Hors-Série
Arret sur Images
Me connecter
abonnez-vous


commentaire(s) publié(s) par Alexandra

29 commentaires postés

08/10/2016 - Aux Ressources - La fabrique scolaire de l'Histoire

@Papriko Il est normal que Raphaël « prenne la mouche », je ne sais pas bien si vous vous rendez compte de la façon dont vous vous adressez à lui et à toute l’équipe. Le problème ce ne sont pas tellement vos critiques que la façon dont vous les formulez, avec une condescendance phénoménale, donnant des leçons de journalisme et de réalisation aux un et aux autres. On dirait un proviseur d’école primaire qui rempli des bulletins trimestriels : « La petite Laura, apparemment très intimidée… », « une jeune journaliste peu expérimentée »… sérieusement, vous vous prenez pour qui ? Vous assenez vos leçons comme des vérités générales avec un aplomb extraordinaire : « ces plans intrusifs ne se pratiquent plus guère aujourd'hui et c'est une bonne chose car ils […] mettent mal à l'aise le spectateur ». Ah bon ? En ce qui me concerne, je ne me souviens pas d’un seul plan de HS qui m'ait mise mal à l’aise (ou que j’ai perçu comme « intrusif ») alors au lieu de parler pour « le spectateur », soyez sympa, parlez pour vous. Profitez-en aussi pour vous interrogez sur l’origine de votre malaise à la vue de quelques poils de nez (!) et sur la localisation de ce malaise – dans votre tête – au lieu de le mettre sur le compte d’une malveillance ou incompétence imaginaire du réalisateur.

Et cela c’est sans parler du fond. Le spectateur serait condamné à « subir » ce que le réalisateur lui propose ? Ah bon ? En ce qui me concerne, la pire des choses qui puisse m’arriver, en tant que spectatrice, c’est bien de subir. Et la meilleure chose qui puisse m’arriver, quand je suis face à une image, c’est de sentir la qualité de mon regard se modifier, se préciser, se déplacer ou s’élargir à son contact.

On ne pourrait plus « innover » en matière d’image et on serait condamné à choisir dans un « catalogue » de plans ? Mais quelle tristesse ! J’espère bien que des réalisateurs sont encore capables d’innover en matière d’image ! Et traitez-moi de « naïve » ou de « prétentieuse » si ça vous chante (je préfère ça à la vision mort-vivante que vous avez du monde des images). Je m’arrête là, j’ai été trop longue. Je comprends mieux pourquoi Judith a refusé de mettre une section « forum » sur HS et pourquoi elle a même hésité à mettre la partie "commentaires".

Pour ceux qui auront eu le courage d’aller jusqu’au bout de ce commentaire, une seule chose à retenir : regardez cette entretien si vous ne l’avez pas encore fait, Laurence de Cock est passionnante et Laura Raïm, toujours aussi fine et pertinente.

posté le 11/10/2016 à 23h09 ( modifié le 11/10/2016 à 23h32 )

08/10/2016 - Aux Ressources - La fabrique scolaire de l'Histoire

Un échange passionnant, très bien mené, je n'ai pas vu le temps passer.

posté le 09/10/2016 à 15h31

09/07/2016 - Aux Ressources - La face cachée du Comité invisible

Juste pour insister sur un point qui a été abordé pendant l'entretien : ne pas rabattre tout le cortège de tête sur les positions du comité invisible. Une partie du cortège de tête se reconnaît dans les textes du comité invisible, de lundimatin, etc., mais une partie aussi les désapprouve (dans le fond mais aussi dans la forme), s'en moque (en pointant le côté "aristocratique" qui est soulevé dans votre émission) ou ne les lit tout simplement pas. Il y a eu des oppositions très vives entre participants au cortège de tête proches de Tarnac (pour parler vite) et d'autres participants à ce cortège.

L'émergence de ce cortège, le fait qu'il ait gagné à chaque fois en ampleur au fil des mois (au point que le 14 juin, il a atteint une taille démesurément inédite) est, comme vous l'avez dit, vraiment l'une des nouveautés de ce mouvement. Le seul point commun à l'ensemble de ce cortège que l'on peut énoncer sans trop prendre de risque a été le refus de l'alignement sur les syndicats. Pour le reste, ça a été et ça restera un cortège très divers, très bigarré.

posté le 09/07/2016 à 23h27 ( modifié le 09/07/2016 à 23h35 )

02/07/2016 - Aux Sources - La sociologie en roue libre

@ Ali Naldy : je suis d'accord avec votre commentaire et j'ai la même "sensation d'un petit effet chiens de garde de l'Université".
Sans approuver tout ce qu'écrit et dit G. de Lagasnerie, je trouve beaucoup de ses analyses très précieuses.

posté le 07/07/2016 à 11h03 ( modifié le 07/07/2016 à 11h09 )

20/02/2016 - Dans Le Mythe - Cyborg

C'était excellent ! Merci beaucoup !

posté le 23/02/2016 à 15h00

19/12/2015 - En accès libre - La nature est un champ de bataille

Une excellente émission, merci beaucoup !

Et puisqu'il y est question de nature, j'en profite pour attirer votre attention sur les travaux de Pablo Servigne qui annoncent rien de moins que l'effondrement civilisationnel majeur vers lequel nous nous dirigeons à coup sûr. C'est à la fois difficile à écouter et en même temps très stimulant parce qu'une fois que le constat est fait que le monde tel que nous le connaissons est définitivement voué à disparaître, il est aussi question, malgré tout, de toutes les potentialités qui émergeront parmi les ruines et de la façon dont on peut s'en donner les moyens.

Je l'ai découvert sur Mediapart, ici : https://www.youtube.com/watch?v=1vWgLOB7nE0

Et j'en ai ensuite appris plus en regardant cette vidéo-là : https://www.youtube.com/watch?v=KxDBK0m3Sc0
Cette seconde vidéo est beaucoup plus longue, mais en vaut vraiment la peine.

Je suis surprise de n'entendre parler de son travail que maintenant, j'invite vraiment un maximum de monde à l'écouter et je précise que ses travaux sont tout à fait sérieux, très bien documentés (vous vous en rendrez compte par vous-même en le regardant). J'y pense beaucoup depuis que j'ai vu ces deux vidéos. Et, qui sait, peut-être pourrait-il être reçu sur Hors-Série pour que son travail soit discuté par l'une d'entre vous ?

