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Les affects de la politique

Dans le Texte

Frédéric Lordon

Recevoir Frédéric Lordon pour un Dans le texte est toujours un événement très particulier, et même émouvant ; parce que c'est l'intellectuel français qui m'a le plus nourrie et influencée, et que chacun de nos entretiens marque une étape dans cette aventure philosophico-politique vouée à se poursuivre encore longtemps. Et pourtant, malgré cette sorte d'intimité qui finit par nous relier à ce qu'on lit au point de croire l'avoir incorporé tout à fait, il arrive parfois de faire fausse route au moment de l'interprétation.

En lisant son dernier ouvrage, Les affects de la politique, j'ai cru lire partout une méditation philosophique sur sa propre expérience politique du printemps dernier : ce printemps qui l'a vu jeter toutes ses forces dans le mouvement social contre la Loi "Travaille", et qui a fait de lui l'un des principaux instigateurs du mouvement Nuit Debout. Non qu'il en parle explicitement - il cite mille autres situations où la politique vient nous attraper par les affects - mais il me semblait voir passer, comme en contrebande, toutes les leçons qu'il pouvait tirer de cette intervention politique qu'il avait entreprise, et à bien des égards réussie - Nuit Debout a eu lieu, ce sur quoi nul n'aurait pu parier - quoi qu'on puisse spéculer sur les suites politiques dont cette expérience inédite pourra accoucher ultérieurement.

Et pourtant non : ce n'est pas ça, le moteur de son écriture. Les Affects de la politique ne sont en réalité "que" la suite logique de Imperium : après l'étude du grand corps politique (l'Etat), il lui fallait travailler sur les "petits" corps politiques, les individus qui parfois forment des foules (et peuvent alors changer le monde). Qu'est-ce qui les meut, pourquoi bougent-ils ? La politique, à quoi ça carbure ? On ne sera pas étonné qu'en rigoureux spinoziste, Lordon réponde toujours de la même façon : ça marche aux affects, aux passions. Et les affects, d'où nous viennent-ils ? Ce sont les images qui les déclenchent le mieux. Aussi Lordon insiste particulièrement dans cet ouvrage sur l'importance de l'imagination - comme capacité à produire des images, et à développer notre affectabilité devant elles. Car si ce sont les images qui nous affectent le plus sûrement, alors l'essentiel de la lutte politique se jouera dans l'habileté des camps idéologiques à produire et diffuser leurs propres images ; et tandis que le gouvernement aura tout intérêt à nous sidérer avec le spectacle du terrorisme, particulièrement propre à décourager nos mouvements (sociaux), les activistes dissidents, eux, auront à faire preuve d'inventivité pour illustrer leur cause. Par exemple en faisant apparaître le monde des causalités : on a beaucoup moins envie d'un smartphone hightech quand on voit l'enfant triste travaillant à le produire. Moins envie d'un steak quand on voit l'abattage de la bête d'où on l'a arraché. Et beaucoup plus envie d'en découdre avec les hauts responsables à la manœuvre quand on nous montre quelle part tout à fait délibérée ils ont prise à la formation du système qu'on veut nous faire apparaître comme une fatale nature, à laquelle il faudrait consentir comme on consent à la nuit qui tombe.

Et c'est en quoi est infiniment stimulante l'œuvre philosophique de Frédéric Lordon ; s'attachant à servir la cause scientifique (il s'agit, officiellement, d'élaborer un nouveau champ de recherches, qu'on pourrait qualifier de science sociale spinoziste) - elle est, au fond, un manuel pratique de l'activiste déterminé. Certes la recherche en sort augmentée, mais la lutte politique n'est pas en reste, mieux informée des ressorts qui la gouvernent. On en sort tout armé, plus lucide et plus concret : décidé à être imaginatif, puisque c'est là que tout se joue, et que du changement est toujours possible, même et surtout dans un monde entièrement déterminé par les passions. Car c'est l'éternelle pirouette spinoziste, qui nous sauve au moment même où l'on se croyait perdu : nous ne sommes pas libres, certes, puisque nous sommes entièrement déterminés par nos affects. Mais ce que nos affects ont fait, ils peuvent aussi, poussés à un certain degré, le défaire - et ce monde qui nous attriste, justement parce qu'il nous attriste, peut très bien, un jour, nous déterminer à en refaire un autre.

 

Dans le Texte , émission publiée le 05/11/2016
Durée de l'émission : 90 minutes

Regardez un extrait de l'émission

Commentaires

46 commentaires postés

Ce jeu de séduction à fleurets à peine moucheté est très charmant !

Bises à vous deux !

