L’Algérie coloniale, laboratoire d’un antisémitisme européen

Face à l’affirmation d’un « nouvel antisémitisme » ou d’une « nouvelle judéophobie » portée notamment par Pierre André Taguieff, cet article examine l’histoire de l’antisémitisme européen dans l’Algérie coloniale. Rapports militaires, enquêtes parlementaires, presse coloniale : les sources historiques attestent la manière dont cet antisémitisme européen a été introduit et cultivé dans le cadre de la domination coloniale. L’idée, très en vogue aujourd’hui, d’un « nouvel antisémitisme » occulte fallacieusement la généalogie et la persistance de ses formes anciennes, inoculées par la France du XIXème siècle dans sa colonie de peuplement.

Politique

Le terme “antisémitisme”, popularisé en 1879 par Wilhelm Marr, désigne exclusivement l’hostilité envers les juifs, et non l’ensemble des locuteurs de langues sémitiques (comme l’arabe et l’hébreu). Il ne faut pas le confondre avec l’antijudaïsme, qui désigne une hostilité fondée sur la religion, qui a surtout – mais pas seulement – des origines en Europe chrétienne, où au XIXᵉ siècle se popularisaient des formes racialisées de cette représentation négative. Dans les sociétés musulmanes passées, les juifs, considérés comme dhimmis (« gens du Livre, » c’est-à-dire les monothéistes non musulmans), bénéficiaient d’un statut protégé. Minorité tolérée, ils pouvaient conserver leur foi, posséder des biens et pratiquer leur religion, en échange du paiement de la jizya (impôt spécifique)1. Là, historiquement, l’antisémitisme n’a jamais atteint la même intensité qu’en Europe2.

Cet antisémitisme européen ne reste pas cantonné au continent : il est importé et réagencé dans les territoires coloniaux. L’Algérie (1830–1962) constitue un laboratoire où se combinent antijudaïsme, antisémitisme basé sur des préjugés économiques, des théories raciales et des logiques politiques propres à une colonie de peuplement. Bien avant le décret Crémieux de 1870, qui accordait la citoyenneté française aux juifs et non pas aux musulmans, dans les trois départements français en Algérie, les archives témoignent déjà d’un antisémitisme explicite de la part de militaires, d’administrateurs et de “colons” européens3. Le terme « colon » étant trop ambigu pour désigner des Européens aux profils variés, j’emploie plutôt le terme « Européens », qui rend mieux compte de cette diversité. Le décret Crémieux constitue un tournant juridique, ainsi que la naturalisation des Espagnols, Italiens et Maltais nés en territoire français à partir de 1889, la citoyenneté devient un enjeu central de hiérarchisation coloniale et de manifestations antisémites4.

Adolphe CRÉMIEUX, avocat et député (1796-1880) / Caricature antisémite de Gravelle (1902)

L’antisémitisme est un phénomène adaptable : il permet de projeter des peurs et des fantasmes contradictoires. “Le juif” peut être tour à tour imaginé comme bolchevik ou capitaliste, faible ou tout‑puissant, homosexuel ou séducteur, victime ou bourreau. Il n’existe pas de “nouvelle” forme d’antisémitisme : il a surtout été exporté de l’Occident vers le Moyen‑Orient et non pas inversement5.

L’antisémitisme n’est pas un phénomène nouveau, comme l’attestent certaines sources primaires, rapports militaires, enquêtes parlementaires, presse coloniale : celles-ci révèlent que l’antisémitisme européen en Algérie, entre 1830 et 1906 (fin de l’affaire Dreyfus), précède largement le décret Crémieux et se transforme dans le cadre colonial. L’idée d’un « nouvel antisémitisme » occulte la persistance de formes anciennes, encore actives aujourd’hui. En effet, les formes d’hostilité ne disparaissent jamais totalement : elles se recomposent et se superposent selon les contextes, y compris dans le cadre colonial.

