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commentaire(s) publié(s) par Charles

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09/12/2017 - Aux Ressources - Cinéma : un homme est un homme

Il est frappant qu'en 1h30 d'entretien Mme Sellier se soit rendue incapable d'aborder un seul film sous l'angle de sa mise en scène. Car pour cette dame seul compte le discours, conscient ou inconscient de l'oeuvre.
Cette absence totale d'intérêt, voire ce mépris, pour la mise en scène explique comment elle peut sortir des énormités comme "la critique cinéphilique se comporte comme des passeurs, adorateurs d'un culte, se révélant incapable de critiquer le cinéma d'auteur contemporain". C'est parce que les Cahiers du cinéma, Positif, Les inrocks et d'autres s'échinent à parler de plans, de mouvements de caméra, de scènes et non à interpréter chaque personnage comme le représentant d'un groupe, qu'ils ne trouvent pas grâce aux yeux de Mme Sellier. Quiconque est un peu familier de ces revues sait qu'elles sont traversées par de nombreux débats et controverses, quant à la qualité et l'importance des films d'auteurs contemporain (cf The square, les films de Michel Franco ou d'Haneke), bref qu'il n'existe aucune doxa en la matière, même s'il peut exister de temps à autre une certaine unanimité autour d'une oeuvre (cf 120 BPM). Naturellement, Mme Sellier, empêtrée dans son appréciation militante des films - une oeuvre n'est intéressante que si son discours est progressiste - ne veut pas voir ça et se pose pour cela en quasi-victime d'un cinéphiliquement correct réclamant le droit de critiquer des longs-métrages encensés par la presse, comme si on le lui interdisait. Je passe sur son "analyse" du dernier Desplechin, parfaitement ridicule et en même temps assez révélatrice, son incompréhension du caractère comique et grotesque de la scène disant bien toute la limite de son mode d'appréciation des films.
Le meilleur moment de cet entretien reste quand même la (deuxième) conclusion, où on lui demande quelques précisions sur ses grossières généralités (sur la critique française considère comme suspect tout film français ayant du succès - ce qui est idiot puisque celle-ci donne son avis avant la sortie et donc avant de savoir si le succès sera au rendez-vous ou pas) et qu'elle est obligée de botter en touche sur les "films de milieu" se rendant compte de la fausseté de son affirmation.

posté le 12/12/2017 à 23h48