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commentaire(s) publié(s) par David

5 commentaires postés

06/06/2015 - Aux Sources - Une question de taille

Maja et son invité ont beau s'en défendre, on a l'impression d'entendre en sourdine la caricature de Cabrel dans les Guignols chantant "C'était mieux avant..."

posté le 07/06/2015 à 15h25

25/04/2015 - En accès libre - La classe de l'écrivain

Il y a beaucoup de choses intéressantes dans cet entretien, en particulier vers la fin de l'enregistrement lorsque Bergounioux parle de son histoire personnelle et de son rapport à la littérature, mais j'avoue avoir été agacé à de nombreuses reprises par des approximations et des affirmations catégoriques pas vraiment étayées.

Je livre en vrac les passages qui m'ont fait tiquer :

- lorsque Bergounioux attribue l'invention de l'alphabet aux Grecs alors que ces derniers n'ont fait qu'emprunter les signes utilisés par les Phéniciens en les adaptant à leur propre langue et en notant les voyelles ce que les Phéniciens qui parlaient une langue gutturale et consonantique ne faisaient pas.

- lorsqu'il affirme que la littérature, notamment celle du Moyen-âge, était une littérature de dominants. Qu'en est-il alors des fabliaux et du Roman de Renart qui témoignent d'une connaissance assez précise du monde rural et de l'univers des paysans et des artisans et qui sont pour le moins critiques à l'égard des classes dominantes ? De la même façon, taxer la littérature du Moyen-âge de naïveté me semble pour le coup assez naïf. Que la chanson de Roland le soit, je ne chercherai pas à le contester, mais Chrétien de Troyes ? mais Adam de la Halle ? mais François Villon ?

- lorsqu'il affirme que Corneille et Racine ont été surévalués en tant qu'auteurs et qu'ils ne demeurent dans les mémoires qu'en vertu de leur statut d'écrivains classiques. J'ai une amie, plus jeune que moi (j'ai 38 ans pour info), que les pièces de Corneille émeuvent aux larmes et je me souviens aussi de ma nièce qui, en 4ème, demandait pour son anniversaire les tragédies de Racine, non pas parce que c'était au programme (plus aucun prof n'étudie Racine en 4ème), mais parce que ça lui plaisait.

- lorsqu'il affirme que le nombre des philosophes français se limite à quatre noms. Pourquoi ceux-là ? Montaigne et Descartes, soit, mais je me souviens que notre professeur de philosophie de khâgne considérait que Pascal n'était pas un philosophe pour la simple et bonne raison qu'il passe son temps à déprécier la Raison. Quant à Rousseau, n'importe quel article de Wikipédia vous dira qu'il était Genevois, ce qui n'est pas tout à fait la même chose qu'être Français. Et sinon sur quel motif supprimer de cette liste Auguste Comte, Bergson, Merleau-Ponty, Sartre et bien d'autres que j'oublie ?

- lorsqu'il fait de Flaubert, qu'on qualifierait sans doute aujourd'hui d'anarchiste de droite, un défenseur des valeurs d'égalité et de fraternité...

posté le 07/05/2015 à 23h13

27/12/2014 - En accès libre - Culture populaire, culture de masse

Entretien très intéressant. La référence à Poe pour contrer l'argument qu'une littérature anxiogène ne mène pas forcément à une vision sécuritaire du monde me semble assez mal choisie : Poe à l'instar de Lovecraft était conservateur voire réactionnaire sur le plan politique. Plus adapté me semblerait l'exemple de Stephen King, producteur d'une littérature anxiogène au même titre que Poe mais progressiste sur le plan politique, notamment dans son engagement contre la vente des armes à feu.