Merci en tout cas à vous six, je suis ravie de continuer à suivre Hors-série en 2016 et je vous souhaite une très bonne continuation.

posté le 18/01/2016 à 21h23 ( modifié le 18/01/2016 à 21h28 )

19/09/2015 - En accès libre - Le salaire à vie

Un entretien essentiel, qui communique beaucoup d'énergie et d'outil pour penser et lutter. Mention spéciale pour le résolu "non, non et non" prononcé à 1 heure 19 et la comparaison des retraités et des femmes au foyer qui s'en suit. Merci à toute l'équipe de Hors-Série.

posté le 19/09/2015 à 21h38 ( modifié le 19/09/2015 à 21h40 )

25/07/2015 - Dans le Texte - La psychanalyse à l'épreuve de la post-modernité

Merci pour cette discussion très intéressante. Cet autre entretien (en 2 parties) avec M. Benasayag vaut également le détour :

http://www.article11.info/?Miguel-Benasayag-La-liberte-c-est#a_titre
http://www.article11.info/?Miguel-Benasayag-Emmerder-tous#a_titre

posté le 15/08/2015 à 21h00

30/05/2015 - Dans le Texte - Castoriadis, une vie

@Papriko
L'une des raisons pour lesquelles je n'ai pas renouvelé mon abonnement à @si cette année est la façon dont DS anime les émissions. Dirigiste, cassante et parfois carrément agressive (avec les invités et ceux qui animent l'émission avec lui). On dirait un juge d'instruction ou un directeur d'école. Ce genre de "traitements" sans prendre de gants ne se justifie, à mes yeux, que quand on interroge un Sarkozy, un Hollande, etc. Mais sinon, pour la plupart des invités, quand ils sont de mauvaise foi, se dérobent, sont cuistres, je m'en rends compte moi-même et je n'ai pas besoin que quelqu'un se charge de me souligner ça au bic rouge, et encore moins de le leur faire "payer" sur le plateau. Ils se décrédibilisent tout seul, c'est encore pire (et je n'ai pas de problème avec le tutoiement : si ça permet de s'épanouir dans la discussion, pourquoi pas ?).
Toute la question est de savoir ce que l'on attend d'un entretien et évidemment, nous n’attendons pas tous la même chose. Ce que j'y cherche, c'est de voir une pensée se déployer le mieux possible et aussi loin que possible, avec ses contradictions, ses limites, ses points aveugles. Et ces limites apparaissent, je trouve, encore mieux quand la discussion se déroule avec amicalité (on peut avoir de gros désaccords avec ses amis, à nouveau, je ne confonds pas le savoir-vivre avec le manque d'exigence), quand l’invité a la possibilité de parler sans qu’on l’interrompe ou qu’on l’accule.
Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas être franchement bienveillant ET franchement exigent. La plupart des fois, le pari est tenu sur HS, et personnellement, ça m’embêterait pas mal que les émissions se mettent à ressembler à ce que j'ai fini pas voir se répéter trop souvent sur @si depuis deux ans, c'est-à-dire un mélange de leçon d'écolier et d'acharnement hystérique.

posté le 05/06/2015 à 21h09 ( modifié le 05/06/2015 à 21h15 )

30/05/2015 - Dans le Texte - Castoriadis, une vie

@gynko : dans mon souvenir, ce n'était pas une émission "hors-série" mais la vidéo d'une rencontre Lordon-Hazan qui s'est tenue au "Lieu-dit", que HS avait filmée et comptait mettre sur son site. C'est dommage qu'elle n'y soit pas, indeed... et, vous feriez bien d'aller regarder ici :
https://soundcloud.com/cathy-hope/20141127-hazan-et-lordon-au-lieu-dit?in=contrefeu_0000001/sets/fr-d-ric-lordon

posté le 02/06/2015 à 20h21

09/05/2015 - Diagonale Sonore - C'est quoi la musique ?

Excellente émission, une vitalité au travail, qui cherche à se renouveler, à tout déplacer, tout en restant très accessible : « trouver des formes pour jouer avec n’importe quoi », jouer une musique corporelle et spatiale, jouer de la lumière, avec des choses qui ont « la même dignité, la même valeur, mais des qualités différentes », etc. Très inspirant. Les extraits donnent envie d’aller voir et entendre tout ça de plus près.

posté le 13/05/2015 à 09h38 ( modifié le 13/05/2015 à 09h45 )

20/02/2015 - En accès libre - Les Sorcières

Merci pour cette émission qui m’a fait découvrir beaucoup de choses !

C’est un vrai plaisir de voir Pacôme Thiellement et de rire avec lui ! Son analyse sur l’attirance des sorcières pour le diable comme chemin de guerre et de connaissance est très intéressante. Il évoque rapidement la question de l’attraction des opposés, je ne sais pas s’il a dit ça comme ça, ou s’il y a des lectures spécifiques à l’origine de cette analyse. Très intéressant en tout cas.

L’opposition entre « science et raison » et « mythe » a traversé toute la discipline historique depuis le XIXe siècle et nous poursuit encore aujourd’hui. D’où les désaccords, durant l’émission et dans les commentaires, sur la question du sabbat, sur le fait de lire ou de ne pas lire Michelet, etc. Jacques Rancière a écrit un essai beau et lumineux intitulé Les Mots de l’histoire. Il y explique comment la discipline historique, depuis le XIXe siècle, s’est peu à peu construite en essayant de s’amputer d’une partie de son homonymie (un même mot pour deux choses : Histoire-science et histoire-fiction), à cause d’une triple peur de ce qu’il appelle les mots, le temps et la mort. Je vous laisse découvrir cet essai que je ne pourrais que très mal résumer. Il explique très bien en quoi l’histoire est bien plus qu’une question d’exactitude de faits ou de chiffres (et qu’elle se perd en croyant n'être que ça !). Il y a de longs développements sur Michelet, sur le fait que ce qu'on lui doit, c'est une écriture qui donne corps au passé (un historien ne produit pas que des contenus, vrais ou faux, il invente une poétique). On y lit aussi que le réel n’est pas complètement coextensif au vrai et qu’en d’autres termes, le mythe, c’est aussi du vrai qui nous parle depuis toujours et jusqu’à aujourd’hui (en dépit de tous les arguments d’autorité intimidants). « Dans le mythe » fait bien de travailler au cœur de l’homonymie de l’histoire dont nous parle Rancière, de jouer avec et de la maintenir.