Par Patrice Guyot, le 12/07/2017 à 05h55 ( modifié le 12/07/2017 à 05h56 )

1000 likes !
Encore un concentré d'intelligence qui vous saute à la figure, comme à chaque fois lors des entretiens Judith Bernard - Frédéric Lordon. Ce qui m'afflige c'est, comme vous le dites, que ce genre d'entretien ne peut être entendu que par des gens sensibilisés à ces questions, convaincus d'avance de la légitimité des deux interlocuteurs (ce qui réfrène totalement mon idée de partager sur facebook cette vidéo, qui n'est pas audible par une masse dans ce format). Je vais essayer bien entendu avec mes moyens et mon manque de background sur le sujet de lire l'oeuvre de Frédéric Lordon (au passage que de références dans votre émission ! C'est un régal, mais aussi désespérant de voir tout ce qu'il me manque pour appréhender vraiment le sujet...). Mais quel découragement une fois de plus devant le constat de la difficulté de changer les affects des gens... Pas de solution miracle... Mais du temps, de la patience et une somme d'efforts individuels pour essayer de vaincre les idées reçus du système, les freins internes et la peur de l'inconnu. Pfff

Par Julien Valteau, le 18/12/2016 à 16h04

Ah, merci pour cette réponse à Lordon à la 42e minute. (Allez travailler chez amazon pour arrêter de commander chez eux ... )

Par galendel, le 14/12/2016 à 14h01

@Christophe Totel : vous m'interpellez sur la nécessité de faire de l'éducation populaire sur la création monétaire : c'est exactement ce que je fais ! Nous jouons un spectacle qui s'appelle Amargi, antitragédie de la dette, à la Manufacture des Abbesses à Paris… Nous venons de le jouer pendant 8 semaines, et nous le reprenons en janvier, du 2 au 24 janvier. Si vous avez l'occasion, si vous êtes parisien ou francilien, n'hésitez pas : on peut réserver par ici : http://www.manufacturedesabbesses.com/reservations-theatre-paris-piece-amargi_reservations-291-6.html.

Par Judith, le 11/12/2016 à 13h18

Economie ou écologie de l'attention ?
Les 2 existent, et il semble que ce soit Economie que Lordon cite (alors qu'à l'image c'est l'autre qui est montré ...)

Par Mélanie, le 27/11/2016 à 16h32

Exit le concept.

Par siska, le 19/11/2016 à 17h41

Entretien très intéressant mais quel dommage que Frédéric Lordon n'ait pas abordé le sujet de la création monétaire lorsqu'il a parlé de la dette! d'ailleurs même les économistes atterrés en parlent très peu et je ne parle pas des média qui n'en parlent pas du tout (là, c'est normal vu que la plupart n'ont aucun intérêt à ce que les citoyens se rendent compte de l'arnaque qu'est la dette publique).
J'ai appris récemment via mes lectures (et visionnages de documentaires) que les hommes politiques dans les années 70 avaient donné le pouvoir de création monétaire (pouvoir régalien le plus puissant que puisse avoir un état) aux banques privées.
Ils ont donc donné le contrôle d'un bien commun, d'un bien d'intérêt général (la monnaie) à des intérêts privés. Quelles sont les conséquences de plus de 40 ans de ce "régime"?
1_cela fait 40 ans que les banques ne nous prêtent plus de l'argent mais qu'elles nous CREENT de l'argent (via le crédit) ce qui est très différent : cet argent elles le créent à partir de rien (on dit "ex-nihilo"), elles ne vont donc pas le prendre dans leurs fonds propres et c'est donc de l'argent qui ne leur coûte rien (si ce n'est le papier, l'encre pour notre contrat de crédit et les quelques secondes nécessaire au banquier pour nous créditer la somme sur le clavier de son ordinateur) ! il s'agit juste d'un jeu d'écriture!
2_nous payons donc des intérêts (que ce soit pour la dette publique ou pour nos dettes privées) pour de l'argent qui ne coûte rien aux banques (sidérant non?).
3_Lorsque la banque nous accorde un crédit, elle nous crée le capital mais pas les intérêts bien sûr : ou allons-nous trouver l'argent pour ces intérêts? Tout simplement, comme tout l'argent en circulation est issu d'un crédit (contracté par un particulier, une entreprise ou l'état), c'est le capital du crédit qu'une autre personne (particulier,entreprise...)aura contracté après nous qui nous servira à payer nos intérêts!! nous sommes donc tous sans le savoir en "concurrence monétaire".C'est pour ça aussi qu'il faut toujours plus de croissance pour qu'il y ait toujours plus de crédits contractés.
4_Chaque centime d'euro en circulation est donc soumis à un intérêts, c'est ce que l'on appelle de l'argent dette.
5_Le capital crée par la banque est détruit (c'est toujours un jeu d'écriture) au fur et à mesure que l'on rembourse le crédit et à la fin il ne reste que les intérêts qui vont dans la poche des banques. Elles vont ensuite investir cet argent dans des actifs comme l'immobilier et surtout les actifs financiers faisant exploser le prix de l'immobilier et créant régulièrement des bulles spéculatives qui éclatent et dont nous devons ensuite subir les conséquences (mais tout va bien car il n'y a pas d'inflation:ben oui, l'inflation ne prend en compte que les prix à la consommation pas ceux des actifs).
6_ le résultat de 40 années de création monétaire aux mains des banques, c'est une dette publiques de 2100 milliards d'€ dont plus de 80% sont des intérêts cumulés!!! on a aussi une dette privée (particuliers +entreprises) de + de 6000 milliards d'€.Tout notre impôt sur le revenu (50 milliards/an) sert à payer ces intérêts et est foutu en l'air en ce qui concerne l'intérêt général. Imaginez tout ce que l'on pourrait faire si on gardait ces milliards : déjà il n'y aurait plus de déficit de la sécu des retraites...on pourrait rétablir des services publiques dignes de ce nom, investir dans la transition énergétique, dans l'agriculture biologique et paysanne...

