Quelques mois avant son suicide, le 14 aout 2026, Jason Arday était l’une des vedettes du monde universitaire britannique. En quelques jours, une campagne médiatique d’une âpreté peu commune s’est déchainée sur lui, éclipsant son œuvre et même sa personne derrière une litanie d’anecdotes inlassablement répétées – autiste, longtemps atteint d’un retard de développement, plus jeune professeur noir de l’histoire de l’université de Cambridge. Accusations et dénigrement ternissent ce récit de réussite sociale : plagiaire, menteur, imposteur, profiteur, illégitime. Au fil d’articles répétitifs, ces qualificatifs bégaient, automatiquement, comme s’ils suffisaient à résumer la vie d’un homme.
Le professeur Arday s’est donné la mort au terme d’un harcèlement médiatique obstiné. Par l’entremise de la parlementaire travailliste Bell Ribeiro-Addy, la famille du défunt communique sa volonté de rétablir un autre souvenir collectif : « Nous souhaitons plus que tout qu’il demeure dans les mémoires comme la merveilleuse personne qu’il fut et pour tout ce qu’il a accompli. Doux et désintéressé, il encourageait sans relâche les autres par ses paroles et par ses actes. Ses réussites furent grandes et nous refusons de les voir enfouies sous les calomnies1. » Mais le message ne dissimule pas le tourment des survivants, ni celui de la victime : « La cruauté publique qui s’est abattue sur Jason était insoutenable. »

Ce récit sordide illustre les différentes facettes de la négrophobie qui règne encore non seulement sur les institutions universitaires occidentales, mais se propage dans l’espace public. Tout commence en effet par des accusations de plagiat qui auraient dû rester cantonnées à un petit cénacle académique, mais ont acquis des proportions nationales, et même internationales, car elles visaient un homme noir érigé en épigone de la diversité. La parution imminente de ses mémoires, titrées Great and unfortunate things, a amplifié la polémique. La révélation au public de certains aspects de l’autobiographie de Jason Arday, jugés peu plausibles et tournés en dérision, ont accentué les soupçons, qui se sont bientôt mués en franc discrédit, voire en haine.
Il faut mettre en lumière la cabale suprémaciste blanche qui s’est mise en branle pour salir la réputation de Jason Arday, mais sans oublier de nommer les défaillances structurelles des institutions d’enseignement supérieur prétendument multiculturelles dans leur vision et leur accueil des minorités raciales. Il ne s’agira évidemment pas de renvoyer dos à dos deux camps, comme si leurs positions n’étaient qu’apparemment opposées et cachaient un accord plus fondamental. Nous n’assistons pas à une convergence. En revanche, malgré des expressions et des conséquences fort différentes, il faudrait prendre conscience de ce qui semble faire consensus : le dédain de la production intellectuelle noire.
Valorisation de la parole raciste
Ce qu’il faut bien aujourd’hui qualifier d’ « affaire Arday » commence avec la publication sur Substack, le 21 juillet 2026, d’un article accusant le professeur de plagiat, ajoutant que son poste à Cambridge serait par conséquent usurpé2. L’imposture aurait été facilitée par les politiques de DEI (pour « diversité, équité, inclusion ») adoptées par de nombreuses universités anglophones, qui encourageraient l’embauche et la promotion d’enseignants issus de minorités mais dépourvus des qualifications et du talent requis pour travailler au sein des institutions les plus réputées. Trois jours plus tard s’enclenche une réaction en chaine de réitérations de ces accusations dans la presse britannique. Selon une analyse de détail publiée par NewsCord, 229 articles consacrés à la « fraude » Arday ont paru entre le 24 juillet et le jour de sa mort3. À cela s’ajoute une prolifération d’attaques acrimonieuses sur les réseaux sociaux ou les chaines d’information en continu.
Nathan Cofnas, l’auteur du texte par lequel est arrivé le scandale, n’est pas un chercheur ordinaire, bien qu’un coup d’œil superficiel à son CV puisse être séduit par un vernis de respectabilité. Né dans les années 1980 à Chicago au sein d’une faille juive, il obtient son premier diplôme supérieur à l’université Columbia de New York, puis poursuit en Angleterre jusqu’au doctorat des études de 3e cycle. À l’université de Cambridge, il se spécialise en philosophie de la biologie. Paru en 2012, son premier ouvrage, Reptiles with a conscience, n’est publié ni par un éditeur scientifique ni par un éditeur grand public, mais par l’obscur Ulster Institute for Social Research. Présidé par le psychologue raciste Richard Lynn et généreusement irrigué en subventions de la fondation étatsunienne d’extrême droite Pioneers Fund, ce think tank s’est donné pour mission de fournir au suprémacisme blanc une assise scientifique.