posté le 24/02/2015 à 09h57 ( modifié le 24/02/2015 à 10h07 )

24/01/2015 - Aux Ressources - Contre l'université

Merci Laura, pour cet entretien très intéressant. Il secoue fort l’université et ça fait du bien. Vous n’imaginez pas à quel point tout ce qu’il critique, notamment le principe de la cumulativité, le partage disciplinaire ou (encore plus intouchable) le culte du terrain (au détriment de la formulation de problèmes), sont des principes qui sont devenus inattaquables à l’université, que les interroger fait de vous un pestiféré. Tant de recherches ne se font pas (ou pas aussi bien qu’elles l’auraient pu) parce qu’elles s’épuisent à correspondre à une orthodoxie formelle basée sur des principes qui, s’ils ne sont pas absurdes en eux-mêmes, sont devenus des armes de standardisation de la pensée qui assèchent toute créativité. Ça fait donc beaucoup de bien t’entendre tout ça (et de le lire : du coup, je suis allée voir ses livres, ce sont des lectures tout à fait stimulantes, et pas que sur l'université. Le livre qu'il a écrit sur le cours de Foucault sur la biopolitique m'a fait remettre en cause beaucoup de mes idées, je ne suis pas d'accord avec tout, mais il m'a beaucoup dérangée, dans le bon sens).

Mais si je trouve la critique radicale de Lagasnerie aussi salutaire qu’énergisante, elle a à mes yeux, les défauts de ses qualités. Il n’y a plus rien de bien qui a été écrit depuis quarante ans, nous dit-il, tout est nul, tout est mauvais (sauf Didier Eribon qui est repêché). Prenons juste 3 universitaires passés sur HS : sérieusement, Chantal Jaquet, Jacques Rancière ou Olivier Neveux, eux-aussi, c’est tout mauvais ? Ceux-là, et d’autres, valent la peine d’être lus et discutés (quitte à les critiquer franchement). Et aussi, quand vous lui posez une question et qu’il vous répond que c’est « l’évidence » (sympa pour vous… et aussi pour tous les abonnés qui se posaient la même question que vous). Jusqu’à ce qu’il se rende compte que votre question n’est pas si inutile, qu’elle lui permet de préciser des choses importantes...

Je suis d’accord avec l’idée selon laquelle il faut aujourd’hui redéfinir les frontières dans le champ de production de la pensée, et ne pas hésiter à être franchement offensif quand c’est nécessaire. Ce qui est dommage, c’est qu’il démolit aussi des trucs qui ne méritent pas de l’être. Il dit que l’université devrait protéger les pensées fragiles, c’est beau et important de dire ça. Mais je me demande si la violence de sa charge critique - nécessaire quand il faut critiquer la pensée dominante de Gauchet et à travers lui des rendez-vous de Blois -, ne contribue pas aussi, faute d’être désarmée au bon moment, à produire des effets d’intimidation et de disqualification là où il faudrait au contraire savoir être bienveillant pour laisser cette fameuse pensée fragile s’exprimer.

Merci en tout cas à Laura Raïm et à HS pour cet entretien très stimulant !

posté le 01/02/2015 à 23h03 ( modifié le 01/02/2015 à 23h28 )

27/12/2014 - En accès libre - Culture populaire, culture de masse

@Cyrilkenyatta

Je vous remercie pour votre réponse. Désolée du temps que j’ai mis à vous répondre moi-même, j’avais fini par penser que personne ne réagirait au commentaire :-)

J’ai lu l’article de Delfeil de Ton dans l’Obs, c’est courageux de sa part de ne pas se laisser intimider par la censure de l’émotionnel. Ca m’a donné envie de regarder le « Aux sources » que Maja a fait avec lui (sur le site d’@si pour ceux qui sont encore abonnés…). Dans les 15 dernières minutes, il dit ce qu’il pense de la façon dont Charlie Hebdo a mal tourné durant la période Val. Il y a un petit documentaire de Pierre Carles - « Charlie Hebdo se fait Hara-Kiri » (http://www.dailymotion.com/video/x6pkma_charlie-hebdo-se-fait-hara-kiri_news ) et une émission de « Là-bas si j’y suis » à partir du travail de Carles qui montre clairement ce qu’a politiquement entraîné la refondation de ce journal par Val (http://la-bas.org/professeur-choron )

Quant à l’article d’Abdennour Bidar, je vous avoue qu’il m’a gênée sur bien des points. J’ai l’impression qu’il reconduit ce que l’on pouvait déjà trouver sous la plume d’écrivains comme Abdelwahab Meddeb, c’est-à-dire l’idée que le monde musulman serait atteint d’une « maladie », qu’il serait sorti de l’histoire, qu’à cause de cette « pathologie », il serait voué à porter atteinte aux femmes, à la démocratie, aux libertés, etc. Ce que j’y vois, c’est de l’essentialisation (même s’il se réclame des « Lumières », de la philosophie… mais un peu comme de cautions je trouve). La naissance de l’Etat islamique a tout à voir avec le long pourrissement politique et social du Moyen-Orient au vingtième siècle (événements dont vous parlez dans votre commentaire), et, selon moi, rien à voir avec la religion. Sermonner le « monde musulman » comme un adolescent à problème qu’il faudrait mettre devant ses « responsabilités », c’est selon moi, essentialiser, culturaliser et psychiatriser un problème qui ne devrait pas sortir d’un cadre d’analyse strictement politique et historique, rétablissant « ce monde » dans ses temporalités et sa très grande diversité géographique. Même s’il écrit plus calmement et avec empathie, à mes yeux, son discours ne l’éloigne pas de ce qu’a pu dire A. Finkielkraut ou C. Fourest. C’est, en tout cas, la lecture que j’en ai faite... :-) C’est intéressant de voir qu’il a connu une si large diffusion et un écho globalement positif sur le net, merci beaucoup de me l’avoir fait connaître :-)

posté le 23/01/2015 à 13h32 ( modifié le 23/01/2015 à 13h38 )

27/12/2014 - En accès libre - Culture populaire, culture de masse

Comme cela a été rappelé dans l'entretien avec Maja, Pacôme Thiellement a écrit un essai (que je n'ai pas lu) sur la fin du Charlie Hebdo de l'époque Choron. Comme j'ai beaucoup aimé l'entretien, qu'il m'a fait découvrir P.T. que je ne connaissais pas, je me suis souvent demandée, depuis une semaine, ce qu'il aurait dit de tout ce qui arrive.