On voit donc que la réponse principale à la "journaliste" hystérique qui disait à Mélenchon "et la dette, et la dette, et la dette" se trouve dans la création monétaire sans oublier aussi le duo évasion fiscale/optimisation fiscale qui nous fait perdre plusieurs dizaines de milliards d'€ chaque année.
Et après, les mêmes politiques qui ont mis en place ce système qui nous appauvris toujours plus viennent nous dire qu'il faut faire de l'austérité car il n'y a plus d'argent???
Judith il est grand temps de faire de l'information, de l'éducation populaire au sujet de la création monétaire car tant que ce pouvoir régalien restera dans les mains des banques, on ne pourra pas changer le système.
la solution est ce que l'on appelle un système 100% monnaie ou monnaie pleine qui sépare la création de monnaie du crédit et où les banques prêtent de l'argent précédemment crée par une institution qui soit indépendante, démocratique.

Par Christophe TOTEL, le 17/11/2016 à 15h16

Du coup, la question du jour c'est plutôt comment a-t-on fait pour que les Français fassent de Trump leur problème personnel, à partir du moment où il est et sera sans doute radicalement absent de leur vie.

Par Abracadabra, le 09/11/2016 à 20h40

Sur Spinoza, je rejoins F.Lordon sur le génial "Spinoza. Philosophie pratique" de Deleuze, qui ouvre aussi une porte sur la philosophie de Deleuze et son lien avec celle de Spinoza. Ce texte reprend en partie le cours de Deleuze sur Spinoza (à écouter si vous avez une grosse vingtaine d'heures devant vous); dont des enregistrements et une retranscription se trouvent ici:
http://www2.univ-paris8.fr/deleuze/article.php3?id_article=91

Sinon aborder Spinoza ("L'Ethique") ça demande un peu de courage mais c'est aussi possible. Le livre est composé comme une construction géométrique; et se découpe en définitions, propositions, démonstrations; et scolies (les scolies sont des explications libres et des exemples qui permettent de mieux comprendre les propositions), donc avoir un esprit un peu logique peut être un plus. La première partie est difficile, arrivé au milieu on commence à entrevoir quelque chose; et de plus en plus au fur et à mesure qu'on lit. On ne comprendra pas tout du premier coup; mais on peut y revenir avec l'appui des interprétations existantes et petit à petit ça fait sens. Apparait aussi assez vite la portée violemment subversive de l’œuvre; y compris pour notre entendement nourri au système moral à la fois judéo-chrétien et cartesien (ce que Deleuze appelle "le système du jugement")

Par Grrrz, le 09/11/2016 à 19h12

Très intéressant et dynamisant, merci. Et merci de mettre ces images pénibles sans prévenir, ça nous rappellera peut-être que, par notre inattention paresseuse, nous laissons des réalités affreuses advenir, sans prévenir.

Par cirneaf, le 09/11/2016 à 14h34

Etrange livre en vérité, où l'on commence par une sorte de disqualification des idées (*) pour finir sur une réhabilitation de ces idées à travers un appel à la modification de nos complexions de manière à ce que leur affectabilité s'y conforme davantage.

Ma lecture de l'oeuvre de Spinoza commence à être lointaine, mais, en tout cas, je retrouve un plaisir presque similaire à lire F. Lordon à propos de Spinoza que celui que j'avais éprouvé à l'écoute des cours de Deleuze (incomparable professeur - pour info ces cours sont disponibles sur le web).

(*) la disqualification à vrai dire ne porte que les idées dans leur dimension purement idéelle, les idées en tant que telles, ce qui (comme l'a indiqué Judith) n'existe pas vraiment dans la réalité (ainsi on ne lit pas un livre de F. Lordon pour rien par exemple). J'ajoute qu'à mon avis ça n'existe pas non plus dans le monde décrit par Spinoza. Mais bon on admire quand même F. Lordon qui s'en sert pour démonter des mécaniques autrement plus intéressantes.

(**) pour info, petite erreur de référence page 69

Par Abracadabra, le 08/11/2016 à 23h09 ( modifié le 08/11/2016 à 23h18 )

Nous avons soumis la question à Frédéric Lordon, qui nous a répondu ceci que nous vous copions-collons :
C'est toujours la grande question. Ma réponse c'est : éviter Spinoza direct, risque d'hydrocution trop important. Un très bon livre d'accès incident à l'oeuvre, peut-être le meilleur, est celui de Yves Citton, "L'Envers de la liberté" (Editions Amsterdam). Sinon Ariel Suhamy a écrit un très bon "Spinoza, pas à pas" (Ellipses) qui est une lecture progressive de l'Ethique (mais déjà un peu plus difficile). Dans un autre registre, beaucoup plus folâtre, de la promenade totalement buissonnière, le même a écrit un "Spinoza par les bêtes" (oui !) qui est formidable. On peut aussi se laisser entraîner par le merveilleux "Spinoza. Philosophie pratique" de Deleuze. Enfin Pierre-François Moreau avait rédigé il y a longtemps un excellent "Spinoza" aux éditions "Ecrivains de toujours", mais il n'est peut-être pas très facile à trouver. Et puis dès que vient l'envie, il faut plonger !"

