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Cyborg

Dans Le Mythe

Avec Thierry Hoquet et Julien Dupuy

L'émission Dans le mythe, c'est la zone de rêve de Hors-Série : l'endroit où nos esprits quittent leur rationalité bien quadrillée pour s'aventurer dans des contrées imaginaires. Non pas pour "s'enfuir" ou "se divertir", mais pour saisir notre époque par d'autres outils que ceux de l'argumentation consciente. Après les "Anges de la vengeance", et les Sorcières, on a décidé d'explorer cette fois l'imaginaire du Cyborg. Pas tout à fait un mythe, puisque c'est une réalité avérée, mais si puissamment inspirante pour les artistes modernes qu'il paraît certain qu'il y a là une matrice mythologique méritant d'être interrogée.

Comme réalité, le cyborg n'est pas un phénomène très spectatulaire - le transhumanisme n'est pas aussi avancé qu'on le redoute, l'amalgame du vivant et de la technique n'a pas encore produit des milliers d'androïdes accompagnant nos vies pour le meilleur ou pour le pire : dans les faits, le phénomène cyborg prend la forme beaucoup plus discrète, très répandue et remarquablement acceptée, du féminin moderne, équipé de techniques contraceptives incorporées (pilule ou stérilet), sans qu'on crie à la fin de l'humanité ni à la science sans conscience prompte à ruiner nos âmes...

La chose intéressante est que sur son versant imaginaire, le Cyborg est omniprésent, et nous inspire d'affreux cauchemars : c'est essentiellement dans le sens du pire que nous nous figurons sa venue, sa prolifération et son triomphe... En se promenant dans les films qu'il habite, on découvre partout la terreur qu'il nous inspire, sous les traits de Terminator, conçu pour exterminer l'espèce humaine, ou de RoboCop, fabriqué pour faire régner un ordre redoutable, parfaitement capitaliste, et désespérément cynique... Quand il se présente à nous sous des espèces moins terrifiantes, sous les traits de telle sublime créature de Ghost in the shell, ou du délicieux enfant de Artificial Intelligence, c'est au cœur de fictions profondément tragiques ou terriblement mélancoliques...

D'où vient une telle angoisse ? Quelle part y prennent la tradition biblique, la critique politique, la méditation philosophique ? Ce sont les questions que nous avons abordées, Rafik Djoumi et moi-même, avec nos invités : Thierry Hoquet, philosophe, auteur de Cyborg Philosophie, et Julien Dupuy, qui écrit sur le cinéma et réalise l'émission Le Grand frisson. Tous les quatre, nous rêvons ensemble à ce qu'humain veut dire, envisagé dans le miroir de son cyborg...

Dans Le Mythe , émission publiée le 20/02/2016
Durée de l'émission : 92 minutes

Regardez un extrait de l'émission

Commentaires

24 commentaires postés

A 45 mn, à propos du film Robocop, vous évoquez le problème de la mémoire, ou du corps. L'animatrice esquisse la question qui serait de déterminer ce qui est mort de ce qui est défaillant. Or,dans l'extrait proposé, c'est bien d'un point de vu subjectif celui du policier "mort" que l'on voit la scène. le type qui fait autorité dit "on s'en fout on va effacer la mémoire". .
La fiction nous place dans un rapport de conscience flottante entre la vie ou la mort, entre l'autorité de la société et la perception de l'individu à partir duquel nous voyons la scène, qui est un point de vu critique de l'autorité; que le policier subit en étant ramené à l'état d'objet inerte et matériel. Que l'on se place du point de vue local de la prothèse, ou du point de vue d'un individu entier ne change pas réellement le sujet
que l'humain fabrique un système organique, tel le Golem, ou qu'il fabrique un système matérialiste et marchand, le coeur de l'affaire est qu'il ait la capacité de s'animer de façon autonome tout en posant la question de son contrôle par l'esprit humain.
Dans tous les cas il s'agit d'une hyper structure tellement parfaite conçue par la communauté des hommes pour leur protection, mais qui finit par s'emballer et les dépasser. La fable du Golem est politique, et Robocop ramène ce champ d'expérience fabuleux à l'interieur de l'individu. De ce fait il porte en lui à la fois la mémoire par l'oeil de la caméra et aussi la créature. Comme dans beaucoup de fables contemporaines, Le film nous cueille par l'empathie plutôt que par la spiritualité ou la philosophie.
Je crois qu'il est important comme tentait de le faire l'animatrice de dépasser nos raisonnements technologiques et essentialistes pour s'interroger sur :
Sommes nous entrain de créer un monstre plus gros que nous ?

