes produits pendant la Révolution a sombré dans l’oubli. Tel ou tel parti pris ultérieur a pu néanmoins redécouvrir, parfois des siècles plus tard, un auteur, une autrice, dont le portrait plus ou moins mythifié sert adéquatement une version préférée de l’histoire révolutionnaire.
Comprendre ce rapport entre les imaginaires et la politique, c’était aussi chercher à comprendre ce que peuvent les idées lorsqu’une société entre en crise. Entrons donc dans la carrière, si nos aîné-es n’y sont plus.
Alice DE CHARENTENAY
Une réponse à “Littérature et Révolution française”
Ces très longs extraits d’oeuvres cinématographiques (que je suppose utilisés comme des pauses) sont-ils vraiment nécessaires ? Ca plombe l’échange riche et passionnant entre les deux intervenants et rallonge (inutilement selon moi) la durée de cette émission; pour une même durée j’aurai préféré que dure davantage cet entretien.
Comme dans cette émission-ci, Hors-série est excellent en proposant à chaque fois des entretiens stimulants , avec des interview.ers.euses talentueux.ses qui ont lu attentivement les ouvrages qu’iels présentent (ce qui est rare, ailleurs!). Merci

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