Le son de la révolte

avec Christophe YLLA-SOMERS
publiée le
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animée par Pierre TENNE

Une histoire politique de musique noire américaine

Christophe Ylla-Somers est l’auteur d’une copieuse histoire politique des musiques africaines américaines, depuis leurs origines jusqu’à nos jours. L’occasion pour « Diagonale Sonore » de refaire le fil de cette histoire – ou plutôt de ces innombrables histoires – dans un dialogue qui ne pouvait se limiter au format d’une seule émission. Ce seront donc deux émissions consécutives qui seront consacrées au livre et à son formidable sujet !

Avant d’aborder pour la seconde partie de cet entretien l’histoire plus récente de ces musiques, depuis les années 1950, nous nous concentrons tout d’abord sur les premiers siècles de ce creuset musical et de ses origines transatlantiques. En revenant à la traite atlantique des Africains déporté par les négriers européens, quels liens sont attestés entre les musiques africaines et celles que jouent les Africains Américains par la suite ? Cette histoire au long cours permet de dégager certains traits cohérents dans l’histoire postérieure des musiques qui découlent de cette histoire (gospel, work songs, blues, jazz, rhythm & blues) où l’on retrouve l’expression d’une dimension politique singulière : expression de l’oppression, subversion des mots et des sons pour dépasser la censure, affirmations communautaires, revendications politiques, qu’elles soient anti-esclavagistes, panafricaines ou même millénaristes.

Avec l’émergence de la musique enregistrée et de l’industrie musicale moderne, ces musiques dialoguent avec leurs éternelles récupérations. Christophe Ylla-Somers insiste sur l’importance qu’ont eu ces récupérations par l’industrie musicale, majoritairement blanche, dans l’histoire des musiques noires d’Amérique : l’oppression politique et sociale qu’ils et elles subissent oblige-t-elle ces artistes à toujours avoir un temps (musical, forcément) d’avance ? La musique n’est plus alors seulement moyen d’expression, mais moyen d’action d’une émancipation qu’elle réalise en acte – les premières vedettes noires sont aussi des figures libératrices, comme le rappelle Angela Davis pour Bessie Smith, Ma Rainey et Billie Holiday. Moyen d’une action qui est toujours à reconstruire, malgré l’abolition de l’esclavage, malgré les droits civiques, malgré l’élection d’un président noir à la tête du pays… Mais n’anticipons pas sur la suite : des musiques déportées d’Afrique avec les esclaves jusqu’à l’apparition du be-bop, voici la première partie du son de la révolte lu par « Diagonale Sonore ».

Pierre TENNE

Durée 95 min.

Une réponse à “Le son de la révolte”

  1. Anotyne Nouel

    Très intéressant.
    De manière générale, je trouve les extraits de films c’est super mais ça fait grave dissocier et je trouve dans le montage des émissions, après le discours reprend direct et c’est dur de suivre, genre s’il y avait un petit fade out ou un petit moment de pause entre les deux ça pourrait aider, sinon, j’ai envie de revenir en arrière à chaque fois car c’est vraiment des mondes très différents l’émission et les films.

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