Par Pauline DELFAU, le 31/07/2017 à 09h07

Merci à tous : beaucoup de sujets passionnants ont été abordés et bien traités. J'ajouterais cependant deux éléments peu ou pas mentionnés :
Que feront des groupes de cyborgs alors que pour mieux coopérer, des groupes de robots, seulement dotés d'une capacité d'apprentissage individuelle, sont déjà capables d'inventer un langage à partir de rien. La dimension de groupe conduit à dire - qu'avec l'Internet, le mobile, l'intelligence artificielle et autres - l'humanité devient une méga-machine ou un méga-organisme ressemblant aux fourmilières.
Selon Ellul, rappelé par Stéphane Lavignotte, " La technique fonctionne de manière automatique et autonome : l’homme n’a plus de choix, la technique induit elle-même ses propres bifurcations. La politique n’a pas de prise sur ces évolutions. La technique connaît un auto-accroissement que rien ne peut arrêter selon l’adage 'On n’arrête pas le progrès' ". L'on dit aussi "°ce que la technique rend possible finira par être fait°". La réalité, c'est que l'appât du gain suffit à entretenir la dynamique interne au système technico-économique qui produit de l'innovation sans qu'aucun jugement humain n'intervienne.

Par mbloch3, le 17/09/2016 à 18h04

Bon...

Une émission qui, durant 1h32, ne parle même pas de ce mouvement majeur qu'est le cyberpunk, qui pose toute la problématique de l'humain dépassé par la machine que ce soit en confrontation ou en hybridation,loupe tout simplement son sujet. De même ne pas approfondir le concept de transhumanisme (qui d'ailleurs n'est plus un concept, mais une réalité physique) me paraît sidérant, car d'un point de vue sociétal, politique, philosophique et économique, on touche ici ce qui est coeur de tout mythe : notre humanisme.

Donc oui un Bernard Stiegler et des auteurs français de science-fiction comme Ligny ou Lehman qui connaissent ce sujet sur le bout des doigts l'auraient mieux mis en perspective. Cette émission est restée à la surface,a mélangé différents concepts techniques sans en préciser les frontières sémantiques de robot/androïde et androïde/cyborg... Malheureusement la plupart des films cités ne font pas référence à des cyborgs. Les créatures de Terminator et Blade Runner sont des androides.

Par Eeleria, le 01/05/2016 à 13h39

J'ai été de plus en plus désespéré au fur et à mesure de l'émission.

Klérian (dans les commentaires) a commencé à esquisser un semblant de définition, mais sans aller jusqu'au bout. L'émission aussi, lorsque Thierry Hoquet a repris Judith sur le fait que Terminator est un robot et pas un cyborg, mais finalement rien n'a été abouti. Le terme de post-humanité a été émis subrepticement, mais sans qu'on s'y attarde. Navrant.

Le cyborg, est, demeure, et reste un humain. C'est d'ailleurs une grande partie du propos de Ghost in the Shell, le questionnement sur ce qui fait le propre de l'homme dans le cyborg, l'existence du ghost, qui n'existe pas dans le robot. Le ghost est l'équivalent de l'âme.

Pour rester sur ce thème, le mot ghost est bien différent de celui de l'âme, car ce terme chrétien a pour racine latine anima, le souffle moteur, mais pour nous français, c'est la même chose. Dans la culture japonaise imprégnée du shinto, le kami est partout, la déité se manifeste dans toute chose, du coup il est beaucoup plus facile de faire vivre mouvoir un robot. Par contre le robot, même s'il cette capacité d'animation, n'a pas cette essence divine, d'où la facilité de créer un robot au Japon, mais tout en évitant de chercher l'autonomie à tout prix. Que Nao (cité par Yanne dans les commentaires) soit français et pas japonais n'est pas une contradiction, loin de là.

