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Grands films et petits moyens

Aux Ressources

avec Alain GUIRAUDIE

Pour la première édition de cette émission consacrée aux questions économiques, nous avons souhaité rencontrer l'un des rares cinéastes à avoir défendu la convention collective du cinéma.

Le réalisateur de l'Inconnu du lac est formel : ce n'est pas parce qu'on fait de l'art qu'on peut sous-payer les gens ou les faire travailler le dimanche.

Aux Ressources , émission publiée le 18/06/2014
Durée de l'émission : 62 minutes

Commentaires

7 commentaires postés

Belle vidéo;


Je suis intermittant du spectacle, travaillant pour le cinéma, à la fois en "industrie", films type europacorp, L.Besson ou autres grosses prod, Télés, publiques et ou privées, plus petits films aussi...
Le monsieur est honnête, et son discours a le mérite d'être vrai, il ne se cache pas. Seule chose que je regrette de sa part: il ne souhaite pas faire un film au rabais, mais annonce d'entrée que les -20% (par rapport au tarif syndicale) étaient quelquechose d'admis dans le cinéma. Je tiens à précisé que c'est une pratique courante, mais en aucun cas admise. Elle a été rendue possible par l'augmentation ces dernières années du nombres de techniciens, qui a engendrée la création de groupe de travailleurs en difficultés mais plutôt compétant; prêt à bosser à moins cher... d'ou son propos sur le tarif syndicale.
En fait on comprend le noeuf du problème quand il site son amie monteuse qui n'a jamais bossé au tarif syndicale. Elle et ceux qui bossent dans cette zone économique ont peur... Peut être, nous, évoluant dans une autre zone économique "maudissons" ces autres puisqu'ils servent de justification aux plus gros producteurs pour baisser nos salaire.
Je n'ai pas de solution, la question est complexe, lorsqu'Alain parle de remise à plat du mode de financement... C'est là que tout se joue. Il a raison quand il parle du cinoch du milieu. Ce qui n'est pas normal à mon sens, c'est les boites spécialisées dans les films sous financés ( et elles sont listables, connues, des techniciens tout du moins...). Celles là plombent littéralement le truc en profitant du statut de "travaux expérimentaux" ... Bref, de bien belles années devant nous, puis nous passerons à un syst Anglais ou quoi... On aura tous une boite et ça coutera plus cher pour les prod...
Enfin... Vraiment pas mal cette interview, au moins c'est franc. Et les propos ne sont pas trop dans un sens ou un autre... Bravo

Par gael chevailler, le 29/07/2014 à 17h43

Probablement la meilleure interview du site, avec un Guiraudie impérial. Et effectivement, une mise en contexte aurait été peut-être nécessaire ; d'ailleurs je suis étonné qu'avec son background, il ne bénéficie pas d'aides automatiques, une des (nombreuses) merveille du CNC. Ce qui me fait regretter sa litote à propos des conditions d'attribution des subventions de tout poil, ce qui est un vrai sujet en soi (il suffit d'aller sur le site du CNC et de voir les dossiers des films "sélectionnés" pour tomber de sa chaise).

Par Lefayot, le 19/07/2014 à 00h47

Excellente émission, c'est ma préférée parmi les 5 que j'ai vu pour le moment. Vraiment, beau travail, bel interview, bel interviewé, de bonnes relances, parfait. Continuez comme ça !

Par Mudita, le 17/07/2014 à 18h21

Merci Laura pour les précisions!
Et qu'en est-il des "-20%"? Quelle est cette pratique visiblement courante? Par rapport à quel référentiel?
Merci

Par LaurentHarp, le 08/07/2014 à 08h41

Merci beaucoup pour vos commentaires encourageants!

