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commentaire(s) publié(s) par Charles

5 commentaires postés

13/03/2021 - Dans le Texte - Guerres anti-terroristes : la violence libérale en actes

Entretien très intéressant et ce d'autant plus que Mathias Delori offre une certaine résistance aux analyse de Judith, ce qui donne une dynamique et une complexité fructueuses. Toutefois, je n'arrive pas vraiment à cerner le point de vue de Delori qui, bien qu'il oppose des arguments ou des nuances intéressantes à Judith, donne parfois le sentiment s'arrêter au seuil de son analyse et de ne pas assumer tout à fait les conséquences politiques de son livre tel qu'exposé ici. A un moment, il lâche qu'il est plutôt libéral, bien qu'il ne précise pas à ce moment-là quelle signification précise il donne à ce terme, peut expliquer pourquoi il a envisagé aussi facilement de conduire des entretiens avec l'"ennemi" (cf une des premières questions de Judith).

posté le 15/03/2021 à 10h42

31/10/2020 - Dans Le Film - Jim Carrey, l'Amérique démasquée

Génie est un peu excessif tout de même. Le problème de Carrey c'est qu'il a tendance à jouer tout de seul, car comme vous le suggérez il n'a besoin de l'autre que comme d'un pur spectateur qui représente la normalité choquée par ses pitreries. Ses partenaires en sont donc réduits à arborer une mine consternée pendant qu'il fait le clown. Cela donne parfois un jeu en roue libre, qui cannibalise l'écran, en surchauffe permanente, comme dans les Ace Ventura, Menteur menteur ou Disjoncté où il n'est que grimaces et ne peut sortir une réplique normalement. Je le préfère dans des rôles plus écrits où il doit jouer quelque chose comme un être humain, par exemple Fous d'Irène, où sa bizarrerie est d'autant plus inquiétante qu'elle côtoie, dans le même corps, une certaine normalité.

posté le 01/11/2020 à 11h35

28/09/2019 - Dans Le Film - The Yards de James Gray

Toujours un plaisir d'écouter le brillant Jérôme Momcilovic, même s'il ne m'a cette fois pas convaincu sur James Gray, cinéaste très surestimé par la critique française.
J'aurais d'ailleurs aimé qu'on revienne un instant sur la différence de réception critique entre la France et les Etats-Unis. Notamment s'agissant de la Nuit nous appartient, film descendu par la critique américaine car trop macho, sans réel personnage féminin, avec des punchlines de cow-boys (un peu le même genre de reproches, toutes proportions gardées, qu'on fait chez nous à un mec comme Olivier Marchal). Momcilovic l'a dit à plusieurs reprises, c'est quand même du cinéma de petit garçon...Pour The yards, la presse outre-atlantique a aussi pointé du doigt, outre les qualités évidentes de photographie et de direction d'acteurs, l'aspect un peu morne et terne du film, qui me frappe en revoyant les extraits dans cette émission. La comparaison avec la scène du Parrain est d'ailleurs très cruelle pour Gray.
Je trouve pour le moins excessif de parler de lutte des classes dans la filmo de Gray, qui est nulle part me semble-t-il ou alors dans un sens restreint, et appauvri, de vague déterminisme social. Le travail de la bourgeoisie à maintenir sa position de domination aux dépens de la classe ouvrière (c'est ça, la lutte des classes), on ne le voit nulle part chez lui. Alors oui, il y a bien quelques scènes dans Two Lovers, un peu pataudes quand même, pour montrer qu'il existe des classes sociales aux US, mais ça ne va quand même pas très loin (ce que Momcilovic appelle avec une belle indulgence la "subtilité de James Gray"), c'est comme souvent chez lui très scolaire et peu original - les bourgeois écoutent de l'opéra, pas les prolos.
Enfin, il est étonnant, à mon sens, de qualifier de grand cinéaste un réalisateur qui n'a que 7 films au compteur et dont on est d'accord pour dire que les 3 derniers sont décevants...

posté le 29/09/2019 à 10h51

06/07/2019 - Aux Ressources - Histoire de ta bêtise

@Matine_Doyen 1 : je pense que vous faites erreur sur la position de Begaudeau. Il ne dit pas que le surréalistes et les tenants du kitsch sont d'horribles bourgeois. Il évoque le rejet du naturalisme par une partie de la critique française aujourd'hui, en 2019, et ce que ce rejet peut signifier. Et il le fait à partir d'exemples précis comme la Vie d''Adèle ou La loi du marché - je n'ai pas du tout l'impression que Kechiche se donne bonne conscience avec son film, ni Brizé.
Et je ne pense pas qu'on puisse dire Kechiche soit davantage un bourgeois que Pasolini ne le fut, d'un point de vue strictement économique. Et enfin je pense que la sociologie des spectateurs des films de Pasolini et des Dardenne est la même - les films d'auteur sont vus principalement par des bourgeois, rarement par des prolos.
François Begaudeau a écrit de longs et puissants textes dans la revue Transfuge sur cette question, je vous y invite à vous y reporter plus que vous arc-bouter sur ce passage de l'émission.

posté le 07/07/2019 à 10h02

09/12/2017 - Aux Ressources - Cinéma : un homme est un homme

Il est frappant qu'en 1h30 d'entretien Mme Sellier se soit rendue incapable d'aborder un seul film sous l'angle de sa mise en scène. Car pour cette dame seul compte le discours, conscient ou inconscient de l'oeuvre.
Cette absence totale d'intérêt, voire ce mépris, pour la mise en scène explique comment elle peut sortir des énormités comme "la critique cinéphilique se comporte comme des passeurs, adorateurs d'un culte, se révélant incapable de critiquer le cinéma d'auteur contemporain". C'est parce que les Cahiers du cinéma, Positif, Les inrocks et d'autres s'échinent à parler de plans, de mouvements de caméra, de scènes et non à interpréter chaque personnage comme le représentant d'un groupe, qu'ils ne trouvent pas grâce aux yeux de Mme Sellier. Quiconque est un peu familier de ces revues sait qu'elles sont traversées par de nombreux débats et controverses, quant à la qualité et l'importance des films d'auteurs contemporain (cf The square, les films de Michel Franco ou d'Haneke), bref qu'il n'existe aucune doxa en la matière, même s'il peut exister de temps à autre une certaine unanimité autour d'une oeuvre (cf 120 BPM). Naturellement, Mme Sellier, empêtrée dans son appréciation militante des films - une oeuvre n'est intéressante que si son discours est progressiste - ne veut pas voir ça et se pose pour cela en quasi-victime d'un cinéphiliquement correct réclamant le droit de critiquer des longs-métrages encensés par la presse, comme si on le lui interdisait. Je passe sur son "analyse" du dernier Desplechin, parfaitement ridicule et en même temps assez révélatrice, son incompréhension du caractère comique et grotesque de la scène disant bien toute la limite de son mode d'appréciation des films.
Le meilleur moment de cet entretien reste quand même la (deuxième) conclusion, où on lui demande quelques précisions sur ses grossières généralités (sur la critique française considère comme suspect tout film français ayant du succès - ce qui est idiot puisque celle-ci donne son avis avant la sortie et donc avant de savoir si le succès sera au rendez-vous ou pas) et qu'elle est obligée de botter en touche sur les "films de milieu" se rendant compte de la fausseté de son affirmation.

posté le 12/12/2017 à 23h48