EmMa cite Pluto d'Urasawa (qui est d'abord un hommage à Astro Boy), mais ce manga reste bien dans la limite du robot, même s'il frôle les limites. Il y a une recherche d'identité, mais justement parce que les robots ne possèdent pas cette essence propre à l'homme, l'âme, qui anime ces êtres mécaniques.

La différence entre robot et cyborg est vraiment fondamental, et mélanger les deux notions est vraiment faire qu'une moitié d'émission. Certes si on reste dans le mythe illustré par le cinéma, il est difficile de discuter autour du cyborg.

Si le cyborg est fondamentalement humain, le robot est tout aussi fondamentalement serviteur. Le rapprochement avec le golem juif est délicat, car Dieu n'est vraiment pas loin dans ce mythe. Par contre, je ne comprend absolument pas pourquoi personne n'a osé prononcé l'origine du robot, du mot robot, la pièce de théâtre RUR de Karl Capek, où le mot robota est simplement le mot tchèque pour "travail". Le robot est esclave, il est serviteur. Associer le robot au cyborg est un contre-sens. Par contre le robot s'émancipe et accède au même statut que l'homme.

Pour finir mon commentaire (et ne pas faire un article trop long), j'évoque l'androïde, qui est indéniablement un robot, mais où la différence réside dans la matière. L'androïde est organique alors que le robot est mécanique, mais plutôt en terme de fonctionnement. L'apparence importe peu. Par exemple, les êtres artificiels de Real Humans sont des robots, pas des androïdes. Par exemple le personnage de Ash dans Alien est un androïde.

Par Jérôme cuinet, le 17/03/2016 à 00h29 ( modifié le 17/03/2016 à 00h47 )

@Nicole Molinier : pouvez-vous me préciser lequel des mes énoncés vous fait penser que je serais "tombée dans le piège de l'idolâtrie techno-scientifique"? (il importe ici d'argumenter sur le terme d'idolâtrie).

Par Judith, le 12/03/2016 à 16h42

Bonjour,
Je suis surprise que vous, Judith, tombiez dans le piège de l'idolâtrie techno-scientifique... Et triste, et désespérée... Car alors nous sommes vraiment cuits.
Je vous joins un petit texte produit par cette "centrale" à penser qu'est le groupe PMO (Pièce et main d’œuvres): http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/machines_arrie_re.pdf
En vous souhaitant une bonne lecture.
Bien cordialement.
Nicole Molinier-Weinstein

Par Nicole Molinier, le 10/03/2016 à 10h54

Ha les robots, les androïdes, les cyborgs, la SF... Quels merveilleux miroirs !
Merci pour l'émission, très intéressante, invités pertinents, exemples bien choisis... Je crois même que cela aurait pu durer quelques heures de plus, tellement le sujet est vaste (cf les pistes données par Yanne au début des commentaires).

Pour finir en clin d’œil à Astro Boy, je voulais juste évoquer la série "Pluto" d'Urasawa (qui a l'avantage d'être plutôt courte pour une fois, huit tomes), sur les mêmes thématiques de la recherche d'identité chez les androïdes.

Par EmMe, le 05/03/2016 à 19h46

En réponse à Tom

Bonsoir,

Le T800 ets tout sauf un cyborg : c'est un androide ; un être mécanique à qui on a donné l'apparence humaine et des composants organiques.

Un cyborg, c'est un être humain sur qui on a greffé, implanté des composants bio-mécaniques. Robocop est un cyborg.

Je n'ai pas encore vu toute l'émission mais j'espère que ces 2 notions seront bien délimitées.
Un souvenir d'un épisode de Star Trek m'avait bien marqué quand je l'avais visionné : la rencontre avec les borgs et toute la partie ou Data est entre leurs mains. Le leader des Borgs essaie de lui adjoindre des composantes biologiques.

Amicalement,

Cyril.