Je suis tout à fait d'accord : il manque par endroits des éléments d'explication ou de contexte. Nous avions prévu d'intégrer des compléments d'information au montage mais nous avons pris du retard... En attendant, voici le petit texte/lexique que j'avais préparé :

Quelques repères :

Sur les aides de l’Etat au cinéma français

Le compte de soutien du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) verse :
- des aides sélectives : créée en 1959 par André Malraux, l’avance sur recettes est destinée à soutenir la production de longs-métrages de qualité, dont on considère qu'ils ont peu de chance de profiter de financements classiques privés. L’enveloppe s’élève en moyenne à 400 000 euros. Une soixantaine de films en bénéficient chaque année.
- des aides automatiques : le principe du Fonds de soutien automatique production est de valoriser le succès public d’un film en offrant à son producteur des capacités de réinvestissement pour un film suivant. Le soutien est calculé en fonction du nombre d’entrées en salles faites en France par le film

Ce compte de soutien est financé par :
- une taxe prélevée sur la vente des billets de cinéma (11% du prix du billet)
- une taxe sur les diffuseurs télé
- une taxe sur les éditeurs vidéo
- et la Commission européenne a autorisé en 2013 la taxe sur les opérateurs télécoms

Sur la Convention collective

Ratifiée le 19 janvier 2012 par les représentants des divers métiers intervenant dans la production cinématographique, la convention collective fixant les rémunérations des techniciens avait suscité une levée de bouclier de la part de nombreux réalisateurs et producteurs indépendants. Ces derniers estimaient en effet que les surcoûts induits par les nouvelles normes salariales condamneraient une soixantaine de films d'auteur par an. Après des mois de bataille entre opposants et partisans du texte, la convention a été sensiblement modifiée par un avenant signé le 8 octobre 2013. Le dispositif issu du compromis final crée un triple régime législatif : les films les plus fragiles, c’est à dire de moins de 1 million d’euros de budget, font l’objet d’un moratoire de six mois ; les films dont le budget est inférieur à 3 millions d’euros sont autorisés à baisser la majoration des heures supplémentaires et à déroger à la grille des salaires, et les autres doivent appliquer la convention.

Pour en savoir plus sur la convention collective du cinéma

Un aperçu global des enjeux
Eugenio Renzi, « Travailler pour l’amour de l’art ? », Le Monde diplomatique, décembre 2013
http://www.monde-diplomatique.fr/2013/12/RENZI/49934

Les pour :
Le communiqué des Monteurs associés à la suite de la signature de l’avenant, novembre 2013
http://www.monteursassocies.com/2013/11/05/convention-collective-du-cinema-ceremonie-de-cloture/

Les contre :
La pétition du 109, collectif de producteurs indépendants, « Le cinéma français en danger »Le Monde, le 9 octobre 2013
http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2013/10/09/le-cinema-francais-en-danger_3492543_3232.html

Par Laura, le 06/07/2014 à 16h52

Bonjour
Entretien très instructif!
Je trouve le concept de cette émission vraiment intéressant.
L'ambiance très cool, encouragée par le dispositif "canapé" me semble très propice à l'exercice. Et les réactions (hochements de tête, body language) de Laura quand Alain Guiraudie parle sont un délice. Merci au réalisateur d'avoir beaucoup utilisé le plan large :)

Juste une remarque par rapport à cet entretien: il manquait peut être parfois un peu de remise en contexte et d'explication des termes employés. En tout cas pour moi.
Par exemple les termes "-20", "-30" auraient mérités je pense d'être expliqués. On comprend qu'il s'agit de payer les salaire 20% de moins. Mais par rapport à quoi? Quel est le référentiel?
Et également, une explication à priori de la convention collective et de ses enjeux aurait permis de mieux comprendre l'entretien.
Il ne faut pas oublier que nous, simples abonnés, n'avons pas tout le contexte.

En tout cas bravo pour cette première!

Laurent

Par LaurentHarp, le 06/07/2014 à 09h17

Mais wah, il y a des commentaires ?! Super, bravo pour cette nouvelle fonctionnalité ;)

Et pour transformer ce commentaire en lui ajoutant de l'utilité publique : très bon entretien (comme les autres aussi d'ailleurs). Son point de vue et ce que M. Guiraudie décrit sur le financement du cinéma est passionnant !

Par Matthieu, le 05/07/2014 à 02h56