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commentaire(s) publié(s) par jlb93

9 commentaires postés

29/11/2014 - Diagonale Sonore - Leçon de jazz

Sleepless... Sleepless... attendez voir... c'est bien celui qu'on surnomme "Oeil-de-Lynx-Oreille-de-Chat" ? ou encore "Le Pinailleur" pour les intimes ?

;-))

posté le 05/12/2014 à 18h25

29/11/2014 - Diagonale Sonore - Leçon de jazz

"émission publiée le 29/11/2014" ! moi qui suis né un 30 novembre et qui suis jazzophile, amateur de longue date de toute musique, pourvu qu'elle me parle !
Autant dire que je reçois cette émission musicale comme un cadeau. Merci Raphaëlle, merci Raphaël, merci Judith ! et bravo !!!

J'en profite pour signaler un spectacle vivant d'humour musical, vu très récemment, qui plaira à tout ceux qui, comme Antoine, milite pour le "lâcher prise" et un "multiculturalisme musical" : il s'agit de la compagnie Swing'hommes qui propose un spectacle intitulé "Satané Mozart", après avoir triomphé, notamment dans le off d'Avignon, avec "Beethoven, ce manouche".

Pour plus d'infos : http://www.pierrebernon.com

posté le 02/12/2014 à 17h37

11/10/2014 - Dans le Texte - Les transclasses

Je n'ai jamais oublié cette entrevue avec M. Gault, directeur du CEG où j'ai effectué l'essentiel de mes études secondaires jusqu'au BEPC. Nous étions à la veille de la rentrée scolaire. Je souhaitais poursuivre mes études au lycée, mes parents hésitaient à en assurer les frais (j'étais l'aîné de 4 frères et sœurs). M. Gault suggéra à ma mère de m'accuellir en classe de 3e "spéciale" aussi appelée "3e des normaliens" afin d'y préparer le concours d'entrée à l'Ecole Normale d'Instituteurs.

Je pense que ce coup de pouce fut décisif pour amorcer mon parcours professionnel et socioculturel. Et il y en eut quelques autres par la suite sous la forme de rencontres aussi hasardeuses qu'improbables.

Autant dire que je me retrouve amplement dans les analyses de Mme Jaquet.

Concernant le tropisme inégalitaire de notre système éducatif je voudrais préciser une ou deux choses. L'ex "transclasse" issu d'un milieu ouvrier, est devenu un enseignant qui a concentré l'essentiel de son énergie citoyenne et de sa passion professionnelle à combattre les effets de la reproduction. J'ai pu aussi mesurer les limites de ce combat. L'Ecole d'aujourd'hui fonctionne et se satisfait plus que jamais des effets limités de la promotion individuelle, produit d'une méritocratie savamment contrôlée. Pour changer vraiment la donne il faudrait créer les conditions d'une promotion collective, dans et hors l'école, ce qui suppose une transformation profonde de l'ensemble du système de formation. Les solutions existent déjà et parfois depuis longtemps (cf les pédagogies alternatives issues de l'Education Nouvelle, en 1er lieu la pédagogie Freinet) mais elles sont marginales, méconnues, exigeantes en terme de formation... et sans doute trop coûteuses aux yeux des autorités politiques de ce pays.

Bravo à Judith et Rapha pour ce beau moment !

posté le 12/10/2014 à 17h21

05/07/2014 - En accès libre - Le Maître ignorant

A propos de l'apprentissage du langage, je me permettrais de suggérer un fructueux détour par les travaux du psychologue russe Lev Vygotski, qui connaissait les thèses piagétiennes. La lecture de "Pensée et langage" me semble être un minimum. La revue Sciences Humaines a par ailleurs proposé une synthèse très claire de l'essentiel des présupposés de Vygotski :

http://www.scienceshumaines.com/lev-vygotski-1896-1934-pensee-et-langage_fr_9754.html

