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commentaire(s) publié(s) par Philomène

4 commentaires postés

13/10/2018 - Dans Le Mythe - Les Super-héros

Merci beaucoup pour cette émission très riche en termes de références de comics !

Je n'ai pas pu m'empêcher de penser au sketch de l'humoriste français d'origine camerounaise Thomas N'gijol "Le superman noir" dans lequel il montre la limite de Superman ("Quand Superman vole au dessus de l'Afrique il fait semblant de pas nous voir") et imagine ce que serait un Superman noir et il en arrive à la conclusion que ce serait simplement un dictateur qui profiterait de ses supers pouvoirs pour s'en sortir lui et non venir en aide aux hommes.

Je trouve ce sketch assez drôle et assez juste dans la critique : peut-être que pour répondre à la question de l'absence de Superman arabe, il faut se demander dans quelle mesure penser un homme avec des super pouvoirs et qui les mettrait au service d'une amélioration de la vie terrestre n'est pas une problématique d'une subjectivité purement occidentale et sécularisée. Ce qui recoupe l'idée de départ de l'interview : les supers héros reflètent notre pouvoir croissant sur le monde et les responsabilités qui vont avec mais surtout il rompent avec la question de Dieu et d'un au-delà. C'est complètement anthropocentré malgré le fait qu'on mobilise des formes toujours très diverses de leurs pouvoirs (feu, forces physiques diverses ...) et justement ce sont ces super héros qui "sauvent" (la question du salut est complètement métamorphosée).

Bref, tout ça pour dire que cette thématique est super riche et intéressante mais je trouve qu'elle est angoissante d'un point de vue de la richesse des cultures humaines car elle force (de manière douce #softpower mais quand même) des pensées différentes à adopter ce prisme narratif pour imaginer les choses. Et peut-être qu'en adoptant ce type de récit on perd qqch (même s'ils peuvent être subvertis comme l'a montré la partie sur l'appropriation des milieux homosexuels ou féministes ; ou même la représentation des super héros japonais où la collectivité semble plus importante comme dans Dragon Ball Z).

posté le 14/10/2018 à 11h01

21/04/2018 - Dans Le Mythe - Cannibales !

Merci pour cette émission très riche.

J'aurais deux petites remarques : je trouve dommage que la discussion soit simplement un suite d'aspects du thème. La problématisation identité/altérité aurait pu mieux structurer l'ensemble de l'entretien, notamment dans sa seconde partie : je trouve la conclusion - si conclusion il peut/doit y avoir - pauvre voire inexistante, on reste un peu sur notre faim ... La seconde remarque est que vous aviez annoncé une dimension amoureuse de la question. Elle affleure dans l'analyse d'Hannibal Lecter mais elle n'est pas traitée pour elle-même, or je trouve qu'elle est relativement centrale : le rapport de possession (indu ?) qu'il y a dans la relation amoureuse qui culmine dans le "fait de ne faire qu'un" charnellement jusqu'à la possibilité de mettre au monde un enfant ! La partie développée - insuffisamment - par Rafik Djoumi sur l'allaitement est passionnant. La dimension métaphysique de la dialectique création/destruction qu'implique la figure cannibale joue son plein à ce niveau-là, et le fait que les réalisateurs des derniers films sur cette figure soient des réalisatrices peut être intéressante (je suis consciente de la nécessité de calibrer la vidéo en un temps limité mais j'attendais bcp de cet aspect là). Peut-être que Mondher Kilani l'aborde dans son livre ?

En tous cas je vous remercie. Avec la vidéo de la semaine dernière de François Cusset sur la violence, la dimension philosophique des entretiens refait surface, ça fait plaisir.

posté le 21/04/2018 à 20h41

08/10/2016 - Aux Ressources - La fabrique scolaire de l'Histoire

La deuxième partie de l'entretien est extrêmement intéressant. D'abord pour le partage d'expérience en tant que jeune prof pleine de bonnes intentions qui aboutit finalement à une imposition idéologique d'une image à des enfants : je trouve ce propos très vrai, en tant que jeune prof (de philo), et trop rare sur Hors-série. On sort - enfin ! - de notre entre-soi gauchiste pour s'interroger vraiment sur nos propres représentations, leur place et leur rôle dans la société (et on a un discours très pratique, concret qui sert comme partage d'expérience). Ensuite, pour l'idée de "sociologiser" l'histoire - ce qui devrait également s'appliquer à la philosophie, mais pas de la manière dont en appellent souvent nos intellos mais dans la perspective d'une dé-héroïsation : oui ce sont des gens "normaux" qui pensent, qui agissent et qui peuvent faire changer les choses. Il n'y a pas besoin d'appartenir à la classe des intellos, des bac +5 pour pouvoir avoir un avis légitime sur ce qui se passe dans notre société. Entretien vraiment intéressant, je repars avec un site super - Aggiornamento hist/geo - pour essayer à l'avenir des projets inter-disciplinaires histoire/philosophie dans cette perspective, un grand merci à Mme De Cock et à Hors-série !

posté le 21/01/2018 à 10h54

11/10/2014 - En accès libre - Les transclasses

Bonjour,

Je vous remercie de cette interview très intéressante et riche. Je voudrais néanmoins souligner un point aveugle de la réflexion développée lors de cet entretien (je n'ai pas encore lu le livre donc peut-être faudrait il que je m'y réfère) qui serait celui des transclasses non réussis, avortés. Je m'explique : vous avez parlé en un certain sens des échecs de transfusions de classes mais cela une fois ces transferts réalisés effectivement (Julien Sorel ou Martin Eden). Or, je m'interroge sur la violence symbolique et émotionnelle qui réside dans la mise en échec de ces parcours. Par exemple, venant d'un milieu moyen voire populaire, j'ai pu accéder à l'université, obtenir un master et passer l'agrégation ... à laquelle j'ai été deux fois admissible mais jamais admise. Or, je m'interroge sur cet échec non pas seulement du point de vue des connaissances mais sur la force d'un ensemble de représentations mais aussi de pratiques (à la fac nous disposons d'autres moyens pour se former que ceux qui disposent des moyens d'excellence) qui incitent à entreprendre ces parcours d'ascension sociale tout en étant par définition des chemins très élitistes qui broient psychologiquement et socialement (et même économiquement) les personnes qui ne parviennent pas à faire aboutir ces trajectoires par le changement de classe. Que penser des "transclasses ratés" en quelque sorte, qui pour autant qu'ils n'atteignent pas l'autre classe visée, sont néanmoins comme enfermés dans la classe où ils sont par l'incompréhension qu'ils génèrent ?

Je vous remercie,

Une récente abonnée.

posté le 03/07/2017 à 12h09