Pour ce qui est de l'opposition entre séries françaises formatées et relativement inintéressantes et des séries américaines plus ambitieuses, il me semble qu'on ne peut faire l'impasse sur la compréhension des structures économiques de production parfaitement analysées par Sébastien Martel dans Mainstream. A un système centralisé à la française, versant culturel du jacobinisme, où les décisions viennent d'en haut, s'oppose une politique américaine de sous-traitance où les grands studios n'ont plus une politique de création mais se contentent d'un rôle de producteur et de diffuseur. Force est de constater également que le marché n'est pas le même et que les prises de risque ne sont pas du même ordre dans les deux pays. Pour que les conditions de production soient équivalentes, il faudrait considérer les créations culturelles non plus à l'échelle de la France, mais à celle de l'Europe. Ce qui, comme pour l'aspect politique, n'est pas encore fait.

posté le 02/01/2015 à 11h15

06/12/2014 - Dans Le Film - Le miroir obscur

Emission qui laisse un peu sur sa faim. Impossible évidemment de faire le tour d'un sujet aussi dense en une heure et quart d'émission, mais tout de même, je suis déçu que n'ait pas été évoquée la figure paradoxale de l'enfant vampire telle qu'elle apparaît sous les traits de Kirsten Dunst dans Entretien avec un vampire déjà évoqué dans un commentaire précédent et surtout dans ce film magnifique et troublant du réalisateur suédois Alfredson, Morse.

Merci en tout cas à l'intervieweuse et à l'interviewé de ne pas avoir traité Twilight par le mépris, ce qui est trop souvent le cas lorsqu'on parle de films de vampires.

posté le 07/12/2014 à 17h14

26/07/2014 - Dans Le Film - Qui veut la peau du naturalisme ?

L'opposition, évoquée par Murielle Joudet, entre les héritiers des frères Lumière et les héritiers de Méliès ne me semble vraiment pas opérante en ce qui concerne les cinéastes évoqués (si on voulait chercher des héritiers de Méliès dans le cinéma français, il faudrait plutôt aller voir du côté de Jean-Pierre Jeunet pour ne citer que le plus connu et le plus emblématique). Je ne vois vraiment pas en quoi Garrel serait plus dans l'imaginaire que Kechiche. Finalement l'opposition soulignée dans cette émission serait entre un cinéma de l'hyperbole et du déterminisme et un cinéma de la litote et de la liberté des personnages.

Personnellement, je ne veux pas à avoir à choisir entre les deux selon des présupposés théoriques. Lorsque j'entre dans une salle de cinéma, je ne me pose pas la question de savoir quels sont exactement les présupposés artistiques du réalisateur. ça me semblerait aussi incongru que de chercher à connaître la couleur de ses caleçons ou de ses culottes. Ce que je demande à un film, c'est de m'émouvoir, de me toucher, bref de provoquer quelque chose en moi, peu importent les moyens employés.

Et à ce titre je ne peux pas m'empêcher de trouver Marcos Uzal de mauvaise foi à l'égard de la Vie d'Adèle que j'estime être pour ma part un chef-d'oeuvre (et ce n'est pas parce que plein de gens pensent comme moi que ça m'empêchera de le penser). Alors oui, il y a un certain nombre d'insistances (comme celle de la couleur bleue), oui les parents sont caricaturaux (comme le sont les personnages de Balzac ou de Hugo, ce qui n'empêchent pas Hugo et Balzac d'être d'immenses écrivains), mais il me semble qu'on ne cherche pas une seule seconde à nous cacher qu'on est dans une oeuvre d'art, pas dans la réalité, et le truc le plus important, c'est que ça a beau être très appuyé, ça fonctionne. Pourquoi ? C'est tout simplement ce qu'on appelle le génie. Il y a fort à parier que le même scénario tourné par un réalisateur de seconde zone aurait donné une grosse daube.

En contrepoint, je ne peux pas m'empêcher de rigoler devant l'extase de Marcos Uzal devant cette scène de la petite fille disant "arrêtez de crier". Je n'ai pas vu le film en entier, et peut-être suis-je en cela un peu de mauvaise foi, mais pour moi, c'est précisément là qu'on touche le comble du ridicule. J'y vois en effet une façon de souligner à gros traits rouges "eh vous avez vu à quel point je ne suis pas démonstratif ?". Enfin, Garrel se rattache sans doute à la longue tradition française des précieuses et des petits marquis raillés autrefois par Molière et à ce titre il fait partie du patrimoine.

posté le 31/08/2014 à 01h44 ( modifié le 31/08/2014 à 01h46 )