Estampe relative à l’affaire Dreyfus (vers 1895)

L’antisémitisme en Algérie coloniale avant le décret Crémieux

Dès les premières années de la conquête de l’Algérie à partir de 1830, les Européens importent avec eux les différents registres d’antisémitisme déjà présents en Europe. Militaires, administrateurs et Européens projettent sur les populations juives locales leurs propres stéréotypes, qu’ils réactivent et adaptent au contexte colonial. Cette dynamique apparaît très tôt dans les écrits des officiers français.

En 1833, le capitaine Rozet décrit les « Israélites » d’Alger comme un groupe homogène, méprisé par les populations locales mais réputé pour ses talents commerciaux. Il leur attribue des traits fixes, fondés sur des stéréotypes économiques européens, les relègue à une position sociale inférieure et reproduit ainsi un schéma colonial qui importe l’antisémitisme européen6.

Dans d’autres descriptions de la même période, les juifs sont parfois qualifiés de travailleurs acharnés, toujours en quête de profit, en contraste avec l’image orientaliste d’« Arabes » ou de « Maures » supposément nonchalants7. Ces représentations montrent que l’antisémitisme européen s’entremêle immédiatement aux logiques coloniales pour produire une vision hiérarchisée des populations.

Plusieurs œuvres de journalistes et d’historiens coloniaux  au sein de l’administration coloniale révèlent clairement un discours antisémite. Les juifs y sont racialement essentialisés comme une « race profondément antipathique »8, et cette construction sert à expliquer les dysfonctionnements du système judiciaire : les interprètes juifs, majoritaires dans ces postes, sont implicitement désignés comme responsables de la mauvaise organisation du parquet. Le rapport mobilise ainsi un trope classique de l’antisémitisme présent au XIXᵉ siècle : celui du juif intermédiaire et corrupteur de l’ordre social. En opposant ces intermédiaires à des musulmans, le texte établit une hiérarchie entre groupes et transpose en Algérie des schémas narratifs européens adaptés au contexte colonial.

Bien avant le décret Crémieux, la presse coloniale exprime une hostilité envers les juifs, mêlant des arguments socio‑économiques et des logiques racialisées. En 1848, L’Écho d’Oran décrit ainsi « la race juive » comme « essentiellement mercantile » et dominante dans le commerce algérien, reprenant des stéréotypes liant juifs, argent et commerce9. Cet antisémitisme racial coexiste toutefois avec l’idée d’une possible « assimilation », puisque l’article défend leur intégration politique. Le terme « d’assimilation » est employé ici uniquement pour reprendre le langage de l’époque, bien qu’il implique l’abandon d’une culture au profit d’une autre.

Eline VAN ERDEWIJK, doctorante en études moyen-orientales (photo : Raphaël SCHNEIDER)

Des années 1840 à 1870 : préparer le terrain du décret Crémieux

Dès avant le décret Crémieux, la question de l’assimilation de l’Algérie à la France anime les débats dans la presse coloniale. En 1848, les révolutions européennes, la chute de la monarchie de Juillet et l’avènement de la Deuxième République relancent ces discussions. Pour les Européens en Algérie, cette période représente une opportunité : mettre fin à l’administration militaire et obtenir une intégration politique et institutionnelle à la France hexagonale. La Constitution de 1848 concrétise partiellement ces attentes en intégrant l’Algérie au territoire français et en promettant l’instauration d’un régime civil. Les Européens obtiennent même l’élection d’un représentant chargé de défendre leurs intérêts10.

Pourtant, les idéaux républicains liés à cette constitution de liberté, d’égalité et de fraternité, proclamés universels, ne profitent qu’à une minorité : les Français d’Algérie. La majorité de la population locale en est exclue, révélant une contradiction criante. Cette époque marque aussi la fin du régime militaire et la création des trois départements algériens, symbolisant une nouvelle phase du projet colonial, où l’assimilation devient un outil de domination plutôt qu’un vecteur d’égalité.

Juifs d’Algérie

Dans ce contexte, le journal colonial L’Akhbar affirme que les juifs peuvent être assimilés malgré l’antisémitisme local. Le journal soutient qu’étant « monogames, ils pourraient relever du Code civil, devenir citoyens comme les Français, servir comme soldats, gardes nationaux ou jurés, et que l’exemple métropolitain montre qu’ils sont devenus de simples Français de culte israélite » après l’accès à la citoyenneté11.

