Verts, la rupture

avec Jérôme GLEIZES
publiée le
Vous devez être abonné
pour voir cette émission
animée par Manuel CERVERA-MARZAL

La présidentielle approche. La situation se décante. Les choses s’accélèrent : cette émission a été préparée et enregistrée au moment où Jean-Luc Mélenchon officialisait sa candidature. 24h plus tard, il avait obtenu ses 150 000 parrainages citoyens. 48h plus tard, la France insoumise s’adressait aux écologistes afin de constituer une « nouvelle alliance populaire » aux prochaines élections (sénatoriales, présidentielles et législatives). Il est trop tôt pour connaître le sort réservé à cette proposition. Mais nous pouvons dès maintenant faire le point sur la situation des Ecologistes. C’est l’objet de cette émission.

Au cours de la dernière décennie, le parti au Tournesol (EELV, rebaptisé Les Ecologistes en 2023) a souvent servi de succursale du macronisme (par ordre chronologique, on peut citer les principaux transfuges : Nicolas Hulot, François de Rugy, Barbara Pompili, Pascal Canfin…). Récemment, il a aussi permis à des macronistes en fin de cycle – comme Aurélien Taché et Cédric Villani – de se racheter une intégrité. Cette porosité avec la macronie se ressent également au niveau électoral. Le vote écolo est un vote de classe. Les données compilées, entre autres, par Julia Cagé et Thomas Piketty, sont limpides : plus on grimpe dans la hiérarchie des revenus, plus la propension à voter pour les Ecologistes augmente. En 2024, interrogée par L’humanité sur le dépassement du capitalisme, Marine Tondelier avait botté en touche. « Faudra m’expliquer ce que l’on fait à la place ». Tout cela fait système.

Mais l’écologie ne se réduit pas au parti qui en a fait son emblème. Elle ne se réduit pas non plus à l’arène électorale. L’écologie est un champ de bataille. Sa vivacité lui vient des nombreuses luttes qui se mènent aujourd’hui : contre les méga-bassines, contre les pesticides, contre les grands projets inutiles et imposés, contre les guerres impérialistes. Elle est dans la rue et les champs au moins autant que dans les urnes. Elle se déploie aussi au niveau des idées, du travail théorique qui accompagne logiquement l’action militante. En témoignent les nombreuses réflexions portées par l’écoféminisme et par l’écologie décoloniale.

Pour discuter de tout cela, je reçois aujourd’hui Jérôme Gleizes, économiste, militant de longue date des Ecologistes, mais récemment exclu après qu’il a critiqué la direction de son parti pour avoir tourné le dos au programme du Nouveau Front Populaire. Avec plusieurs centaines de camarades déplorant les évolutions récentes des Ecologistes – notamment sur le rapport au PS, et sur la guerre – ils ont fondé un mouvement, les Verts populaires, qui entend renouer avec la radicalité des origines. Et peut-être la radicalité du futur ?

Bon visionnage ! 

Manuel CERVERA-MARZAL

Pour prolonger

Durée 74 min.

2 réponses à “Verts, la rupture”

  1. Nehemiah

    Est-ce que quelqu’un a vraiment compris les positions de M. Gleizes ? Parce que personnellement, je trouve que quand il a fini une réponse, on a souvent oublié la question…
    J’ai quand-même compris qu’il veut être un trait d’union entre le PS et les Insoumis…
    Il me semble aussi avoir compris qu’il critique l’écologie insoumise comme incohérente du point de vue du découplage entre croissance (keynesienne) et impact écologique. Or j’ai lu que c’est l’objet même de la règle verte selon laquelle « on ne prend pas à la nature plus qu’elle ne peut reconstituer en une année » ! Les insoumis veulent même constitutionnaliser cette règle…

  2. Gerard Lebrun

    Le maitre mot de M Gleizes : « c’est complexe ».
    Toutefois, il s’exprime encore en prenant appuis sur le sigle EELV. Çà se comprend, il y a passé quelques années avant. L’ajout à l’entretien de la question de l’Ukraine/Russie est intéressant du point de vue de Hors-série comme sujet de discussions à venir avec LFI. …?
    Pour faire un peu d’humour : les PS avaient par le passé les rad-soc’s avec leurs élus cassoulets qui se réunissaient dans une cabine téléphonique. LFI a bien besoin de trouver des partenaires CPIS (Cadres Professions intellectuelles supérieures) capables de l’exprimer dans les média’s dominants et de leur offrir des positions éligibles aux législatives.
    La création des Verts Populaires doit être un vrai dilemme pour Ruffin, mais aussi pour Autain, Corbière, Simonnet, Garrido. En fait, « L’Après »/Regards, aurait du être le point de chute naturel à la gauche de EELV, mais à part de vouloir organiser une primaire, leur programme a du sembler un peu court à M Gleizes, si l’on écoute un peu son discours et ses centres d’intérêt. Toutefois, … après avoir vu les conférences de l’Institut La Boétie avec Stéphane Peu et Cyrielle Chatelain, il y a des choses qui bougent plutôt pas mal dans le paysage depuis les municipales.

Laisser un commentaire

Fermer X