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A gauche de la présidentielle

Spéciale

Christophe Aguiton, Laurent Lévy

Depuis des mois, la gauche critique - celle qui ne se reconnaît pas dans le prétendu "socialisme" de gouvernement - a manifesté une vitalité spectaculaire, s'incarnant dans la très vigoureuse mobilisation contre la Loi Travail, dans la persistance de la ZAD de Notre Dame des Landes, dans l'expérience inédite de Nuit Debout : des forces ont convergé qu'on n'avait pas vues si dynamiques depuis longtemps, et qui semblaient capables d'ouvrir de nouvelles perspectives.

Mais voici que l'agenda de l'élection présidentielle vient poser sa grille disciplinaire sur cette effervescence politique, et semble sommer chacun de prendre position : en être, ou ne pas en être ? La gauche critique est-elle concernée par cette échéance électorale ? Doit-elle un soutenir un candidat ? Lequel, à quelles conditions ? Peut-on envisager un soutien critique, comme en son temps Sartre voulut faire avec le Parti Communiste ?

Ce sont des questions qui nous agitent, à Hors-Série, et nous avons saisi le prétexte d'un appel à faire Front commun autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon, et de la critique quasi-immédiate que cet appel a suscitée, dans les rangs de la même gauche, pour soulever cette question : que faire de la présidentielle quand on est (vraiment) de gauche ?

Pour explorer cette problématique, deux invités : Christophe Aguiton, l'un des animateurs du mouvement ATTAC France, est l'un des signataires de l'appel pour un "Front Commun" invitant à soutenir la candidature de Mélenchon sans s'enrôler dans les rangs de la France Insoumise ; face à lui, Laurent Lévy, membre d'Ensemble, et auteur d'une tribune publiée sur le site Contretemps, dans laquelle il dénonce cet appel comme une "dangereuse résignation" se repliant derrière un candidat dont il faut au contraire combattre le discours. Lévy et Aguiton sont voisins, dans la vie comme dans les idées ; ils s'estiment, s'apprécient, et se contestent donc avec une vigueur toute amicale : c'est un dispositif idéal pour explorer les contradictions qui divisent la gauche radicale, tant sur la campagne de Jean-Luc Mélenchon en particulier que sur l'enjeu de la présidentielle en général. La discussion est passionnante, galope d'accords en discordes, et l'on aurait volontiers débattu beaucoup plus d'une heure si nous n'avions pas dû libérer l'un de nos invités, appelé à d'autres obligations. Peut-être n'est-ce là que le premier épisode d'une série que nous serons amenés à poursuivre dans les semaines et les mois qui viennent, histoire de peupler cette fichue campagne présidentielle de nos passions politiques propres.

Liens : 

L'appel à "faire Front Commun" autour de Jean-Luc Mélenchon : https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/070916/en-2017-faisons-front-commun

La tribune de Laurent Lévy, "Un cas de résignation politique" : https://www.contretemps.eu/front-commun-resignation/

Bibliographie (partielle) des invités : 

Christophe Aguiton :

Le Retour de la question sociale. Le renouveau des mouvements sociaux en France, avec Daniel Bensaïd, Éditions Page deux, Lausanne, 1997

Le Monde nous appartient, éd. Plon, Paris, 2001 - ed. augmentée Le monde nous appartient : Porto Alegre, Florence, Évian : les acteurs d'une autre mondialisation, éd. 10-18, 2003.

à paraître : La gauche au XXIème siècle, La Découverte, décembre 2016

Laurent Lévy :

- Le spectre du communautarisme, Amsterdam, 2005

- La gauche, les Noirs et les Arabes, La Fabrique, 2010

- Politique hors-champ, Kimé, 2012.

 

 

 

Spéciale , émission publiée le 01/10/2016
Durée de l'émission : 58 minutes

Regardez un extrait de l'émission

Commentaires

35 commentaires postés

écoutez la jeunesse parler : https://www.youtube.com/watch?v=lfXoBO3h7gk
(Tatiana du Fil d'Actu parlant de son expérience dans un parti, le front de gauche je crois...)

J'ai pensé à cette vidéo quand Christophe Aguiton (et un peu les autres sur ce plateau) fait des calculs de combien pèsent tel et tel partis dans une présidentielle... mais justement, il y a bcp de gens (dont moi) qui en ont marre d'entendre des gens ne considérer le poids d'une partie de la population que si celle-ci est dans où est représentée par un parti. Et si l'élection présidentielle n'est qu'une pesée entre partis, et bien il y aura encore, et sûrement beaucoup plus d'abstention.

Par Samuel V., le 04/12/2016 à 23h16

Y a pas à dire, avec des enculeurs de mouches ou autres maringouins de ce niveau la dans notre "camp", le virus Zika peut nous aider a reconfigurer drastiquement le paysage politique.
Suffit de se tenir près d'eux, je réserve ma place tout de suite !

Par Gaston LLORCA-BINOIS, le 28/11/2016 à 14h55

Déçus, très déçus mais au bout du compte pas très étonné.Il est évident que nous ne vivons pas dans le même espace temps.Il y a des gens dans ce pays pour qui quotidien se conjugue avec urgence, qu'il s'agisse de nos million de pauvres, de nos millions de précaires, de nos millions de chômeurs etc...Nous n'avons plus le temps d'attendre , monsieur levy a sans doute les revenus qui lui permettent de se poser le problème de forme, de personne mais pour nombre de français ce n'est pas dans leurs moyens.Je suis en désaccord sur de nombreux sujet avec le programme de la France insoumise néanmoins dans la situation d'urgence actuelle mélenchon représente le seul bélier avec lequel nous pouvons espérer forcé la porte, et pas dans dix ans, tout de suite, le chemin se fera en marchant et pour l'heure il n'est pas encore dessiné.L'élection de blum n'a pas empêché la grève générale.La nous sommes toujours dans l'entre soi qu'il s'agisse de certains de nos intellectuelles, de cadre de parti qui pensent déjà à la soupe de 2017 ou de certains vaniteux irresponsable cadre du parti communiste( allez voir du coté du pays de la fourme d'ambert.

