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Le miroir obscur

Dans Le Film

Stéphane du Mesnildot

Dans son très beau livre Le miroir obscur : une histoire du cinéma des vampires, Stéphane du Mesnildot part d'un paradoxe : si la modernité devait tuer ce dernier reste de magie où s'abritait la figure du vampire, c'est tout le contraire qui arriva : c'est bien dans le cinéma que s'épanouit définitivement le vampire. Il y trouve tout à la fois des corps d'acteurs et d'actrices dans lesquels s'incarner, et des metteurs en scène capables de lui ouvrir les portes d'un monde onirique, abstrait et fantasmatique – ce fameux "miroir obscur". Il aura fallu d'abord compter sur la postérité d'une œuvre : Dracula de Bram Stoker, roman qui naît en même temps que le cinéma et dont chaque ligne semble attendre en silence de se déployer dans un art qui, en 1897, en est encore à ses balbutiements. Ses vœux seront exaucés dès 1922, avec le Nosferatu de Murnau, et continueront de l'être: aucune autre figure que le vampire ne peut prétendre avoir inspiré autant de cinéastes et de cinémas différents : à la fois terrain d'expérimentation pour des recherches formelles et un cinéma « d'avant-garde », le vampire sera aussi la figure adéquate pour recueillir ce que renferment les cœurs des adolescents. Tout à la fois horrifique et séducteur, sexuel et puritain, c'est cette faculté de transformation, ce "devenir-imperceptible" qui fonde l'immortalité cinématographique du vampire, lui qui peut être en même temps ce monstre assoiffé de sang, et cette jeune fille avide d'amour. "Qu'est-ce qu'un vampire ?", écrit Stéphane du Mesnildot : "une créature venant des origines du cinéma, qui se tient devant nous et nous parle à travers le temps".

Dans Le Film , émission publiée le 06/12/2014
Durée de l'émission : 75 minutes

Regardez un extrait de l'émission

Commentaires

13 commentaires postés

J'avais peur des films de Vampire. Je les vois différemment maintenant.
Cela donne un autre regard.

Par Chantal Torrécillos, le 27/12/2014 à 10h29

Me voilà pour le moins interloqué par le ton général de l'émission.

Je passe brièvement sur le fait que, oui, Buffy est une série majeure au plan formel pour la série télévisée américaine.

Mais surtout, je suis stupéfait que n'ait pas été réellement abordée l'image du mal incarné que représente TRES souvent le vampire (et en particulier dans une série comme Buffy, dans laquelle Angel n'est qu'un heureux accident au milieu d'une horde de créatures fondamentalement maléfiques), et ce d'autant plus que l'émission clôture sur une once de modernité, ce qui aurait pu être l'occasion d'aborder cette image de "méchant universel" tel qu'on peut le trouver non seulement au cinéma et dans la série télévisée mais égalent dans le jeu de rôle, sous sa forme "papier" comme sous sa forme informatisée, dans lequel il n'est parfois qu'un élément parmi d'autres au sein du bestiaire que le ou les joueurs doivent affronter.

Par HBK, le 16/12/2014 à 18h41 ( modifié le 16/12/2014 à 18h41 )

Merci pour cette belle émission qui m'a fait découvrir beaucoup de films que je ne connaissais pas. C'est fascinant de voir ce personnage évoluer d'époque en époque, et en même temps, rester toujours le même. C'est aussi très agréable d'entendre quelqu'un qui aime autant ce sujet, en parler avec douceur. Les vampires sont naturellement fascinants, la façon calme et posée avec laquelle la discussion se déroule accompagne le déploiement du sujet sans en rajouter dans la fascination. J'ai aussi regardé Buffy étant ado ! C'est bien d'avoir pris la dimension culture populaire du sujet au sérieux. Bref, la thématique est vraiment inépuisable, un "Dans le mythe" sur la question des vampires qui poursuivrait le chemin ouvert par cette émission ne serait vraiment pas redondant. Merci, en tout cas, à Murielle et à toute l'équipe d'HS.