Il vient juste d'écrire un texte qui est asséné comme un coup de poing mais qui, selon moi, n'en est pas moins terriblement juste (et très culotté compte tenu de la difficulté qu'il y a à écrire en ce moment tout ce qu'il y écrit) :

"Nous sommes tous des hypocrites. Bienvenue dans un monde de plomb" : http://lmsi.net/Nous-sommes-tous-des-hypocrites

Je le poste ici en me disant que vous ne serez sans doute pas tous d'accord avec ce qu'il écrit, mais que ça devrait vous intéresser de le lire, et que malgré la gravité du sujet et la passion qui anime P.T. dans ce texte, la confrontation des idées se passe en générale bien sur HS :)

posté le 13/01/2015 à 06h27 ( modifié le 13/01/2015 à 06h51 )

10/01/2015 - Dans le Texte - La fiction et ses sortilèges

Excellente émission, qui me donne très envie de lire cette auteure que je ne connaissais pas. Votre enthousiasme pour son œuvre est communicatif.

J'ai beaucoup aimé la partie, à la fin, où vous évoquez la façon dont elle travaille, j'aurais presque eu envie d'en savoir plus, notamment au moment où elle dit qu'elle a fait des recherches préparatoires : quelles recherches ? comment ? elle dit très rapidement qu'elle a assisté à un colloque de psychanalystes, c'est donc des recherches pointues qu'elle a faites. Que fait-elle avec toutes ces données recueillies, comment sont-elles digérées, filtrées, évacuées ou pas, quelles traces laissent-elles, ou pas, dans le texte ?

Ce n'est, ceci dit, pas un reproche, je ne pense pas qu'un entretien doive répondre à toutes les questions, je trouve même pas mal qu'il nous frustre pour qu'on aille regarder l’œuvre nous même :)

De façon générale, savoir comment un auteur travaille, avec ou sans plan, avec ou sans recherches, quel a été le temps de l'écriture, etc. ça fait vraiment partie de choses pour lesquelles j'ai une très vive curiosité et sur lesquelles un entretien avec un écrivain gagne à s'attarder, y compris dans les dimensions les plus terre à terre de l'écriture (sur ordinateur ou en écrivant à la main ? en bibliothèque ou à la maison ? s'il est salarié à côté ou pas, etc.). Il n'en est pas souvent question dans les entretiens littéraires de format classique qui ne portent souvent surtout que sur l’œuvre finie et qui reconduisent parfois un peu le mythe de l’œuvre qui vient à l'auteur toute seule, juste comme ça, par inspiration (mot que Julia Deck n'aime pas). Je trouve bien de donner à voir la fabrique du texte, qui peut impliquer, comme on le voit ici, que l'on mette de côté trois mois de travail alors que parfois, une simple phrase rédigée a été durement conquise (mais sans, pour autant, s'en désoler, en considérant que ça fait partie du jeu).

Ce qu'on voit, c'est que l'écriture, c'est de la vitalité au travail, avec les jubilations et les crises que cela implique, c'est un peu ce que semble vivre les deux héroïnes d'ailleurs. ça fait du bien de voir cette vitalité au travail par les temps qui courent, et ça donne envie de lire ces deux livres.

Bref, merci à nouveau à toute l'équipe d'HS pour ce bel entretien !

posté le 10/01/2015 à 22h23 ( modifié le 10/01/2015 à 22h45 )

20/12/2014 - Aux Ressources - Travail sexuel et féminisme

Je ne peux que rebondir sur ce qu'écrit Françoise Moreau : une émission intéressante parce que dérangeante (sans être gratuitement provocatrice, faussement subversive ou misérabiliste).

Les dix minutes où Laura Raïm essaie de voir concrètement quels seraient les points qui permettraient de différencier la relation sexuelle dans un cadre conjugal de la relation tarifée sont assez vertigineuses, ça ouvre sur beaucoup de questionnements

ça vient sans doute de moi, mais je n'ai pas bien compris à quoi correspondait concrètement le fait de se déclarer officiellement "travailleuse du sexe" (je ne savais pas du tout que c'était possible en France, je l'ai appris ici, c'est d'ailleurs étrange que cette information ne soit pas plus connue) : c'est une catégorie fiscale, c'est ça ? Du coup, ces travailleuses paient l'impôt (cotisent pour la sécu et la retraite ?) mais sur une activité, qui à la base, n'est pas légale puisqu'il y a délit de racolage passif ? C'est ce hiatus je comprends moins.

L'intérêt de l'entretien réside à mes yeux moins dans le fait qu'on soit d'accord avec tout ce qui est dit, que dans le déplacement des évidences qu'il provoque.

posté le 22/12/2014 à 23h53 ( modifié le 23/12/2014 à 00h01 )

05/07/2014 - En accès libre - Le Maître ignorant

Je passe longtemps « après la bataille » (mais très jolie, la bataille !) par l’espace des commentaires de cette émission, je me permets de conseiller deux lectures :

- Julie Roux, " Inévitablement (après l’école) ", La Fabrique, 2007. La question a été posée, dans l’entretien, de la validité de la critique de Rancière appliquée à l'école d'aujourd’hui : non seulement cet essai répond par l’affirmative, mais il pousse la logique jusqu’au bout, et conclut à une nécessaire dissolution de l’institution scolaire, de la maternelle à l’université (rien que ça). Derrière « Julie Roux » il y a, si j’ai bien compris, un collectif (dont des enseignants) qui s’est appuyé sur Rancière. L'introduction du Tirage au sort à l'université est évoquée. Je n’ai jamais enseigné, mais en tant qu’élève puis étudiante, je m’y suis beaucoup retrouvée.

- Jacques Rancière, " Et tant pis pour les gens fatigués ", Editions Amsterdam, 2009, qui est un recueil de plusieurs décennies d’entretiens avec le philosophe. On y trouve beaucoup d’éclairages sur l’œuvre de Rancière et un bon complément à l'entretien mené par Judith.