Cordialement

Par nshergui, le 20/11/2016 à 12h10

Très très intéressant ce débat, j'ai appris pleins de choses. Merci !

Par Sopaulin, le 05/11/2016 à 16h27

@totorugo
Votre commentaire rejoint le mien, ce qui me donne à penser "bien vu" en regard du vôtre...
Mais ne pas oublier que nous sommes dans la période où les jours raccourcissent, et que la médecine met en garde contre la dépression saisonnière... Et aussi penser que le cycle des saisons continue même si l'on n'y prête pas attention, et donc que le printemps est inévitablement au bout de l'automne-hiver qui s'installe à ce jour et nous déprime présentement!!

Par Georgina Méliot_1, le 13/10/2016 à 17h13

Je me réjouissais de la perspective de cette émission. Mais quelle consternation ! Je me suis senti méprisé de bout en bout par des messieurs qui s'écharpent sur des querelles intestines. J'ai voté Mélenchon la dernière fois, avec joie et espoir, ni par fascination pour le personnage ni par militantisme, mais parce que je rêvais d'un programme dans lequel le smic augmente, le temps de travail baisse, les salaires soient contenus dans une échelle de 1 à 10 ou 20, les très hauts revenus soient davantage imposés et l'impôt plus progressif, qu'il y ait la possibilité d'un référendum révocatoire, qu'on tente une planification écologique, et ainsi de suite.

Vos invités m'ont paru cracher allègrement au visage de tous ceux qui ont voté pour cela, et qui trouvent évident que la candidature de celui qui a porté ces thèmes sur le devant de la scène (en des heures mornes où elles étaient considérées comme le seul apanage de quelques hurluberlus à côté de la plaque) est la plus logique et la plus réaliste (les années qu'il a fallu à JLM pour "casser la vitrine" médiatique et y faire entendre régulièrement des idées de gauche toutes simples, il les faudra à nouveau à qui que ce soit d'autre ; pourquoi ne pas faire fructifier les siennes ?).

Seulement bien sûr, ces deux messieurs savent tout d'avance : les jeux sont faits et JLM ne sera jamais élu. Autrement dit, toi, moi, là-bas dans ta province, qui vote pour les idées de feu le Front de gauche sans avoir ni le temps ni forcément l'envie de t'impliquer dans tous les détails idéologico-stratégiques qui déchirent ce pan de la gauche, tu n'as aucune chance de quoi que ce soit. Reste donc chez toi, tu ne sers à rien ; tu pisserais dans un violon.

Débat effroyablement castrateur, de mon point de vue. Et si Mélenchon lui aussi s'y met, en snobant Hors-Série sans vouloir en démordre, alors le tableau est complet : c'est l'hiver, et il a une sale gueule.

Par Totorugo, le 11/10/2016 à 20h48 ( modifié le 11/10/2016 à 20h49 )

Bonjour à tous,
Vous êtes quelques uns à exprimer le désir que J.L. Mélenchon soit reçu pour que certains points soulevés dans ce débat soient discutés directement avec lui ; ce serait en effet extrêmement souhaitable. Comme vous vous en souvenez sûrement, notre premier rendez-vous (au printemps dernier) a été manqué : JLM ne s'est pas présenté le jour du tournage, il avait pris un autre engagement, sans que son équipe ne nous en prévienne en amont. Nous en avions été très contrariés, et nous l'avions fait savoir (ce qui n'avait pas beaucoup plu dans son équipe). Depuis, après avoir laissé couler de l'eau sous les ponts, j'ai renouvelé mon invitation pour le recevoir : il est évidemment toujours le bienvenu à Hors-Série. Mais hélas, plus personne ne me répond : il semblerait que nous soyons "fâchés", ce que je regrette...

Par Judith, le 11/10/2016 à 11h35

Merci beaucoup pour ce débat! Ce serait intéressant d'avoir une interview de J.L Mélenchon. Comme d'habitude c'est un plaisir d'écouter les émissions de Hors-Série!

Par véronique SONIER, le 08/10/2016 à 16h56

Non seulement je ne suis pas allé jusqu'au bout , mais j'ai calé au bout de quelques minutes, tellement le discours abstrait de ces intellectuels est confus et indigeste.
Je ne peux donc pas commenter ce débat. Je dirai simplement la conviction que ceux qui font la fine bouche devant la candidature de Jean Luc Mélenchon marchent à côté de leurs pompes. Tout se passe comme s'ils avaient la trouille de prendre le pouvoir ou simplement de s'en approcher. Ils n'ont pas compris que dans notre monde hypermédiatisé, on ne peut pas espérer promouvoir ses idées si elles ne sont pas portées par un leader charismatique. Ils n'ont pas compris que la plupart des électeurs n'entendent rien à la politique et qu'il s'agit de les séduire. Les séduire sans les tromper, bien évidemment.
Les gauchistes devraient réfléchir sur des questions simples et ne pas commettre les mêmes erreurs que les écolos.
Quelles questions simples? La première de ces question qui me vient à l'esprit est : pourquoi les électeurs ne votent-ils pas pour des hommes politique dont ils partagent les convictions ? Aujourd'hui, par exemple, tout le monde ou presque est conscient des dangers liés à la pollution. Pourquoi dans ce cas les candidats Verts obtiennent-ils des scores aussi lamentables ? La réponse me parait claire : parce que les électeurs n'ont pas confiance en eux. Parec qu'ils les perçoivent comme des zozos.
Pourquoi les pauvres, qui sont chaque jour un peu plus pauvres que la veille, ne votent-ils pas pour les candidats de la vraie gauche ? Pour la même raison. Et parce qu'aucun leader ne se dégage de la masse ; parce que les gauchistes sont transparents, invisibles ; parce qu'ils passent leur temps à de bouffer le nez au lieu d'attaquer leurs vrais adversaires ; parce que les citoyens ont besoin de croire en des personnes autant qu'en des idées, conscients qu'ils sont que les puissants sont puissants et qu'on ne pourra les obliger à partager leur richesses que si la vraie gauche constitue pour eux une menace et leur inspire de la crainte. Si la gauche veut combattre le pouvoir ne place, elle ne doit se priver d'aucune arme et se donner le droit d'utiliser celles que la droite utilise sans vergogne, notamment celles de la propagande, laquelle utilise autant la force des images que celle des idées.
Ceux qui se méfient de Jean-Luc Mélenchon sont des idéologues puritains qui mésestiment son talent et laissent passer une réelle opportunité de faire sortir la vraie gauche de son marasme.