Ces débats, bien antérieurs à 1870, s’inscrivent à la fois dans l’héritage de l’émancipation française, dans l’action de leaders juifs en France12 et dans une logique coloniale consistant à « diviser pour mieux régner », soulignée par des historiens. Malgré l’antisémitisme persistant en France, y compris en Algérie, cette distinction servait les intérêts coloniaux et républicains : intégrer les juifs en tant qu’intermédiaires, tout en marginalisant les musulmans. Le contexte politique de 1870, marqué par la guerre franco-prussienne et la recherche de soutiens, facilite alors l’adoption du décret Crémieux13.

Promulgué le 24 octobre 1870, en pleine guerre franco-prussienne, ce décret accorde la nationalité française aux juifs des trois départements algériens du nord, à l’exception des 1 500 juifs du M’zab (région située au nord du Sahara algérien, alors en dehors du territoire conquis). Il les place juridiquement au-dessus des musulmans, mais les oblige à renoncer à leur statut personnel (ensemble de règles religieuses et juridiques régissant le mariage et le divorce, par exemple), redéfinissant ainsi les hiérarchies coloniales14.

Longtemps, l’historiographie a présenté le décret Crémieux comme favorablement accueilli par les juifs d’Algérie, avant que des travaux ultérieurs ne soulignent plutôt leur réticence, liée à la perte du statut personnel15. Pourtant, des recherches récentes, comme la pétition de 1869 en faveur du décret, découverte par Avner Ofrath, révèlent que certaines communautés le soutenaient activement. Ces réactions variées des juifs face au décret Crémieux montrent que les traditions locales et les contextes communautaires empêchent toute interprétation univoque16.

Conséquences du décret Crémieux

Juste après le décret Crémieux, les protestations se multiplient. Dès 1871, l’ancien préfet d’Oran, du Bouzet, s’y oppose en affirmant que « les Israélites indigènes ne sont pas des Français, mais des Arabes de religion juive », jugés incompatibles avec la « civilisation occidentale ». Il les décrit comme des « orientaux, sans culture intellectuelle, uniquement intéressés par le commerce et le profit »17.

Ces types de pétitions et de discours traversent toute la période coloniale et trouvent un écho sous Vichy, 70 ans après le décret Crémieux, s’inscrivant dans la logique d’une colonie de peuplement fondée sur l’idée de supériorité européenne au détriment des autres populations.

L’attribution de la citoyenneté s’inscrit dans la logique de la colonie de peuplement. Les juifs en Algérie avaient obtenu la citoyenneté française 19 ans avant que la loi de 1889 l’accorde aux Européens non français nés en Algérie, donc aussi en Algérie, car les administrateurs craignaient que les Espagnols, Italiens ou Maltais dépassent en nombre les Français18.

Suite à la loi de 1889, les discours exprimant la supériorité et l’unification des Européens en Algérie se sont multipliés, publiés dans la presse et dans les œuvres littéraires : « Plus rapprochée de l’Orient que ne l’est la France, voisine de l’Espagne et de l’Italie, l’Algérie forme la base solide de ce grand triangle occupé par la race latine, dont la France est le sommet», peut-on lire par exemple à l’époque19. S’y ajoutaient des tendances séparatistes chez certains Européens, qui imaginaient une Algérie plus autonome et plus forte que la France colonisatrice.

L’idée d’une « fusion des races latines » renforçait ces hostilités : dans une colonie de peuplement, où les Européens cherchent à affirmer leur domination démographique et politique, toute population non européenne dotée de la citoyenneté, comme les juifs, ainsi que quelques musulmans, était perçue comme une menace pour l’ordre racial que les Européens voulaient imposer. Cette logique a directement alimenté l’antisémitisme colonial.

Dans ce climat, une forte concurrence politique s’installe, car désormais tous les Européens et les juifs du Nord peuvent voter. Les rivalités économiques et politiques, ainsi que les accusations de vote en bloc des juifs, nourrissent des tensions qui débouchent sur de violents épisodes antisémites dans les villes, encouragés par des figures politiques telles que Max Régis, Édouard Drumont ou Émile Morinaud. À travers leurs journaux ouvertement antisémites, parmi lesquels L’Antijuif algérien, ces mouvements réclament l’abrogation du décret Crémieux, mobilisant largement les frustrations sociales20.