Cofnas a embrassé cette cause. Dans un style caractéristique de la philosophie analytique, il qualifie sa doctrine d’« héréditarisme ». Selon lui, la part innée et héréditaire de l’intellect excède largement ce qui relève de l’acquis, et les Noirs seront éternellement en queue de classement. « En réalité, la thèse de l’égalité est fausse. Malgré tout l’argent et toute la bonne volonté du monde, les injustices de la nature que nous sommes capables de corriger sont limitées4 », pontifie-t-il ainsi sur Substack. Ces idées s’apparentent à une resucée de vieilles lunes racistes héritées du Ku Klux Klan. Cependant, des ressorts narcissiques semblent parfois conduire Cofnas à dévier des canons du grand récit suprémaciste blanc classique, en clamant par exemple la supériorité intellectuelle des Juifs5.
En 2024, alors qu’il bénéficie d’un contrat de chercheur postdoctoral à Cambridge, les publications de plus en plus explicitement racistes qu’il s’autorise sur sa page Substack finissent par susciter la réprobation de ses collègues et de sa direction, aboutissant à sa répudiation par le Emmanuel College qui employait ses services. En 2026, vraisemblablement soutenu par d’influents alliés, il se voit offrir un nouveau contrat par l’université de Gand, en Belgique. En effet, la revue britannique Byline Times a mis en évidence des liens entre Cofnas et de puissants réseaux d’influence racistes basés aux États-Unis6. Le Pioneers Fund, qui s’est successivement renommé Human Diversity Foundation, puis Aporia, a notamment bénéficié des largesses du multimilliardaire technofasciste Peter Thiel, dont les convictions racistes ne sont plus à démontrer7. À la faveur de processus plus ou moins opaques, il est fréquent que les dons généreux de fondations (quelles que soient leurs orientations politiques) débouchent sur la création de postes taillés sur mesure pour les petits protégés des puissants.
Dans une vidéo devenue virale, interrogé sur son avenir professionnel, Cofnas confesse qu’après la révolution (raciste) qu’il appelle de ses vœux, il s’imagine en directeur d’un hypothétique département d’eugénisme et de sciences de la race abrité par l’université Harvard. Pion sur l’échiquier d’intérêts politiques qui le dépassent largement, Cofnas semble s’être convaincu que ses articles de blog et ses textes publiés par des fondations complaisantes prouvaient son génie scientifique. Cofnas est un chercheur moyennement productif et sans relief, sous constante perfusion de fonds privés liés à un agenda idéologique réactionnaire. Mais il est d’autant plus utile à ses financeurs qu’il est à la fois inconscient du rôle qu’on lui fait jouer et absolument dépendant de leur infatigable soutien économique pour le maintien de sa carrière.
La qualité « catastrophique » de la recherche de Cofnas et son inadéquation avec les standards de sa propre discipline ont été bien mis en évidence par certains de ses collègues plus expérimentés8. Les liens de dépendance et d’inféodation auxquels se résume le cursus de Cofnas démontrent en premier lieu que, malgré l’insistance et la mauvaise foi des argument hostiles aux politiques de DEI, les chercheurs les plus illégitimes et les plus généreusement sponsorisés sont bien davantage les médiocres et blancs minions des groupes de pression privés que les icones de la diversité. Mais surtout, ce cas illustre que l’enjeu est loin de se limiter à un essayiste raciste isolé ou même à un petit groupe d’individus. Ce renouveau d’une négrophobie et d’un suprémacisme blanc à prétention scientifique prolifère au sein d’un vaste réseau.
Un réseau suprémaciste blanc
Le décès du professeur Arday a suscité dans l’opinion publique un émoi à la mesure de l’intensité de la chasse à l’homme médiatique dont il a été la proie. Neuf jours avant sa mort, il avait démissionné de son poste à Cambridge. Le suicide social annonçait le suicide véritable. C’est dans ce contexte que le rôle et les connexions de Cofnas ont causé de plus en plus d’attention, de méfiance et de perplexité. Le 20 août, l’université de Gand annonçait sa suspension à titre conservatoire, lançant simultanément une enquête disciplinaire. Ces scrupules arrivent bien tard. En mars 2026, l’annonce de l’embauche du chercheur raciste motive deux pétitions qui, malgré leur ampleur, ne suscitent pas la moindre réaction de la direction. La première rassemblait plus de 40 enseignants du département de philosophie de l’université, la seconde plus de 2000 étudiants. Il aura fallu le trépas d’un homme pour que l’institution questionne enfin la pertinence de l’embauche d’un militant suprémaciste blanc désavoué par ses pairs, c’est-à-dire ses collègues, et dépourvu de grandes réalisations au sein de sa discipline.
