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Musique et Allemagne nazie

Diagonale Sonore

Elise Petit

Co-écrit par Elise Petit et Bruno Giner, le livre Entartete Muzik, musiques interdites sous le IIIe Reich (Bleu nuit, 2015), présente un panorama de ce que le nazisme a fait à la musique. Alors que, sous la République de Weimar, la modernité battait son plein avec le mouvement Dada, l'invention de la musique sérielle par Arnold Schönberg ou la synthèse entre musique savante et chanson populaire imaginée par Kurt Weill, l'arrivée au pouvoir de Hitler met brusquement un terme à cette épiphanie. Le réseau musical allemand est démantelé, de très nombreux compositeurs et musiciens sont déportés ou, quand ils le peuvent, partis en exil. Le IIIe Reich remplace cette vie culturelle qu'il déteste par une autre, plus adaptée à son idéologie. Elise Petit raconte comment l'art devient alors totalement dépendant de la dictature. On comprend comment les grandes orientations de la musique savante du XXe siècle ont été largement influencées par les événements politiques, et on plonge dans la vie musicale intense du IIIe Reich, des chants populaires détournés à des fins de propagande aux concours de composition nazis, en passant par les orchestres des camps de concentration.

Bibliographie

Josh Jones, "The Nazis' 10 Control-Freak Rules for Jazz Performers", Open Culture, 28 mars 2013, URL : http://www.openculture.com/2013/03/the_nazis_10_control-freak_rules_for_jazz_performers_.html

Elise Petit, Bruno Giner, Entartete Musik, Bleu nuit, 2015

Elise Petit, "Musique et dissolution de l'individu dans les chants pour la jeunesse en Allemagne nazie", Filigrane n°10, "Sur le rythme", 2009, p. 101-114

Alex Ross, The Rest is Noise, Actes Sud, 2010

Diagonale Sonore , émission publiée le 20/08/2016
Durée de l'émission : 92 minutes

Regardez un extrait de l'émission

Commentaires

16 commentaires postés

avec le recul du temps on n'a l'impression de durant la période nazie, la vie culturelle fut sombre et chétive. le grand intéret de cette émission est de rappeler que pendant cette période, la musique en particulier, fut tout le temps présente, ce qui rend encore plus cyniquement lugubre le destin des millions de morts, victimes des nazis.

Par luc lefort, le 16/02/2018 à 09h28

Juste une petite précision au sujet de l'opéra des Margraves montré en photo : le libellé indique que c'est le lieu choisi par Wagner, ce qui pourrait laisser croire que c'est dans cet opéra que se passe le festival de Bayreuth, alors qu'il avait fait construire le Festspielhaus pour son festival, construit dans une toute autre optique, tout pour la musique, rien pour l'apparence (pas de dorures). le but était de venir écouter la musique, pas de se faire voir bien habillé ...

https://fr.wikipedia.org/wiki/Palais_des_festivals_de_Bayreuth

Par Helene Prasini, le 27/01/2017 à 16h47

Un régal pour mes neurones !

Par Jean-Michel Guiet, le 22/10/2016 à 15h57

Une recherche et une érudition captivante. Une précision dans l'analyse et la démonstration qui a du nécessiter un travail de recherche colossal.
Un grand merci pour cette émission. Un entretien qui trouverait bien sa place sur Arte pour décupler sa diffusion.

Par Dominique LAB, le 09/10/2016 à 19h27

Merci pour cette super émission.

Petit détail à 18:45 : il s'agit de l'opéra des Margraves, et non des Magraves (< Markgräfliches Opernhaus).

B@v,

Par Tristan Kuipers, le 07/09/2016 à 19h34

Zyzek analysant l'oeuvre de Wagner, et la reliant à l'actualité : un must

https://www.youtube.com/watch?v=Xtfe4tfOoDM

Par Gauthier R, le 03/09/2016 à 10h46 ( modifié le 03/09/2016 à 10h46 )

Le nazisme n'était pas le seul courant réactionnaire en Europe au sujet de la musique. Dans un climat général très raciste, quelqu'un d'aussi intelligent par ailleurs que Gramsci a pu écrire en 1928 : «Si danger il y a,il est plutôt dans la musique et la danse importées en Europe par les nègres. Cette musique a vraiment conquis toute une frange de la population européenne cultivée, elle a même créé un véritable fanatisme. Comment s’imaginer que la répétition continuelle des gestes physiques que les nègres font en dansant autour de leurs fétiches, ou qu’avoir toujours à l’oreille le rythme syncopé des jazz-bands, reste sans conséquences idéologiques? (…) l’Occidental est «en train de devenir un nègre, sans s’en rendre compte».