Un antisémitisme ancien aux formes renouvelées

Dans l’Algérie coloniale, l’antisémitisme est souvent plus précoce, plus visible et plus violent qu’en France hexagonale : dans une colonie de peuplement où les Européens, minoritaires, cherchent à s’imposer comme groupe dominant, ils exercent leur pouvoir sur les musulmans, tandis que les juifs, citoyens français depuis 1870, sont perçus comme des concurrents. Cela éclaire l’ampleur des violences locales, comme les émeutes de janvier 1898 à Alger et à Oran, pendant l’affaire Dreyfus (1894-1906), ou l’élection de Drumont en mai 1898 à Algiers, quelques années après son échec aux municipales dans le 7e arrondissement de Paris en 1890. La colonie devient ainsi un laboratoire où se réactivent des motifs persécutifs anciens, amplifiés par les rapports de domination coloniale.

Émeutes antijuives à Alger en 1898 (à droite, illustration paru dans Le Petit journal / à gauche : photo d’Alexandre LEROUX)

Dans ce contexte, l’idée d’un “nouvel antisémitisme”, telle qu’avancée par Pierre‑André Taguieff, est problématique. Les registres culturels ou politiques contemporains ne remplacent pas les formes anciennes, ils s’y superposent. Comme l’a montré l’historienne néerlandaise Evelien Gans, l’antisémitisme peut combiner des fixations anciennes et des éléments plus récents, qui se renforcent selon les contextes21. Ce que l’on observe aujourd’hui ne constitue donc pas une rupture, mais la prolongation d’un même système de représentations, avec de nouvelles fixations22. Nonna Mayer souligne que ce “nouvel antisémitisme” ne remplace pas l’ancien, car les préjugés traditionnels liés au pouvoir, à l’argent, au communautarisme ou à certains motifs religieux sont encore largement répandus23. Il est important de noter que l’évolution de l’antisémitisme peut se manifester dans chaque communauté et ne peut être attribuée à une seule d’entre elles.

Manifestation antijuive de femmes à Alger le 1er janvier 1898 (photo : Alexandre LEROUX – Gallica)

L’Algérie coloniale illustre cette continuité : elle montre la persistance de ces motifs et les contradictions d’un régime proclamant liberté, égalité et fraternité, tout en les refusant aux musulmans et juifs qui ne résidaient pas dans les trois départements français pendant longtemps, tandis que la citoyenneté accordée aux juifs devenait un motif de discrimination, révélant les limites et les contradictions d’une colonie de peuplement se prétendant « démocratique »24.