Par Papriko, le 07/10/2016 à 19h40 ( modifié le 07/10/2016 à 19h50 )

Être enrôlée de fait,avec ceux qui sont d'accord avec le contenu du débat parce que ils sont allés jusqu'au bout , et qu'ils n'ont pas fait de commentaires, ça c'est trop!. Je n'ai pas fait de commentaires par fatigue mais je partage la plupart des critiques et notamment la dernière signée Maunoir Chardonnel. Quant à ceux qui proposent de se reporter à un débat de 2011, il me semble qu'il s'est passé des choses depuis... Je renouvelle mon souhait d'un débat sur ces questions avec l’intéressé, mis en cause.

Par monique A, le 07/10/2016 à 11h04

Bon ben moi non plus! je suis pas allé au bout. Il y a belle lurette que je vais plus aux réunions politiques à cause de ce que je viens de voir là devant mes yeux; Judith d' habitude si claire si tranchante. La voir se noyer dans le fumeux du discours intellectuel qui se perd, qui s'écoute parler, qui pour dire des choses simples vont chercher des mots alambiqués,boudiboulga tout ça, bien désincarné, désolé! je peux pas!. Il y a des séances de psychanalyses qui se perdent.

Par Maunoir Charbonnel, le 06/10/2016 à 10h43

L'ENFANT ET LE MAÎTRE D'ÉCOLE. Lafontaine

Dans ce récit je prétends faire voir
D'un certain Sot la remontrance vaine.
Un jeune Enfant dans l'eau se laissa choir,
En badinant (1) sur les bords de la Seine.
Le Ciel permit qu'un saule se trouva
Dont le branchage, après Dieu, le sauva.
S'étant pris, dis-je, aux branches de ce saule,
Par cet endroit passe un Maître d'école ;
L'enfant lui crie : Au secours, je péris.
Le Magister (2), se tournant à ses cris,
D'un ton fort grave à contretemps s'avise
De le tancer (3) : Ah le petit Babouin (4) !
Voyez, dit-il, où l'a mis sa sottise !
Et puis, prenez de tels fripons le soin.
Que les parents sont malheureux, qu'il faille
Toujours veiller à semblable canaille (5) !
Qu'ils ont de maux ! et que je plains leur sort !
Ayant tout dit, il mit l'Enfant à bord (6).
Je blâme ici plus de gens qu'on ne pense.
Tout babillard, tout censeur (7), tout pédant (8),
Se peut connaître au discours que j'avance :
Chacun des trois fait un peuple fort grand ;
Le Créateur en a béni l'engeance (9).
En toute affaire ils ne font que songer
Aux moyens d'exercer leur langue.
Hé mon ami, tire-moi de danger ;
Tu feras après ta harangue

Par Gauthier R, le 06/10/2016 à 09h24

Cela fait plaisir à voir. Que l'organisatrice du débat, Judith, connaisse si bien le sujet et le débat n'en est que plus intéressant.
Je n'ai pas grand-chose à ajouter. Mais sachant que les internautes ne prennent le temps d'écrire dans les commentaires que lorsqu'ils ne sont pas contents, je me disais que ça doit être pas mal frustrant. Alors voilà : super !
Mais j'imagine que vous avez la possibilité de voir la part de vos abonnés qui ont vu la vidéo et la part de ceux qui sont allés jusqu'au bout. Il faut toujours donner plus de poids à ce que font vos utilisateurs qu'à ce qu'ils disent. Parole d'ergonome.

Par SirDeck, le 05/10/2016 à 21h10

C'est vraiment affligeant d'entendre l'ultra gauche discourir entre elle . Le meilleur, entendre C Aguiton rassurer L Lévy : "Mélenchon n'a aucune chance de gagner". Oui ils sont finalement d'accord sur tout si ce n'est que l'un est plus hypocrite que l'autre puisqu'il fait semblant de le soutenir avec des pincettes comme "carburant pour le mouvement social".
Le peuple qui espère n'a qu'a aller ce faire voir.Depuis le temps qu'il attend un changement il peut bien attendre encore. Ah c'est vrai que le peuple rime avec populisme et que c'est vraiment pas beau çà .
Et puis le peuple il vote mal de toute façon y a qu'à voir le Brexit voté pour des mauvaises causes ( oui ils le savent ils étaient dans la tête des gens )rien que des racistes etc.
Moi qui ai soutenu le mouvement Attac en 2005 qui ai voté non au référendum, je suis plus que déçue par l'évolution du mouvement altermondialiste .
Donc on résume , Mélenchon c'est un peu Le Pen : nationaliste, populiste, xénophobe et faute suprême il a souhaité la victoire de Poutine par rapport aux fous de Daesh .Quelle horreur, tous les médias nous le disent depuis plus de trois ans et encore un peu plus actuellement, poutine c'est un dictateur, c'est Hitler et ses bombes ne sont pas des bombes intelligentes comme les bombes françaises et ameéricaines, elles tuent .
je n'ai pas eu le courage d'aller jusqu'au bout de l'échange . Amusez vous bien entre vous, garder votre orthodoxie à la con . Je voterais Méluche .