Deux références que j’ai trouvées dans l’excellent essai d’Olivier Neveux avec qui Laura Raïm s’est entretenue dans Aux ressources. Je ne peux qu’encourager ceux qui n’ont pas vu cet entretien à aller le regarder et à lire ensuite l’essai de Neveux. La pensée de Rancière y trouve un champ d’application passionnant dans le théâtre politique. Nul besoin d’être spécialiste de ce domaine toutefois, c’est un essai qui n’est pas intimidant, ni dans le fond ni dans la forme, tout en proposant une pensée de l'émancipation très puissante, qui dépasse de loin la question du théâtre. Une des meilleures lectures que j’ai faite ces derniers temps, avec celle du "Maître ignorant" que j’ai aussi découvert ici. Merci HS !

posté le 22/12/2014 à 22h58 ( modifié le 23/12/2014 à 00h03 )

06/12/2014 - Dans Le Film - Le miroir obscur

Merci pour cette belle émission qui m'a fait découvrir beaucoup de films que je ne connaissais pas. C'est fascinant de voir ce personnage évoluer d'époque en époque, et en même temps, rester toujours le même. C'est aussi très agréable d'entendre quelqu'un qui aime autant ce sujet, en parler avec douceur. Les vampires sont naturellement fascinants, la façon calme et posée avec laquelle la discussion se déroule accompagne le déploiement du sujet sans en rajouter dans la fascination. J'ai aussi regardé Buffy étant ado ! C'est bien d'avoir pris la dimension culture populaire du sujet au sérieux. Bref, la thématique est vraiment inépuisable, un "Dans le mythe" sur la question des vampires qui poursuivrait le chemin ouvert par cette émission ne serait vraiment pas redondant. Merci, en tout cas, à Murielle et à toute l'équipe d'HS.

posté le 13/12/2014 à 22h33 ( modifié le 13/12/2014 à 23h32 )

15/11/2014 - En accès libre - Théâtre : du service public au self-service

Pour les plus curieux, je viens de trouver ces trois "morceaux-choisis" de 15 % (voir aussi les petits textes de présentation des vidéos):

http://creative.arte.tv/fr/labo/15-bruno-meyssat-theatres-du-shaman-morceaux-choisis-1
http://creative.arte.tv/fr/labo/15-bruno-meyssat-theatres-du-shaman-morceaux-choisis-2
http://creative.arte.tv/fr/labo/15-bruno-meyssat-theatres-du-shaman-morceaux-choisis-3

Du coup, je vois bien ce que Judith veut dire quand elle parle de non-problématisation du chaos, problématiser ne semble effectivement pas du tout avoir été la préoccupation de B. Meyssat. ça ressemble à une sorte de voyage halluciné au bout de l'aliénation. Personnellement, ça ne m'a pas du tout déplu (en même temps, je n'ai vu que ces 3 vidéos...), un peu comme une plongée dans le terrier du lapin d'Alice, dont on doit sortir comme on se réveille d'un rêve, avec des impressions aussi fortes que confuses. Je confesse une certaine attirance pour les terriers de lapin d'Alice, mais je vois bien aussi en quoi le voyage peut être refusé ! On ne trouvera aucune problématisation en se laissant tomber dans un terrier, on ne pourra rien mettre en perspective. En même temps, je vois aussi mieux en quoi O. Neveux fait l'éloge de cette pièce qui semble nous inviter à une sorte de non-contrôle (à rebrousse-poil de la pensée managériale dont nous sommes pollués). Toute la question est de savoir si ce non-contrôle produit un théâtre de la capacité comme le pense O. Neveux, ou s'il reconduit au contraire chez le spectateur le sentiment néolibéral de son impuissance comme le pense Judith... J'aurais tendance à penser qu'il nous faut les deux : des pièces du non-contrôle, et des pièces qui "embrochent" (quelle belle image !) le chaos avec de puissantes problématisations !

posté le 26/11/2014 à 22h44 ( modifié le 26/11/2014 à 23h40 )

22/11/2014 - Aux Sources - Les Nouveaux rouges-bruns

@yG
Je ne peux pas vous répondre sur tous les points parce qu’on n’en finira pas et que je ne veux pas imposer ma prose à tout le monde :

Je suis frappée par le langage policier que vous utilisez : interdit, non dialogue, censure, sanction, anathème, condamnation à mort. J’avais bien compris que votre usage du mot excommunication (et de tous les autres) était métaphorique, mais comme vous le dites vous-même, les mots ont un sens et les vôtres ressortissent très souvent du domaine de la police du sacrée. D’une forme d’inquisition en d’autres termes. Je suis convaincue qu’on n’a aucun intérêt à traiter de tous les groupes dont vous parlez – les homosexuels, les femmes, les juifs, les noirs, et autres – comme de questions sacrées, le mot étant entendu au sens étymologique et laïc du terme, c’est-à-dire comme des questions « intouchables », qu’on ne pourrait approcher qu’avec une certaine forme de crainte révérencieuse (et y compris quand ces groupes font l’objet d’attaques) avec châtiment métaphoriquement mortel à la clef en cas de franchissement de la "ligne rouge". Tout ce que je vois là-dedans, c'est une gestion des idées gênantes par la crainte et la force, et ça ne me convient pas. J’en dirais bien davantage là-dessus, mais vous en avez déjà parlé avec gynko et je me range à l’argumentation de ce dernier.

Quant à l’usage de etc. par JL Amselle, je ne pense pas qu’on puisse seulement l’expliquer par le malaise à parler devant une caméra (et que je serais la première à ressentir) : son argumentation est fautive sur bien des points (les accusations contre Chomsky, contre Lordon, la question de la souveraineté économique), et ça se reflète dans la forme, ça a déjà été souligné dans les commentaires, je ne m’y attarde pas.

