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commentaire(s) publié(s) par Thibault Daquin

3 commentaires postés

17/10/2015 - En accès libre - Imperium

J'ai eu envie de hurler tout le long: "L'institution imaginaire de la société"! De Castoriadis. Lordon l'a-t-il lu sans en parler (ce qui serait malhonnête) ou bien ne sait il pas qu'un économiste philosophe a déjà bossé sur son sujet? Je ne sais pas ce qui est le plus grave...

C'est d'autant plus énervant que Castoriadis est allé bien plus loin que lui sur cette question et cela en 1975...

Lordon refuse-t-il de parler des travaux de Castoriadis parce qu'il a très sévèrement critiqué les prétentions du structuralisme et du marxisme (sans être pour autant individualiste).

J'aime beaucoup Frédéric Lordon, mais là je me sens un peu frustré que ça ne décolle pas.

Vous qui avez rencontré François Dosse qui a travaillé sur Castoriadis, n'avez vous pas vu la similitude de la démarche (en inférieure d'après moi)?

posté le 18/10/2015 à 15h56 ( modifié le 18/10/2015 à 16h10 )

27/06/2015 - Dans le Texte - L'Humanitude au pouvoir

@ HBK : Je pense justement que le propos de Jacques Testard est que les jurys délibératifs produisent des résultats plus justes et éclairés qu'on ne l'attendrait. Et que donc cet effet yoyo serait rare.

Mais cela reste vrai que la démocratie est un systeme qui peut se tromper lourdement, c'est pour cela qu'a été inventé la tragédie grecque pour rappeler l'existence de l'hubris qui est toujours un horizon possible.

Ce qu'il faut, c'est éduquer les citoyens afin qu'ils soient capable d'auto-limitation. Et quoi de mieux pour apprendre que de pratiquer la délibération.

Il est regrettable que Castoriadis soit mort, car j'aurais aimé qu'il soit interviewé par Judith Bernard.

@ Papriko : Oui, effectivement on peut voir ce côté. Cela dit, il me semble que c'est exagéré de dire que les jury d'assise sont un colifichet sans importance car au moins symboliquement cela représente la capacité du peuple à prendre des décisions éclairées. Ensuite, effectivement si le héros n'avait pas été là, effectivement le garçon aurait été envoyé à la chaise électrique, mais encore une fois, l'hubris est possible en démocratie. Mais plus encore, je pense qu'on peut faire le parallèle avec nos sociétés dans lesquelles les individus soucieux de bien faire leur travail sont des anomalies puisque en dehors des valeurs promues par le système (l'enrichissement personnelle, la jouissance immédiate et illimitée). La plupart des jurés veulent en finir vite car ils n'en ont pas grand chose à faire de ce garçon. Dans une démocratie, c'est toujours possible, mais plus il est considéré comme odieux de mal faire son travail de citoyen et plus ce genre d'attitude me semble difficile à tenir. Cela dit je ne pense pas que le propos du film aille si loin.

Par contre, la phrase du film "ils ne sont pas plus bêtes que d'autres" semble indiquer qu'il n'y a aucun mépris pour ces gens. Et si certains n'avaient pas été là pour y aller de leurs impressions sur les témoignages, peut être que les doutes du protagoniste auraient été balayés.

Et puis qu'est ce que le danger du tirage au sort? Est il plus grand que celui de laisser une seule personne décider? Cela dit je suis d'accord qu'il devrait y avoir un recours possible. Il est toujours intéressant de réfléchir aux dérives possibles.

posté le 01/07/2015 à 23h50

27/06/2015 - Dans le Texte - L'Humanitude au pouvoir

J'ai regardé le film 12 angry men (excellent d'ailleurs, merci pour la découverte!).

Je pense en fait que ce film est un plaidoyer en faveur de l'intelligence collective et non en faveur d'un héros qui viendrait sauver les autres de leurs imbécilités. En réalité ce film fait remarquer qu'il suffit d'un homme qui ne soit pas d'accord avec les autres pour que puisse commencer un véritable débat.

Le héros ne sait pas vraiment si le gamin est coupable ou pas, il veut juste en discuter. Et tout au long du film, il ne parvient à convaincre les autres que grâce à l'intelligence de chacun, soit grâce à l'intelligence collective. Ce n'est pas le héros qui résout tous les problèmes, parfois c'est une remarque d'un des autres hommes (notamment un homme qui semble à priori un peu stupide).

Ce film démontre qu'à partir du moment où il y a délibération et non simplement vote, l'intelligence collective se met en marche.

Les foules peuvent être dangereuses quand on leur demande de décider sans réfléchir. Il n'y a pas d'intelligence collective à additionner les décisions de chacun, mais bien quand chaque intelligence se confronte à celle des autres.

Ainsi, chaque personne dans le film qui se retrouve à court d'arguments se voit discréditer, et face au jugement des autres parvient suite à de nombreux retournement à changer d'avis, ce qui aurait été impossible s'ils n'avaient été confrontés à la délibération.

Le personnage principal est bien un héros sur un point cependant. Il est celui qui oblige les autres à délibérer et non simplement voter. Mais encore une fois, il s'agit plus de montrer qu'il suffit d'une personne que de dire que les autres sont des imbéciles. A un moment du film, le personnage principal le dit "Ils ne sont pas plus bêtes que d'autres".


Ensuite, réponse à HBK:

Aucune décision politique ne peut être infaillible, c'est justement l'erreur de notre société qui consiste à croire qu'il existe une science de la politique qui pourrait être posée une bonne fois pur toute et que donc la raison politique serait de désigner nos chefs parmi ceux qui seraient le plus scientifiquement efficaces.

Il faut justement assumer cette faillibilité pour être capable de revenir sur une erreur.

posté le 01/07/2015 à 13h07