Par Alexandra, le 13/12/2014 à 22h33 ( modifié le 13/12/2014 à 23h32 )

Ahh, il y a tant de films de vampires que chacun aurait aimé voir ses petits favoris cités.
En ce qui me concerne, j'aurais bien apprécié un petit mot sur les sublimes Morse de Tomas Alfredson et Thirst de Park Chan-wook. Tant pis...
Mais bon, merci de nous avoir épargné l'épouvantable dernier Jarmusch (à défaut d'avoir fait de même avec le si balourd Twixt) !

Émission passionnante du reste !

Par BLG, le 10/12/2014 à 00h36 ( modifié le 10/12/2014 à 00h37 )

VOILA
Le nouveau mot des gens cultivés.

Mais à part le tic commun, une émission bien intéressante.

Par GaM, le 08/12/2014 à 23h53

Merci pour cette émission. La Hammer, Jess Franco... ça m'a énormément parlé!

Par DIALM4MAUDIT, le 08/12/2014 à 20h54

Et le Jarmusch ?

Par sleepless, le 08/12/2014 à 09h53

Désolée d'en remettre une couche mais et "Entretien avec un vampire"?! Murielle quel dommage!!!

Par Carmen, le 08/12/2014 à 01h29

Emission qui laisse un peu sur sa faim. Impossible évidemment de faire le tour d'un sujet aussi dense en une heure et quart d'émission, mais tout de même, je suis déçu que n'ait pas été évoquée la figure paradoxale de l'enfant vampire telle qu'elle apparaît sous les traits de Kirsten Dunst dans Entretien avec un vampire déjà évoqué dans un commentaire précédent et surtout dans ce film magnifique et troublant du réalisateur suédois Alfredson, Morse.

Merci en tout cas à l'intervieweuse et à l'interviewé de ne pas avoir traité Twilight par le mépris, ce qui est trop souvent le cas lorsqu'on parle de films de vampires.

Par David , le 07/12/2014 à 17h14

j'ai vu au format timbre-poste sur Thunderbird, mais ça ne m'a pas empêchée d'apprécier.

Intéressant panorama des films de vampire, qui s'est terminé un peu trop vite.

Même si ce n'est jamais exprimé directement, l'interview effleure le fait que les vampires sont une métaphore du pouvoir.
Cela commence par ces vieux duces qui émergent du moyen-âge à travers l'Europe Centrale, qui tentent de conquérir une Europe industrielle, puis qui opèrent leur prédation au cœur même du monde moderne. Le pouvoir des riches avides de consommation et qui se servent des autres.

Et la fin du pouvoir des hommes, à travers Buffy qui se bat contre les vampires mais aime l'un d'entre eux.

Enfin Twilight parle des femmes qui aspirent à ce pouvoir et cette immortalité, hors du temps et du monde moderne, en symbiose.

Dommage qu'il n'ait pas été fait référence à Entretien avec un vampire, dont le film tiré du livre d'Anne Rice, a vraiment remis le vampire à la mode, même si l'ail et le religieux ne les menacent pas.

Mais parler d'Entretien avec un Vampire dans cet entretien, aurait pu finir de façon incontrôlée, non ? Comme avec Lestat ou Louis ?

Murielle Joudet prend de l'assurance, et a visionné beaucoup de films de vampires, si bien qu'elle sait de quoi elle parle. Bravo !


Par Yanne, le 06/12/2014 à 15h38

C'est corrigé ! Oserais-je vous présenter toute mes confuses ;-) ? Merci de l'avoir signalé si vite.

Par Judith, le 06/12/2014 à 14h13

même commentaire que le précédent, je ne peux pas mettre la video en plein écran sur chrome...

Par Ann, le 06/12/2014 à 13h50

Impossible de mettre en plein écran, du moins sur Chrome ! Il n'y a aucun bouton pour ça.

Par Benoît Guchet, le 06/12/2014 à 13h19