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Une (longue) Histoire grecque.

Aux Sources

Olivier Delorme

Les vacances ont été beaucoup trop courtes. J'aurais eu besoin d'une ou deux années de plus pour digérer la gueule de bois grecque de cet été... Replonger dans l'actualité ne me faisait donc pas particulièrement plaisir. Entendre par exemple, à peine les valises déballées, qu'un consortium allemand venait de racheter 14 aéroports grecs parmi les plus rentables, pour une poignée de cacahuètes, a fini de me convaincre qu'il fallait éviter le plus longtemps possible d'ouvrir un journal. Las, il a bien fallu s'y remettre. Revoir le film, essayer de comprendre ce qui s'était passé ces derniers mois, ces dernières années à Athènes, Bruxelles ou Berlin. Prendre un peu de recul historique ne fait jamais de mal, mais dans ce cas précis, disons que c'était particulièrement enrichissant. 

Les trois tomes que l'historien Olivier Delorme a consacrés à l'histoire de "la Grèce et des Balkans" constitue une plongée assez édifiante dans les racines de beaucoup des problèmes qui affectent ce pays, comme d'ailleurs l'ensemble de la péninsule balkanique. Cette région où s'est souvent joué le sort de l'Europe et où, comme le dit Olivier Delorme "les puissances occidentales et russes n'ont cessé d'intervenir sans que leurs opinions publiques soient éclairées". Comprendre, par exemple, que la nation et l'Etat grecs ont été, à peine l'indépendance proclamée, soumis au bon vouloir de leurs "amis" et "partenaires" européens et que la troïka actuelle n'est pas la première à avoir quelque peu affaibli la souverainté de la Grèce. Comprendre également pourquoi l'endettement a toujours été un instrument de domination et de main-mise des puissances étrangères sur le pays. Une situation familière à laquelle les Grecs donnent un nom: la xénocratie. 

Je ne sais pas quelle photo pourrait faire "bouger les consciences" et faire évoluer la position de Mme Merkel et du reste des dirigeants européens vis-à-vis de la population grecque, mais j'espère qu'on n'en arrivera pas à des images d'enfants morts sur les plages. 

 

Référence :

Olivier Delorme

La Grèce et les Balkans (TI, II et III), Folio histoire, oct 2013

Aux Sources , émission publiée le 06/09/2015
Durée de l'émission : 84 minutes

Regardez un extrait de l'émission

Commentaires

16 commentaires postés

Éclairant et limpide !

Par GAUSSENS, le 25/03/2016 à 00h14

Bonjour,

Merci pour cette émission passionnante.

J'attends avec impatience la prochaine happy hour pour la faire découvrire...

Par Laure Chatenet, le 30/10/2015 à 23h43

Encore une fois, un entretien très intéressant et instructif. Merci.

Par Cirneo, le 20/09/2015 à 08h42

Passionnant et instructif, bravo. Je commencerai par le premier. Petit espoir avec le plan B, peut-être un début de réponse aux interrogations finales d'Olivier Delorme ?

Par siska, le 14/09/2015 à 20h23

Bonjour à tous,
Merci pour cette émission passionnante qui donne un éclairage plutôt complet de la situation grecque et des enjeux qui sont devant nous.

Par SABINE M., le 12/09/2015 à 14h52

bon, j'ai fait comme d'hab. une fausse manip... j'ai très envie de lire les 3 volumes, en commençant par le 3 parce qu'il parle du présent, mais j'ai été si intriguée par la notion de l'imprégnation byzantine de la Grèce que je commencerai par le 1 !
Sur l'actualité, Olivier Delorme donne des informations pas toujours connues, mais l'avenir est très incertain pour toute l'Europe qui certes a été conçue telle qu'elle fonctionne par Jean Monnet,mais pas telle que ce que j'avespéré, avant d'avoir des textes précis
....et il a fallu du temps pour s"apercevoir combien nous avions été

Par ahurie, le 12/09/2015 à 13h58

Un invité difficile à canaliser, mais émission passionnante de bout en bout. Merci.

Par Arnaud StA, le 11/09/2015 à 21h04

Très bonne émission qui lève le voile sur les véritables fondamentaux de la Grèce. Sous un aspect faussement dilettante, Maja pose toujours les questions pertinentes que nous voudrions poser et ne s'en laisse pas conter.

Par Catala69, le 11/09/2015 à 13h58 ( modifié le 11/09/2015 à 14h00 )

Merci beaucoup pour cette émission !