Sinon, après la chute d'Hitler l'extrême-droite n'a pas abandonné son approche raciste de la musique. Henry de Lesquen, directeur de Radio courtoisie, et candidat à la présidence en 2017, a un élitisme très explicite.
https://lesquen2017.com/2016/01/03/le-cosmopolitisme-detruit-notre-civilisation-grace-a-la-musique-negre-par-henry-de-lesquen/

On pourrait s'interroger aussi sur les motivations profondes de Finkielkraut à maudire sempiternellement le rap, ou à se lamenter qu'on appelle aujourd'hui "musique" la chanson populaire (Répliques, débat Beffa Manoury)

Par cyberprimate, le 27/08/2016 à 17h01

Vraiment merci, Raphaëlle, pour le haut niveau de vos émissions et pour le choix de vos invités.
Élise Petit est passionnante.

Par Oblivion, le 26/08/2016 à 21h28 ( modifié le 26/08/2016 à 21h29 )

invitée brillantissime qui rend cette émission passionnante,
dans l'analyse des relations création musicale / idéologie,
merci pour cette intelligence partagée et mise en valeur par les questions, à propos du simplisme musical, du chant imposé pour ne pas communiquer,
de l'unisson appauvrissant, de la musique torturante...


Par gomine, le 25/08/2016 à 18h39

J'ai regardé avec grand intérêt cette émission "Musique et Allemagne nazie" - vraiment, merci.

Il me semble qu'elle comporte une petite erreur factuelle, qu'il est peut-être possible de rectifier par l'habillage de la vidéo : vers 1h10 Elise Petit parle de "la nièce de Mahler" qui était "la chef de l'orchestre des femmes d'Auschwitz, Alma Mahler" et un insert apparaît montrant Alma Mahler "Peintre et musicienne (1879-1964)".

Seulement, l'Alma Mahler que vous montrez à l'écran en photo n'est pas la nièce de Mahler, c'est son ex-épouse. Elle quitta l'Europe en 1940 pour émigrer in extremis aux États-Unis et ne connut pas les camps. L'Alma dont il est vraiment question est en fait connue sous le nom d'Alma Rosé (1906-1944). C'était effectivement la fille de la sœur du compositeur et elle mourut en déportation (et non en 1964, donc...).

Comparer :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Alma_Ros%C3%A9
et
https://fr.wikipedia.org/wiki/Alma_Mahler

Pour la mémoire d'Alma Rosé, il serait peut-être bon de rectifier, ne le pensez-vous pas ?

Alma Mahler est par ailleurs une personnalité fascinante aux vies multiples, mais ce n'est pas la question :-)

Bien amicalement.

Par Anne-Lise Weidmann, le 25/08/2016 à 17h53

Merci beaucoup et bravo pour cette émission !

Elle fait partie de mon top sur Hors-Série :)

Par Cantou, le 25/08/2016 à 17h41

Décidément la musique n'adoucit pas les moeurs. Une émission passionnante.

Par Abdelkader Dib, le 22/08/2016 à 05h42

Oui, excellente émission de mon point de vue également. Personnellement j'aimerais davantage d'émissions de ce genre qui croiseraient musique, histoire, sociologie, technique, ethnologie, etc. et qui s'aventureraient dans les profondeurs du temps et des styles oubliés que sont le romantisme, éventuellement le classicisme, j'ose à peine mentionner le baroque, mais ne parlons pas de la musique Renaissance et du moyen-âge qui sont, comme chacun sait, des musiques primitives...

Par Arnaud StA, le 21/08/2016 à 17h54

Très bonne émission. Passionant !

Par Alain Godet, le 20/08/2016 à 17h57

superbe émission. merci. EG

Par vegian, le 20/08/2016 à 16h14

Magnifique analyse sur le rôle de la musique dans l'histoire et l'époque hitlérienne en particulier. La pertinence des questions de Raphaëlle a mis en valeur les qualités indéniables de son invitée et sa très grande connaissance du sujet traité. Bravo à toutes les deux et merci pour cette très belle rentrée.

Par MR34, le 20/08/2016 à 16h00