Par Judith, le 08/11/2016 à 15h27

Une question à Judith: je suis (avec gourmandise) le travail de Frédéric Lordon depuis plusieurs années. J'ai de plus en plus envie de m'attaquer à Spinoza. En as-tu fait l'expérience, as-tu lu Spinoza ou faut-il se "contenter" de ses vecteurs talentueux comme F. Lordon car l'investissement à consentir serait trop grand? Merci

Par Maryse Vidal, le 08/11/2016 à 10h00

Ah la la que ça fait du bien de vous écouter tous les deux ! Vous faites partie de mes "affects" !! hé hé

Par Annie HUET, le 08/11/2016 à 00h05

C'est bien triste Judith ( et vu l'estime que j'avais pour vous, ca me fait mal) , et un jour vous percuterez, Mais de toute manière je n'en crois pas un mot. Il y a eu bien trop d'allusion, de direction, et de mot repris .Pour un mec imcompris je me suis fait viré d' ASi , insulter par A.Korkos (suite a CAPA etc) , puis affacer ici, puis sur votre facebook. C'est fait beaucoup d'effacement pour un type incomprehensible . J'ai mis tout bout a bout sur un facebook avec les dates .

Le but de l'argument de l'incomprehension est de me discrédité et de se proteger; Mais qui est descridité ??????? Votre argument vous fait etre soit des hypocrite soit des idiots (pas comprendre Zyzek : jamais referencer ni citer sur vos "ondes" , qui connait lordon en plus. Et ne pas comprendre Vivekananda ? prof de philo à harvard !!! Personnage incroyable. pas cité une seul fois !!!! )

J'ai passé une grand partie de ma vie dans l'academique où j'ai été toujours très respecté et par des pointures . Et je sais ce que c'est la recherche, la culture etc , vous n'etes pas les seuls . Et je sais ce que c'est de referencer , et de respecter le boulot des autres .



Restez empêtré dans votre truc , et dans votre petit entre vous, ca m'ennuie, j'ai essayer de rendre service:je m'en fout, mais ma limite c'est de me faire prendre pour une truffe. Je remercie Faab , et Strumph, qui sont sans doutes beaucoup plus malin que vous .



Let's agree to desagree , it is better like this. Otherwise I am ready to defend myself . I swam a lot with bigger sharks than you , and seriously , do not try my hard bit, please ! My tender one is better .


Good bye



Par Gauthier R, le 07/11/2016 à 20h07 ( modifié le 07/11/2016 à 20h40 )

Gauthier R : nous n'avons utilisé ni votre regard, ni aucune de vos interventions, parce que nous ne comprenons pas ce qu'elles signifient. Les innombrables liens que vous avez postés sur la page FB de Hors-Série ne nous ont jamais semblé en rapport avec les entretiens dont il était question ; nous n'avons pas pour habitude de diffuser des choses que nous ne comprenons pas.

Par Judith, le 07/11/2016 à 19h42

Tout à fait d'accord avec Judith pour la pertinence des images montrées sur l'abattoir qui m'ont profondément dérangée et attristée mais qui illustrent parfaitement le propos sur "la puissance affectante des images et leur limite". Je remercie Judith et Frédéric Lordon pour cet entretien éclairant et passionnant.

Par MR34, le 07/11/2016 à 18h02

La classe hors-serie, effacer en plus tout mes commentaires sur FB , quelle disproportion, quelle ridicule . Et tout ca pour ne pas assumer d'avoir utilisé mon regard et mes interventions, tout ca par basse petite vengeance . L'abus de pouvoir en plein, la disproportion du petit ego blessé. Quand à l'emission sur Lordon, que j'adore, sur ce terrain là désolé l'ami mais ma demonstration est bien plus elegante, complete et fonctionelle . Faite gaffe à ma contre attaque , l'intellect ne se bat pas aussi facilement . De toute manière j'ai deja gagné , tu ne veux pas le voir raphael , mais je t'ai fait un triple Gandhi dans les dents . Rassurez vous (et mefiez vous) ce truc ne marche qu'avec les gens bien.

Par Gauthier R, le 07/11/2016 à 17h08 ( modifié le 07/11/2016 à 17h29 )

Pour ce qui est des images d'abattoir qui apparaissent pendant l'entretien, je les ai découvertes, comme vous, en visionnant l'entretien (une fois monté, et en ligne). Comme vous, je ne supporte pas de les voir ; j'ai donc détourné les yeux aussi longtemps que nécessaire. Et cette expérience-même (apercevoir ce que je refuse de voir, et qui est vrai pourtant, et qu'on veut me montrer en sachant que je ne veux pas les voir, parce qu'elles portent une vérité dont je refuse la figuration), cette expérience-même, donc, est si instructive, si étroitement en rapport avec ce dont nous parlons (la puissance affectante des images, et leur limite : on les refuse si elles nous affectent trop), que je considère, in fine, que ce choix de montage est hautement pertinent, justement parce qu'il est hautement dérangeant. (Et pourtant, je subodore qu'en la matière, il y a bien pire…).