Par zulod, le 04/10/2016 à 12h42 ( modifié le 04/10/2016 à 12h46 )

Dans le sens d'Annie HUET, la partie du discours de Mélenchon à Boulogne concernant les migrants, ça dure 10 minutes : https://www.youtube.com/watch?v=QzurRkp0khA

J'ai aimé "le vote Mélenchon comme carburant pour le mouvement social" (Aguiton) et aussi "l'impossibilité de la critique dans le soutien critique pendant une campagne présidentielle" (Lévy).

Comme dit par Judith dans une table ronde sur le tirage au sort au cours du Remue-méninges du Parti de Gauche en 2015, un nœud réside dans l'impossible (?) résolution de l'équation suivante : Comment faire rentrer l'horizontalité et la démocratie radicale dans une campagne électorale la plus verticale et personnelle qui soit.

Il me semble que Mélenchon est meilleur que les autres candidats de gauche "critique" de ces dernières décennies justement parce qu'il ne se défend pas de jouer au candidat présidentiel (la fonction la plus diabolisée à gauche lorsqu'elle est assumée avec un horizon de victoire ou d'hégémonie électorale) ET parce qu'il défend la 6ème république par la constituante, "prenez le pouvoir", le pouvoir des assemblées citoyennes locales (cf. Venezuela...).

L'ouverture d'esprit, l'inflexion théorique, le changement de paradigmes par l'argumentation rationnelle ne sont pas des idées abstraites ou de marketing politique chez Mélenchon, en témoignent les 3 exemples suivants :
- Judith parle du "tirage au sort" qui a infusé ces dernières années au sein du PG, du M6R et chez Mélenchon. Elle a été à l’œuvre et au combat idéologique pour ça et sa parole est portée et soutenue chez les militants.
- Pour ma part, je peux témoigner du travail de fond et du chemin écologiste parcouru au PG avec l'ouverture aux thèses décroissantes de Paul Ariès notamment (Corinne Morel Darleux et Martine Billard en chevilles ouvrières). Le fait que Mélenchon abandonne la terminologie de la "croissance" et fasse de l'éco-socialisme la matrice idéologique de sa pensée est une preuve à mon sens de l'honnêteté de la démarche d'ouverture à l'origine de la création du PG (parti dit "creuset").
- On peut citer le travail fait et les évolutions (toujours trop lentes pour les militants) sur la question de l'euro avec l'influence majeure du courant protectionniste (Bernier, Lordon, Ruffin...), le sommet du plan B etc, malgré tout ce qu'il y a à redire.

Tout ça pour dire qu'à mon sens, Mélenchon réfléchit et amende honnêtement ses positions politiques à la lumière des argumentations et des rapports de force théoriques qu'il rencontre dans son camp (mais le plus souvent totalement hors champ médiatique).

Cependant, de l'extérieur, on n'y croit pas. La remise en question et l'analyse critique de ses positionnements idéologiques apparaissent contradictoires avec l'image médiatique d'un Mélenchon assertif et dogmatique.

Et à part raconter le parcours idéologique effectué de l'intérieur, rien n'a d'effet sur mes interlocuteurs de gauche aspirants à l'horizontalité (pour le dire comme ça) : c'est un "autocrate de gauche", "Bonapartiste populiste" etc.

J'avoue qu'après les mois de mouvement social cette année et l'expérience NuitDebout (et ses centaines de rencontres souvent à l'écart des organisations veticalisantes), je ressens à cet instant une certaine difficulté à aller défendre cette voie là (faire la campagne de Mélenchon), comme si dans ma (nos) tête(s), on était déjà passé à autre chose et que la dose d'horizontalité dans sa candidature n'était plus à la hauteur des attentes soulevées.

Dit autrement, j'ai le conatus révolutionnaire euphorique qui vise l'adage JudithBernardien "sortir du capitalisme par la démocratie radicale" et je sens mon angle alpha d'avec le désir maitre #JLM2017 s'ouvrir inexorablement...
A moins que je ne reconsidère #JLM2017 comme l'inéluctable capture verticale, l'imperium progressiste présidentiel :)

#Lordonmaradicalisé

Par Spawn, le 03/10/2016 à 23h27 ( modifié le 03/10/2016 à 23h31 )

je suis d'accord pour souligner la mauvaise foi des deux participants, en particulier de L.Lévy qui tronque et détourne les propos de JLM. Pas un mot sur son engagement à remettre en question son élection, réduction de sa parole sur l'accueil des réfugiés, soupçon ridicule de xénophobie. Face à LL, un C.Aguiton pusillanime. C'est une gauche molle qui s'est donnée à voir ici.

Par siska, le 03/10/2016 à 20h22

Qu'il est beau de rêver une gauche radicale harmonisée dans sa diversité,maîtrisant son horizontalité dans un foisonnement de masses nuitdeboutisées...mmmh, c'est beau, c'est bon , c'est grand...après-demain peut-être...mais aujourd'hui l'impact de nuit debout , de la lutte contre la loi Travail, il est où ? un "frémissement" (!!!!)? alors bon sang de bonsoir, qu'est-ce qu'on fait? Mélenchon élu aurait-il le pouvoir de la reine des neiges? celui de nous congeler définitivement? ou bien serait-il une étape, la seule à se présenter aujourd'hui, mais une étape seulement vers la perspective ci-dessus rêvée qui se construira avec ou contre lui une fois expulsés du pouvoir immédiat la droite, le PS et le FN ?

Par siska, le 03/10/2016 à 20h14

Les deux intervenants sont au fond d'accord. Ils ne diffèrent que sur les modalités de recomposition de la gauche. L. Lévy ne souhaite pas soutenir Mélenchon pour qu'il ne devienne pas le personnage central de cette recomposition, C. Aguiton le soutient pour que le score honorable qu'il lui prédit puisse "redonner le moral" au mouvement social et entretenir une dynamique positive. Mais tous les deux n'en font pas un élément central de cette recomposition et semblent s'accorder sur leur detestation du caractère "Bonapartiste" de Mélenchon.