Par Klérian, le 01/03/2016 à 01h55

Ode à Judith


Dans un monde où tout est en serie
tu es hors serie,

Aerienne et originale,
dans un monde de réplique de metal

ton rire nous rassure et nous éclaire ,
Dans un monde de glace fait d'ombre plus que de lumière.

Merci à toi Judith

Par Gauthier R, le 29/02/2016 à 11h35 ( modifié le 29/02/2016 à 11h38 )


Mighel Benasayag (découvert sur Hors Serie , mille fois merci à vous !!!) , 10 minutes rejuissante : de l'homme augmenté à la vie diminuée

https://www.youtube.com/watch?v=dTj7hHuZR6Y

Par Gauthier R, le 27/02/2016 à 21h03

Merci pour ce "Dans le mythe" qui m'a permis de réviser mes amours cinématographiques de jeunesse.
Amical salut à Rafik sous le manteau duquel, il y a une vingtaine d'années, circulaient quelques scores rarissimes qui étaient autant de trésors de guerre pour de nombreux post-adolescents incompris ! Il a toujours été un passeur passionné : merci à HS de lui permettre d'officier encore.

Par FRANCOIS RIVIERE_1, le 26/02/2016 à 19h02

http://a137.idata.over-blog.com/280x221/3/29/51/14/second-repertoire/repertoire-3/Dossier-n-4/Dossier-n-5/Dossier-n-6/Dossier-n-7/Dossier-n-8/Dossier-n-9/Rab1.jpg

Par sleepless, le 26/02/2016 à 14h38

Merci Judith. Je ne voulais pas être abscons . . seulement précis, et voilà que je fais tomber des mots bien trop encombrants dans un simple commentaire . . Je pensais plutôt à un "dans le texte », vous avez raison, que vous consacreriez aux prothèses algorithmiques (Parce que prothèses de la raison, individuelle et collective, prothèses managériales depuis les workflows intranet des dernières décennies aux plateformes extranet ubérisantes d’aujourd’hui, etc.). Si ce n'est pas avec Stiegler (dommage, il est très avancé sur ce terrain de la disruption machinique), ce pourrait être avec Dominique Cardon (A quoi rêvent les algorithmes), Yves Citton (Pour une écologie de l'attention, économie de l'attention), Eric Sadin (La vie algorithmique), voire Gilles Babinet (Les big data), etc. Vous devez en connaître d'autres ; je ne doute pas que vous saurez comparer leurs apports respectifs et creuser avec au moins l’un d’eux cette dernière prouesse de notre Prométhée voleur du feu d’Héphaïstos et de l’art d’Athena. Dernière prouesse, au sens ordinal (oOops pardon !), car après l’habitus et le corpus il ne lui reste que la raison à . . armer de prothèses. A quand une "critique de la raison augmentée" ? ArgH . . mais où diable Hermès est-il passé !?
Un abonné assidu.

Par François Dézafit, le 25/02/2016 à 17h38 ( modifié le 25/02/2016 à 18h06 )

Ouch ! Qu'en termes abscons ces choses-là sont dites ! Je persiste à penser que nos Dans le mythe sont la "zone de rêve" de Hors-Série, et qu'ils ont vocation à embrasser une culture et un public populaires (que vos formulations évincent d'emblée). Quant à Bernard Stiegler, que j'avais reçu Dans le texte pour La Télécratie contre la démocratie (livre qui m'avait passionnée), il ne s'est pas montré très disposé à jouer le jeu d'un entretien approfondi, et je ne suis pas particulièrement désireuse de renouveler l'expérience...

Par Judith, le 25/02/2016 à 14h09

Dans les termes savoureux de "l'obsolescence augmentée", l'inventaire des mythes et des fascinations comme autant d'approches narcissiques, autolâtres, voire mystiques de l'homme prométhéen est certes intéressant, mais demeure un simple exposé du "problème". Que n'entreprenez-vous pas désormais, dans un second temps, d'explorer "l'augmentation réticulaire de l'obsolescence sociétale" de l'homme prothétique désormais créateur-destructeur d'un imperium capturé par sa technè et qui aliène son logos (dans "la société automatique", le capitaliste n'est peut-être pas la question première mais seulement une amplification par son hubris du conatus prédateur inégalitaire de l'homme prométhéen) ? Que n'invitez-vous Bernard Stiegler pour passer de la récréation à l'étude (même si l'axiologie de Bernard Stiegler n'est pas toujours aussi neutre qu'on le souhaiterait, mais ses analyses comme ses colères sont si stimulantes) ? Merci !