Par Judith, le 07/11/2016 à 16h16

Merci pour cet entretien !
Comme souvent avec l'ami Lordon, la généralité des concepts permet d'explorer beaucoup de pistes avec beaucoup de perspectives possible (des neurosciences à la psychologie et la sociologie et à une forme de critique esthétique, etc.). Au passage, je me demande quel serait son avis sur les pratiques thérapeutiques dites "psychocorporelles", par exemple l'autohypnose dans laquelle un sujet crée, recrée, ou modifie les affections de son corps par l'action de son imagination.

Il y a évidemment 2 paradoxes très gênants au cours de l'entretien :
- Judith recommande chaudement un film et le spoil dans la même phrase ...
- surtout, vous montrez sans prévenir des images auxquelles votre invité dit (quelques secondes plus tôt !) ne pas vouloir s'exposer

J'ai vu que ça avait déjà été relevé dans le forum, mais l'entretien souligne a juste titre la force des effets d'accumulation.

Par MSC, le 07/11/2016 à 15h37

Bonjour.
Ce n'est pas possible de montrer des images violentes sans nous prévenir.
Je ne viens pas regarder vos émissions pour subir ça.
Vous n'etes pas un tabloid.
Votre invité précise d’ailleurs qu'il ne peut pas les regarder, comme moi.
Merci par avance de faire attention.

Par Claire Leroux, le 07/11/2016 à 10h46

Sans prétention, je suis en désaccord sur le jugement de Frédéric Lordon sur le livre de Stéphane Hessel.
Affirmer que sa vente par million d'exemplaires signifie que son contenu n'apporte pas de nouveauté me parait une erreur. Peut-on en dire autant d'un film, d'un journal?
Pour moi, et en l'espèce, le succès est la rencontre des lecteurs avec un contenu.
Ce contenu n'est peut-être pas une innovation pour Frédérique Lordon mais peut l'être pour le commun des mortels dont le catéchisme dominant (après avoir été religieux est devenu libéral) consiste à leur dire que si ils échouent c'est qu'ils sont nuls. Qu'ils doivent piétiner le voisin pour s'en sortir.
Et là quelqu'un leur dit: vous n'êtes pas nuls; levez-vous,et ensemble vous avez une chance!. Il a, dans sa simplicité, dans sa sobriété,un effet déclencheur.
Il me semble que l'indignation est le prélude de la révolte. Qu'elle a le mérite d'initier le mouvement, de favoriser la rencontre, le dialogue, et l'action qui s'ensuit peut déboucher sur la révolte.
Merci à Judith Bernard qui arrive à reformuler les concepts compliqués de Frédéric Lordon.

Par Dominique LAB, le 07/11/2016 à 00h09 ( modifié le 07/11/2016 à 00h10 )

Lordon propose des intéressants accents sur la lecture de l'éthique, et cette idée de "Spinozisme appliqué aux sciences sociales" est tout à fait réjouissante (et apparait d'une certaine efficacité). Il faudrait surement lire le livre, mais j'ai l'impression que les affects sont toujours abordés sous le registre des passions (premier genre de connaissance), et que le fameux 3e genre de connaissance (la connaissance immédiate des essences en tant qu'idée vraie, soit l'intuition) est considéré presque comme une abstraction aussi probable que le retour du christ sur Terre, et il n'est pas beaucoup plus question du second genre de connaissance (les notions communes, à savoir la raison); 2e et 3e genre de connaissance à la recherche desquels est consacré la 5e partie de l'éthique. A l'écoute de l'émission on aurait donc l'impression que seuls les passions existent, et pratiquement qu'il faut s'en tenir là dans une construction politique. Cette idée me parait un brin desesperante, et "j'ose esperer" que les affects actifs puissent être à l'oeuvre, même de manière très marginale, et probablement toujours secondés par des affects joyeux passifs dans nos constructions politiques comme dans nos constructions individuelles.
évidemment sous le régime des passions il n'y a pas de bien et de mal, mais des affects communs (ou "valeurs communes relatives"), mais paradoxalement un système de hiérarchie s'établit (hors de la morale et hors du jugement, mais sur l'idée de l'augmentation de puissance); entre passions tristes, passions joyeuses, puis affects actifs (nécessairement joyeux).
Sinon sur l'idée de parallélisme corps esprit chez Spinoza, soit deux manières de parler de la même chose (deux attributs d'une subtance unique ("Dieu" chez Spinoza) dans le mode de la pensée et de l'étendue)); c'est à peu près clair dans l'émission(à une affection du corps correspond une affection de l'esprit, et l'esprit est l'idée du corps)
par contre ces concepts sont un peu différents du sens commun qui est aussi utilisé ici; où on oppose réflechir et agir; d'où à mon sens une confusion; réflechir c'est une affection du corps (au minimum le corps reçoit une affection sensorielle; les neurones s'envoient des impulsions électriques) et aussi de l'esprit (idée née de cette affection du corps); agir c'est la même chose avec en plus l'idée d'un mouvement intégral du corps (parrallèle avec des mouvements de l'esprit). Je suis curieux de mieux comprendre tout ça dans les mises en pratique que fait Lordon (et peut être les concepts qu'il crée)

Par Grrrz, le 06/11/2016 à 23h18

Soutenir comme le fait Frédéric Lordon, qu'il existe un seuil de souffrance à partir duquel le système finira par être renversé en Grèce, ne me paraît pas du tout évident. Prenons un contre-exemple dans l'histoire : est-ce que ce sont les esclaves noirs des plantations des Etats du sud qui ont mis fin à l'esclavage? Sauf erreur de ma part, ce n'est pas le cas. Faut-il croire alors que le seuil de souffrance au delà duquel le système vole en éclats n'a jamais été atteint? J'en doute sérieusement. Nous espérons tous un changement, de là à ce qu'il se produise avec une absolue probabilité...