J’insiste sur le fait qu’Amselle est un auteur très précieux, qui est allé à contre contre-courant d’une grande partie des présupposés de sa discipline (le primitivisme, la projection exotique, les entrepreneurs de l’identité), qu’il offre une pensée émancipatrice sur bien des points. Dire, par exemple, qu’un jeune né en France de parents maliens ne doit pas se voir assigné à telle ou telle identité – noire, malienne, française, géographique – qu’il est multiple comme nous tous et que les assignations à être ne sont rien d’autre que des violences qui lui sont imposées et qu'il doit refuser, c’est par exemple une des ces pensées émancipatrices dont nous pouvons lui être très reconnaissants.

posté le 23/11/2014 à 18h58 ( modifié le 23/11/2014 à 20h03 )

22/11/2014 - Aux Sources - Les Nouveaux rouges-bruns

"excommunier" yG ? On est donc dans l'ordre du sacré ? Je n'avais pas compris, je pensais qu'on était là pour utiliser notre raison qui permet déjà très bien de faire le tri entre le bon et le mauvais, le vrai et le faux, etc. (rien à voir avec le nivellement des valeurs donc). Et ce qui est génial avec la raison, c'est qu'on peut l'utiliser tout(e) seul(e), pas besoin d'un pape ! Ou de J.-L. Amselle qui, je suis d'accord avec Eeleria, est un excellent anthropologue (je conseille à ceux qui veulent avoir une très belle arme contre le culturalisme la lecture de son livre "Branchements"), mais qui aurait vraiment mieux fait de s'abstenir d'écrire ce livre. Le nombre incalculable de fois où il dit "etc." montre à lui seul son manque de rigueur. La candeur avec laquelle il dit être surpris que Libération ait accordé à son livre une critique est presque déconcertante : un édito dans Libé devrait l’alarmer sur le fait que son livre est complètement homogène avec ce qu'on entend partout dans les média. La première chose que font Guetta ou Cohen, les rares fois où ils invitent Sapir et Lordon sur France inter, c’est de confondre leurs positionnements avec ceux du FN pour les disqualifier (il ne faudrait quand même pas que les débiles assis de l'autre côté du poste aient de vraies outils intelectuels pour penser la crise qu'ils traversent, là encore, il faut que des petits papes de la bande FM "excommunient" les hérétiques)

posté le 23/11/2014 à 14h05 ( modifié le 23/11/2014 à 14h07 )

15/11/2014 - En accès libre - Théâtre : du service public au self-service

Merci Judith pour votre réponse ! Tout ce que vous dites est très clair, je vois mieux où vous voulez en venir maintenant, et je comprends bien la distinction que vous faites entre donner des solutions et problématiser le chaos. Maintenant, je n'ai plus d'autre choix que d'aller voir 15% (s'il est un jour rejoué) pour que je puisse voir de mes propres yeux l'objet de votre désaccord avec Olivier Neveux. Et merci pour l'info sur Mécanique instable, je viens de regarder un peu de quoi il s'agit, ça donne très envie d'y aller.

Je partage l'enthousiasme de cyrilkenyatta pour la façon dont les débats se déroulent ici (globalement courtoise, même si en effet, il y a des moments où c'est limite... comme si le désaccord ne pouvait pas s'exprimer sans agressivité). C'est la première fois que je fais la démarche de laisser des commentaires sur un site ou de simplement venir lire régulièrement les réactions des abonnés sur les entretiens, que j'ai l'impression que ça a du sens. C'est vrai que ça fait du bien !

posté le 20/11/2014 à 11h41

15/11/2014 - En accès libre - Théâtre : du service public au self-service

@ Judith et cyrilkenyatta

Je n’ai pas vu 15%, donc évidemment, tout ce que je vais écrire aura beaucoup moins de valeur que si je l’avais vu, mais je me lance quand même parce que ce débat est vraiment passionnant et que je pense qu'il dépasse la question de cette pièce.

Ce que j’ai compris de ce que dit O. Neveux à ce propos (j'espère ne pas faire de contre sens), c’est que le metteur en scène ne cherche justement pas à nous "aider" (nous spectateurs) vers " la transformation sociale " (sic cyrilkenyatta), qu'il mise sur notre expérience déjà-là, parce que nous sommes tous, d’une façon ou d’une autre, malmenés par cette époque. Je ne pense pas qu’il s’agisse d’acceptation (c’est un mot terrible, je suis bien d’accord avec vous cyrilkenyatta !) mais plutôt de partir du principe que plutôt que d'expliquer au spectateur ce qu’il sait déjà (que ça va mal, qu’il faut que ça change, etc.) il a voulu lui dire : "je te donne ma vision du monde tel qu’il est, mon but n’est pas de te donner une « clef » (sic Judith). On essaie déjà de t’en donner à droite et à gauche, et puis tu en as sans doute déjà en tête. Tout ce que je veux faire, c’est te parler de ma vision du temps présent ".

Finalement, quand ça va mal, et que vous parlez à un ami (ou qu’il vous parle de ce qui ne va pas), les conseils, c’est utile et important, mais est-ce que ce n’est pas déjà une marque de véritable amitié, de simplement écouter et être entendu sur ce qui ne va pas, avant de vouloir tout régler ? Est-ce que nous ne sommes pas aussi malades du fait que nous voulons « tout régler » absolument, impérativement ? Je sais que ça sonnera comme de la résignation, et pourtant ça n’en est pas. Nous avons bien raison de désirer tout régler, parce que notre présent n’est pas beau à voir, mais pour l’instant, c’est notre présent tel qu’il est. Et si nous voulons qu’il change, peut-être faut-il d’abord le regarder les yeux grands ouverts (et je suis d’accord, ça fait mal à voir). Rien ne nous interdit d’abandonner la lutte. Au contraire même, c’est peut-être là qu’elle commence. Il devrait y avoir de la place pour des œuvres qui pensent la lutte, et pour d’autre qui nous montrent les choses telles qu’elles sont : nous nous sentirions peut-être moins coupables (et donc mieux disposés à nous révolter) en nous rendant compte de l’ampleur du bourbier dans lequel nous sommes, et de la difficulté qu’il y a à s’en sortir.

Du coup, Judith, si vous n’avez pas aimé cette pièce, peut-être est-ce parce que vous avez cette attente de recevoir (en temps que spectatrice) ou de donner (en tant que dramaturge, enseignante, fondatrice de HS) des clefs ? Attente, je le répète, qui est parfaitement légitime, que je partage totalement ! Je me suis abonnée à HS justement pour trouver des clés, je suis ravie d’en recevoir de très belles chaque semaine ! Mais peut-être qu’il y a aussi la place pour des œuvres qui laissent le spectateur s’emparer lui-même des clés qu’il voudra bien y trouver (quitte à ce qu’il n’en trouve pas forcément, ou qu'il les jette à la figure du dramaturge, c’est le risque quand on refuse de se penser comme un guide) ? C’est un peu ce dont il était question lors du débat avec Rancière, non ? « L’instruction, comme la liberté, cela ne se donne pas, cela se prend » (dixit Jacotot de mémoire). On pourrait presque remplacer instruction par "insurrection"... Peut-être que Meyssat ne cherche pas à reconduire « chez les spectateurs le sentiment de leur impuissance », peut-être, Judith que c'est ce que vous y avez vu parce que, face à la noirceur du tableau qu'il vous a présenté, il y a quelque chose qui s'est révolté en vous (et c’est tant mieux !) et qui s'est dit "mais pourquoi il ne me propose pas de solution ?!". Alors que lui ne fait que vous dire « voilà le monde tel que je le vois, ce n’est pas très beau à voir, fais-en le constat avec moi, spectateur » (comme le "Hyppocrite lecteur - mon semblable - mon frère !" de Baudelaire). Ce qui ne signifie pas « résigne-toi » : peut-être que certains spectateurs ce sont dit : « enfin quelqu’un qui a vu à quel point le monde est étouffant, ouf, je me sens moins coupable d’être embourbé dans le présent, il y aussi quelqu’un qui voit l’ampleur du problème, ce n’est pas moi qui suis nul, c’est le monde qui ne tourne pas rond ». Est-ce que cette déculpabilisation (dont vous n'avez vraisemblablement pas besoin, mais qui est peut-être nécessaire à d'autre) n’est pas un préalable à l’émancipation ?