C'est assez amusant car cet été en lisant "La civilisation de l'Occident médiéval" de Jacques Le Goff (1964), je suis tombée sur un passage relatif aux relations entre l'"Europe Occidentale" et la civilisation Byzantine que je vous reproduis ci-dessous tellement il me semble que cela fait écho aux propos d'Olivier Delorme (et qu’il relate peut-être déjà au tome I :-)). Voilà ce que raconte Le Goff déjà au sujet du Moyen-age :

"La réalité, c'est la Chrétienté. C'est en fonction d'elle que le chrétien du Moyen Age définit le reste de l'humanité, se situe par rapport aux autres. Et d'abord par rapport au Byzantin.

Le Byzantin, depuis 1054, c'est le schismatique. Mais si ce grief de séparation est essentiel, les Occidentaux ne parviennent pas à bien le définir, en tout cas à bien le nommer. (...) Dès le milieu du XIIe siècle, lors de la IIe Croisade, on voit un fanatique occidental, l'évêque de Langres, qui rêve déjà de la prise de Constantinople et y pousse le roi de France Louis VII, (...)[et qui] considérait que "les Grecs n'étaient point chrétiens et que c'était moins que rien de les tuer". Cet antagonisme était le résultat d'un éloignement qui, depuis le IVe siècle, s'était transformé en fossé. Les uns et les autres ne se comprenaient plus, notamment les Occidentaux qui, même les plus savants, ignoraient le grec (...).

Cette incompréhension se changea peu à peu en haine, fille de l'ignorance. A l'égard des Grecs, les Latins éprouvent un mélange de convoitise et de mépris qui vient du sentiment plus ou moins refoulé de leur propre infériorité. Aux Grecs, les Latins reprochent d'être maniérés, lâches, trompeurs. Ils leur reprochent surtout d'être riches. C'est le réflexe du guerrier barbare et pauvre face au riche civilisé."

S'ensuit la description des formes que prennent ces incompréhensions au travers de plusieurs épisodes où le Grec est décrit comme pompeux contre la simplicité des "Latins" et inversement du côté grec où on perçoit les latins comme des "barbares grossiers, bavards, orgueilleux, versatiles". Là où c'est encore plus intéressant, c'est lorsque Le Goff lie cette relation avec celle entretenue avec la civilisation musulmane, qui au moins, a le mérite d'être un ennemi clair : "Face aux musulmans, il n'y avait pas, semble-t-il de problème. Le musulman, c'est l'infidèle, l'ennemi élu avec qui il ne peut être question de pactiser."

Comme quoi, tout cela ne date pas d'hier…!

(Et si vous me permettez, je trouve Maja parfaite.)

Par Lycendre, le 10/09/2015 à 17h19 ( modifié le 10/09/2015 à 17h19 )

Toujours le même constat : Maja hésite, ne sait pas formuler sa pensée clairement sans bégayer à n’en plus finir.
Si en plus l’interviewé bégaye aussi (et c’est hélas le cas) c’est assommant et on ferme l’ordi avant la fin. Dommage.

Par marc gébelin, le 08/09/2015 à 22h26

@Annie Huet. Il y a des extraits maintenant.

Par Raphaël, le 07/09/2015 à 18h09

Excellente démonstration, claire et simple à comprendre. Merci vraiment, j'ai encore appris plein de "détails" dont personne ne parle. Bien sûr "on" n'a pas intérêt à savoir ! ralala,oui Maja, le moral en prend encore un coup Mais vaut mieux savoir que de mourir idiot ! Dommage qu'on ne puisse pas partager cette émission, j'en connais à qui ce serait très profitable et qui pourrait s'abonner, mais bon... tant pis.

Par Annie HUET, le 07/09/2015 à 17h26

très bonne émission et l'intervenant plus clair que Lordon et autres...loin de "l'intellectualisme" aux propos sophistiqués et rebutants.
Merci de nous avoir fait connaître Olivier Delorme !

Par morvandiaux, le 07/09/2015 à 07h55

Merci Maja pour cette émission éclairante sur la Grèce. Merci pour le choix de vos invités tellement brillants, un pur régal.

Par MR34, le 07/09/2015 à 00h02

@siska : difficile de vous aider si nous ne savons pas quel problème vous rencontrez… Vous pouvez nous en dire plus ?

Par Judith, le 06/09/2015 à 19h23

Bon sang! qu'est-ce qu'il faut faire pour y accéder?

Par siska, le 06/09/2015 à 15h26