Au lendemain de l’amorce du processus de licenciement engagé contre Cofnas par l’université de Gand, l’ambassadeur des États-Unis Bill White adoptait un ton belliqueux sur le réseau social X. Avec la rhétorique furibonde caractéristique de la diplomatie trumpiste, il menaçait la Belgique de rompre toute collaboration universitaire entre les deux pays, à moins que les sanctions contre le blogueur raciste ne soient aussitôt levées. En parallèle, un cartel de chercheurs se coalisait en défense de Cofnas, au nom de la liberté d’expression et de la liberté académique. Derrière les noms de quelques vieilles gloires de l’anticonformisme académique comme Peter Singer ou Steven Pinker, cette pétition entasse notamment tout un ramassis de militants anti-wokes et de nostalgiques de l’eugénisme.

Le discours conservateur qui déplore la domination sans partage d’un dogme antiraciste et décolonial sur les campus relève de la pure et simple imposture. Etre raciste ne constitue nullement un obstacle pour accéder aux plus hautes fonctions de la philosophie universitaire anglaise. En 2023 éclatait une polémique qui a éclaboussé le professeur Nick Bostrom de l’université d’Oxford, également directeur d’un influent institut de futurologie. Le point de départ a été la révélation d’un email collectif débordant de négrophobie virulente, envoyé par Bostrom alors qu’il était encore étudiant de troisième cycle à la London School of Economics9. « Les Noirs sont plus stupides que les Blancs. J’aime cette phrase et je pense qu’elle est vraie », affirmait-il, avant d’ajouter qu’il s’agissait là d’une vérité objective et qu’elle ne saurait être prise pour synonyme de la formule suivante : « Je hais ces sales négros ! »
Lorsque ces propos ont refait surface, Bostrom s’est excusé et a pris le temps de s’expliquer, mais sans jamais remettre en cause la thèse de l’inégalité cognitive des races. Il s’est contenté de lui trouver des causes extérieures. Ainsi, en 2023, il attribuait plutôt la stupidité noire à « des inégalités dans l’accès à l’éducation, à une alimentation équilibrée et aux soins de santé de base [qui] entraînent des inégalités sociales, se traduisant parfois par des disparités au niveau des compétences et des capacités cognitives10 ». Pour le jeune Bostrom, la bêtise nègre est innée, pour le Bostrom tardif, elle est acquise. L’intellect noir, en revanche, relèverait presque du mythe.

Dans la suite de son texte, il plaide pour un nouvel eugénisme, débarrassé des tentations et des crimes qui ont entaché son histoire. Dans son influent essai de 2014, Superintelligence, Bostrom évoquait allusivement des « obstacles politiques et éthiques majeurs » à un « élevage sélectif » des êtres humains, mais sans jamais les détailler, ni statuer quant à la pertinence ou l’illégitimité de tels obstacles11. Quoi qu’il en soit, il estime que le recours à d’autres moyens tels que l’intelligence artificielle ou les biotechnologies offriront des accès plus simples et plus rapides à une intelligence supérieure, en comparaison du lent et incertain processus eugéniste de sélection.
Cette douteuse obsession de l’intelligence, décorrélée de tout rapport à la sagesse et au discernement, traverse aujourd’hui les milieux capitalistes, politiques et universitaires avec le naturel d’une évidence. C’est le symptôme d’un retour du racialisme le plus classique. De Frantz Fanon à Étienne Balibar, les réflexions sur le racisme du second XXe siècle nous ont appris à nous méfier de la perfidie d’un racisme culturel apte à contourner les tabous sociaux nés des violences exterminatrices de la Seconde Guerre Mondiale. Aujourd’hui, le tabou s’est érodé et ce nouveau racisme élitaire plastronne dans les grandes institutions. Depuis la parution en 1994 de l’ouvrage de Richard J. Herrnstein et Charles Murray The Bell Curve: Intelligence and Class Structure in American Life, cette tendance n’a cessé de s’accentuer. Soutenu par des fondations gorgées des millions de dollars de la Silicon Valley, le pouvoir trumpiste et un réseau de chercheurs, le renouveau des sciences racistes centré sur un prétendu écart d’intelligence entre Blancs et Noirs possède de nombreux et puissants relais des deux côtés de l’Atlantique. Sur X, Elon Musk lui-même a fait la promotion du discours d’Arday en commentant : « la vérité vous libérera12 ». Or, malgré les bonnes intentions progressistes affichées, il n’est pas certain que tous les universitaires a priori hostiles à ce renouveau d’une génétique fasciste soient politiquement, culturellement et théoriquement bien équipés pour lui faire face.