On peut voir 15% un soir et le lendemain, lire Friot qui nous explique ce que serait un monde libéré de la contrainte salariale, ou lire Lordon qui nous parlera de l’élargissement de notre angle alpha (je ne vous apprends rien…). Peut-être que vous pourriez recevoir Meyssat sur HS pour en parler ? Et peut-être (surtout !) que je devrais voir sa pièce au lieu d’en parler sans l’avoir vue !

Je m’arrête là, pardon pour cette looooongue tartine, et merci pour toutes les clés que nous donne HS !

posté le 19/11/2014 à 20h01 ( modifié le 19/11/2014 à 20h26 )

15/11/2014 - En accès libre - Théâtre : du service public au self-service

Merci pour cet entretien passionnant, vraiment. En particulier toute la partie qui concerne le théâtre qui veut "éveiller", "conscientiser", "produire un effet" sur le spectateur et qui, croyant être subversif, reproduit sans s'en rendre compte les logiques néolibérales. On pourrait élargir ces analyses à tellement de domaines. Par ailleurs, je trouve les entretiens justement filmés, même si j'ai du mal à dire pourquoi. Disons que c'est une caméra bienveillante qui, parce qu'elle est proche sans être intrusive ou impudique, traduit toute la communication non parlée des échanges et les rend aussi signifiants à entendre qu'à regarder.

posté le 17/11/2014 à 13h09

11/10/2014 - En accès libre - Les transclasses

Une émission passionnante ! Merci beaucoup Hors-Série, vraiment ! Je pense effectivement que ces questions de reproduction et de non-reproduction travaillent, parfois assez douloureusement, beaucoup d'entre nous.

C'est bien que vous l'ayez interrogée sur la polémique de la "parité" sur HS : je laisse les abonnés écouter sa réponse (j'étais de l'avis de Judith Bernard à ce propos, je trouve la réponse de Chantal Jaquet très juste).

Je ne sais pas s'il existe des travaux en sciences sociales sur la question plus particulière des amours trans-classes, évoquée dans l'émission ? Ce serait un objet d'étude difficile à saisir, mais comme cas d'étude produisant un effet de loupe sur les processus de déplacement et de non-déplacement social, ça doit être assez porteur... ça permet de penser la problématique du passage d'une classe à une autre à partir des deux points de vue de classe, et de voir que s'il y a perturbation, entrave et trouble dans le déplacement tel qu'il est vécu, il peut se trouver des deux côtés (terrain sur lequel Judith Bernard amène très justement Chantal Jaquet, c'est un bon moment de l'émission).

Serait-il possible de prévoir, après le petite présentation écrite de l'émission, une bibliographie de l'ensemble des ouvrages mentionnés ? J'ai remarqué que l'image des livres était insérée au montage, mais disons qu'il y a tellement de livres mentionnés, dont beaucoup sont tout à fait attirants, qu'on aimerait pouvoir y revenir ensuite et en retrouver les références sans passer l'émission en accéléré ?

Merci en tout cas à vous tous qui préparez ces émissions, je me suis régalée !

posté le 12/10/2014 à 09h56 ( modifié le 12/10/2014 à 09h58 )

27/09/2014 - Aux Sources - Pressions et expression

Complètement d'accord avec gynko et Grégory Makles

posté le 03/10/2014 à 10h59 ( modifié le 03/10/2014 à 11h37 )

27/09/2014 - Aux Sources - Pressions et expression

Merci beaucoup à Judith Bernard et Maja Neskovic pour cet entretien et surtout, merci à elles de tenir calmement face aux attaques, ça ne doit pas être facile. La chronique de Judith Bernard est parfaite, tout y est dit : bravo pour votre rigueur et votre sang-froid.

Je suis complètement d'accord avec gomine : le chantage à la désinscription tient de la sur-réaction agressive, c'est vraiment inquiétant. Les personnes qui pilotent chacune des émissions de HS ne sont pas là pour nous faire plaisir mais pour nous proposer ce qui leur semble être des points de vu différents et peu entendus ailleurs (elles disent d'ailleurs elles-mêmes qu'elles ne vont pas forcément être d'accord avec tout ce que leurs invités écrivent et disent, et c'est tant mieux). Si nous leurs donnons un peu d'argent, c'est pour nous donner à entendre ces points de vu, justement pour se permettre d'inviter des personnes dont le regard peut nous brusquer, nous déranger dans nos certitudes(et même surtout pour ça) sans avoir peur de se voir retirer des crédits publicitaires ou être carrément licenciées (comme c'est arrivé à ASI sur La Cinquième ou à "Là-bas si j'y suis" sur France Inter très récemment).

98 % de la presse, de la TV et de la radio nous servent déjà suffisamment une soupe insipide comme ça. Nous devons continuer à nous abonner à HS, même (et surtout) quand nous ne sommes pas totalement en accord avec ce que ce site nous propose. Et s'il y a désaccord profond, exprimons-nous, et parlons-en calmement plutôt que d'agiter des menaces de ce type. Soyons plus intelligents que ça, de grâce : c'est par la discussions qu'on fera avancer HS et surtout, que nous avancerons nous-mêmes (en d'autres termes, si nous sommes si dérangés par cet entretien d'HS, c'est peut-être aussi parce qu'il nous indique des abcès de fixation dont nous sommes victimes et dont nous ignorons l'existence, même s'il y a à prendre et à laisser chez Bricmont).