Par François Dézafit, le 25/02/2016 à 11h42 ( modifié le 25/02/2016 à 12h14 )

Le Terminator T800 (le méchant du premier épisode et le gentil du second) est un cyborg. Confronté à son obsolescence face au T1000, il trouve son salut dans son humanisation par le langage et le dialogue avec le héro.

Par Tom-, le 24/02/2016 à 14h02

C'était excellent ! Merci beaucoup !

Par Alexandra, le 23/02/2016 à 15h00

Coucou,

La série "Real Human*" évoquée dans le premier commentaire semble avoir été faite pour illustrer cette émission. Cyborg, robots conscients d'eux-mêmes parce que dé- "bridés", robot comme réceptacle de l'esprit d'un humain… Beaucoup de choses y sont.

Pour une créature de Frankenstein à l'esprit dépassant celui de son créateur, on regardera la série Penny Dreadful** qui en présente une splendide !

merci,

*http://www.arte.tv/magazine/real-humans/fr/real-humans-real-humans
**http://www.sho.com/sho/penny-dreadful/about

Par SirDeck, le 22/02/2016 à 08h11

Voilà une émission fort intéressante, sur tous les plans d'ailleurs, philosophique, cinématographique, sociologique et autres. Tous les intervenants ont apporté leur point de vue d'une manière intelligente et modeste. J'ai appris plein de choses et je vous en remercie.

danielle brossier

Par danielle brossier, le 21/02/2016 à 20h06

Oui ! Mais, encore, cher Hugo ?

Par Yanne, le 21/02/2016 à 13h55


Par Hugo Pouget, le 21/02/2016 à 13h35 ( modifié le 21/02/2016 à 13h35 )

absolument passionnant comme d'habitude avec judith bernard!
vivacité de l'esprit, discussions toujours philosophiques et politiques
et tout ça avec une grande humilité et générosité.
nous avons de la chance, hors-série existe!
merci tout simplement :-)

Par christinebaudillon, le 20/02/2016 à 23h22 ( modifié le 20/02/2016 à 23h25 )

Dans le mythe, la meilleur émission du monde ! \o/

Par Marc MICHEL, le 20/02/2016 à 19h12

Magnifique ! Enfin de la vraie réflexion sur la science-fiction et ses interrogations politiques et philosophiques, avec des interlocuteurs haut de gamme en plus de Rafik et Judith, qui avaient très bien bossé le sujet.
Avoir mis les golems, les robots, les intelligences artificielles, le transhumanisme et les cyborgs dans une rubrique fourre-tout "Cyborg" était un peu osé, mais un pari très réussi en définitive.
Comme je ne suis jamais contente, je voulais reparler du thème des robots et des Japonais. Il me semble quant à moi que pour les Japonais, le problème de la conscience animiste où tout objet est esprit, s'il a été d'abord un moteur, est très vite devenu un frein, parce qu'ils ont calé très rapidement sur leurs robots, justement parce que quelque chose leur échappait : et ce sont les Français, qui eux n'ont pas de problématique religieuse, qui les ont sortis de là quand Aldebaran Robotics a créé NAO et l'a revendu à une société japonaise.

Et deuxième chose : il me semble que beaucoup de films sur les robots, du genre I Robot, ou 100% Humains, interrogent également sur les rapports de classe dans le sens où c'est aussi une réflexion sur le sens de notre humanité, en général, et sur l'oppression. C'est une sorte de métaphore sur les rapports entre les "Humains", les classes dominantes, et les "robots", des ouvriers ou des employés qui semblent, de l'extérieur, préoccupés uniquement de consommation servile et de remplir des tâches mécaniques.

Par Yanne, le 20/02/2016 à 18h59