posté le 22/07/2014 à 21h39

05/07/2014 - En accès libre - Le Maître ignorant

@ Paprika : même si l'immense majorité d'entre nous est, a été ou sera scolarisé, une partie non négligeable de notre savoir et de notre formation intellectuelle et/ou manuelle ne résulte probablement pas d'un enseignement au sens "scolastique" du terme. Car nous avons tous appris certaines choses en autodidacte, sans recours à un enseignement formaté ou programmé. Il y a de multiples exemples de ça dans le domaine des arts, des peintres autodidactes, des instrumentistes autodidactes, des comédiens autodidactes, des écrivains, des poètes... ce fut le cas également aux tout débuts de la micro-informatique, particulièrement dans le domaine pédagogique et l'Internet a démultiplié le phénomène (vous ne pensez pas qu'il existe des écoles pour hackers tout de même ? et pourtant ce sont eux qui font régulièrement la "leçon" aux informaticiens formés par l'académie universitaire !)
Je pense que l'essentiel du message de Jacotot, relayé par Rancière, réside dans cette volonté de casser le mythe(le mensonge ?)de l'enseignement/transfusion au bénéfice d'un enseignement/aide à l'apprentissage. Freinet a écrit des textes d'une grande violence contre la scolastique ; Bourdieu a eu souvent recours à l'expression "domestication", celle que font subir les dominants aux dominés, à l'usine, au bureau... mais aussi sur les bancs de l'école !
Pour un enseignant, être un "émancipateur" c'est s'efforcer de développer chez ses élèves le goût d'apprendre, de chercher, de se poser des questions, d'expérimenter... c'est aussi faire en sorte qu'ils n'aient pas peur de se tromper !

posté le 16/07/2014 à 21h38

05/07/2014 - En accès libre - Le Maître ignorant

En recherchant le nom de cet animateur-poète faiseur de miracles poétiques collectifs (il s'appelle Michel Cosem), j'ai trouvé l'entretien accordé par un autre Michel, Ducom celui-là, un gars d'Uzeste, comme Bernard Lubat, un long entretien accordé à la revue Cursive. Je suis sûr que certains d'entre nous sauront faire leur miel de certains propos de ce merveilleux militant- médiateur culturel :

http://www.ecriture-partagee.com/02_Cursives/71_curs_ducom.htm

posté le 12/07/2014 à 21h28

05/07/2014 - En accès libre - Le Maître ignorant

"cette expérience mise sur l'intelligence collective" et c'est autrement plus intéressant sur le plan de la formation intellectuelle que lorsque le groupe est constitué d'individus (ou d'élèves)maintenus dans une ambiance de compétition individuelle !

J'ai personnellement vécu une expérience de création poétique collective ! des gens qui au départ ne se connaissent pas et qui, 3h plus tard, contemplent leur "œuvre" sur une grande feuille où sont venus progressivement se juxtaposer, puis s'ajuster des mots, des phrases, des rimes... pour former un poème unissant chacun à tous les autres du fait que tous se retrouvent et se reconnaissent dans un Sens commun. Une communion en quelque sorte ! Le "maitre de cérémonie" qui pilotait la démarche en structurant ses différentes phases était lui-même poète et écrivain.

posté le 12/07/2014 à 18h11

05/07/2014 - En accès libre - Le Maître ignorant

Moi aussi j'ai commenté copieusement (à tel point que j'ai cru un moment avoir "tué" le débat ! ce qui est très prétentieux bien sûr) je vais donc tenter de faire plus court pour préciser un ou deux points.
Si peu de personnes connaissent Jacotot et ses écrits (même depuis 1987), nous ne devons pas être très nombreux non plus à connaître l'existence d'un mouvement pédagogique et d'éducation populaire nommé GFEN (Groupe Français d'Education Nouvelle). Créé en 1922, il eut notamment comme présidents successifs Paul Langevin, Henri Wallon et Gaston Mialaret (excusez du peu !).
Pour illustrer et faire vivre l'un de leur principaux "slogans":"Tous capables !" ses membres militants ont mis au point une démarche qui s'intitule "Lire en polonais". Les participants sont invités à explorer une lettre manuscrite, rédigée en polonais. L'objectif est d'en comprendre l'essentiel sans autre recours que ses propres intuitions, les échanges et interactions avec les autres participants, la mise en commun des hypothèses et les éventuelles mais rares interventions des animateurs afin de débloquer certaines situations ou impasses possibles.
Cette démarche n'est en aucun cas une méthode d'apprentissage, et encore moins d'enseignement, elle vise principalement à éclairer, par des prises de conscience, divers processus mentaux, linguistiques, psychologiques, culturels, sociaux... qui sont à l’œuvre au cours d'un apprentissage.
Toutes choses qu'ont dû vivre les étudiants flamands de Jacotot.
Mais j'ignore si, à ce jour, cette démarche est encore proposée par le GFEN lors de ses sessions de formation.
Je voudrais préciser également que si je suis d'accord pour soutenir l'idée selon laquelle trop d'enseignement nuit à l'apprentissage, je suis beaucoup plus sceptique quant à considérer que le discours de Jacques Rancière soit très convaincant lorsqu'il s'agit de proposer des alternatives crédibles à ce problème, qui relève sans doute plus d'une réflexion pédagogique que philosophique.

posté le 12/07/2014 à 14h49

05/07/2014 - En accès libre - Le Maître ignorant

Hum... comment dire ? pour l'ex-maître (d'école) que je suis et le militant "pédagogique",que je fus pendant l'essentiel de ma carrière, le pavé dans la mare qu'a pu être l'essai de Jacques Rancière en 1987, "Le Maître ignorant", me semble, aujourd'hui en 2014, compte tenu des réalités actuelles du système scolaire français de la maternelle à l'université, comme... enfoncer des portes ouvertes (au pire) ou (au mieux) être un menu philosophico-pédagogique passablement réchauffé !