Faiblesses et faillites du libéralisme universitaire
L’offensive perfide et perverse des suprémacistes blancs contre Jason Arday ne saurait nous dispenser d’un examen critique des discours mais aussi des logiques d’embauche et de promotion des chercheurs noirs ou issus d’autres minorités raciales au sein des universités occidentales. La rumeur d’une submersion de ces institutions vénérables sous des tombereaux d’enseignants de couleur, stupides et incompétents, a bien été scriptée puis propagée par une extrême-droite bouffie de nostalgie eugéniste. Pour autant, les logiques dominantes du DEI ne sont pas sans lien avec cette tragédie. On peut, et on devrait, en questionner le fonctionnement sans pour autant remettre en question la légitimité, l’intellect, voire l’appartenance à l’humanité des représentant de la « diversité ».
Une donnée importante, mais souvent négligée, de la question tient à la particularité des critères d’embauche réservés aux personnalités de couleur par contraste avec leurs collègues blancs. Il faudrait s’interroger sur les effets pathogènes d’un environnement professionnel où un recrutement est également, et même d’abord, un coup de relations publiques. Selon une tendance vieille d’au moins une décennie, mais qui s’est accélérée avec la vague d’indignation suscitée par la mise à mort de George Floyd en 2020, l’embauche de personnalités issues des minorités raciales est régulièrement mise en scène médiatiquement par les institutions comme une victoire écrasante sur les vieux préjugés et comme la preuve de leur progressisme, de leur vertu et de leur sensibilité à la justice sociale.
Les Noirs sont souvent accueillis à l’université, d’abord pour satisfaire un regard extérieur, et ensuite pour alimenter une autocongratulation narcissique. Le profil de Jason Arday n’a pas suscité l’intérêt de la presse par compassion pour les élèves victimes de racisme auxquels il consacrait ses recherches. De même, l’apparition de chercheurs spécialisés dans les études noires n’est pas le signe d’une passion soudaine des établissements pour l’histoire, la culture, la pensée de la diaspora noire, ni même une reconnaissance de l’intérêt intellectuel de ces domaines. Les corps sont mis en avant mais les réflexions sont mises au second plan. Ces recrues sont avant tout des moyens pour les universités de faire parler d’elles, susciter des articles de presse favorables, se construire une image avant-gardiste.
Ce que l’extrême droite qualifie avec dédain d’embauches DEI n’est pas le symptôme d’une déchéance de l’Occident et d’un abaissement des standards académiques. C’est la création cynique de nouveaux critères d’évaluation visant à maximiser l’effet médiatique à court et moyen terme de cette bruyante ouverture de l’institution à la diversité. Les racistes veulent faire croire que les critères d’embauche DEI sont les plus bas, mais ils sont en réalité très élevés ; seulement ils sont différents des critères réservés aux Blancs et visent d’autres effets. Directrice du département de philosophie de Cambridge au moment du recrutement de Cofnas, Angela Breitenbach a expliqué a posteriori qu’une recherche sur Google aurait dû suffire à écarter le chercheur raciste13. La situation des chercheuses et chercheurs de couleur est symétriquement inverse : la réponse du moteur de recherche à leur nom importe infiniment plus que leurs liste de publications.
Embaucher une chercheuse ou un chercheur noir·e revient à embaucher une mascotte : une influenceuse ou un influenceur. On considère ses articles de blog, son nombre d’abonnés sur X ou sur Instagram, ses entretiens dans les médias, ses Ted talks. Sans toujours se l’avouer tout à fait, les universités sont en quête de chargés de relations publiques qui auront pour tâche de propager une image de modernité et d’ouverture au bénéfice de leur établissement. C’est à cause de ce climat institutionnel que les jeunes docteurs noirs ne sont souvent pas mis en concurrence sur la base de la pertinence et de la qualité de leurs travaux, mais plutôt des mérites de leurs discours inspirants ou leur capacité à performer l’exotisme.