Par Bruno Adrie, le 06/11/2016 à 21h35

On sent bien que la question qui taraude Frédéric Lordon, c'est le passage de la pensée à l'action et c'est tout à fait compréhensible en France où les collectifs ont disparu, rendant les idées à des individus non liés qui, de ce fait, ne peuvent plus agir car ne pouvant pas agir collectivement. Les indiens de Bolivie n'ont pas eu ce problème apparemment, avant l'arrivée au pouvoir d'Evo Morales, compte tenu du fait qu'ils partagent une culture, deux langues dominantes (le quechua et l'aymara) et une histoire de domination par la puissance occidentale occupante depuis cinq siècles. Ceci, ajouté à une histoire plus récente, de culture syndicale (action, mobilisation et rhétorique) héritée des mineurs du Potosi et transmise aux confédérations de cocaleros de Cochabamba. Cette double identité, héritée d'une histoire ancienne et d'une histoire plus récente (cf "révolution" de 1952) a permis les mobilisations (et des troupes mobilisées ne constituent pas une foule mais une machine en action dotée de stratégies) qui ont permis dans un premier temps de chasser le président Sanchez de Lozada (homme d'affaires propriétaires de mines d'étain) et plus tard de présenter Evo Morales à la présidence.

Par Bruno Adrie, le 06/11/2016 à 20h40

A 01:09:00 Judith Bernard mentionne " la peur de l'inconnu" comme frein maximal au changement.
Est-ce si certain ?
Pour ma part, je ne situe pas là l'origine de mon abandon de tout combat référencé comme tel ( cf. les exemples cités dans l'émission type révolte dans la rue).
Je ne crois avoir tant que ça "peur de l'inconnu" : ma vérité, c'est bien plutôt que somme toute, malgré tout ce qui m'affecte, je ne suis pas si malheureuse dans le monde tel qu'il est.
Je regrette que ce confort qui est le mien (et celui de Mme Bernard et M. Lordon et probablement de nombreux abonnés à Hors Série) se fasse au détriment de nombreux autres humains, et des animaux et des ressources naturelles, et je comprends bien que ça ne peut pas durer ... mais en attendant, ça va plutôt pas si mal pour moi. C'est intellectuellement inconfortable, ce qui fait que je fais partie de ceux qui parfois disent qu'ils sont révoltés (dans leur fauteuil et en buvant leur thé, comme le dit Lordon), mais pour mon corps, c'est plutôt pas mal : je n'ai pas faim, je n'ai pas froid, je ne suis qu'en danger très modéré et quand je suis malade dans la plupart des cas on me permet de me reposer et on me soigne.

La question que je vais poser va peut-être me valoir toutes les foudres, mais ... est-ce à nous de nous révolter ?

Je ne me reconnais pas dans l'entre-soi plutôt intello-bobo-parisien du duo de l'émission ( bien que j'apprécie de les écouter), je dois être quelque part à mi-chemin entre eux et les caricatures de beaufs de PMU évoqués par Judith Bernard ( elle ne dit pas "les ploucs" comme Sarkozy, ni les " sans dents" comme Hollande, mais l'idée est la même, je crois) : mais du PMU jusqu'au bobo, à l'échelle de la planète, nous appartenons tous à une même catégorie : celle qui vit franchement bien du monde tel qu'il est.

Ceux qui ont vraiment un intérêt vital, une urgence à se révolter, c'est contre "nous" (notre modèle, notre mode de vie) qu'ils devraient le faire, non ?

Par bruanne, le 06/11/2016 à 18h56 ( modifié le 06/11/2016 à 19h06 )