  1. Bat Ye’or and D. Maisel,  The Dhimmi: Jews and Christians Under Islam (Madison, New Jersey & Vancouver: Fairleigh Dickinson University Press, 1985), 30. ↩︎
  2. Arendt, ​Origins Totalitarianism, 165. ↩︎
  3. Jean‑Jacques Jordi, Idées reçues : les pieds‑noirs (Paris: Cavalier Bleu, 2009), p. 49.  ↩︎
  4. Hugo Vermeeren, Les Italiens à Bône (1865-1940) (Rome: Publications de l’École française de Rome, 2017), doi:10.4000/books.efr.35325. ↩︎
  5. Evelien Gans, « Why Jews Are More Guilty than Others », dans The Holocaust, Israel and ‘the Jew’, éd. Remco Ensel et Evelien Gans (Amsterdam: Amsterdam University Press, 2017), 41-50. ↩︎
  6. Claude‑Antoine Rozet, Voyage dans la régence d’Alger, ou Description du pays occupé par l’armée française en Afrique : contenant des observations sur la géographie physique, la géologie, la météorologie… suivies de détails sur le commerce, l’agriculture, les sciences et les arts, les mœurs…, t. 2 (Paris : A. Bertrand, 1833), 234, ark:/12148/bpt6k1066046. ↩︎
  7. Ibid., 225. ↩︎
  8. Ismayl Urbain, L’Algérie pour les Algériens (Paris : Michel Lévy frères, 1861), 47. ↩︎
  9. L’Écho d’Oran : journal d’annonces légales, judiciaires, administratives et commerciales de la province d’Oran, “Études sur l’Algérie,” 28 mars 1849, 3, BnF, ark:/12148/bd6t5115040z. ↩︎
  10. Charles-Robert Ageron, Histoire de l’Algérie contemporaine : 1830-1988 (Paris: Presses universitaires de France, 1990), 37. ↩︎
  11. L’Akhbar (Alger), 25 avril 1848, Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-11160, ark:/12148/bd6t51137540n, mis en ligne le 20 novembre 2022, http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32684884c. ↩︎
  12. Denis Charbit. « L’historiographie du décret Crémieux » dans Les Juifs d’Algérie, édité par Joëlle Allouche-Benayoun et Geneviève Dermenjian. Aix-en-Provence: Presses universitaires de Provence, 2015. doi:10.4000/books.pup.18277. ↩︎
  13. Joshua Schreier, Arabs of the Jewish Faith: The Civilizing Mission in Colonial Algeria (Rutgers University Press, New Brunswick, 2010), 144-145. ↩︎
  14. André Chouraqui, “North Africa, Algeria,” The American JewisàintéressantconfirmentIl décrivait les Juifs comme “orientaux, sans culture intellectuelle, inquiets, intéressés par le commerce et par le profit des autres”h Year Book, American Jewish Committee Springer 57, 454. ↩︎
  15. Andrea L. Smith, “Citizenship in the Colony: Naturalization Law and Legal Assimilation in 19th Century Algeria,” Political and legal anthropology review 19 No. 1 (1996): 40. ↩︎
  16. Avner Ofrath, “ ‘We shall become French’: reconsidering Algerian Jews’ citizenship 1860-1900,” French History 35, No. 2 (2021), 244. ↩︎
  17. Charles du Bouzet, “Les Israélites indigènes de l’Algérie, pétition à l’assetellesmblée nationale contre le décret du 24 octobre 1870”June 19, 1871, Silo 4 bis Livres précieux 296 BOU-b, CDHA: 4-5. ↩︎
  18. Journal officiel de la République française. Lois et décrets, June 28, 1889telles (Paris: Journaux officiels), Bibliothèque nationale de France, http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34378481r. ↩︎
  19. Algérie. Immigrants et indigènes (Alger: Chez tous les libraires, 1863), 2, accessed via Gallica, Bibliothèque nationale de France, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5788498gpeoples. ↩︎
  20. Geneviève Dermenjian,  « Les Juifs d’Algérie entre deux hostilités (1830-1943) » dans  Les Juifs d’Algérie, édité par Joëlle Allouche-Benayoun et Geneviève Dermenjian. Aix-en-Provence: Presses universitaires de Provence, 2015. doi:10.4000/books.pup.18332. ↩︎
  21. Philippe Portier, “Avant-propos, Trajectoire d’une acculturation” in Les juifs d’Algérie, une histoire de ruptures, ed. Joëlle
    Allouche-Benayoun and Geneviève Dermenjian (Aix-en-Provence, Presses Universitaires de Provence, 2015), 7. ↩︎
  22. Evelien Gans, The Holocaust, Israel and ‘the Jew’. Histories of antisemitism in postwar Dutch society (co-author and co-editor, with Remco Ensel) (Amsterdam: Amsterdam University Press, 2017), 29-30. ↩︎
  23. Nonna Mayer, Transformations in French antisemitism. Journal für Konflikt-und Gewaltforschung, 2005, 7 (2), p. 92. ⟨10.4119/UNIBI/ijcv.20⟩. ⟨hal-03471809⟩ ↩︎
  24. Philippe Portier, “Avant-propos, Trajectoire d’une acculturation” in Les juifs d’Algérie, une histoire de ruptures, ed. Joëlle
    Allouche-Benayoun and Geneviève Dermenjian (Aix-en-Provence, Presses Universitaires de Provence, 2015), 7. ↩︎

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