Ces échanges m'évoquent deux commentaires principaux:
1/ Beaucoup de simplification et d'approximation dans leur retranscription des positions de Mélenchon pour en faire la critique. Davantage pour L. Lévy mais également chez C. Aguiton. Une mauvaise foi manifeste qui affaiblit leurs propos
2/Je suis les discours de Mélenchon depuis plusieurs années maintenant et, sans être d'accord sur tout, j'apprécie beaucoup son effort pédagogique pour édifier son auditoire, c'est à dire pout le rendre à même de se forger sa propre opinion. Il donne bien sur sa propre interprétation, mais ses auditeurs en ressortent souvent grandis par les raisonnements ou les éléments qu'il a explicités. Par conséquent, la critique de Bonapartisme ne me semble pas vraiment porter: soit il ne l'est pas et cette critique est sans objet, soit il l'est dans sa pratique du pouvoir mais se heurtera bien vite à ses élécteurs qu'il exhorte en permanence à penser par eux-mêmes et qui ne se rangeront pas automatiquement derrière son avis.

En définitive, je ressens une certaine tristesse devant les préventions de certains compte tenu de la souffrance actuelle de ceux qu'une victoire de JLM pourrait soulager, sans même parler des enjeux environnementaux!

Par Maryse Vidal, le 03/10/2016 à 16h29

Il me semble que c'est un débat assez éclairant, non sur JLM, mais sur un certain "état" de la gauche critique qui pourrait se projeter sur les positions des deux intervenants, et non seulement sur leur positionnement, mais sur les présupposés sur lesquels ils s'appuient et qui ne sont pas totalement explicités ici, surtout en ce qui concerne Laurent Levy...
Ce monsieur reproche essentiellement à JLM, tous sujets confondus, son incapacité à évoluer, ses non remises en cause de ses pensées, alors que l'on sent dans son discours(celui de LL sur le plateau de HS), sa propre incapacité à admettre qu'il puisse en être autrement que ce qu'il exprime. Et il y aussi ses généralités, ses approximations qui lui permettent momentanément d'avoir "le dernier mot" au sujet de JLM... C'est tout bonnement inacceptable, voire odieux, que l'on soit par ailleurs pour ou contre la position de Christophe Aguiton.
Ma remarque sur ce dernier portera plus sur le style de ses prises de paroles que j'ai trouvés gênant pour suivre ses pensées : le fait que son temps soit peut-être compté ne justifie pas la rapidité de son débit qui m'a obligée souvent à réécouter ses interventions pour suivre ses développements ! l'avantage de l'enregistrement !
Bref, en ce qui me concerne, un débat qui ne fait pas avancer le "schmilblik" et qui fige la représentation que je peux avoir de la gauche critique jusqu'à présent...
J'ose penser qu'elle n'est pas réductible à cela !

Par Georgina Méliot_1, le 03/10/2016 à 15h23

Je continue mon propos que j'ai interrompu drastiquement par une fausse manoeuvre, Je disais donc qu'il n'a sans doute pas entendu JLuc Mélenchon dans son discours de Boulogne sur Mer : https://www.youtube.com/watch?v=L0zosTKacRs&feature=em-u Je l'y invite, ça lui éviterait de dire des contre-vérités, notamment sur les migrants à propos de Mélenchon ! Et puis sachez que "ils sont tous pourris mais y'en a certains beaucoup moins que d'autres" !! Et à ne rien choisir, on choisit le pire non ? Ces débats, sur le fond, m'affligent et me désespèrent. Vous proposez quoi et qui 'autre, M. Levy pour sortir de l'horreur dans laquelle nous vivons ? J'en ai marre. Seul Mélenchon avec tous les défauts que vous lui trouvez, Lui me fait encore un peu rêver,me donne l'envie de bouger, il a de l'énergie, l'âme d'un poète, une grande culture, un talent indéniable et vraie sincérité et le connaissant un peu, beaucoup d'écoute contrairement à ce que vous assenez, de respect de l'autre et ça me va. je préfère ce "Napoléon" là que votre RIEN alors qu'on est dans l'urgence politiquement et écologiquement !! Je suis derrière Mélenchon car je l'ai un peu pratiqué et je crois en ses idées proches des miennes. Les détails sont dans ses ennemis. beurk. Et comment osez vous parler de xénophobie en parlant de Mélenchon, c'est honteux ! ça me hérisse le poil. C'est faire fi de toutes ses positions, de ses écrits, de ses prises de position. Vous n'êtes pas crédible M. Levy.

Par Annie HUET, le 02/10/2016 à 19h39

Intéressant débat, un peu énervant, tant il y aurait à rectifier d'assertions inutiles et fausses. Surtout de la part de Laurent Levy. Christophe Aguiton est beaucoup bienveillant et ouvert.Il n'a sa

Par Annie HUET, le 02/10/2016 à 19h22

C'est vraiment déprimant, déprimant, déprimant, au secours. Désolé d'être simpliste mais sans changement de paradigme, avec nos petites mobilisations et autres démarches individuelles, on va se faire laminer la tronche et ce de plus en plus.

Les gens qui crachent sur JLM feignent-ils de comprendre qu'il s'agit d'une démarche hors parti, dont l'objectif est le dépassement justement de sa propre personne (constituante), et le dépassement de l'électorat complètement moribond et déclinant de la gauche ? Les gens se rendent-ils compte des forces réactionnaire à l'oeuvre, en face ? Sans changement radical et immédiat, le changement climatique aura la peau de l'humanité. Et les gens se paluchent sur des primaires pour se répartir 3% des voix ????? Cela me met hors de moi. Réveillez-vous !! Il ne s'agit évidemment pas de se mettre en rang derrière JLM, ce n'est pas la question !

Par Mahendra Tallur, le 02/10/2016 à 17h56

Des institutions détestables ? wow ça commence sur des chapeaux de roues.
Je trouve plutôt les leaders des instituions "détestable" (et encore je préfère les termes: médiocre ou bas) .