Pour moi, une excellente entrevue.
Le Lordon nouveau d'après "nuit debout"apparaît plus réel, plus compréhensible, plus "saisissable" dans ses contradictions...
Merci Judith et un encouragement à le bousculer encore un peu plus !!;-)
Pour revenir à l'entretien, l'attachement à son bien être personnel (caractéristique particulièrement importante en mode politique "libéral capitaliste") sous toutes ces formes(confort pratique et conceptuel, assouvissement immédiat des désirs, "faim" permanente de nouveautés, accentuation de la compétition dans tous les domaines de la vie, etc...) et par toutes les affects ( sentiments de peur de la nouveauté, du ridicule;jalousie, envie, ignorance pratique ou conceptuelle, etc...) explique largement les échecs de prise de conscience et de mise en oeuvre efficace de révolutions au XXIème siècle. Cela se traduit naturellement par "le salarié en poste qui a peur de perdre son gagne-pain" et qui renonce mais tout autant par "le chercheur universitaire révolté "crypto marxiste" au RSA qui a mentalisé une révolution fantasmée à venir équivalente à celle du passé où il se rêve en nouveau Marx...toutes ces complexions poussent à l'échec!
Mais les complexions spinozistes ne sont pas modulables que par des "images" comme vous le soutenez...ou par l'abstinence comme proposé par Judith. Sauf à se contenter du temps long ou du "Jacquattalisme" chère à l'ami Frédéric Lordon.
Je crois en lisant en ce moment "les écrits gnostiques" de la pléïade que par delà "le nous"(l'intellect),"la psychè" (l'âme gestionnaire du lien corps/intellect)qui semblent bien intégrés par l'analyse spinoziste de Frédéric Lordon qu'il nous manque "la pneuma"(l'âme) qui semble être le moyen de se faire "vide" prêt à lâcher ses anciennes complexions et à exprimer sa foi envers le "deus" qui est en nous et qui peut diriger "le lupus" du monde moderne qui nous habite.
Vous trouvez un exemple à la fois repoussant et fascinant dans les passages à l'acte dans le terrorisme actuel. Ce que "les barbares qu'ils sont" atteignent en nous dans le monde des "civilisés que nous sommes".Ils ont la foi des derniers "abrutis convertis" et on nous invite à retrouver "la foi" dans la consommation et la jouissance par tous les orifices en terrasse de café! QUelle perte d'idéal...nous ne faisons pas le poids!
Faudra t il retrouver la "pneuma" des "Templiers", autres moines soldats??? ou tout au moins redevenir des acteurs qui témoigneront et agirons dans le sens d'un nettoyage des "écuries d'Augias"...
L'action concrète et Le temps nous le diront...
Merci.

Par FRAFOR, le 06/11/2016 à 18h43


Par gael chevailler, le 06/11/2016 à 16h04 ( modifié le 06/11/2016 à 16h27 )

Merci pour cette émission, vivement la deuxième écoute.
Pour aller plus loin au sujet de "l'image affectante" j'ai glané une émission intéressante sur un site qui ne l'est pas moins :
http://www.hors-serie.net/Dans-Le-Film/2016-06-25/L-image-peut-elle-tuer--id186
;)

Par nicolas anglade_1, le 06/11/2016 à 14h49

Il existe(ait?) un compteur de dette aussi à Berlin, comme par hasard...

Par Nicolas Vignon, le 06/11/2016 à 13h59

Exceptionnel.

La longueur de mes notes est proportionnelle à la joie éprouvée au visionnage.

Je ressors de cet entretien à cet instant avec un désir d'action politique décuplé par le sens à lui donner.

Merci Judith et Raphaël.

Par Spawn, le 06/11/2016 à 13h02

Il me semble que cet entretien signale en creux toute une série de bifurcations entre l'intellectuel et l'intellectuel engagé. En tout cas, je lirai le livre avec attention. Merci !

Par Vincent Pinel, le 06/11/2016 à 09h38

La "force" les "forces", les "forces de l'ordre" (mais lequel ?)

Mots peut-être pas utilisés avec assez de précautions, ni d'explication...

Je tiens à rappeler ici l'ignoble texte du TCE supervisé par Giscard, refusé par les Français et avalisé par ce grand démocrate de Sarkozy (L'oligarchie se met à l'abri de la foule !)

article II-61
1. Toute personne a droit à la vie.
2. Nul ne peut être condamné à la peine de mort, ni exécuté.

Mais dans le paragraphe 3-a de l'article 2 de l'annexe 12 (intitulée "Déclaration concernant les explications relatives à la Charte des droits fondamentaux", section A de l'acte final de la partie IV), on peut lire une "explication" qui limite sérieusement la portée de l'article II-61:

"Les définitions «négatives» qui figurent dans la CEDH doivent être considérées comme figurant également dans la Charte:
a) l'article 2, paragraphe 2 de la CEDH:
«La mort n'est pas considérée comme infligée en violation de cet article dans les cas où elle résulterait d'un recours à la force rendu absolument nécessaire:
a) pour assurer la défense de toute personne contre la violence illégale;
b) pour effectuer une arrestation régulière ou pour empêcher l'évasion d'une personne régulièrement détenue;
c) pour réprimer, conformément à la loi, une émeute ou une insurrection.»

PG

Par Patrice Guyot, le 06/11/2016 à 05h20 ( modifié le 06/11/2016 à 05h40 )

Bon, le bouquin fait vraiment vraiment envie: l'experience sensible du politique, son impact et son infusion dans les corps, l'assise philosophique de réflexion fferont sans doute un bien fou à mes neurones.

Pour ce qui est de l'entretien, la fusion fascinée de Mme Bernard avec son invité et sa pensée, rend les propos parfois dégoulinants d'un entre-soi pas très enthousiasmant ( "nous les hypersensibilisés, les "hyper -affectables" face à toutes ces causes minoritaires "les femmes", "les racisés", "les animaux" - l'ordre de cet énumeration m'a laisséé perplexe-, avec ces "indifférents" dans "les PMU" >> non mais Madame Bernard, allez boire des coups dans un PMU, écoutez ce qui s'y vit , détendez-vous.... le changement passera avant tout par le changement des représentations de lieux comme ceux-ci et de ceux qui s'y retrouvent, qui ont été au moins depuis le XIXème aux avant postes des séditions hexagonales. ). Tout cela rend l'intervention de Mr Lordon moins incisive, moins tranchante, moins mordante, que cela n'aurait pu être face à un contradicteur moins séduit.

