Qu’est-ce que le marxisme occidental ?

avec Stathis KOUVÉLAKIS
publiée le
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animée par Galatée DE LARMINAT

Il y a un demi siècle, en 1976, Perry Anderson publiait un texte incontournable à plus d’un titre. D’abord, Sur le marxisme occidental proposait une synthèse des aventures de la théorie marxiste pendant le court XXème siècle. Il réussissait le tour de force de nous orienter avec une langue claire dans une tradition de pensée aux contours flous et à l’unité apparemment peu évidente. La fresque historique esquissée récapitulait les principales idées qui ont émergé à la suite des écrits de Marx et Engels et ce qu’il appelle la « tradition classique », incarnée par Rosa Luxemburg, Lénine, Trotsky, pour n’en citer que quelques uns.

Succédant à ces théoriciens et dirigeants politiques, les générations rassemblées sous l’appellation de « marxisme occidental » se situent historiquement après l’avènement de l’Union soviétique et géographiquement, en Europe centrale et occidentale. Parmi les innovations multiples relevées par l’auteur, on trouvait des résumés de l’hégémonie de Gramsci, de la théorie de l’idéologie chez Althusser ou de la pensée du groupe telle qu’elle est développée par Sartre. Ce texte avait le mérite de recéler d’importantes recommandations bibliographiques pour qui désire se plonger dans la théorie marxiste.

Mais ce texte a également fait date car il a adressé une critique sévère aux élaborations intellectuelles des marxistes occidentaux après la révolution russe. Pessimistes quant à l’avenir, reclus dans des considérations philosophiques radicalement éloignées de l’économie et de la stratégie politique, complaisant avec l’académisme bourgeois, ils se seraient coupés de toute pratique militante. Cela s’expliquerait par l’échec de l’exportation de la révolution bolchévique à l’Europe toute entière, le renforcement des social-démocraties et la montée des fascismes, Anderson allant jusqu’à écrire que « la marque cachée du marxisme occidental dans son ensemble est qu’il est un produit de la défaite ». Derrière la présentation d’une série de figures intellectuelles, il s’agissait pour l’auteur de prophétiser un funeste destin.

À l’occasion de sa reparution aux Éditions sociales, on revient avec Stathis Kouvélakis sur l’intérêt et les limites de ce texte polémique. Qu’est-il resté du marxisme après la révolution bolchévique et la bureaucratisation de l’Union soviétique ? Quelle place doit-on ménager à la théorie dans la lutte pour l’émancipation ? Le matérialisme historique dont le « marxisme occidental » serait le dernier avatar, s’est-il éteint ou bien a-t-il cédé la place à un « marxisme global » riche des luttes anti-coloniales ? Vous devinez la réponse…

Galatée DE LARMINAT

Durée 73 min.

3 réponses à “Qu’est-ce que le marxisme occidental ?”

  1. titou

    Superbe entretien : on a moins envie d’acheter le livre !Concernant les US , Sanders est un petit vieux sioniste qui vote les crédits de guerre à l’entité sioniste : comme progressiste , on repasseras Il n’a rien fait pour mettre la protection santé universelle. Jacobin est l’aile modérée du parti démocrate , pas de quoi amener un évolution progressiste.

  2. Gerard Lebrun

    Ce que je retiens, c’est la vision occidentalo-centrée de P Anderson qui était partielle et maintenant un peu datée.
    Sinon, l’entretien avec Galatée était très intéressant.
    Pourquoi, le Livre de Poche s’est mobilisé pour republier ce texte plutôt qu’un autre auteur ?

  3. Raphaël SCHNEIDER

    @Gerard Lebrun. Il y a un petit malentendu. Galatée parle de réédition « en poche » au début de l’émission mais il s’agit d’une réédition aux Éditions sociales au format poche.

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