SI on pense que les humains sont important, cela pose plutôt la question de l'usage de notre droit de vote plus que de l'institution (fruit de millenaire de reflexion, imparfaite mais pas détestable) .

Croire que une institution peut se passer de la qualité des hommes qui la compose est un fantasme post moderne, presque transhumaniste : L'algorithme parfait, le programme sans faille, la structure se passant de l'humain .

Donc pas étonnant que si on présuppose que d'un coté on a des institution détestable (en gros une histoire détestable, des concepts détestable, une histoire de la pensée détestable) , et de l'autre coté " une bouillonnante société civile de gauche", innocente de tout, blanche comme des agneaux, intègre complètement (integriste ??); alors bien sur que la conclusion sera le mal est dans les institutions et non dans le vote .

Moi je pense l'inverse , au delà du blabla, dans la vie, il reste nos actions .

PS: plein de contre sens factuel. Ecole payante ?? ou ca ? au usa??? n'importe quoi . Non au USA il ont un mélange privé et publique, comme on est en train de monté partout dans le monde pour tout ( train, énergie, eau, assurance santé, autoroute payante avec national gratuite, formation des chomeurs etc ) .
Mais personne n'oserait faire l’école payante ,

l’école pourris et gratuite est bien moins polémique.

source amusante : charters school de john oliver : https://www.youtube.com/watch?v=l_htSPGAY7I

Par Gauthier R, le 02/10/2016 à 13h31 ( modifié le 02/10/2016 à 14h53 )

Très intéressant ce débat, j'espère qu'il y en aura d'autres du même tonneau ! La question posée (mais pour qui pour quoi donc voter ???) reste pertinente, on a besoin d'aide pour démêler ce gros tas de nœuds !

Par EmMe, le 02/10/2016 à 13h13

C'est ça la gauche "critique" ?
Il y a un discours simpliste de part et d'autre qui me dérange... Réduisant les spectres de la palette entre le gris froncé et le gris clair. Qui revient à dire, d'une part il ne faut pas voter Mélenchon parce qu'il tient des propos xénophobes, a une posture bonapartiste et d'autre part, Mélenchon ce n'est pas la panacée, mais à l'heure actuelle c'est le seul qui tient un discours cohérent sur le social et l'environnement et donc voter pour lui ce serait donner de l'espoir aux mouvement sociaux.

Bon... Vous conviendrez que ces deux visions ne donnent aucune envie de les écouter plus.

A NDDL, on n'a pas attendu Aguiton pour être au taquet et le combat continuera même si Mélenchon fait 5% avec la même détermination. Au Larzac ça a pris 10 ans. Certes c'était un autre contexte politique et économique, mais les mouvements sociaux n'ont pas besoin de "carburant" pour continuer et grandir.

Et Lévy est tellement caricatural dans sa description de Mélenchon qu'il en devient inaudible. Oui, Mélenchon est tout ce qu'il décrit mais il est aussi plein d'autres choses, et même si sa sortie sur les migrants est malheureuse et condamnable, le réduire a ça est d'une malhonnêteté intellectuelle incroyable.

Et encore heureux qu'il y a 3 autres candidats à gauche qui enrichissent la pensée multiforme de la gauche réellement critique.

Par Eeleria, le 02/10/2016 à 11h58

Très beau débat !

Par Jean-Michel Guiet, le 02/10/2016 à 01h45

Aucune nuance, comme d'hab' dés que la gauche parle stratégie chacun se gargarise d'avoir les mains propres. Bravo les gars, elles sont biens blanches vos mains, elles sont de gauche. Allez faire des prime-time piégé dans un dispositif médiatique pervers, allez discourir cinq petites minutes dans cette parodie de parlement Européen où personne ne vous écoute de toute façon, allez vous frotter à Sarko ou à Lepen sur BFM pour leur expliquer notre histoire et notre fierté à nous la gauche... Ah non. Il faut garder les mains propres. Et nos comités de quartiers, continuons à les faire, la 5e tremble sous ses bases. Je dis cela alors que je partage beaucoup de analyses qui sont faites, mais ce ton si spécifique à la gauche dés qu'il s'agit de dégommer une stratégie qui marche est juste horripilant. Y'a jamais rien qui va.

Le point d'orgue est atteint lorsque qu'à 52:50, Mr Levy, qui quoiqu'il puisse dire des choses intéressantes, nous offre sa vérité du Mélenchonisme : "de toute façon, méluche il change d'avis tous les quatre matins". Gravez sur un marbre : Mélenchon est un abruti opportuniste doublé d'un menteur mégalomane. C'est sidérant de mépris ! Merde, Mélenchon je suis pas du tout un inconditionnel, mais lui dénigrer systématiquement le droit d'avoir un agenda politique, une pensée cohérente et une stratégie d'action pour le réduire à l'épiphénomène de l'individu stupide et narcissique est simplement grotesque. C'est grotesque parce que quiconque écoute et regarde avec un peu de discernement comprend ce qu'il se passe dans la boutique. C'est assez simple pourtant : mélenchon est un pur produit de la cinquième république qui propose d'en finir avec cette dernière non pas en incarnant l'avenir de la gauche, mais son passé. Voilà ce qu'est mélenchon, un parfait homme du passé avec toute les méthodes et le reste que cela implique. Un homme qui doit vivre sa condition de leader de la gauche française (ce qu'il est objectivement) avec un sens tragique de l'histoire. Il le sait (et il le dit). Il sait aussi que la posture de la providence, c'est le seul moyen de gagner l'élection présidentielle (et c'est le seul, les institutions sont foutues comme ça, que voulez vous) et que cette dernière est la seule chose qui compte dans notre pays. Pas de fauteuil du roi = nada. Et il a raison sur ce point stratégique, le reste c'est du bavardage.