Je ne connais pas Bricmont, j'en ai entendu parler pour la première fois lorsqu'il y a eu la polémique à propos de l'émission de Taddeï, j'avais été frustrée parce que je n'avais même pas pu entendre ce qu'il avait à dire à ce moment-là, tout était noyé dans une agitation franchement hystérique. Et comme je n'aime pas qu'on me désigne un coupable sans que je me fasse moi-même une idée, j'étais vraiment très contente que HS ait pris l'initiative de l'inviter. Je me suis dit : voilà un site qui fait son travail, qui ne me prend ni pour un mouton, ni pour une idiote, c'est exactement ce que j'attendais.

Je ne suis pas d'accord avec tout ce que Bricmont a dit mais je trouve qu'il soulève de vrais questions concernant la loi Gayssot (et notamment le fait que c'est une loi qui fait beaucoup de publicité aux négationnistes, donc qui démultiplie leur force de frappe d'une façon inimaginable compte tenu de la toxicité de leurs propos). La distinction qu'il fait entre la liberté d'expression individuelle et la liberté d'expression institutionnelle me semble vraiment pertinente (il est effectivement intéressant de constater qu'on s'agite beaucoup pour faire taire Soral ou Dieudonné mais qu'on ne fait presque rien pour arrêter le flux continu de publicités que l’État lui-même nous impose partout : et ça aussi, c'est du toxique dont on pourrait bien se passer).

Quant aux critiques qui attaquent Maja Neskovic sur le peu de préparation, là aussi, c'est vraiment désagréable à lire. Tout d'abord, c'est totalement faux, et ça se voit lors de l'émission. Elle a lu son livre, la bio de Bricmont, fait référence au docu de Mermet, a mis des archives vidéo, renvoie aux cahiers de l'Herne, etc. Et puis surtout, je crois que ceux qui font ce type de critiques veulent une journaliste qui soit une espèce de gourou fortiche et omniscient, qui fasse la part du bien et du mal, un Didier Bourdin qui bloque son interlocuteur avec des questions pièges, l'interrompt tout le temps et considère que l'abonné a besoin qu'on lui "explique" les choses en lui coupant les idées, petits bouts par petits bouts (comme le fait trop souvent Daniel Schneidermann sur @si). Je n'ai pas besoin et je n'ai pas envie que le journaliste me pré-mâche tout, et ça en choquera peut-être certain, mais s'il apparaît pendant l'entretien qu'il ignore tel ou tel point, ce n'est pas grave s'il le reconnaît lui-même, il ne peut pas prévoir à l'avance tout ce que l'entretien va réserver. Tout ce que je veux, c'est que le journaliste soit intellectuellement honnête et sache quand même de quoi il parle. Je peux aller moi-même combler les trous ensuite et venir en reparler ici si je le juge nécessaire. Le journaliste est là pour encadrer l'émission, faire émerger des problèmes et de la contradiction, pas pour la verrouiller, prêcher la bonne parole et surtout pas pour me désigner qui je dois écouter et quels invités sont à bannir.

C'est pour toutes ces raisons que je trouve quelques-unes des critiques précédentes et surtout celle de Daniel Schneidermann sur @si très gênantes (pour lui et pour eux) et très inquiétantes : c'est de la sur-réaction beaucoup trop agressive pour qu'elle soit très saine et simplement motivée par un désaccord intellectuel ou éthique. Si ceux qui s'opposent à Bricmont et au choix qu'a fait HS en l'invitant étaient plus calmes, plus surs de leur jugement, ils le diraient et argumenteraient, tout simplement, sans réagir avec tant d'agressivité.

Je suis désolée, j'aurais pu être plus concise.

Merci encore à Maja Neskovic et Judith Bernard, et surtout, continuez comme vous le faites, toute cette agitation montre peut-être que vous ciblez bien les bons problèmes... là où ça fait mal, pour parler simplement... même si c'est parfois dur de penser hors du cadre dans une société qui le tolère de moins en moins parce que ça fait trop longtemps qu'elle en a perdu l'habitude (et je m'inclus bien sûr moi-même dans le lot).

posté le 02/10/2014 à 14h57 ( modifié le 02/10/2014 à 15h26 )

26/07/2014 - Dans Le Film - Qui veut la peau du naturalisme ?

Je trouve beaucoup des critiques qui précèdent très exagérées. Je remercie Murielle Joudet pour son travail. Je me suis fait une nouvelle idée de Desplechin dont je n'avais pas une bonne opinion, et j'ai maintenant moins l'impression d'être une extra-terrestre, moi qui, contrairement à bien des gens, n'ai aimé aucun des films de Kechiche.

En ce qui concerne la façon dont l'émission est présentée, je n'ai aucun mal à la suivre et je trouve au contraire que cela change agréablement des présentatrices habituelles, souvent beaucoup trop sures d'elles-mêmes et qui semblent parler de sujets qu'elles ne maîtrisent pas. Murielle Joudet semble passionnée par ce qu'elle fait, c'est communicatif et c'est tout ce qui compte. Tant mieux si l'entretien prend des détours et s'attarde sur tous les aspects. Je ne viens pas sur Hors-Série pour être assommée de certitudes, mais pour écouter de vrais échanges, c'est-à-dire des discussions qui, forcément, ne sont pas toujours assurées ou linéaires, où le doute et l'hésitation ont leur place.

Je ne suis en générale pas très portée sur les commentaires, mais là je me suis forcée, quand j'ai lu une partie de ceux qui précèdent. Le travail qui est fait sur Hors-Série n'est fait presque nulle par ailleurs, j'en suis reconnaissante à toute cette équipe et trouve cela à la fois vain et peu constructif de ne faire presque rien d'autre que des critiques sur la forme (et toujours les mêmes critiques, à un moment, il faut savoir changer de disque). Ce n'est pas inutile, bien sûr, mais là n'est pas l'essentiel : c'est le contenu de l'échange qui compte et en ce qui me concerne, je le trouve de très bonne qualité.

PS1 : je ne suis ni l'amie, ni la sœur, ni la mère de la présentatrice.
PS2 : je suis sure que je ne suis pas la seule de cet avis, les abonnés satisfaits ont, en général, moins tendance à s'exprimer que ceux qui le sont moins.

posté le 06/08/2014 à 20h36 ( modifié le 06/08/2014 à 20h39 )