Par camille escudero, le 05/11/2016 à 23h28

Est-il possible d'avoir une video fluide comme sur "Arrêt sur images", ici c'est difficile d'avoir 30 secondes sans interruption.... donc très difficile de suivre une émission

Par Philippe Wenkin LPL, le 05/11/2016 à 22h52

merci pour cette émission, passionnante. 'révolte logique', en effet, c'est une très belle expression !

Par Renaud SACHET, le 05/11/2016 à 22h32

Dès la fin du film, je ressens l’impérieuse nécessité de réécouter. Non pas que ce soit difficile à comprendre, c’est même l’inverse. Mais par souci de tout retenir et récapituler. Pour ce qui me concerne, l'expression de M. Lordon exerce une telle fascination, que je suis comme au fil de l’eau, sans regard panoramique. De sorte que le quant à soi est sacrément mis à l’épreuve.

Et on dit que Barack Obama est champion toutes catégories pour le show…
Je me rends compte que depuis que j’ai écouté la première fois M. Lordon sur Arrêt sur image, j’ai vu un nombre de ses interventions filmées considérable, ce qui à pour inconvénient consécutif, la peine croissante à supporter la pesanteur des conversations « passe-moi-l’sel ». Tout cela est très fâcheux.

Voilà pour la forme. Pour le fond, je ne me sens pas de taille à ajouter quoi que ce soit qui puisse enrichir un tel débat, sauf à dire combien je vous suis profondément reconnaissante pour votre engagement à partager des grilles de lectures de ce monde et boite à outils innovants, avec les désespérés que nous sommes.

Par Joelle Godefroid, le 05/11/2016 à 21h03


Par Joelle Godefroid, le 05/11/2016 à 21h02 ( modifié le 05/11/2016 à 21h06 )

Par l’effet d’une défaillance familiale, ou, un choix de ma part de m’en écarter pour ma sauvegarde mentale, tout mon affect est investi dans la politique depuis les années 1960 (75 ans le 8/12/16). Toute ma vie est structurée par la politique.

Je suis en permanence révoltée et en colère. C’est ce qui me tient debout, c’est mon énergie.
Mais il paraitrait que c'est mal d'être en colère. J’entends bien souvent sur les médias, par des « savants », ou dans ma vie ordinaire, des « sages » m’expliquer qu’il me faut, pour me sentir mieux, comme si je me sentais mal alors que ma vitalité est toujours vivante, que je fasse au choix : du yoga, des cours de respirations, que je reprenne une analyse, que je fasse des cures … selon l’imagination du prescripteur ou ses préférences personnelles.

Je leur parais comme « un animal » sortant de leur concept possible, de leur imaginaire. Je pourrais leur retourner, ce que je fais par touches interrogatives, que moi je ne comprends rien au racisme, ou à leur indifférence à la politique en général ou à l’économie en particulier s’ils se définissent « de gauche » (et là j’ai bien souvent envie de les engueuler quand il m’est répondu « je n’y comprends rien » ).


Sur les murs d’Athènes fleurissaient en septembre 2016 : « vive la Drachme ».

Par Annie Stasse, le 05/11/2016 à 19h37 ( modifié le 05/11/2016 à 19h40 )

@StAyran. Michéa a décliné une invitation de Judith il y a quelques mois au prétexte qu'il n'aimait pas être filmé.

Par Raphaël, le 05/11/2016 à 19h14

Superbe émission.
Quand envisagez-vous une émission avec J-C Michéa pour entendre l'autre son de cloche ?
L'article de Lordon "l'impasse Michéa" vous en empêche ? Un peu d'infidélité s'il-vous-plait !

Par St Ayran, le 05/11/2016 à 18h30

d'accord,je comprends mieux! merci! :)

Par laure magnet, le 05/11/2016 à 17h11

Si, mais sa révolte ne "peut" pas grand chose… Elle ne pourra guère produire d'effet dans le monde (sauf s'il trouve moyen de la manifester).

Par Judith, le 05/11/2016 à 17h05

j'ai une question, si on ne peut être révolté sans sortir dans la rue, quelqu'un qui ne peu sortir soit parce qu'il est incapable d'utiliser ses jambes, soit parce qu'il a une forme aiguë de phobie sociale (genre asperger) il ne peut pas être révolté?

Par laure magnet, le 05/11/2016 à 16h22

Oups, désoléE - trop d'émotions !

Par Judith, le 05/11/2016 à 13h35

Bonjour,
Quel sot dans le futur! Le premier 31 novembre du siècle et du millénaire en même temps.
Au moins on aura le temps de la visionner , presque un mois de disponible avant son enregistrement.
Décidément l'informatique va très vite, par contre l'humour et que c'est lent.
Sans rancune, j'espère juste que mon abonnement sera valable le 31 novembre 2016.
Merci pour votre travail, enfin du journalisme "tous supports" et toutes opinions.
Amicalement

Par JK69 LPL, le 05/11/2016 à 13h26 ( modifié le 05/11/2016 à 13h27 )