Ce qui est désolant, ce ne sont pas les critiques que l'on attribue à Mélenchon sur ses prises de positions publiques ou sur sa stratégie : elles sont légitimes, j'en partage la plupart et j'en remettrais une louche bien volontiers. Mais arrêtons d'en faire le croque-mitaine ! Sérieusement, si je ne connaissais pas ses idées, son personnage, et que je le ne lisais pas accessoirement, j'aurais presque l'impression au sortir de cette émission qu'une sorte de cryto-fasciste énervé se cacherait derrière une horde d'illuminés sectaires de gauche prêt à remettre le stalinisme made in france au goût du jour et à jeter les immigrés dans la mer. Et là, on touche la vérité du gauchisme dans toute sa splendeur, celle qui nous rendra toujours perdant dans les luttes institutionnelles et qui me dégoute de tous les mouvements auxquels je participe (y compris nuit debout) : mettez deux militants de gauche du même avis dans une salle, ils vont quand même trouver à faire bande à part en appuyant sur des détails afin d'assumer seul ce qu'ils pourraient faire à deux avec plus de force. Y'a jamais rien qui va. C'est toujours "pas comme ça qu'il faut faire". Bah vas-y coco, essaye pour voir. Et essaye pendant qu'on te canarde dans le dos.

C'est trop demander d'avoir l'esprit dialectique dans la lutte ? Ça semble stupide de voter pour un type qui convoque une constituante et qui se casse pour aller pêcher une fois celle-ci terminée ? C'est trop demander d'avoir des intellectuels de gauche qui tiennent la route et qui aillent porter la gauche au combat plutôt que des jeteurs de pierres même pas foutus de viser les bonnes cibles ? Nos ennemis eux savent faire corps ! Ils ont la souplesse d'esprit de comprendre qu'une alliance sur des objectifs communs, ce ne sont pas des blancs-seings béats et staliniens. Ils savent se retirer quand ça ne va plus, avoir des garanties, constituer des rapports de forces etc. Pas nous. On reste comme des cons à débattre si oui ou non il faut soutenir tartempion ou qui sais-je. On s'en fout de Mélenchon, on veut changer de monde, pas le subir en permanence. Vous ne nous aidez pas les intello ! Bon, je vous laisse. Je vais remplir les papiers pour mon prêt étudiant puiqu'aujourd'hui il faut payer 40.000 balles pour avoir un taf décent. Au vue de ce débat, ce genre de choses ce n'est pas prêt de s'arrêter.

Par Paul Balmet, le 02/10/2016 à 01h13

On est perplexe. On est sidéré. Lévy est tout contre Méluche à cause des morts en Méditerranée, Aghulon est contre tout en étant pour, tandis que notre modératrice, dieu-logos soit loué, essaye de les rendre un peu plus... logiques! Oh! Méluche estime que Poutine a raison de taper les fous de dieu en Syrie, mais pour Christophe c'est "une ligne rouge" (devinez à qui on pense?) Aurait-il préféré voir lesdits fous à Damas comme on les a vu et les voit encore à Tripoli? Pense-t-il que le gaz sarin à la Ghouta c'est le "boucher de Damas" alors que les amerlos du MIT ont démontré le contraire? On n'en finirait plus de ridiculiser les finasseries de ces deux amateurs.
Le "boats people" doivent être accueillis par "humanisme"? Depuis quand la politique est-elle humaniste? Et ces boats people c'est qui qui nous les envoie, le saint esprit ou la Cia? D’où sortent ces deux comiques qui écrivent des livres à la Fabrique (ô tolérance de l'éditeur qui doit être aussi un "ni-ni"? Ni Méluche, ni Marine, na!)... J'ai pas pu aller au bout... Deux intellos fatigués qui brouillent les cartes un peu plus. Le vrai problème que personne n'aborde, c'est: que fera Méluche de ses 15 ou 16%, quand Marine en fera 26?

Quant à savoir comment la gauche se "recomposera" après, c'est simple, elle se recomposera au cimetière et tous les tièdes qui auront réfléchi comme nos deux lascars iront prendre leur retraite au Maroc où le climat est doux, demandez à BHL...
On espère que dans la campagne "Hors série" produira autre chose que ces deux ramollis, sauf votre respect messieurs!

Par marc gébelin, le 01/10/2016 à 22h23

Bonjour,
Je retiendrai surtout le raisonnement par l'absurde de Christophe Aguiton qui nous montre que le seul vote utile est celui en faveur de Mélenchon.
J'écrivais ce matin sur Facebook : "Deux questions fondamentales pour les présidentielles :
- Quel est le candidat qui nous propose un changement radical ?
- Quel est le candidat, de la gauche radicale, qui a le plus de chance d'apporter ce changement ?"

Si les politiques et leur parti ne parviennent pas à se mettre d'accord et ont des comportements imbéciles, les électeurs, de leur côté, peuvent agir intelligemment et voter JLM (insoumis ou pas, syndicalistes ou pas, adaptes du PCF ou pas...). Les Lévy et consorts pourront toujours dans le processus constituant mettre en avant leurs idées et faire disparaître la fonction de président de la République ou la faire tirer au sort ;-)
Cordialement,

Par jacques soyer, le 01/10/2016 à 17h55

Énervé, je réécoutais l'entretien et je trouve sidérant comme les deux autres intervenants s'écrasent dés que Laurent Lévy sort ses arguments ultimes : Mélenchon aime la France (donc xénophobe chauvin, donc presque d'extrême droite, non je le dis pas mais je le dis...) Ce petit terrorisme intellectuel du Bon Internationaliste qui fait fermer sa gueule à toute personne se demandant si la nation pourrait pas être un moyen de se défendre contre les attaques incessantes de ce Marché vorace, ça aussi ça m'insupporte. C'est aussi une moraline impensée ça. Avec le "c'est moi qui pisse le plus loin dans la radicalité". 'Fais chier ces putains de postures intimidantes, et surtout, surtout, paralysantes!