L’engrenage de surenchère autobiographique auquel s’est tragiquement livré Jason Arday est incompréhensible si l’on ne considère pas les attentes malsaines que font régulièrement peser les universités occidentales sur leurs employés issus des minorités. C’est dans ce contexte qu’il a pu en venir à fictionner des pans de son existence pour mieux satisfaire la gloutonnerie émue d’un public d’intellectuels blancs friands de récits d’ascension sociale par la culture et de victoires sur le ghetto. Tragiquement, ce même public est souvent bien peu intéressé par l’histoire et l’actualité du racisme mis en évidence par les sciences humaines et sociales.
Malgré leurs amples différences, ni les universitaires de droite ni les universitaires de gauche ne croient à l’intelligence noire. Les premiers se scandalisent de leur simple existence dans l’espace public, alors que les seconds leur ouvrent les portes des facultés à condition qu’ils les abreuvent d’anecdotes édifiantes et chantent leurs louanges sur les réseaux sociaux comme dans la presse. Mauvais objet pour les uns, bon objet pour les autres, le chercheur noir est toujours un objet. Il n’existe qu’en fonction des intérêts d’autrui, pour satisfaire des exigences et des désirs qui ne sont pas les siens.
Un texte publié sur Substack par Cofnas en 2024 a contribué plus fortement que les autres à son exclusion de Cambridge. Il y affirme : « Dans une méritocratie, les enseignants de Harvard seraient recrutés parmi les meilleurs des meilleurs étudiants, ce qui signifie que le nombre de professeurs noirs avoisinerait zéro. Les Noirs disparaitraient de presque tous les postes de premier plan, à l’exception du sport et du divertissement14 ». Maintenant qu’il a été déchu de son poste à l’université de Gand, peut-être Cofnas envisage-t-il de franchir la frontière et d’emménager en France ? Des universités à peu près monochromes, où les philosophies de l’Afrique et de sa diaspora ne sont toujours pas jugées dignes d’une seule heure d’enseignement au long d’un cursus de cinq années. Un personnel politique où, de droite à gauche, la diversité est si exceptionnelle qu’elle apparait toujours comme une anomalie ou une aberration et suscite insultes et moqueries. Des personnalités noires et arabes cantonnées à la comédie, au sport, à la musique ou à l’influence, mais régulièrement calomniées et dénoncées comme trop nombreuses dans des domaines où on les a pourtant parquées. Il y a tant de raisons de croire que l’espace public français, ce modèle de blancheur presque immaculée mais convaincu de ses vertus méritocratiques, serait pour Cofnas comme un petit coin de paradis.
Pour prolonger :
- Technofascisme et suprématie blanche (Aux sources avec Norman AJARI, mars 2026)
- La Dignité ou la mort (Dans le texte avec Norman AJARI, mars 2019)
- https://www.instagram.com/p/DcJqKNfmLrx/ ↩︎
- https://substack.com/@nathancofnas/p-207415162 ↩︎
- https://newscord.org/editorials/jason-arday-pile-on ↩︎
- https://substack.com/@nathancofnas/p-147105338 ↩︎
- Cofnas N. Judaism as a Group Evolutionary Strategy : A Critical Analysis of Kevin MacDonald’s Theory. Hum Nat. 2018 Jun;29(2):134-156. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC5942340/ ↩︎
- https://bylinetimes.com/2026/08/18/the-peter-thiel-linked-race-science-network-that-penetrated-cambridge-university-and-targeted-jason-arday/ ↩︎
- Norman Ajari, Technofascisme: Le nouveau rêve de la suprématie blanche, Bruxelles, Météores, 2026. ↩︎
- https://www.thecanary.co/skwawkbox/2026/08/19/cofnas-ghent-university/ ↩︎
- https://www.theguardian.com/technology/2024/apr/28/nick-bostrom-controversial-future-of-humanity-institute-closure-longtermism-affective-altruism ↩︎
- https://nickbostrom.com/oldemail.pdf ↩︎
- Nick Bostrom, Superintelligence (2014), trad. Françoise Parot, Paris, Dunod, 2024, p. 66. ↩︎
- https://x.com/elonmusk/status/2093141194654048542?s=20 ↩︎
- https://www.middleeasteye.net/news/nathan-cofnas-cambridge-colleagues-said-he-shouldnt-have-been-hired ↩︎
- https://ncofnas.com/p/a-guide-for-the-hereditarian-revolution ↩︎

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