Quoi ? Enseigner (c.a.d "apprendre à quelqu'un") et apprendre seraient deux activités distinctes ? in english : to teach is not to learn. Comment donc ? Expliquer empêcherait de comprendre ? Voyez-vous ça ! Plus on enseignerait à A, moins il apprendrait ? Et pour finir : vive l'autodidaxie !
Lorsque Joseph Jacotot, au début du 19e, expérimente et théorise son principe d'émancipation intellectuelle au travers d'un "enseignement"universel", l'apport de sa réflexion à la fois philosophique, pédagogique voire même politique, est parfaitement et utilement soutenable. Même si cela n'empêchera nullement la bourgeoisie au pouvoir, issue de 1789 et du siècle des Lumières, celle emmenée par Guizot puis par Jules Ferry, d'instaurer une Ecole POUR le peuple, et non pas une Ecole DU peuple ; autrement dit, une Ecole de la transmission et pas une Ecole de l'émancipation, soit un système de formation basé sur la domestication des esprits et la promotion individuelle, et non pas un système favorisant l'inventivité et la créativité dans une dynamique de promotion collective fondée sur l'entraide et la coopération.
Or, ce combat, initié sans doute mais perdu par Jacotot d'abord, puis par les anarcho-socialo-communards prônant une école mutualiste durant la Commune de Paris, ce combat, d'abord politique et idéologique avant d'être pédagogique, fut repris et porté par les pédagogues du début du 20e siècle, les Cousinet, Claparède... et tant d'autres ! et parmi eux, le plus convaincant sans doute, Célestin Freinet et ses continuateurs, Fernand Oury, Maria Montessori, Lorenzo Milani (Barbiana)...
Quant à la question de "la volonté d'apprendre" un détour par le travail du psychanalyste A.S. Neill, dont l'école rendue célèbre par l'ouvrage "Libres enfants de Summerhill" existe toujours, pourrait être éclairant. Et que dire de la puissante réflexion d'un Ivan Illich, auteur de "Une société sans école" (1971 !), entre autre analyse et proposition sociétale majeure !

Il ne s'est donc pas rien passé entre l'expérience jacotiste et la parution du "Maître ignorant" de Jacques Rancière. Plus précisément, les tentatives de rénovation visant à réduire l'élitisme et le caractère socialement inégalitaire du système éducatif ne se résument pas à la propagation des idées dites constructivistes ni à la diffusion, via le marché de l'édition scolaire de matériels didactiques issus des méthodes actives au cours des années 60 et 70. C'est là que j'ai éprouvé un quasi constant malaise en écoutant certaines réponses faites par Jacques Rancière. Que l'on interpelle la tradition pédagogique qui assigne l'élève à sa place d'ignorant du haut de l'estrade du magister sachant, d'accord. Mais l'ensemble de la recherche pédagogique, qui a tenté d'apporter diverses alternatives à des pratiques et des dispositifs générant de l'inégalité et/ou de l'échec, ne peut être assimilé à un pitoyable simulacre pédagogique aussi "abrutissant" (si ce n'est plus pernicieux encore) que celui qu'elle vise à remplacer ! A moins de tout ignorer du colossal savoir que représente des dizaines d'années de travail de plusieurs milliers d'enseignants-chercheurs.
Pour tout dire, dans le débat, stérile mais récurrent, entre pédagos et anti-pédagos, je me demande si Jacques Rancière n'est pas plus tenté par un soutien aux seconds plutôt qu'une aide réflexive aux premiers ?
S'il semble se féliciter, à l'instar d'un Michel Serres et sa "Petite Poucette", de la dynamique à la fois libertaire et auto-didactique des réseaux sociaux et des technologies issues du numérique, la seule véritable "proposition" pédagogique que j'ai pu l'entendre prononcer pendant cette heure et quart c'est : "Qu'ils se débrouillent !"... ce qui est bien peu consistant et encore moins convaincant !
Pourtant, l'Ecole d'aujourd'hui est, toujours et encore, à l'évidence sélective et élitiste ; en panne de propositions et solutions pour remédier à ce défaut quasi congénital et pourtant socialement, économiquement et moralement dévastateur. Dans le marasme ambiant, professeurs, élèves et parents ne font guère que ça : se débrouiller ! Tout particulièrement dans les quartiers populaires où l'on survit plus qu'on ne vit véritablement.

posté le 09/07/2014 à 16h24 ( modifié le 09/07/2014 à 18h27 )