Par GaM, le 01/10/2016 à 17h50


La chance perdue de Mélenchon

Il aurait pu être le « Mujica » français, à l’instar de l’ancien président de l’Uruguay, le rassembleur, l’homme de la gauche, la vraie, celle de la justice sociale, du respect de l’autre, de la solidarité. Il en a toutes les qualités : le talent, la culture, l’intelligence, la présence. Avec deux défauts : la suffisance et l’arrogance.

Jean-Luc Mélenchon s’est autodétruit. Certains rappelleront son admiration pour François Mitterrand, d’autres son passé trotskyste, sa complicité amicale avec Lionel Jospin. Ceci explique peut être cela. Pourtant, l’explication première n’est-elle pas dans l’égo démesuré du personnage et son anticommunisme camouflé, selon les circonstances, et revenant régulièrement à la surface ? L’inverse de Mujica.

Un micro caché l’avait surpris à la fin d’une émission de radio déclarant que les communistes « il en a rien à foutre ». Puis, des amabilités à l’égard des cocos parisiens, des « pleutres », selon lui. Et récemment d’affirmer concernant les récentes élections législatives en Espagne : « Du moins suis-je débarrassé des parallèles à propos de l’alliance avec les communistes qui semble avoir coûté si cher à Podemos. » Cerise sur le gâteau, une perle : « L’Europe, on la change ou on la quitte », à la manière de Sarkozy « La France tu l’aimes ou tu la quittes ». Il y a entre ces deux hommes d’étranges convergences. Dans la forme, s’entend.

Dommage. J’en connais plus d’un qui, comme moi, sur la base d’objectifs discutés et partagés n’auraient pas hésité à travailler pour le succès de la candidature Mélenchon dans le cadre d’un front de gauche élargi. Trop tard. L’homme s’est dévoilé.

José Fort
http://josefort.over-blog.com/2016/07/la-chance-perdue-de-melenchon.html

Par morvandiaux, le 01/10/2016 à 17h45

Bonjour,
Mélenchon ne dit pas : " ne venez pas, mais il faut supprimer les raisons du départ". Ce n'est pas une nuance, c'est primordial. Il insiste sur le fait que tous ces départs sont de toutes façons des déchirements. Des constats d'échecs. C'est triste, voire lamentable d'entendre un intellectuel ne pas même esquisser la nuance. A Merkel il n'a pas reprocher les 800 000 accueillis, mais il demande "Et l'an prochain, et après...". J'ai l'impression d'entendre un journaliste de "C dans l'Air" au cours de mes zappings; pas impossible qu'il y soit invité un jour. Tant que JLM dira ce que je pense mieux que je ne l'exprime, je voterai JLM. Cela ne m'empêche pas de soutenir financièrement aussi le NPA. Ne pas dire "venez venez, ne pas dire ne venez pas"": avec la horde des chiens de garde, succès garanti. "Il condamne des gens à mort"! Dire que JLM favorise la xénophobie c'est aussi insultant que de dire que Lévy est con, carrément con. Quant à l'expression "qui volent le pain ..." c'est une reprise moqueuse, mal exprimée au point de vue intonation, de l'abject discours dressant les humains les uns contre les autres. Que quelqu'un qui entend JLM pour la première fois en reste au mot à mot, soit. Serait-ce le cas de M. Lévy ? Avec des non soutiens pareils, JLM aura du mal à être élu. Avec eux, on a la critique mais clairement pas le soutien. Bon courage Judith Bernard.

Par JP77, le 01/10/2016 à 17h16

Mélenchon et le "patriotisme économique" (vers 21' dans la vidéo) : https://www.google.fr/search?q=melenchon+patriotisme+%C3%A9conomique&oq=melenchon+patriotisme+%C3%A9conomique&aqs=chrome..69i57.7776j0j7&sourceid=chrome&ie=UTF-8#q=melenchon+%22patriotisme+%C3%A9conomique%22

Ah oui, on trouve l'expression dans son blog, entre guillemets : http://www.jean-luc-melenchon.fr/arguments/alstom-plus-de-trois-ans-davertissements-et-de-luttes/

Bref...

Par atailgofr, le 01/10/2016 à 17h11 ( modifié le 01/10/2016 à 17h13 )

j'hésitais : je me range derrière les avis de Laurent Lévy malgré ses DEUX contradicteurs, je ne voterais pas pour un auto-proclamé, pour un "sauveur suprême" pour un ersatz gaullien...l'objectif de JLMélenchon c'est de dépasser Hollande et de continuer le travail de Mitterrand en réduisant encore le PCF (qui l'a fabriqué...comme Mitterrand)

ET LES LEGISLATIVES ? aux oubliettes...merci Chirac-Jospin.

La gauche va dans le mur en klaxonnant : c'est dès maintenant qu'il faut penser l'après, et c'est par la rue que çà se passe !

Par morvandiaux, le 01/10/2016 à 16h39

eh ben on a pas le cul sorti des ronces avec ça! Mélenchon est autoritaire (ok), national populiste xénophobe (enfin je le dis mais je le dis pas mais je le dis quand même), ce qui sous-entend que moi, qui vais voter pour lui sans doute, je le serais aussi un peu sans doute. Mais que je ne m'inquiète pas! Mélenchon va perdre! Cool! J'oubliais que nous, on tire toujours à blanc!


Nos adversaires -qui, eux, ont les armes chargées- peuvent bien se marrer, nous sommes en effet redoutables -pour nous mêmes. Quand nous aurons fini d'enculer nos armées de mouches, peut-être tenterons-nous un truc (oui mais voterons-nous ou tirerons-nous au sort? Là est Le dilemme). A part ça, en Province, les services publics continuent leur délabrement, ma fille va dans un lycée pourri dont le chantier ne finit jamais, n'a toujours pas ses emplois du temps définitifs, et pour moi toujours moins de TER pour aller au boulot, etc etc...
J'espère que vous vous amusez bien.

Par GaM, le 01/10/2016 à 15h27